cerveau

Neuroplasticité – la pratique cruciale de se parler en toute bienveillance.

Publié le
traumatisme

(…) En regardant mes amis élever leurs filles avec tant d’amour et de conscience, je suis profondément touchée mais je sais aussi que pour beaucoup d’entre nous ce soutien, cette gentillesse et cette écoute ont peut-être manqué, tout ou partie de leur jeunesse.

Il se peut qu’au lieu de grandir dans des foyers où l’on nous parlait avec gentillesse et compassion, où nos sentiments étaient bien accueillis et notre expérience valorisée, nous ayons grandi dans des familles où nous étions dévalués, critiqués, raillés ou négligés, subtilement ou avec une virulence.

Nous avons parfois grandi dans des familles où nous avons appris à intérioriser les voix négatives et critiques et, avec le temps, nous nous sommes mis à nous parler ainsi.

Cela vous parle ?

Si c’est le cas, à un moment donné de votre processus de guérison ou de votre cheminement de croissance personnelle, vous devrez probablement apprendre à vous re-parenter plus convenablement, en agissant et en parlant avec amour, dans un esprit de soutien et de gentillesse envers vous-même.

(…)Dans mon article d’aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer pourquoi il est si important de se parler avec bonté (à haute voix ou dans sa tête), et vous proposer quelques mesures tangibles et concrètes pour faire en sorte d’être plus bienveillant avec vous-même, de la manière dont un bon parent le ferait.

Pourquoi se parler avec plus de bienveillance ? En un mot : la neuroplasticité.

La neuroplasticité, ou plasticité cérébrale, explique comment les différentes expériences de vie créent et réorganisent les voies neuronales dans notre cerveau. Ces connexions neuronales, dans le meilleur comme dans le pire des cas, sont à la base de nos schémas de pensée et de comportement tout au long de notre vie.

Alors, la mauvaise nouvelle, c’est que, pour beaucoup d’entre nous qui sommes issus de familles où amour, écoute et sécurité n’étaient pas de mise, les chemins neuronaux que nous avons développés sont des formes profondément ancrées de dialogue personnel négatif, de manque de confiance en soi, de manque de confiance pour le futur, de manque de confiance envers les autres et le monde…

Mais la bonne nouvelle est la suivante : le cerveau est plastique et peut changer jusqu’au jour de notre mort si nous apprenons de nouvelles compétences, mémorisons de nouvelles informations et si nous créons de nouvelles expériences.

Chaque fois que vous avez une expérience répétitive, qu’elle soit négative ou positive, que ce soit des pensées ou des paroles qui vous concernent, vous approfondissez les sillons neuronaux dans votre cerveau. Lorsque vous créez consciemment ou involontairement une expérience différente pour vous-même, vous créez de nouvelles voies neuronales. Les nouvelles expériences positives et les différents discours personnels créent de nouvelles voies neuronales plus adéquates. Voilà la science derrière ‘’se re-parenter soi même’’.

C’est pourquoi il est si crucial de se parler avec douceur. L’objectif est de se doter d’un nouvel arsenal d’expériences conçues pour créer des modifications fonctionnelles et pérennes dans le cerveau qui peuvent mener à un comportement plus productif et satisfaisant qui se traduira par de meilleurs résultats dans la vie.

C’est pourquoi il est si fondamental de pratiquer un discours empli de bienveillance et d’amour pour soi-même. Il ne s’agit pas d’un conseil de développement personnel et psychologique en vogue; mais d’une démarche qui vise à exploiter la neuroplasticité de votre cerveau pour vous aider à créer du changement dans votre monde.

Et, en tant que psychothérapeute, je crois sincèrement que ce changement de vie tant espéré peut commencer lorsque nous changeons notre façon de nous parler à nous-mêmes, en interrompant les voix critiques et désobligeantes, conscientes ou non, que nous avons intériorisées et représentées par habitude, et en essayant plutôt de nouvelles façons plus positives de nous parler.

Donc, nous savons désormais que nous devons nous parler avec plus de bienveillance. Et maintenant, quoi ?

Si, en lisant ceci, vous vous retrouvez à hocher la tête en vous disant : “Oui, d’accord, Annie, c’est logique, mais qu’est-ce que j’en fait?”, je peux suggérer quatre choses :

1) Devenez pleinement conscient de ce qui est.

2) Interrompez votre discours négatif avec un discours plus aimant.

3) Cultivez des voix plus douces et plus respectueuses pour améliorer le dialogue avec vous-même.

4) Canalisez ces voix bienveillantes, dites-vous ce genre de choses quand vous êtes fatigué/énervé/triste/en colère/en panique.

5) Et notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

1. Devenez pleinement conscient de ce qui est.

La première étape de tout processus de changement consiste à prendre conscience de ce qui se passe réellement. Dans ce cas présent, c’est la façon dont vous vous parlez actuellement. Donc, pour la première étape de ce processus, je veux que vous commenciez à vous surveiller de très très près.

