Violences sexuelles

Kali, la déesse Hindoue contre l’inceste

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Jai mata kali,jai mata durge
Kali durge,namo namah
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jai,mata kali
jai,mata durge.

Kali, la déesse hindoue de la destruction et de la renaissance, est représentée avec de nombreux membres, l’un portant une faucille ensanglantée, une horloge sans aiguilles à la place du visage, et de longs cheveux s’éloignant de son corps, les mèches noires écrivant un message énigmatique. Une jupe de bras pend à sa taille, le torse nu, révélant trois seins. Elle est féroce, menaçante et pourtant sereine.

Le nom de Kali vient du mot sanskrit kala, qui signifie “noir” mais aussi “temps”. Elle est associée à la nuit éternelle et aux ténèbres, elle est le pouvoir transcendant du temps et du changement et elle est aussi la déesse de la libération. Kali est destruction mais aussi création. Elle est la mort, mais aussi la réincarnation. Elle est féroce mais aussi douce. Elle détruit pour donner une nouvelle vie. Kali est l’une des manifestations de la déesse mère Devi Durga. Durga a beaucoup de formes différentes, elle est le principe féminin ultime de la première divinité féminine de l’univers, elle est l’essence de la création. Elle massacre les démons et vit sans la protection ni les directives masculines.

Émotions

La Thérapie Holotropique

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Le mot en Grec ancien pour blessure est trauma. En termes simples, le traumatisme est une expérience profondément perturbante qui crée un stress extrême et submerge le corps et l’esprit.

Le médecin Gabor Maté, expert en traumatologie, dit qu’avec le traumatisme, “nous perdons le lien avec notre propre essence”. Il suggère que le traumatisme est moins lié aux événements qu’à la perte de avec soi-même, comme si nous avions perdu notre sagesse, notre force et notre joie de vivre.

D’un point de vue holistique, guérir d’un traumatisme signifie apprendre à ressentir de nouveau le sens de notre moi avec toute sa palette d’émotions et d’expériences physiques.

Gérer les traumatismes et trouver la bonne option de traitement est une décision très personnelle.

Les approches de médecine alternative peuvent soulager les patients qui ne peuvent être adéquatement soutenus par d’autres techniques.

La Respiration Holotropique est une démarche puissante d’exploration de soi et d’autonomisation personnelle qui repose sur notre sagesse intérieure innée et sa capacité à nous conduire vers une transformation positive ainsi que la plénitude.

Décomposé, le mot holotrope vient du grec holos, qui signifie entier et trepein, qui signifie se déplacer vers. Ainsi, holotrope peut se traduire par mouvement vers la plénitude.

Bien qu’il s’agisse d’une pratique intense, la Respiration Holotropique a de grands avantages pour ceux qui veulent l’essayer. Puisqu’elle a été développée pour permettre aux patients de faire face aux traumatismes, elle a fait ses preuves en tant que forme de psychothérapie.

LE DÉVELOPPEMENT DE LA THÉRAPIE HOLOTROPIQUE.


La Respiration Holotropique a été conçue par Dr. Stanislav Grof et Christina Grof, chercheurs formés en thérapie psycho-analytique. Alors qu’ils étudiaient les effets du LSD, les Grofs se sont intéressés aux états de conscience modifiés, ou états non ordinaires, et à la façon dont ils pouvaient aider les gens à faire face à leur traumatisme. Ils ont donc cherché à mettre au point une méthode permettant d’obtenir une expérience psychédélique par la respiration uniquement, à des fins d’exploration de soi et de guérison intérieure.

La Respiration Holotropique est une respiration intense ayant pour but d’amener les patients à transcender la conscience comme moyen de guérison. Plus précisément, la Respiration Holotropique intègre des respirations courtes et intenses suivies de respirations longues et profondes. Pour cette raison, beaucoup considèrent que la Respiration Holotropique est une pratique méditative bien plus intense.

COMMENT EST-ELLE PRATIQUÉE?

