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POURQUOI LES PERSONNES PRÉSENTANT UN SSPT COMPLEXE ÉVITENT LE CONTACT VISUEL

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tspt

Une étude de Lanius et al. a été menée afin de comprendre pourquoi de nombreuses personnes atteintes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), y compris celles qui souffrent de SSPT complexe, trouvent souvent cela affreusement inconfortable quand les codes du savoir-être les oblige à avoir un contact visuel avec une autre personne. (J’ai moi-même tenté une fois de contourner ce problème en achetant des lunettes beaucoup trop fortes pour moi, de sorte que, lorsque les normes sociales exigeaient un contact visuel, tout ce que mes yeux percevaient était un brouillard non menaçant et réconfortant)

Revenons à l’expérience de Lanius et al :

L’expérience s’est déroulée en deux groupes :

1) des survivants de traumatisme chronique

2) des participants “normaux”


En quoi consistait l’expérience ?

Les participants des deux groupes ci-dessus ont été soumis à des scans du cerveau tout en ayant un contact visuel avec un personnage vidéo de manière à reproduire un contact en face à face dans la vie réelle.

Quels résultats pour cette expérience ?

Dans le cas des participants ” normaux ” (c.-à-d. ceux qui n’avaient PAS subis de traumatisme important), le contact visuel simulé avec le personnage vidéo a provoqué une activation d’une partie du cerveau, connue sous le nom de CORTEX PRÉFRONTAL.

PAR CONTRE : Dans le cas des survivants de traumatisme chronique, le même contact visuel simulé avec le personnage vidéo n’a PAS provoqué d’activation du CORTEX PRÉFRONTAL. Les scans ont révélé qu’en réponse au contact visuel simulé, la partie du cerveau des survivants de traumatismes chroniques qui ÉTAIT ACTIVÉE était la partie primitive (située au plus profond du cerveau émotionnel) connue sous le nom de GRIS PERIAQUEDUCTAL.

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS :

Le cortex préfrontal nous aide à juger et à évaluer une personne lorsque nous établissons un contact visuel, afin de déterminer si ses intentions semblent bonnes ou mauvaises.

Cependant, la zone grise périaqueductale est associée à des RÉPONSES AUTO-PROTECTRICES comme l’hypervigilance, la soumission et la fuite.

Par conséquent, nous pouvons en déduire que les personnes atteintes de SSPT ou de SSPT complexe peuvent avoir de la difficulté à établir un contact visuel parce que leur cerveau a été affecté négativement, à la suite de leurs expériences traumatiques, de telle sorte que, lorsqu’elles établissent un contact visuel avec une autre personne, l’étape ” évaluation ” de l’interaction (normalement effectuée par le cortex préfrontal) ne se produit plus, et leur cerveau, par l’activation de la zone periaqueductale, provoque une réponse de frayeur exacerbée.

Cela constitue un autre exemple de la façon dont les traumatismes graves et prolongés de l’enfance peuvent nuire au développement physique du cerveau.

Lien : Étude de Lanius et al.

#sspt#ssptcomplexe#cortexpréfrontal#grisperiaqueductale

Traduit par courtoisie : Childhood Trauma Recovery

cerveau

Secoue-toi un peu : ou pourquoi vous ne le pouvez pas. Démystifier les idées reçues sur les troubles psychologiques.

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Comment la thérapie peut-elle modifier votre cerveau ?

La maladie psychologique n’est pas comme la maladie physique. Principalement parce que ça ne se voit pas. Les humains ont toujours vérifié la réalité des choses avec leurs yeux. ‘’Tu es tombé d’un toit et tu t’es cassé la jambe ? Oh non, pauvre de toi !’’

Le regard se promène sur la jambe plâtrée, dont l’existence a déclenché cette question. Nous sommes plein de compassion. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement. Nous leur demandons ce qui est le plus difficile dans le fait d’avoir une jambe dans le plâtre. Ils répondent. Leur difficulté est visible ; leur frustration, leur douleur et leur détresse sont validées. Tout va bien.