Qu’est-ce que vous vous dites quand vous vous voyez dans le miroir au réveil ? Qu’est-ce que vous vous dites quand vous faites une erreur au travail ? Qu’est-ce que vous vous dites quand la personne rencontrée le week-end dernier ne vous a toujours pas rappelée ?

Notez bien les messages et le ton de votre voix : Est-elle gentille, aimante, patiente, douce, d’un soutien indéfectible ? Ou est-elle critique, exigeante, agressive, humiliante, voire carrément cruelle ? Si cette voix avait un corps, une forme, à quoi ressemblerait-elle ? Quelle caricature ou quel archétype pourrait-elle incarner ?

Apprenez à vraiment reconnaître qui se cache dans votre esprit et votre corps émotionnel. Si c’est une voix méchante et critique, ne désespérez pas. Comme avec la plupart des schémas et des comportements, vous entendez cette voix qui, nous pouvons penser, a probablement essayé de vous aider à un moment donné. Mais maintenant, il est temps d’essayer de faire taire cette voix.

2) Interrompez votre discours négatif.

Lorsque vous avez pris conscience de la façon dont vous vous parlez et que vous pouvez le voir venir, vous pouvez passer à l’étape suivante qui consiste à vous rattraper, à faire une pause et à y substituer des paroles plus bienveillantes et aimantes.

Simple, mais pas toujours facile.

C’est particulièrement difficile si vous n’êtes pas sûr de savoir comment vous y prendre ni quoi dire. Lisez ce qui suit….

3) Cultivez des voix plus douces et respectueuses.

Je vous invite à examiner votre vie et à prendre note des personnes qui parlent sincèrement avec bienveillance. Votre meilleur ami ? Votre partenaire ? Un formateur ? Votre thérapeute ? Une connaissance ?

S’il n’y a personne de votre entourage qui puisse vous fournir un modèle positif, pensez à des personnes célèbres ou fictives.

Parmi mes favoris, il y a Clarissa Pinkola Estes, PhD, Mister Rogers, et l’actrice et ses personnages, Andy Griffith.

Chacune de ces âmes apporte tant de sagesse, de douceur et de bonté dans leurs interactions. Je les considère comme des modèles, des mentors (je ne les ai jamais rencontrés), pour ce qui est de se parler avec bienveillance. Quelles personnes pourraient être des modèles de de gentillesse pour vous ?

4) Canalisez ces voix bienveillantes.

Vous trouverez ci-dessous une liste d’exemples de phrases que vous pourriez vous entraîner à vous dire lorsque vous commencez le travail essentiel de neuroplasticité de re-parentage et de bienveillance envers vous-même. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive ; elle a simplement pour but de stimuler votre propre créativité en matière d’amour personnel et de bienveillance, d’une manière qui fonctionne pour vous dans votre vie de tous les jours :

“Je suis si fière d’avoir été courageuse et de m’être étirée aujourd’hui pendant la réunion de travail. Ce n’était pas facile, mais je l’ai fait.”

“C’est logique que je sois fatiguée et énervée, c’était une dure journée !””Ça arrive d’être de mauvaise humeur.”

“Ce n’est ni juste ni réaliste de me comparer aux autres sur Facebook. Je ne connais pas leur histoire et ils n’ont probablement pas eu à faire face à ce que j’ai vécu. Vu d’où je viens, je m’en sors très bien.”

“Quoi qu’il arrive, tout ira bien, je me fais confiance pour recommencer à zéro.”

“J’ai fait une erreur aujourd’hui et ce n’est pas grave. Ça fait de moi un être humain. J’ai fait de mon mieux et je réessaierai demain.”

“C’est normal que je sois jaloux des gens qui passent des vacances de rêve sur Instagram. Ça veut juste dire que c’est quelque chose que j’aimerais aussi faire. J’y arriverai. Ce n’est juste pas pour maintenant.”

“C’est vrai, je suis épuisé, mais toutes ces années d’études ont payés et je suis fier d’être aussi bosseur.”

5) Notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

Je dois reconnaître qu’en commençant à vous entraîner à parler plus gentiment avec vous-même, vous vous sentirez peut-être mal à l’aise et cela paraîtra certainement forcé. Ce n’est pas grave. C’est tout à fait normal et naturel.

La plupart d’entre nous claquons des doigts de manière intuitive, mais essayez de le faire consciemment avec l’autre main, ça risque d’être un peu gênant et bizarre. Vous changez vos schémas de fonctionnement, et cela va paraître un peu étrange.

Il en va de même pour la pratique d’une autre façon de s’adresser à soi-même. Alors soyez patient, sachez que ce sera délicat au début, mais continuez à pratiquer jusqu’à ce que ce soit plus facile et plus normal de vous parler gentiment et avec amour.