La Respiration Holotropique est le plus souvent pratiquée en groupe. On peut également faire des séances individuelles ou dans le cadre d’une retraite.
Les gens sont placés en binôme dans un groupe. Il y a un “respirateur” et un “gardien”.
Le gardien n’aide le respirateur qu’en cas de besoin. Il s’assure que le respirateur est en sécurité et qu’il est soutenu pendant la séance. Un intervenant guide la séance. Des instructions sont données pour augmenter la vitesse et le rythme de respiration. Le respirateur doit respirer plus vite et plus profondément tout en gardant les yeux fermés.
Une session peut durer de 2 à 3 heures au total.
Le respirateur est couché sur un tapis pendant toute la durée de la séance. Une musique répétitive joue. Ceci permet au respirateur d’entrer dans un état de conscience modifié (semblable à celui d’un rêve bien vivant). La musique commence avec des tambours, puis atteint son apogée avant de passer à une “musique du cœur”. De là, elle finit par se transformer en musique méditative.
La séance est non limitative. Cela signifie que chaque personne est capable de trouver son propre sens et d’atteindre la découverte de soi. Les personnes qui respirent peuvent faire des sons et bouger de la manière qui leur convient.
Ensuite, les participants dessinent des mandalas de cette expérience et discutent de ce qui s’est passé. Il peut s’agir de ré-expériences de traumatismes passés, de sentiments de joie ou du développement d’une conscience spirituelle.
Les personnes qui respirent et les gardiens échangent leurs rôles à chaque séance.
Il n’y a pas un schéma particulier quant au changement à atteindre pendant les séances. Les participants sont libres de travailler sur tout ce qui se présente à eux lorsqu’ils entrent dans l’état modifié. C’est l’hyperventilation qui entraîne une altération de l’état de conscience due à une privation d’oxygène dans le cerveau.

Les adeptes de cette technique soutiennent que cet état modifié permet aux individus d’accéder à des parties de l’esprit qui ne sont habituellement pas accessibles, ce qui peut inclure des souvenirs réémergents d’événements passés.

QUE RESSENT-ON ?

Une question fréquente est de savoir ce que cela fait de participer à un travail de Respiration Holotropique ? Il peut sembler effrayant de respirer de cette façon, et vous pouvez vous inquiéter des effets que vous allez ressentir. Plutôt qu’un état de conscience modifiée, certains préfèrent l’appeler “état de conscience non-ordinaire” pour signifier que cela n’a pas nécessairement les connotations négatives d’états modifiés.

Pour avoir une idée générale, faire un rêve est un concept assez similaire. La Respiration Holotropique est une expérience qui est censée amener la personne dans une dimension plus profonde du moment présent et à voir les choses de manière plus colorées que dans la réalité.

BIENFAITS

Il n’y a pas suffisamment de recherches pour appuyer les bienfaits thérapeutiques de la Respiration Holotropique dans les troubles psychologiques tels que la dépression et l’anxiété. Cependant, certaines données suggèrent que cela peut être utile pour la relaxation, pour soulager le stress, pour la croissance personnelle et pour la conscience du soi. Il est recommandé de pratiquer la Respiration Holotropique en parallèle à une thérapie conventionnelle, plutôt que de l’utiliser en remplacement de celle-ci.
Passer du temps dans un climat de confiance, se concentrer sur des préoccupations de vie plus profondes, apprendre à soutenir les autres, apprendre à faire confiance à sa capacité de se guérir et apprendre la compassion font partie des bienfaits possibles.

RISQUES POTENTIELS

Il y a certains risques possibles à pratiquer la Respiration Holotropique. Cette technique suscite des craintes en ce qui concerne la détresse qu’elle peut causer chez les personnes vulnérables, telles que les personnes susceptibles de développer des psychoses. De plus, il existe d’importants risques médicaux d’hyperventilation. La réduction du dioxyde de carbone et autres altérations de la chimie sanguine peuvent entraîner des étourdissements, des évanouissements, des faiblesses, des spasmes au niveau des mains et des pieds et même des convulsions.