Maintenant, essayez ceci. ‘’Je ne t’ai pas vu depuis un bail’’. La personne déprimée n’établit pas de contact visuel, apparaît un peu fuyante. Elle dit quelque chose d’inintelligible, un marmonnement, ce qui nous donne l’impression de déranger ou de nous tromper. Puis, quand la conversation semble bloquée, elle nous lance un bref regard, droit dans les yeux, mais très rapidement. Son expression nous fait penser à un loup affamé, ses yeux pleins de douleur et de détresse qu’on ne peut nommer. Nous nous sentons mal à l’aise, nous ne savons pas comment réagir. Nous essayons de maintenir la conversation. Puis elle dit : ” Je ne vais pas très bien, j’essaie les cachets que le docteur m’a donnés, mais je ne sais pas… ”

Face à leur hésitation, leur manque de confiance et leur peu d’espoir, nous nous détournons. Vers des choses moins déroutantes et déconcertantes que la dépression, l’anxiété sociale suffocante, ou pire encore, la folie des hallucinations, d’entendre des voix, et des fous violents.

Bien sûr que si. Ça ne fait pas de nous une mauvaise personne. La maladie mentale nous a toujours dérangés et la façon de traiter les personnes ” folles ” nous a toujours maintenus éveillés, surtout quand il s’agit de proches et d’êtres chers. Les dangers sont réels – suicide, meurtre, automutilation, gestes maniaques, comportements addictifs qui détruisent des vies et des relations, amènent à perdre leur maison, ou à y accumuler toutes sortes de cochonneries, ou à se laver les mains un milliard de fois par jour. Ce que font les “fous” peut être assez flippant, avouons-le, c’est un peu flippant.Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les immenses avancées technologiques, qui nous permettent de fabriquer des voitures avec des robots ou d’appeler notre mère par vidéo à l’autre bout du monde, ne nous ont pas permis de résoudre le problème des personnes souffrant ainsi. Dans leur tête. Non, nous ne pouvons pas éradiquer les troubles mentaux d’un seul clic de souris, ou faire livrer un nouveau cerveau parfaitement fonctionnel par drone sur Amazon Prime. Un jour peut-être ! En attendant, la maladie mentale reste obstinément invisible et donc discutable. Après tout, ” voir c’est croire “. ‘’Tu ne viens pas, encore, aujourd’hui ? ‘’ Soupir. ‘’Ok, alors’’ dit-on, en tant que patron. Puis on se demande : ‘’Il est vraiment malade ? Il fait semblant ? Il me manipule ? Ou il se moque de moi ?’’. On ne peut pas s’empêcher de douter si on ne peut pas vérifier de nos propres yeux. Si seulement la maladie psychologique pouvait être traitée avec un plâtre. Mais ce n’est pas possible. Pas encore.


Je voudrais utiliser cette page pour vous parler des nombreuses façons dont les neuro-scientifiques parviennent à trouver des indices qui expliquent pourquoi les personnes atteintes de maladie psychologiques souffrent et se comportent comme elles le font. Les chercheurs sont en train de comprendre comment les principales différences dans la structure et le fonctionnement du cerveau sont responsables de la détresse et de la souffrance liées à la maladie psychique, tout comme une personne ayant une jambe cassée ressent l’agonie de deux morceaux d’os en friction.

On a découvert, ces dernières années, que les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif peuvent être causés par des infections pharyngées à streptocoque C. Pour les enfants atteints d’angine streptococcique qui se sont mis à se laver les mains de façon compulsive, les IRM ont révélé que la région sous-corticale avait enflé de 24%. Cette partie du cerveau permet à nos pensées de circuler. Lorsqu’on leur a administré des immunosuppresseurs, les symptômes se sont atténués. Les enfants dont la zone était la plus enflée ont présenté les symptômes les plus graves, ce qui montre une relation causale. D’autres chercheurs ont démontré que les symptômes schizophréniques peuvent être causés par deux microbes différents, Toxoplasma gondii et cytomégalovirus (CMV). Cela ne veut pas dire que toute schizophrénie est induite par des microbes, mais il est clair que les symptômes de la maladie mentale sont causés par une pathologie du cerveau tout comme les maladies du corps sont causées par une pathologie du corps.