Ce faisant, vous recâblerez votre cerveau et créerez de nouvelles voies neuronales plus adaptées, ce qui, en retour, aura un impact bénéfique sur le reste de votre vie.

Source – Annie Wright, Psychologue

déclencheurs

“Je ne vais toujours pas assez bien” : Quand les vieux fantômes du traumatisme refont surface

Publié le

Vous avez exploré les traumatismes émotionnels de votre enfance, vos déclencheurs, et vous avez appris à réajuster vos pensées négatives. Vous comprenez comment vos expériences passées affectent vos comportements, vos pensées et vos sentiments dans le présent. Vous participez à des séances de pleine conscience et vous prenez régulièrement soin de vous. En d’autres termes, vous avez fait des progrès considérables dans votre cheminement thérapeutique pour surmonter les difficultés antérieures. Vous ne vous êtes jamais senti aussi bien dans votre peau et vous êtes fier des connaissances acquises sur vous-même.

Et, votre partenaire rompt avec vous et – BIM ! – tout à coup vos difficultés réapparaissent. Vous vous inquiétez de votre apparence. Vous avez peur de ne pas vous exprimer clairement. Vous craignez que quelqu’un vous voie trébucher sur votre lacet. Vos pensées sont agitées. La confusion commence à s’installer.

Vous avez travaillé sans relâche pour surmonter vos traumas d’enfance. Vous avez travaillé dur pour recadrer les pensées négatives. Vous avez travaillé encore pour apprendre les bonnes techniques de respiration et les mettre en pratique dans les situations difficiles. Mais vous voilà face à face avec la personne que vous aviez oubliée depuis longtemps. Vous vous regardez dans le miroir et la personne qui vous regarde vous dit : “Je ne vais toujours pas assez bien.”

Que s’est-il passé ?

Il est difficile de changer les croyances que l’on se porte et d’améliorer son estime de soi. Cela peut prendre des mois, voire des années, pour découvrir et transformer les distorsions cognitives. Oui, vous avez exploré votre enfance pour apprendre les origines des pensées négatives. Oui, vous avez appris à identifier les déclencheurs et à reformuler les pensées irrationnelles. Oui, votre cheminement est sur une nouvelle voie saine et vous vous sentez merveilleusement bien chaque jour. Néanmoins, qu’ils soient bons ou mauvais, vous porterez toujours en vous les événements de votre passé qui composent votre vie – et de temps à autre, il se peut que ce passé vous rende visite sans crier gare. C’est alors que nous pouvons nous retrouver ”déclenchés”.

Un enterrement peut nous rappeler le souvenir lointain du décès d’un être cher. L’odeur de l’herbe coupée peut nous rappeler les jours d’enfance. Une chanson peut évoquer des souvenirs douloureux d’abus ou de traumatismes. Une relation brisée peut provoquer des sentiments enfouis d’abandon. Une nouvelle personne peut involontairement nous faire douter de nous-mêmes. Nous pouvons soudainement être bouleversés, anxieux ou même déprimés lorsque des événements surgissent et font réapparaître de vieux souvenirs ou des croyances négatives. Nous avons l’impression de retomber dans d’anciens schémas de comportement, de pensées et de sentiments que nous avions auparavant traités et dont nous nous étions éloignés, ce qui peut nous donner le sentiment de nous être perdus quelque part dans le présent.

CE QU’IL FAUT FAIRE LORSQUE VOUS VOUS SENTEZ DÉCLENCHÉ

La guérison est un processus avec des hauts et des bas. Lorsque vous vous sentez déclenché, prenez le temps de comprendre ce qui vous a déclenché et d’analyser comment vous réagissez à la situation. Qu’est-ce que vous ressentez ? Comment votre corps réagit-il ? Avez-vous un “nœud” à l’estomac ? Vous sentez-vous paniqué ? Avez-vous déjà ressenti cela auparavant ? Si oui, quand ? Rappelez-vous, lorsque vous vous sentez déclenché et que de vieux sentiments et vieilles pensées se précipitent en vous, que ces moments vont passer.

Passez en revue le travail thérapeutique effectué. Revisitez les vieux fantômes et découvrez comment ils vous affectent maintenant. Explorez vos sentiments passés et examinez comment votre situation actuelle vous amène à ressentir la même chose. Y a-t-il des similitudes ? Explorez les anciennes pensées négatives. Vous sentez-vous moins bien ? Vous ne pensez pas qu’on puisse vous aimer ? Qu’est-ce qui dans votre histoire a causé ces pensées ? Comment votre situation actuelle les met-elle à nouveau en avant ?