Comme le processus de la Respiration Holotropique vise une ” expérience profonde “, il est possible que des sentiments désagréables apparaissent, ce que l’on appelle aussi une ” crise de guérison “. En effet, cette technique est controversée parce qu’elle implique l’amplification possible des symptômes de façon potentiellement problématique.

Qui ne devrait pas pratiquer?
Cette technique peut provoquer des changements physiques et émotionnels intenses. Par conséquent, il existe une liste de critères spécifiques pour lesquels la pratique est déconseillée. Il est recommandé de discuter des risques possibles avec un professionnel de la santé avant de vous lancer dans cette pratique alternative, surtout si vous souffrez des symptômes suivants :

Maladies cardiovasculaires
Crises cardiaques, hypertension artérielle et angine de poitrine
Glaucome ou décollement de la rétine
Blessure ou opération chirurgicale récente
Toute condition qui exige que vous preniez des médicaments
Crises de panique ou psychose
Crises d’épilepsie
Troubles psychologiques sévères
Anévrismes (ou antécédents familiaux)
et aussi en cas de grossesse ou d’allaitement

Les émotions intenses qui émergent au cours d’une séance holotropique sont également source de préoccupation. C’est pourquoi on recommande le travail holotropique dans le cadre d’une thérapie continue pour aider les personnes à surmonter les émotions personnelles intenses et/ou les souvenirs douloureux qui peuvent survenir.

TECHNIQUES DE RESPIRATION HOLOTROPIQUE

Nous vous recommandons de consulter un centre de thérapie holotropique si vous êtes intéressé, mais si vous souhaitez chez vous, commencez par trouver un endroit frais et sombre.

Placez un tapis confortable sur le sol et allongez-vous. Fermez les yeux, relâchez toute tension dans vos muscles et commencez par prendre quelques respirations relaxantes.

Lorsque vous vous sentez prêt, approfondissez votre respiration. Inspirez par le nez et poussez le ventre aussi loin que possible. Regardez votre estomac diminuer à mesure que vous expirez.

Puis commencez à accélérer votre respiration. Gardez l’esprit clair ; vous pouvez répéter “Inspirez, expirez” tranquillement à vous-même.

Continuez ce processus jusqu’à ce que vous vous sentiez entrer dans un état modifié ou lorsque vous êtes prêt.

AUTRES MÉTHODES DE RESPIRATION EN CAS DE STRESS

La Respiration Holotropique peut être une option thérapeutique envisageable, mais comme pour toute chose qui repousse vos limites, assurez-vous d’en discuter préalablement avec votre médecin ou thérapeute.

Si la méthode du Dr Grof ne vous ressemble pas, ou si vous souhaitez explorer d’autres techniques de gestion du stress et de l’anxiété, renseignez-vous sur les méthodes suivantes :

Pleine conscience
Relaxation musculaire progressive
Méditation avec Thich Nhat Hanh ou Deepak Chopra
Méditation pour l’anxiété

Pour approfondir, vous pouvez lire le livre What Happened? Re-presenting Traumas, Uncovering Recoveries, dont vous pouvez trouver un extrait sur Google Livres

Sources:

Very well mind / Spire / DeepH

Émotions

Les regrets et leur relation au TSPT complexe

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Gérer les regrets et comment ils peuvent vous hanter


Ils peuvent vous rendre misérable, vous enfermer dans le passé et, en même temps, vous projeter dans l’avenir dans un effort pour rattraper le temps perdu.
Le regret, en somme, est le fait de continuer à insister pour que ce qui est arrivé soit différent de la réalité. C’est cette dissonance entre deux états d’esprit – ce qui était, et ce que vous vouliez – qui perpétue votre conflit interne.
En outre, à partir de cette dissonance, vous pourriez vous projeter dans l’avenir pour tenter de rattraper le passé par le biais de compromis, ce qui ne mène à aucun accomplissement significatif.