Les scientifiques ont observé que le volume de l’hippocampe est plus faible chez les patients souffrant de dépression chronique mais pas chez ceux qui se sont rétablis. Ce volume est jusqu’à 18 % inférieur chez les femmes victimes de violences dans leur enfance. Le mécanisme sous-jacent serait dû au fait que les expériences stressantes libèrent du cortisol, l’hormone du stress, qui, à petites doses, nous prépare au combat ou à la fuite. Mais lorsque l’exposition à cette hormone est répétée et fréquente, elle provoque le dessèchement et la mort des neurones de l’hippocampe. Le volume de l’hippocampe est important puisque c’est là principalement, où nous traitons et trions les souvenirs à court et long terme, que se déroule la neurogenèse. Vous ignoriez peut-être que vous continuez à produire de nouveaux neurones toute votre vie – mais c’est ainsi – et cela se produit exactement là, dans l’hippocampe, dans ces deux petites zones en forme d’hippocampe au fond du système limbique du cerveau.Imaginez maintenant un bébé négligé ou effrayé – c’est ce que l’on entend par ” traumatisme cumulatif “. Un tel nourrisson grandit avec un cerveau baigné de cortisol, ce qui entraîne des changements épigénétiques qui le prédisposent à la dépression et aux maladies liées au stress. Il y a une période critique dans le développement du nourrisson, notamment les trois premières années, où la partie du cerveau responsable de la régulation des émotions se connecte – comme une moissonneuse-batteuse qui se fraye un chemin à travers champs. Si nous sommes élevés avec empathie, c’est-à-dire aimés et bien traités, nos voies neuronales bourgeonnent à travers notre lobe frontal droit comme des brocolis à rameaux qui nous permettent d’identifier nos émotions, de les nommer comme sentiments et de les libérer convenablement. Cette composante clé du lobe frontal droit est le câble qui nous permet de fabriquer et d’entretenir des liens humains. Je suis convaincue qu’elle sous-tend aussi notre sens de nous-mêmes, la croyance que nous avons un rôle à jouer dans le monde et la conviction inconsciente que nos choix ont leur importance.

Il ne faut pas s’étonner qu’un grand nombre de détenus aient été maltraités au cours de cette période critique et qu’ils soient devenus profondément incapables d’atténuer leurs émotions et de sentir une connexion aux autres. Leur peur et leur rage débordent en délits violents, leurs désirs en viols. Je ne sous-entends pas ici que ces crimes odieux ne méritent pas d’être punis – bien entendu, ils le méritent. Mais sachant que leurs crimes sont en grande partie la conséquence d’un cerveau mal connecté, ne ferions-nous pas mieux d’offrir aux prisonniers une psychothérapie intensive plutôt qu’une cellule avec TV fermée 23h/24 ? Après tout, l’objectif de la prison n’est-il pas de les rendre moins susceptibles de récidiver en réintégrant la société ?

Alors, la psychothérapie peut-elle modifier le cerveau ? Telle est la question cruciale et il semble de plus en plus évident que oui. Par exemple, lorsque les patients ont des flashbacks, le flux sanguin vers le lobe préfrontal et frontal diminue. Le but de la psychothérapie est d’étendre l’influence du lobe préfrontal droit où se produit la régulation de l’émotion (cette zone clé qui se connecte dans les 24 premiers mois de l’enfance, avant d’acquérir le langage). Selon Freud, il faut laisser place aux associations libres de l’esprit pour récupérer ou reconstituer des souvenirs difficiles, dans le cadre de la relation avec le thérapeute. Les mémoires doivent être réactivées pour que leurs connexions neuronales soient modifiées, afin qu’elles puissent être retranscrites et transformées. Le changement neuronal est possible car nos étonnants cerveaux restent plastiques (capables de changer) durant toute une vie. La neuroplasticité est une caractéristique de la structure et des fonctions du cerveau.

Le changement psychologique que je vois chez mes patients au cours de leur thérapie se produit au niveau neuronal ; de nouveaux circuits de neurones qui se connectent et se déclenchent peuvent se développer lorsque des souvenirs traumatiques sont revécus et que les processus de pensées négatives et auto-critiques sont explorés au cours de la thérapie. Comprendre comment la douleur du passé a été déclenchée par les expériences du présent permet aux patients de développer de nouvelles méthodes d’adaptation et celles-ci sont instanciées dans les réseaux neuronaux grâce à la merveilleuse neuroplasticité du cerveau.Je dis parfois aux patients : ” C’est une relation qui vous a mis dans ce bourbier et c’est une relation vous en sortira “. Est-ce que ça prend beaucoup de temps ? Oui. Est-ce que ça marche?