Revoyez les techniques d’adaptation : le recadrage des pensées négatives, la respiration profonde, la pleine conscience, les activités physiques et autres méthodes de soutien personnel. Nous sommes toujours accompagnés de nos moi précédents, peu importe combien nous aimerions les laisser derrière nous. Ils peuvent même nous rendre visite de temps à autre. Lorsqu’ils reviennent, suivez les conseils d’un collègue thérapeute, dites : “Salut, vieil ami. Je te connais. Je sais qui tu es. Et je sais ce que tu ressens. Voici comment je peux t’aider.” S’accepter soi-même, son passé et son présent, ainsi que tous ses défauts, est la clé d’une guérison continue. Embrassez qui vous êtes maintenant… et qui vous étiez autrefois.

Source – Good Therapy

amnésie dissociative

Le sommeil, les rêves et la dissociation

Publié le

La recherche scientifique a permis une nouvelle compréhension des symptômes dissociatifs et du trouble dissociatif de l’identité. Selon ”Association for Psychological Science”, une raison pour laquelle certaines personnes sont vulnérables à la dissociation réside dans la qualité de leur sommeil.

Dans une étude, des chercheurs ont empêché 25 volontaires en bonne santé de dormir pendant une nuit et ont constaté qu’ils ont eu beaucoup plus d’expériences dissociatives. Cela pourrait expliquer le lien entre traumatisme et dissociation, étant donné que les souvenirs traumatiques perturbent le sommeil.

Il existe deux grands types d’expériences dissociatives : celles qui résultent d’un déficit cognitif (amnésie dissociative) et celles qui impliquent une perte de sens du soi (dépersonnalisation, déréalisation, expériences hors du corps). Ces deux types d’expériences dissociatives peuvent, à leur tour, être liées à un trop grand afflux d’informations provenant de sources internes et externes. Le système cognitif est submergé par la quantité d’informations. La mémoire ne peut pas intégrer l’information qui ‘’flotte’’ et resurgit dans la conscience éveillée en fragments déconnectés.

Qu’est-ce qui cause cette surcharge d’information ?

La raison première peut être due à la défaillance du fonctionnement cérébral qui, normalement, doit intégrer ces nouvelles informations dans le système d’information existant. Ce système dépend du sommeil et des rêves. Ainsi, si le sommeil et les rêves sont perturbés, le système de traitement de l’information le sera aussi, et une surcharge d’information se produira.

Ceci, à son tour, peut être dû à plusieurs causes. Les traumatismes émotionnels (comme le SSPT), le stress, l’insomnie, les maladies physiques et toute une variété de problèmes peuvent venir perturber le sommeil. Et la perturbation du sommeil est associée à une augmentation quantitative de phénomène de dissociation.

Au fur et à mesure que la surcharge d’information augmente, l’individu se retrouve submergé et commence à s’effondrer, ce qui est bien sûr extrêmement effrayant. Des cauchemars se manifestent et lorsqu’ils ne sont pas intégrés, ils commencent eux aussi à s’immiscer dans la vie éveillée jusqu’à ce que la dépression s’installe.

L’intensité des rêves est un bon indicateur des tendances dissociatives. Les personnes très dissociatives se plaignent souvent de rêves plus intenses et d’expériences de sommeil inhabituelles. Les dissociations peuvent aussi être confondues avec des épisodes de somnambulisme, survenant dans des circonstances où ces personnes demeurent physiologiquement éveillées.

Les chercheurs ont constaté que même si les symptômes dissociatifs restent stables au cours de la journée, ils augmentent de façon significative pendant la nuit.

La fréquence des expériences dissociatives signalées pendant la journée a été corrélée à la fréquence de paralysie du sommeil et à l’intensité des hallucinations. L’hypothèse est donc que les perturbations du cycle sommeil-éveil peuvent causer et même favoriser le phénomène de dissociation.

En partant de l’hypothèse que la privation de sommeil et d’autres perturbations du cycle sommeil-éveil entraînent des intrusions dissociatives du phénomène du sommeil en état de veille, lors d’une étude clinique, une amélioration de la qualité du sommeil et des symptômes narcoleptiques a entraîné une baisse significative du degré de dissociation .

Selon van der Kloet et al, le traitement des dysfonctions du sommeil peut réduire le nombre de cas de dissociation. Il faut donc concevoir des méthodes qui peuvent restaurer l’architecture du sommeil ainsi qu’un sommeil de haute qualité. Mettre en place une bonne hygiène du sommeil y contribue grandement.

Sources – The complex interrelationship between dissociation and anomalous sleep experiences Everton de Oliveira Maraldi

Association for psychological science

Psychology today

amnésie dissociative

Mon expérience de la dissociation : définition, symptômes et processus de réadaptation

Publié le

La dissociation est une chose étrange. Étrange quand on sait ce qui se passe, mais encore plus étrange si ça a commencé quand on était enfant, et que nous ne savons pas ce qu’est la vie sans dissociation.

Que ressent-on quand on se dissocie ?