Gérer le regret, la comparaison et le temps psychologique

En clair, la voix du regret telle que vous la percevez dans vos propres pensées peut être formulée comme suit : ”Si seulement ….. ” ou “Pourquoi ai-je ou n’ai-je pas…….?”
Il peut s’agir d’un processus conscient ou non, mais la piqûre du regret est la comparaison. C’est la comparaison faite par votre moi actuel, qui perçoit avec un esprit rationnel et sans le stress émotionnel, qui se heurte à ce qui s’est vraiment passé quand vous étiez sous la contrainte.
L’écart de dissonance et la douleur du regret deviennent plus évidents lorsque votre moi rationnel adulte se bat avec votre moi enfant plus émotionnellement branché.

Gérer les regrets et la lutte entre les différentes parties de vous

Cela devient plus clair parce que votre enfant intérieur, qui a été submergé émotionnellement par la violence ou la négligence traumatique de ce temps-là, a réagi par la survie, probablement en fuyant, en en se bloquant ou en contentant.
Vôtre moi adulte, qui vit encore avec les conséquences de ces réactions innées de survie – ne peut pas rationnellement accepter ce qui s’est passé.

La douleur des regrets et de la manière d’y faire face.

A partir de là, la situation peut devenir plus complexe. La mentalité “Si seulement……” peut se projeter dans le futur et vous dire ”Si seulement j’avais ma propre maison, un partenaire, (ou toute autre chose que vous désirez)… alors je pourrais être heureux, je pourrais continuer ma vie.”
Il n’y a qu’à regarder ceux qui ont de l’argent et qui sont malgré tout malheureux et à la recherche de plus de pouvoir, de richesses et d’influence.

Comment surmonter les regrets liés au syndrome de stress post-traumatique complexe

Vous pensez peut-être que ce qu’il vous faut faire, c’est accepter ce qui vous est arrivé, mais ce n’est pas aussi facile que ça. Vous ne pouvez pas vous forcer à accepter.
Les gens qui vous entourent vous l’ont déjà conseillé, et cela vous blesse, mais cela résulte d’une incompréhension de ce qu’est vraiment le TSPT ou le TSPT complexe.
Commençons par l’extérieur et, de là, déplaçons-nous vers l’intérieur.
Fermez les yeux un instant et ressentez la douleur des regrets. Devenez intime avec elle sans alimenter vos pensées dans ce sens. Pensez un instant à ce que j’ai dit tout à l’heure ; que l’essence même du regret est l’insistance à vouloir que ce qui est arrivé soit différent de ce qui était.
Ressentez ça. Cette résistance constante, cette envie, cette lutte, cette tentative. Sentez l’énergie qui y est consacrée, l’énergie les pensées qui vont dans cette direction. Ressentez la pleinement, sans pour autant l’agrandir, sans vous permettre de la nourrir. Vous devez vous maintenir en conscience en faisant cela.
Cette résistance constante – vouloir, lutter, essayer – est votre soupape de sécurité, votre dissociation. Simultanément, elle prolonge vos regrets et vous empêche de ne pas pouvoir rencontrer le résidu émotionnel de votre passé. Gérer les regrets n’est pas facile.

Nier les pensées du regret


Si vous n’accorder pas d’attention au mouvement de ces pensées et sentiments qui vous poussent à vouloir que ce qui est arrivé soit différent, qu’allez-vous rencontrer ?
Vous devrez faire face à la blessure sous-jacente du résidu émotionnel écrasant qui vit encore en vous en raison d’un événement ou d’une période traumatisant.