Certainement, tant que le patient désire vraiment un changement….

Le fleuve de l’Ignorance se détourne dans la peur des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, tout en maintenant des stéréotypes à leur sujet. Alors que la rivière de la Détresse est l’endroit où les nourrissons reçoivent de piètres soins et passent le reste de leur vie à se sentir coupables de ne pas se sentir bien et ne pas réussir à gérer leur vie. Une meilleure éducation sur ce qui fait des esprits sains et de meilleurs traitements de santé mentale pour ceux qui n’ont pas eu ce dont ils avaient besoin dès le départ, contribueraient beaucoup à changer les choses : est-il possible de bannir ensemble Ignorance et Détresse ?


#troublespsychologiques

#santémentale#thérapie#neurosciences

Traduit et adapté par courtoisie de British Foundation of Psychotherapy

Conséquences psychotraumatiques

Le diagnostic non-officiel du SSPT Complexe ou pourquoi est-il si difficile d’avoir un diagnostic ?

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traumatisme

Je suis une femme de quarante-deux ans, hantée par une maladie psychologique depuis aussi longtemps que je me souvienne, et pourtant ce n’est qu’au cours des deux dernières années que je suis devenue consciente de ce trouble complexe. Aucun spécialiste de la santé mentale ne m’en a jamais parlé. La seule raison pour laquelle j’en connais le nom, et reconnais ces symptômes comme étant les miens, est que j’ai fait mes propres recherches pour essayer de me guérir. Pourquoi est-il si difficile de trouver un diagnostic qui explique en détail les symptômes uniques avec lesquels nous vivons et avec lesquels nous devons apprendre à survivre chaque jour ?

On m’a diagnostiqué une dépression avec anxiété généralisée en 2000. Ce diagnostic est resté le même au cours des dix-neuf dernières années, mais pour moi, il n’a jamais suffi à expliquer la gravité des nombreux symptômes dont je souffre. L’intensité même des émotions ; la déconnexion constante et la solitude, comme si j’interagissais avec le monde à travers une pellicule de verre ; les flash-back émotionnels causés par les chansons à la radio (notamment la musique des années 80 que tout le monde semble aimer et qui n’est autre que la musique de mon enfance maltraitée), un nom si douloureusement familier ou le fumet de certains plats ; les relations interpersonnelles qui semblent si faciles pour tout le monde, mais qui pour moi sont parsemées de pièges de méfiance, de signaux d’alarme et de cette manie paradoxale de ne jamais en faire cas pour certaines personnes, puis de retomber dans la violence.Je savais que je ne cheminais pas dans ce monde de manière ” normale “, mais je ne comprenais pas, ni n’arrivais à m’expliquer pourquoi. J’en était venue à la même conclusion que les nombreuses personnes qui ont travaillé ou interagi avec moi – j’étais juste bizarre.

Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais un trouble de la personnalité limite, uniquement parce que je ressens les émotions avec une intensité qui frise le ridicule. La musique est mon principal déclencheur. Je vis les chansons comme sur un grand huit, chacune me rappelle une personne, un souvenir, une situation réelle ou imaginaire. J’ai tendance à écouter la musique en voyage, donc c’est toujours rocambolesque ! Je regarde mon chat, et je pleure parce que je l’aime tant. J’ai un énorme sentiment d’abandon dû à différents événements de ma vie et je me sens particulièrement anxieuse et apeurée dans mes relations. Mais…. beaucoup de points ne me parlaient pas. Je me demandais si je n’étais pas une personne avec un trouble de la personnalité ‘’tranquille’’. Je n’avais aucun problème avec ces diagnostics et j’étais prête à accepter que je ne rentrais pas tout à fait dans les cases, mais je ne me sentais toujours pas bien.