C’est comme si on était vide. Il y a une coquille là, et les gens voient la coquille, lui parlent, et agissent comme si c’était vous, mais ce n’est pas le cas. C’est juste un masque. Une façade. Un mécanisme de défense soigneusement mis au point au fil des ans. Il est équipé d’une antenne affûtée comme un rasoir pour lire les signaux sociaux et y réagir. Il est prêt à être ce qu’il faut pour affronter n’importe quel moment.

Mais à l’intérieur, il n’y a rien d’autre qu’un grand espace vide et béant. Un gouffre. Un vortex. Un puits sans fond. Si vous y regardez de trop près, vous tournoyez jusqu’à vous diviser en un million de minuscules particules, pour devenir une substance universelle indistincte.

Je sais où se trouve mon vrai moi. Elle est devant moi, un peu vers la droite, un peu plus loin. Parfois, j’ai eu recours à la dissociation pour faire face à la douleur. Quand j’ai accouché, j’ai poussé ma douleur vers mon vrai moi, vers la droite, un peu plus loin. L’accouchement est beaucoup plus supportable là-bas, loin de moi.

Mais qui est ”moi” ? Il n’y a même pas un moi à fuir. Il n’y a rien.

Tout au fond derrière mon cœur, dans une quatrième dimension spatiale, il y a un autre monde, le monde spirituel. Quand la vie devient insupportable, je prends ma coquille et je me retire à cet endroit. Personne ne peut me voir là-bas, ni me façonner selon ses désirs et besoins.

Qu’est-ce que la dissociation ?

La dissociation ne se limite pas aux cas sévères, parfois qualifiés de trouble de la personnalité multiple ou de trouble dissociatif.

Les expériences de dissociation légère sont relativement courantes, 60 à 65 pour cent de gens ont déclaré avoir eu une expérience dissociative (selon une étude de Waller, Putnam et Carson, 1996.)

La rêverie est une expérience dissociative fréquente. C’est le cas, par exemple, lorsque vous rentrez chez vous en voiture, mais que vous ne vous souvenez plus du trajet.

La dissociation est souvent utilisée comme mécanisme de défense au cours d’événements traumatiques. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux, comme les crises de panique, présentent souvent des symptômes dissociatifs lorsque les crises de panique se déclenchent. C’est considéré comme un mécanisme d’adaptation.

Le site Web ”Panic Anxiety Disorder Association” décrit la dissociation ou les expériences dissociatives comme suit:

La dépersonnalisation : Avoir l’impression d’être séparé de son corps, d’être à côté de lui ou de vivre une expérience hors-corps.

La déréalisation : Sentiment que vous et votre entourage n’êtes pas réels. Regarder les choses à travers un brouillard. Vous avez l’impression que le sol bouge sous vos pieds. Les objets stationnaires semblent se déplacer. Une expérience qui peut s’accompagner d’une sensibilité à la lumière et au son. Vous pouvez avoir l’impression de perdre le contact avec la réalité et de devenir fou.

Comme bien des mécanismes de défense, la dissociation peut engendrer des problèmes si elle se produit dans des circonstances inappropriées. La rêverie en travaillant avec de la machinerie lourde par exemple.

La dissociation chronique se produit lorsqu’il y a un traumatisme prolongé au cours de la petite enfance et/ou l’enfance. Les sévices graves peuvent causer des formes extrêmes rendues célèbres par les livres et les films comme Sybil, mais d’autres traumatismes plus courants, tels qu’une mère souffrant de dépression post-natale, peuvent se manifester sous forme de dissociation chronique plus modérée.

Si la dissociation commence avant l’âge de neuf mois, la personne atteinte, plutôt que d’avoir le sentiment que le monde n’est pas réel, aura le sentiment de ne pas être elle-même réelle. La vie semble se dérouler derrière une vitre invisible : tout le monde y participe, mais la personne touchée regarde à l’intérieur depuis l’extérieur. Son corps participe peut-être, mais son âme est absente.

Si la personne atteinte s’identifie à son moi réel, qui n’habite pas son corps, elle peut se moquer de ce que son corps subit, et dans les cas les plus sévères, elle croit pouvoir continuer à vivre sans son corps. Selon Laing, c’est un élément clé de la psychose.

Si la personne atteinte s’identifie au corps, elle se sent souvent vide et creuse à l’intérieur. Là où il devrait y avoir des sentiments, on n’y trouve rien, ou bien les sentiments de ceux qui l’entourent. Elle cherchera généralement à satisfaire les besoins des autres, comme on peut le voir chez les mères opprimées et, parfois même, chez les entrepreneurs à succès les plus motivés. Si vous ne ressentez pas l’impact émotionnel d’une vie déséquilibrée, vous pouvez la supporter beaucoup plus longtemps que les gens ordinaires ne le peuvent.

Comment découvrir si vous êtes dissocié(e)?