Pouvez-vous faire ça ? Pouvez-vous entrer et sortir de là et devenir intime avec votre douleur ? Ne pas vous laisser submergé ou vous complaire dedans mais en restant conscient. Développez petit à petit suffisamment de résilience pour être en mesure de rester pleinement avec elle.
En faisant cela, vous vous éloignez du regret. Ce n’est pas en surmontant, mais en redirigeant votre énergie à un niveau plus profond de vous-même – là où c’est le plus nécessaire – que le regret est effacé.
Rechercher l’épanouissement à l’extérieur ne fonctionne pas. Il provient de la compensation et, par conséquent, il ne sera jamais suffisant. Vous passerez seulement d’une chose acceptable à une autre, mais toujours en quête de plus.
C’est en apportant compréhension et compassion à ces parties blessées que vous pourrez vous rapprocher de ces parties de vous encore submergées par l’émotion.

Source : Rolandbal

Agresseur

On ne peut plus traiter l’anxiété du traumatisme complexe de la même façon que l’anxiété généralisée.

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Je vis avec les effets d’un traumatisme complexe depuis longtemps, mais pendant de nombreuses années, je ne savais pas ce que c’était. Tout au long de ma vie, j’ai lutté contre ce que je croyais être de l’anxiété et de la dépression. Ou plutôt, en plus d’être traumatisée, j’étais anxieuse et déprimée.

Peu importe la différence, il ne faut jamais minimiser une pathologie. Si vous vous sentez anxieux ou déprimé, il est important et urgent de trouver le soutien qui vous convient. Personne ne remporte le prix de ” pire ” dépression, anxiété, traumatisme ou toute autre combinaison de maux à surmonter, et personne ne devrait souffrir seul. Ceci dit, il y a une différence entre ce que ressent une personne atteinte du TSPT complexe et ce que ressent une personne souffrant d’anxiété généralisée ou de dépression légère ou modérée.

Pour une personne aux prises avec un traumatisme complexe, l’anxiété qu’elle ressent ne vient pas d’une source mystérieuse et inconnue, ni de son obsession pour ce qui pourrait arriver. Pour beaucoup, l’anxiété ressentie n’est pas rationnelle. L’anxiété peut souvent être calmée par des techniques d’ancrage et des rappels de ce qui est réel et vrai. Les techniques de pleine conscience peuvent aider. Même lorsqu’elles se sentent déconnectées, les personnes anxieuses peuvent souvent reconnaître qu’elles sont aimées et soutenues par les autres.

Pour ceux qui ont vécu un traumatisme, l’anxiété vient d’une réaction physiologique automatique en rapport à ce qui s’est déjà passé. Le cerveau et le corps, qui ont déjà vécu le ” pire des cas “, savent ce que c’est et sont déterminés à ne plus jamais y retourner. La réaction combat/fuite/blocage se met en surcharge. C’est comme vivre avec une alarme incendie qui se déclenche à des intervalles aléatoires 24 heures sur 24. Il est extrêmement difficile pour le cerveau rationnel d’être convaincu que “cela n’arrivera pas”, parce qu’il sait déjà que c’est arrivé, et c’était épouvantable.

Ceux qui vivent avec une anxiété généralisée vivent souvent dans la peur de l’avenir. Ceux qui ont des traumatismes complexes craignent l’avenir à cause du passé.

Le remède à l’anxiété et au traumatisme est de ramener la conscience dans le présent. Pour une personne traumatisée qui a été victime de violence, divers facteurs rendent la situation difficile. D’abord et avant tout, une personne traumatisée doit se sentir en sécurité à 100 % avant même de pouvoir affronter le tsunami de colère, de chagrin et de désespoir enfermé en elle, qui a causé son hyper vigilance et toute autre symptôme anxiogène. Cela signifie habituellement qu’aucune personne qui les a maltraités ou qui a permis la violence dans le passé ne peut être autorisée à avoir une place dans sa vie. Cela signifie aussi éliminer toute autre personne qui suit les mêmes schémas abusifs ou permissifs.