Un jour, j’ai demandé à un thérapeute quel était mon diagnostic, et il m’a demandé pourquoi j’en avais besoin. Il m’a dit que les étiquettes n’aidaient personne à se rétablir et n’avaient aucune incidence sur le traitement. À l’époque, je n’étais pas assez sûre de moi pour lui soutenir qu’il était important pour moi de savoir. Je voulais une explication concrète des raisons pour lesquelles je me sentais si différente. Une étiquette m’aurait aidée, surtout à l’ère des groupes de soutien Internet et des pages Facebook.

Je crois que la plupart des gens sont plutôt intéressés pour rechercher de l’information concernant leurs symptômes personnels, et comme le soutien psychologique est souvent difficile à trouver, ces groupes peuvent littéralement sauver des vies. Je ne comprends pas pourquoi les services de santé mentale n’en tiennent pas compte et ne veulent pas ‘’étiqueter’’ les gens. Cela ne devrait-il pas être un choix personnel ? Donner un nom à quelque chose peut aider à comprendre, au lieu d’avoir une série de symptômes qui n’ont aucun sens séparément. Certes, le SSPT complexe n’est toujours pas un diagnostic officiel que les professionnels de santé mentale peuvent poser, mais je suis convaincue qu’il y avait plus que de la dépression dans mon diagnostic. Je souhaitais connaître leur opinion sur les choses personnelles que j’avais partagées avec eux et discuter d’un diagnostic au sein d’une équipe.

Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai appris que le SSPT complexe existait. C’était peut-être dans un article lu sur une page Facebook, mais je sais que c’était purement par hasard et que je savais que c’était ce dont je souffrais. Je me suis sentie tellement soulagée, sachant qu’il y avait un nom spécifique pour tous mes symptômes et que d’autres personnes ressentaient la même chose.Je ne me sentais plus si “anormale” parce qu’il y avait une très bonne explication à la façon dont je voyais le monde et interagissait avec. Ce n’était pas de ma faute, et je n’étais pas ”folle”. Le simple fait de savoir a été comme une thérapie en soi car cela m’a enlevé un énorme poids. Et, tout comme pour un diagnostic physique, une fois que vous savez ce qui dont vous souffrez, vous pouvez commencer à travailler dessus. J’ai fait des recherches dans des articles et sur YouTube pour trouver des vidéos à ce sujet, beaucoup d’entre elles provenant de personnes aux prises avec les mêmes maux.Maintenant, quand je vois mon thérapeute (privé), je le considère comme une collaboration parce que je sais sur quoi je dois travailler et pourquoi je suis affectée par certaines choses. J’entraîne la partie logique de mon cerveau à agir comme un videur de boîte à chaque fois qu’il détecte un problème, à faire une pause, à regarder l’émotion ressentie, à tenter de savoir d’où elle vient et à réaliser qu’elle va passer. Ce n’est pas si difficile en général de ressentir l’émotion – je ne me force plus à le refouler en me disant que je suis ” une idiote “. Cela m’a permis à faire preuve de plus de compassion envers moi-même parce que la personne qui souffre le plus, c’est la petite fille à qui l’on a fait ressentir qu’elle était inférieure aux autres.

J’espère vraiment que le syndrome de stress post-traumatique complexe deviendra un diagnostic courant car il est indispensable qu’il le soit. Je me considère chanceuse de l’avoir découvert par hasard, mais je me demande pourquoi on devrait compter sur la chance pour trouver la guérison, le soutien et la solidarité avec les autres victimes de violence.


Traduit avec courtoisie : CPTSD Foundation

amnésie dissociative

Je souffre de stress post-traumatique et je ne le savais même pas – vous aussi, peut-être

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symptômes

Pour le savoir, il faut en connaître les signes.

Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’était fin 2015, et pour la première fois de ma vie, je me sentais complètement brisée.

Alors que j’avais un emploi où les autres se fiaient à moi, un partenaire qui prenait soin de moi et un blog en ligne qui marchait, j’étais toujours dans un état constant de panique et d’anxiété exacerbée. Tous les matins, je me réveillais et l’impact était quasi immédiat. Mon corps et mon cerveau étaient la source de mes humeurs qui oscillaient comme un pendule. N’arrivant plus à maintenir une façade, je me suis peu à peu retirée du monde.Je n’ai pas réussi à identifier ce qu’il se passait, mais je savais que quelque chose clochait.