C’est un énorme défi pour les personnes souffrant de dissociation chronique que de diagnostiquer leur maladie. Après tout, la majorité d’entre eux n’ont jamais rien connu d’autre. Pourquoi se demander si quelque chose ne va pas ?

Dans mon cas, il a fallu que je rencontre une personne suffisamment empathique pour comprendre que je réprimais mes émotions, même si elle avait du mal à saisir de quelles émotions il s’agissait. Une fois ma quête de connaissances entamée, je me suis vite rendu compte que j’étais émotionnellement paralysée. Alors, le voyage de réconciliation a commencé.

Les dissociés chroniques sont des survivants. Ils ravalent tout, ne montrent rien et poursuivent leur vie. Ils persistent, parce qu’ils pensent que s’arrêter, même pour un bref instant, pourrait leur être fatal.

En parlant avec d’autres personnes, j’ai dressé une liste de symptômes que beaucoup de personnes dissociées ont en commun.

Bien que je ne fasse pas figure d’autorité médicale, je souffre de dissociation chronique. Voici le 20 symptômes observés chez des personnes qui souffrent de dissociation chronique :

  • Vous avez toujours froid, surtout aux doigts et aux orteils. Vous portez des pulls même lorsque la température est supérieure à 20 degrés. Vous frissonnez et vous vous recroquevillez tandis que d’autres sont tout à fait bien.
  • Les autres vous décrivent comme “très conceptuel”, “froid”, “distant”, “intellectuel”, une personne qui “vit dans sa tête”.
  • Vous avez l’impression que votre foyer corporel se trouve entre vos yeux, plutôt que dans votre poitrine ou au niveau de votre cœur.
  • Vous avez besoin de fantasmes mentaux très vivaces pour être excité (du moins pour les femmes). Vous êtes rarement excité par le seul toucher.
  • Vous vous sentez motivé, et vous arrêter pour faire une pause semble dangereux.
  • C’est difficile de côtoyer d’autres personnes, car on ne peut pas se détendre.
  • C’est difficile d’être seul, parce qu’on se sent intensément seul.
  • Vous êtes impatient avec les gens qui disent ne pas pouvoir faire quelque chose pour des raisons émotionnelles. Vous vous demandez pourquoi ils ne font pas comme vous ?
  • Vous avez de la difficulté à lire les signaux émotionnels non verbaux et vous êtes hyper vigilant et hyper-réactif aux signaux visuels.
  • Vous pensez, analysez et observez les autres comme un aigle, mais vous ne sentez pas leur présence.
  • Il vous faut plusieurs mois pour tisser des liens avec les nouveau-nés, et il vous est difficile d’éprouver de l’empathie et de les réconforter.
  • Vous voulez que tout ce qui est relaté soit exact et précis concernant ce qui a été dit.
  • Vous avez la capacité de vous souvenir de situations et de conversations dans les moindres détails, mais aussi de vous évader mentalement pendant certaines conversations importantes et de ne pas vous en souvenir.
  • Vous avez souvent l’impression que les gens font ce qu’ils veulent, mais que vous, vous devez survivre.
  • Vous aimez et invoquez sans cesse la citation : “Ce qui ne tue pas rend plus fort.”
  • Vous sentez que vous n’avez jamais fait partie de votre famille ni d’ailleurs.
  • Vous vous dissuadez d’être en colère quand les gens franchissent vos limites, en leur trouvant des excuses.
  • Vous ne ressentez pas le droit d’exister et vous doutez parfois de votre existence.
  • Vous avez des règles abondantes et un cycle menstruel prolongé.
  • Vous avez l’impression que tout ce qui est bon dans votre vie est amené à disparaître.

Se réadapter suite à la dissociation

Même les cas les plus sévères de dissociation et de troubles multiples de la personnalité peuvent être guéris, de sorte que la personne peut se réinsérer et atteindre un certain degré de normalité. Le chemin de l’intégration exige une profonde reconnexion avec le subconscient non rationnel, non linéaire, physique, sensuel et enfantin. Pour que cela se produise, le subconscient doit être convaincu qu’il est en sécurité pour pouvoir sortir de sa coquille.

Pour moi, l’événement déclencheur a été d’essayer de trouver ce que je voulais vraiment. Mon amie m’a dit : “Si ton enfant intérieur pouvait faire ce qu’il veut en ce moment, que ferait-elle ?”

J’ai essayé d’y réfléchir. Il m’arrive parfois d’éprouver ce sentiment que l’on ressent lorsqu’une pensée, un mot est sur le bout de la langue. Mais aussitôt, je me retrouve face à un mur de panique, et la pensée se brise avant même de se former.

Ayant étudié la psychologie, j’assistais au spectacle de la répression freudienne classique. Pourtant, je ne pouvais pas me forcer à finaliser cette pensée. C’était comme si savoir ce que je voulais mettait ma vie en danger.