Malheureusement pour beaucoup, il n’est pas possible de créer un environnement sans agresseur à 100 pour cent, même pour ceux qui ont des limites bien tracées et qui se méfient de ces signes. Cela signifie qu’être dans le moment présent, pour un survivant d’un traumatisme complexe, ne suffit pas, surtout dans le cas d’un événement stressant. Il peut être déclenché par tout ce qui se trouve dans son environnement actuel et se transformer en un flash-back émotionnel.

Il est possible (et probable) qu’une personne souffrant des effets d’un traumatisme complexe se sente anxieuse et déprimée, mais il y a une différence à la cause profonde. De nombreuses techniques, efficaces pour traiter l’anxiété et la dépression, ne fonctionnent pas chez les survivants de traumatismes. Les techniques de méditation et de pleine conscience qui permettent de prendre conscience de son environnement peuvent parfois avoir un effet contraire sur un survivant de traumatisme. Les survivants de traumatismes n’ont souvent pas besoin d’être davantage sensibilisés. Ils ont besoin de se sentir en sécurité malgré ce que leur conscience leur dit.

Au premier signe d’anxiété ou de dépression, les personnes traumatisées vont sombrer dans la honte. Selon les messages blessants qu’ils reçoivent de leurs agresseurs, ils ressentiront non seulement les effets de l’anxiété et de la dépression, mais aussi une honte profonde d’être ” défaillants ” ou ” incompétents “. Beaucoup de survivants ont été émotionnellement et/ou physiquement abandonnés, et ont une connaissance profonde du fait qu’ils n’ont pas été suffisamment aimés. Ils vivent avec le rappel constant que leur cerveau et leur corps ont été privés d’un droit humain fondamental. Même les situations courantes où ils reçoivent l’amour d’une personne de confiance peuvent déclencher la conscience et le chagrin qui en résulte de savoir combien ils étaient mal-aimés avant.

L’anxiété et la dépression sont considérées comme des problèmes fréquents, mais je soupçonne que bon nombre de ceux qui se considèrent anxieux ou déprimés vivent en fait les conséquences d’un traumatisme. La plupart des thérapeutes ne sont pas bien formés pour gérer les traumatismes, surtout le traumatisme complexe qui résulte d’une exposition prolongée à la violence. À moins d’être titulaires d’un diplôme spécialisé, ils ont peut-être passé quelques heures dans un programme d’études supérieures sur les troubles de la personnalité, et encore moins d’heures à aider les victimes. De nombreux survivants de traumatismes complexes sont souvent diagnostiqués à tort comme ayant un trouble de la personnalité limite (TPL) ou un trouble bipolaire. Toute personne en quête d’un traitement contre l’anxiété ou la dépression se doivent de reconnaître le rôle du trauma.

Source : The Mighty

Conséquences psychotraumatiques

L’évolution du traitement des traumatismes Bessel van der Kolk partage son espoir pour l’avenir dans ce domaine.

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La plupart des gens pensent que le traitement des traumatismes a commencé vers 1980, lorsque le diagnostic du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) a été inclus pour la première fois dans le DSM à la suite d’un mouvement chez les anciens combattants du Vietnam. Mais l’on pourrait remonter bien au-delà d’un siècle, aux travaux de Charcot et Pierre Janet à la Salpêtrière à Paris. En fait, Janet, en particulier, a formulé la plupart des problématiques pertinentes sur le traumatisme qui sont redécouvertes aujourd’hui, comme continuellement revivre son traumatisme, se dissocier, avoir du mal à intégrer ses nouvelles expériences et à continuer à vivre sa vie. Janet a surtout eu recours à l’hypnose auprès de patients atteints de traumatismes et hospitalisés pour les aider à mettre fin à cette expérience. Mais son travail a été largement éclipsé par celui de Sigmund Freud, en partie parce que reconnaître pleinement l’impact dévastateur du traumatisme est trop lourd à porter tant pour les professionnels en santé mentale que pour les politiques. Par exemple, Freud et son mentor, Joseph Breuer, ont écrit des études remarquables sur la nature des traumatismes dans les années 1890, mais ils les ont ensuite désavouées car suggérer l’existence de l’inceste dans les familles bourgeoises à Vienne était trop troublant pour leurs collègues.