Un soir de fin novembre, alors que je franchissais la porte après le travail, le téléphone a sonné. Ma mère était à l’autre bout du fil, me posant des questions tranchantes et intrusives, ce qui n’était pas inhabituel dans notre relation tendue. J’ai pleuré au téléphone en implorant un peu de répit, en lui demandant d’arrêter, quand quelque chose s’est déclenché. Pour la première fois de ma vie, j’ai pris pleinement conscience de ce qui se passait dans mon corps.

Et j’ai su que j’avais besoin d’aide. La maladie mentale a toujours fait partie de mon histoire familiale, mais pour je ne sais quelle raison, je pensais y avoir échappé. J’ai commencé à comprendre que ce n’était pas le cas.Ce n’est qu’en 2015, lorsque j’ai commencé à travailler avec une équipe de thérapeutes spécialisés en traumatologie, que j’ai finalement compris que je souffrais en fait de syndrome de stress post-traumatique complexe, une forme différente du SSPT, en plus de la dépression.Lors de la première consultation, ils m’ont posé des questions sur la régulation de mes émotions, les altérations de la conscience, les relations avec les autres et mon enfance. Cette consultation m’a permis de faire un retour en arrière et de faire le point sur le nombre d’incidents traumatiques qui ont eu lieu dans ma vie.

Enfant, mon estime personnelle était continuellement bafouée car mes parents passaient leur temps à me faire douter de moi et à me critiquer ; je ne semblais rien pouvoir faire correctement car, selon eux, je n’étais pas assez mince ou pas assez “féminine”. Cette violence psychologique m’a accablée durant de nombreuses années.

Ces sentiments de culpabilité et de honte sont réapparus lorsque, à mon 30ème anniversaire, j’ai été victime d’un viol.Ces expériences se sont imprimées dans mon cerveau, formant des cheminements qui ont affecté ma manière de vivre mes émotions et de me relier à mon corps.

Carolyn Knight explique dans son livre ” Working with Adult Survivors of Childhood Trauma ” qu’un enfant ne devrait pas avoir à se confronter à la violence. Lorsqu’il y a violence, l’enfant n’est pas psychologiquement en mesure d’y faire face. Les adultes qui font partie de leur vie sont censés être des modèles en matière de régulation des émotions et doivent fournir un environnement sécurisant.

Dans mon enfance, je n’ai pas eu ce type de modèle. En fait, beaucoup d’entre nous ne l’ont pas eu. En travaillant de concert avec mes thérapeutes en traumatologie, j’ai réalisé que je n’étais pas seule et que la guérison de ce type de traumatisme était possible.Au début, c’était difficile d’accepter que j’avais subi un traumatisme. Longtemps, le cinéma et la télévision m’ont laissé croire, à tort, que seules certaines expériences menaient au SSPT. Il s’agissait de soldats qui avaient été les témoins directs de la guerre, ou de personnes qui avaient vécu un événement traumatisant, comme un accident d’avion. En d’autres termes, ça ne pouvait pas me concerner.

Mais au fur et à mesure que j’ai commencé à intégrer mon diagnostic, j’ai compris les différents aspects du SSPT et du SSPT Complexe, et comment les stéréotypes ne reflétaient pas la réalité. Le trauma est beaucoup plus vaste que ce que nous avons tendance à imaginer. Il a le pouvoir de laisser une empreinte à vie sur le cerveau, que nous en soyons conscients ou non. Et jusqu’à ce que l’on nous donne les outils et les mots pour définir clairement ce qu’est un traumatisme et comment il nous affecte, comment pouvons-nous commencer à nous reconstruire ?