Étant motivée et déterminée, j’ai tout mis en œuvre, y compris la PNL (programmation neuro-linguistique), la psychothérapie, la conversation émotionnelle, le travail avec l’enfant intérieur, l’art-thérapie, la méditation, l’écriture en regardant la mer depuis la plage, et les exercices physiques.

Après quelques mois, j’ai fait ma première percée. J’ai rencontré une personne tellement à l’écoute qu’elle pouvait comprendre ce que je ressentais sans que j’aie à l’exprimer avec des mots. Après qu’elle ait anticipé chacun de mes mouvements et de mes sentiments pendant 45 minutes, j’ai senti que je pouvais être en vie en toute sécurité, malgré tout.

À ce moment-là, mon vrai moi s’est déplacé de là-bas devant sur ma droite, et s’est installé autour de mon cœur. Ma peau est devenue intensément sensible, et passer mes doigts sur la surface de pierre rugueuse est devenu presque orgasmique et sensuel. Ma capacité d’empathie s’est développée et j’ai été aussi ouverte qu’une jeune enfant. Il m’a fallu un peu d’ajustement chaotique avant d’apprendre à modérer ma sensibilité et à réagir à nouveau comme une adulte. Au cours des mois qui ont suivi, j’ai grandi sur le plan émotionnel. Une fois de plus, mes connaissances en psychologie m’ont été utiles, parce que je pouvais identifier mon âge émotionnel et faire preuve d’indulgence envers moi même.

Il y a quelques aspects positifs à mes expériences dissociatives : Je n’étais pas présente lorsque beaucoup des mauvais moments de ma vie ont eu lieu, comme le lycée. Je ne me sentais pas couverte de cicatrices comme la plupart, et je pouvais ressentir ce que les autres éprouvaient avec précision et détail. Comme je n’avais que mon intellect, je suis devenue très douée pour observer, analyser et comprendre ce qui se passait dans le subconscient des autres à partir d’indices tels que leur posture, leurs choix de mots et le mouvement des yeux.

La plupart des gens ne mettent pas autant d’énergie à observer parce qu’ils peuvent ressentir les autres directement. Mais c’était la seule chose que j’avais, alors je l’ai développée au maximum, un peu comme un aveugle qui apprend à claquer des doigts pour se localiser par écho.

Maintenant, j’ai les deux : l’observation et le sentiment direct. Combiner ces deux capacités est plutôt génial, et rien ne m’échappe maintenant.

Comment c’était ?

Je ne le cacherai pas. C’était une marche à travers la vallée de l’ombre de la mort pour me remettre de la dissociation. Pendant environ trois mois, rentrer dans le bureau de mon thérapeute était comme une marche funèbre vers la chaise électrique.

Je me suis dissociée parce que la vie était terrifiante, mais la seule façon d’être libre est de faire face à cette terreur. Après ma première percée, j’ai découvert comment libérer la peur tout en étant bien. Ça m’a aidé. Les ouvrages l’appellent réconfort personnel. C’était beaucoup trop passif et paisible pour mon expérience, mais me voilà.

L’expérience de la sécurité – d’être perçue et de recevoir une réponse appropriée – a également été une partie essentielle du processus de guérison. N’essayez pas de vous guérir tout seul. Allez chercher de l’aide.

En nous coupant de nos sentiments, la dissociation nous isole de notre moi le plus profond, et elle nous déconnecte aussi de tous ceux qui nous entourent. On ne peut plus faire confiance à qui que ce soit. Mais une vie nouvelle vous attend si vous acceptez d’y faire face, une vie dont vous ne pouvez même pas vous douter. C’est un acte de foi que de se jeter de cette falaise et de faire confiance que cela ne vous tuera pas, de dépendre de quelqu’un d’autre et de ne plus être sur vos gardes. Faites-le.

C’est terrifiant. Mais ça en vaut la peine.

Source – Patient’s Lounge

amnésie dissociative

Dissociation – Comment s’aider soi-même ?

Publié le

Si vous vous dissociez, vous pouvez vous sentir déconnecté de vous-même et du monde qui vous entoure. Vous pouvez, par exemple, vous sentir détaché de votre corps ou avoir l’impression que le monde qui vous entoure est irréel.

Si vous vous dissociez pendant une longue période, surtout quand vous êtes jeune, vous risquez de développer un trouble dissociatif. La dissociation, alors, n’est plus une expérience sur le court terme, mais une expérience beaucoup plus fréquente, et c’est souvent la principale manière de faire face aux expériences stressantes.

Les expériences de dissociation peuvent durer relativement peu de temps (quelques heures ou jours) ou beaucoup plus longtemps (des semaines ou des mois).