Depuis, le trauma n’a cessé de passer de la reconnaissance du rôle dévastateur à long terme qu’il peut avoir dans la vie des gens à la clandestinité face à la résistance à cette idée. L’horreur de la guerre des tranchées a conduit à une large reconnaissance des symptômes du choc des obus pendant la Première Guerre mondiale, mais en 1917, l’état-major britannique a publié un édit interdisant aux militaires d’utiliser le terme de choc, car ils pensaient que cela minerait le moral des soldats. La même chose s’est produite après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le monde a rapidement oublié le prix à payer pour envoyer de jeunes hommes (et maintenant des femmes) au combat. Pourtant, tous les symptômes dont les journaux parlent – les suicides, la toxicomanie, la violence familiale, les sans-abris et le chômage chronique – ont été bien documentés après chaque guerre dont on se souvient, dont la guerre civile américaine.

Toutefois, dans les années 1980, grâce au travail de nombreuses personnes comme Charles Figley, un Marins vétérinaire du Vietnam, qui a écrit un livre intitulé ”Trauma and Its Wake” et a lancé la Société Internationale pour l’Études du Stress Traumatique, la psychiatrie et la psychologie classiques ont porté un intérêt croissant au trauma. À cette époque, Judith Herman et moi avons commencé à étudier la relation entre le trouble de la personnalité limite, le comportement d’automutilation et les traumatismes et négligences vécus dans l’enfance de la part des personnes ayant autorité sur eux. Cependant, au début des années 1990, tout comme en 1902, 1917 et 1947, lorsque le mouvement de traumatologie a commencé à prendre de l’ampleur, il y a eu un contre-courant.

Cette fois-ci, c’est le mouvement du syndrome du faux souvenir qui a tenté de discréditer les témoignages d’abus que nos patients nous ont relatés, en les qualifiant de résultat de l’implantation systématique de faux souvenirs dans leur esprit par des thérapeutes. Une grande partie de ce mouvement a été encouragé par l’Église Catholique qui faisait face à d’innombrables accusations d’abus sexuels sur les enfants de la part de prêtres, mais aussi par des psychologues qui pouvaient bien gagner leur vie dans un cadre médico-légal en mettant en cause ces plaintes de victimes. Après que les actions en justice contre l’église aient été réglées, l’industrie du faux souvenir a disparu avec elle.

L’un des résultats de cette controverse fut que le domaine de la traumatologie se divisa en deux domaines de développement parallèles, le financement de la recherche étant essentiellement alloué aux militaires et aux anciens combattants. L’autre domaine de recherche – la violence et la négligence envers les enfants et les études sur les femmes – était sous-financé et donc incapable de réunir suffisamment d’études de qualité pour déterminer scientifiquement comment traiter au mieux cette population. Par conséquent, notre domaine est devenu celui des revendications passionnées, mais avec peu de preuves scientifiques tangibles.

Néanmoins, certaines évolutions clés (ou, plus précisément, dans la plupart des cas, des redécouvertes) ont fait progresser le traitement des traumatismes. L’une d’entre elles a été la conscience du rôle que joue la dissociation à la suite d’un traumatisme et de la façon dont, sous des formes diverses, le traitement doit aborder les structures personnelles qui peuvent se faire concurrence ou se compléter lorsqu’on est en état post-traumatique. Une autre avancée majeure a été l’émergence de l’EMDR dans les années 1990, la première approche qui a montré que nous n’avions pas besoin de nous servir de médicaments ou des thérapies traditionnelles pour que les victimes puissent laisser leurs souvenirs derrière elles. De même, la psychothérapie corporelle a constaté que ” le corps garde les séquelles” en matière de traumatismes et a redynamisé les approches somatiques, tels que la méthode Hakomi et la psychothérapie sensorimotrice pour aider les victimes à sortir du schéma combat / fuite / blocage.