En m’ouvrant au sujet de mon diagnostic, j’ai commencé à faire des recherches sur les différences entre le SSPT et SSPT Complexe. Je voulais en apprendre davantage, non seulement pour moi-même, mais aussi pour pouvoir avoir des discussions ouvertes et honnêtes avec ceux qui n’en connaissent peut-être pas les différences. Ce que j’ai découvert, c’est que, même si les deux peuvent sembler similaires, il existe de grandes différences.Le SSPT est un état de santé mentale déclenché par un seul événement traumatique de la vie. Une personne ayant reçu un diagnostic de SSPT est une personne qui a été témoin d’un événement ou qui a participé à un événement traumatique et qui, par la suite, vit des flashbacks, des cauchemars et une anxiété grave en rapport à cet événement. Les événements traumatiques sont parfois difficiles à définir. Certains événements peuvent ne pas être aussi traumatisants pour certaines personnes que pour d’autres.

Selon le ”Centre for Addiction and Mental Health”, le traumatisme est une réaction émotionnelle durable qui résulte du vécu d’un événement bouleversant. Mais cela ne signifie pas pour autant que les traumatismes ne peuvent pas être chroniques et continus, et c’est là que l’on découvre des cas de SSPT Complexe. Pour les personnes comme moi, atteintes de SSPT Complexe, le diagnostic est différent de celui du SSPT, mais cela ne rend pas les choses moins difficiles.

Les personnes ayant reçu un diagnostic de SSPT ont souvent été victimes de violences extrêmes et de stress sur une longue période de temps, notamment des sévices durant l’enfance ou des violences physiques ou psychologiques prolongées.

Bien qu’il y ait beaucoup de similitudes avec le SSPT, les symptômes diffèrent notamment en ce qui concerne :

  • les périodes d’amnésie ou de dissociation
  • les difficultés dans les relations
  • les sentiments de culpabilité, de honte ou de manque d’estime personnelle

Cela signifie que le traitement n’est en aucun cas identique.

Bien qu’il y ait des différences distinctes entre SSPT et SSPT Complexe, plusieurs symptômes, en particulier la sensibilité émotionnelle, peuvent être confondus avec le trouble bipolaire et le trouble de la personnalité limite. De nombreuses personnes ont ainsi fait l’objet d’un diagnostic erroné. Lorsque j’ai rencontré mes thérapeutes en traumatologie, ils ont expliqué que la désignation de SSPT Complexe était encore relativement récente. De nombreux professionnels commençaient à peine à la reconnaître.

En lisant les symptômes, j’ai ressenti un certain soulagement. Tout ce temps, j’ai eu l’impression d’être perdue et de ne pas être normale, en raison de mon sentiment de honte et de culpabilité. Mais grâce à ce diagnostic, j’ai commencé à comprendre que ce que je vivais était en fait un grand nombre de sentiments qui éveillaient ma peur, ma réactivité et mon hypervigilance – autant de réactions tout à fait logiques en présence de traumatisme prolongé.

C’est la première fois que j’ai ressenti que je pouvais non seulement améliorer mes relations aux autres, mais aussi que je pouvais enfin libérer mon corps de ce traumatisme et entreprendre les changements salutaires dont j’avais besoin pour vivre ma vie.Je sais, par expérience, à quel point la vie avec SSPT Complexe peut être effrayante et nous isoler. Mais au cours de ces trois dernières années, j’ai réalisé qu’il est possible de ne plus vivre dans le silence.

Jusqu’à ce qu’on m’ait donné les techniques et outils pour gérer mes émotions et les déclencheurs, je ne savais pas vraiment comment m’aider ou comment aider ceux qui m’entouraient à le faire. Le processus de reconstruction n’a pas été facile pour moi personnellement, mais il a été réparateur, et je sais que je le mérite. Le traumatisme se manifeste dans notre corps – émotionnellement, physiquement et mentalement – et ce cheminement a été ma façon de le libérer enfin.

Il existe un certain nombre d’approches différentes pour traiter le SSPT et le SSPT Complexe. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une forme populaire de traitement, bien que certaines études aient montré que cette approche ne fonctionne pas forcément pour tous les cas de SSPT. Certaines personnes ont également eu recours à la désensibilisation par mouvements oculaires (EMDR) et à des thérapies par la parole.

Chaque programme thérapeutique sera différent en fonction de ce qui convient le mieux aux symptômes de chaque personne. Peu importe ce que vous choisissez, la chose la plus importante à retenir est de choisir un traitement qui vous convient – ce qui signifie que votre cheminement peut ne ressembler à aucun autre.