Rappelez-vous que l’expérience de la dissociation est différente pour chacun. Certaines expériences dissociatives incluent :

L’amnésie dissociative – avoir des blancs dans sa vie où on ne se souvient de rien; ne pas être capable de se souvenir d’informations sur soi-même ou de choses qui se sont passées dans sa vie; incapacité de se souvenir de renseignements importants sur soi-même, son histoire de vie ou des événements précis.

La fugue dissociative – se rendre quelque part et prendre une nouvelle identité pour une courte période (sans se souvenir de son identité)

La déréalisation – l’impression que le monde qui nous entoure est irréel; voir des objets changer de forme, de taille ou de couleur; voir le monde ” sans vie ” ou ” brumeux “; voir les autres comme des robots (en sachant qu’ils ne le sont pas); oublier tout de qui l’on est (une fugue); aller dans un nouvel endroit et agir comme une personne différente dans une vie différente.

La dépersonnalisation – l’impression de se voir dans un film ou de se regarder de l’extérieur; l’impression d’observer ses émotions; le sentiment d’être déconnecté de certaines parties de son corps ou de ses émotions; l’impression de flotter au loin; le sentiment d’incertitude quant aux limites entre soi et les autres

Le trouble de l’identité – ressentir un changement d’identité; parler avec une ou plusieurs voix différentes; utiliser un ou plusieurs noms; basculer entre les différentes personnalités; avoir l’impression de perdre le contrôle face à ” quelqu’un d’autre “; faire l’expérience de différentes parties de son identité à différents moments

La confusion d’identité – agir comme des personnes différentes, y compris des enfants; difficulté à définir sa personnalité; impression d’avoir en soi plusieurs personnes différentes


Comment puis-je m’aider moi-même ?

Voici quelques suggestions pratiques pour prendre soin de vous.

Tenir un journal

Tenir un journal peut vous aider à comprendre et à vous souvenir des différentes parties de votre expérience. Ça peut inclure l’écriture et l’art, réalisés à différents moments, pour aider à améliorer les liens et la prise de conscience entre vos différentes parties en vous relisant et à mieux vous souvenir de ce qui s’est passé.

Pratiquer la visualisation

La visualisation est une façon d’utiliser votre imagination pour créer des scènes et des environnements internes qui vous aident à rester en sécurité et à contenir des sentiments et des pensées difficiles. Par exemple, le fait d’imaginer que vous portez des vêtements de protection vous aide à vous sentir plus détendu dans des situations stressantes. Imaginez un endroit où vous vous sentez en sécurité et lorsque vous vous sentez anxieux ou menacé, vous pouvez imaginer vous y rendre pour ressentir paix et sécurité.

Si vous vivez des états identitaires différents, vous pourriez imaginer un endroit où ils pourraient tous se rencontrer et parler ensemble. Votre thérapeute peut vous aider à le faire aussi.

Les techniques d’ancrage

Les techniques d’ancrage permettent de rester en contact avec le présent et d’éviter certains sentiments, souvenirs, flashbacks et pensées intrusives que vous ne vous sentez pas encore capable de gérer. Parmi elles :

  • la respiration lente
  • écouter les sons qui vous entourent
  • marche pieds nus
  • s’envelopper dans une couverture et la sentir autour de soi
  • toucher quelque chose ou humer une chose avec une forte odeur
  • se concentrer sur les sensations ressenties à ce moment
  • avoir une boîte d’objets avec différentes textures et odeurs

Préparer un plan de crise personnel

Un plan de crise personnel est un document que vous rédigez lorsque vous vous sentez bien. Il explique ce que vous aimeriez qu’il se passe si vous n’êtes pas assez bien pour prendre des décisions concernant votre traitement ou d’autres aspects de votre vie. Il vous dit les mots de soutien du moi en paix.


Puis-je me remettre d’un trouble dissociatif ?

Oui – si vous avez le bon diagnostic et le bon traitement, il y a de bonnes chances que vous vous rétablissiez. Vous cesserez d’éprouver des symptômes dissociatifs et les diverses facettes de votre identité fusionneront pour former un seul et même sens du moi.

Tous ne cesseront pas complètement d’éprouver des symptômes dissociatifs, mais le traitement peut vous aider à vous sentir plus en contrôle de votre vie et de votre identité. Certaines personnes trouvent réconfortant de pouvoir se dissocier et ne se sentent pas prêtes à cesser complètement de se dissocier.

Les thérapies par la parole sont recommandées pour le traitement des troubles dissociatifs. Le soutien psychologique et la psychothérapie vous aideront à explorer les événements traumatisants de votre passé, à comprendre pourquoi vous vous dissociez et à développer d’autres mécanismes d’adaptation. Cela peut aussi vous aider à réguler vos émotions et à mieux gérer vos relations.

” Peu à peu, les autres parties de moi me parlent du souvenir des agressions subies et je leur parle de ma vie actuelle et, petit à petit, nous reconstituons le puzzle en travaillant avec le soutien de mon thérapeute ”

Adapté de Mind