Grâce au Neurofeedback, nous explorons la capacité de reconfigurer des cerveaux enfermés dans l’immobilisme et la terreur, et nos premières études publiées sur ce processus montrent comment les enfants et adultes traumatisés peuvent apprendre à changer la façon dont leur cerveau se régule. Nous avons redécouvert que le vrai changement s’opère mieux lorsque l’esprit est ouvert. La pleine conscience permet aux gens de devenir attentifs à leur corps et peut leur permettre de se sentir en sécurité. En fait, notre recherche financée par le NIMH montre que le yoga semble plus efficace que tout autre médicament pour traiter le SSPT.

Être capable d’être conscient est une condition préalable nécessaire au changement. Les hypnothérapeutes savent depuis longtemps que le fait de mettre les gens en état de transe peut faciliter l’intégration du traumatisme dans leur conscience globale. Plus récemment, les Systèmes Familiaux Internes et les approches qui utilisent des psychotropes comme la MDMA ont démontré comment amener les gens dans des états de conscience altérés où ils peuvent réellement s’observer et développer un sens d’auto-compassion qui leur permet d’intégrer leur moi dissocié du passé dans un état de calme mental dans le présent.

Pendant tout ce temps, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a recueilli le plus de soutien à la recherche, même si nous savons que toute la partie cognitive du cerveau s’arrête lorsque les gens sont traumatisés, ce qui déclenche sa partie primitive de survie. Donc, utiliser la TCC avec le traumatisme, c’est comme dire à quelqu’un qui a une jambe amputée de se mettre à la course. Cela peut certainement donner aux gens un sens de la perspective sur leurs options d’adaptation lorsqu’ils sont dans un bon état d’esprit, mais cela a une valeur limitée en cas de traumatisme grave.

L’approche TCC la plus couramment utilisée pour traiter les traumatismes est la thérapie d’exposition, qui suppose que la désensibilisation d’une personne aux déclencheurs antérieurs est la meilleure façon de l’aider à être moins affectée par ses souvenirs. Le problème, c’est que la désensibilisation mène à un manque global de sentiments et d’engagement, donc quand vous êtes désensibilisé par votre traumatisme, vous êtes aussi désensibilisé à la joie, au plaisir, à l’engagement et à tout le reste. Désensibiliser les gens ne devrait pas être le but du traitement : nous devrions plutôt les aider à réaliser que oui, cela m’est arrivé il y a des années, mais pas aujourd’hui ; aujourd’hui est un jour différent et je ne suis plus la personne que j’étais à ce moment-là. Ce type d’intégration implique un réseau neuronal différent du réseau neuronal de désensibilisation.

Mon espoir pour le traitement des traumatismes, c’est que nous apprenions à aider les gens à mettre leur imagination au service de leurs possibles. Par exemple, je participe à plusieurs programmes de théâtre pour les enfants à risque élevé, afin qu’ils puissent faire l’expérience de ce que cela fait d’être une autre personne. Ils ont l’occasion de dire : ” Oh, c’est ça que ressent un puissant Général “, plutôt que ” Personne ne m’aime, tout le monde me déteste, on va me faire du mal “.

Je pense que le théâtre et les nouvelles techniques, comme le Neurofeedback, peuvent jouer un rôle important pour calmer le cerveau et l’aider à devenir organisé et plus en contact avec le corps. Dans notre culture, nous dépendons trop souvent de l’alcool et de la drogue pour nous sentir mieux. La contribution la plus importante que le monde de la thérapie, y compris la traumatologie, peut apporter au plus grand nombre est de donner aux gens un meilleur accès à leur système inné d’autorégulation – la façon dont ils se déplacent, respirent, chantent, interagissent avec les autres – pour leur faire découvrir leurs ressources d’auto-régulation de manière différente, notamment lorsque leur existence se complique.

Source : Psychotherapy Networker