Non, la route n’est pas vraiment droite, courte ou facile. En fait, c’est souvent confus, pénible et difficile. Mais vous serez heureux et en meilleure santé à long terme. Et c’est ce qui fait que le travail de reconstruction est si important.


#stressposttraumatique#tspt#maltraitanceinfantile#inceste#violencesexuelle#violencephysique#violencepsychologique#thérapie#emdr#tcc


Traduit par courtoisie : Healthline

isolement

Le soutien social

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santé mentale

Nous avons tous besoin de nous sentir à notre place et de ressentir que les autres se soucient de notre bien-être. Le soutien social est tout à fait cela : avoir un sentiment d’appartenance et savoir que d’autres personnes nous portent une attention particulière. Ces personnes — notre réseau d’aide — peuvent provenir de différents groupes de personnes, y compris notre partenaire de vie, des amis, des membres de notre famille, des collègues, des voisins ou même des professionnels comme des médecins, des intervenants psychosociaux ou des pairs aidants.

POURQUOI EST-CE IMPORTANT?

Nous avons tous besoin des autres. Il est souvent sous-estimé à quel point nous pouvons bénéficier du soutien d’autres personnes. Le soutien social peut nous aider à faire face à des épreuves ou à des échecs, à résoudre des problèmes, à améliorer notre estime de soi et même à gérer des problèmes de santé et de stress. Les gens qui ont l’impression d’avoir le soutien social dont ils ont besoin ont tendance à avoir un niveau de stress moins élevé que les autres. Le stress affecte l’ensemble du corps, du bien-être mental à la santé cardiovasculaire en passant par le système immunitaire; trouver une façon de gérer et de réduire le stress est donc extrêmement bénéfique pour nous. Les bienfaits du soutien social peuvent également être ressentis par ceux qui l’offrent à d’autre. Le soutien social est encore plus important lorsque vous ne vous sentez pas bien. Pourtant, malgré ses bienfaits, les gens qui ont des problèmes de santé mentale ou physique s’éloignent parfois de leur réseau d’aide. Ils peuvent avoir honte ou être mal à l’aise de parler de ce qu’ils vivent, avoir peur que les autres ne les comprennent pas, se demander comment les autres pourraient les aider ou même penser qu’ils les embarrassent. Il se peut aussi que certaines personnes aient un réseau d’aide qui ne peut pas leur donner le soutien dont ils ont besoin dans une situation particulière. En effet, il est possible que, ne sachant pas comment aider une personne dans le besoin, des amis ou des membres de la famille s’en éloignent. La perte de ces liens importants signifie que vous devez gérer beaucoup de choses seul, mais elle peut aussi déclencher des sentiments pénibles, comme ne pas se sentir aimé ou important. Une chose est toutefois claire : peu importe ce qui arrive dans votre vie, il y a des gens qui peuvent vous aider.

À QUOI RESSEMBLE LE SOUTIEN SOCIAL?

Les gens peuvent offrir de nombreux et différents types de soutien :

  • Le soutien émotionnel—cela peut être une personne avec laquelle vous communiquez lorsque vous désirez seulement parler d’un problème et partager vos pensées et vos sentiments. Le soutien émotionnel ne consiste pas nécessairement à trouver des solutions. Il s’agit vraiment d’empathie; le fait de savoir qu’une autre personne se soucie de vous et avoir l’impression que vous ne gérez pas la situation tout seul.
  • Des conseils avisés—Il s’agit d’une personne avec laquelle vous parlez lorsque vous avez besoin de plus amples renseignements sur un sujet particulier. Par exemple, vous pouvez appeler un ami pour obtenir des conseils sur la façon d’accéder à un service ou encore demander à un collègue comment il a géré une situation similaire.
  • De nouvelles perspectives—C’est pouvoir appeler une personne en particulier lorsque vous devez examiner un problème de différents points de vue, ce qui peut être difficile à faire seul sur le moment. D’autres personnes peuvent toutefois offrir d’excellentes perspectives que vous pourriez ne pas avoir considérées. Ces perspectives peuvent être de puissants outils lorsque vous désirez résoudre des problèmes ou comprendre quelque chose qui arrive dans votre vie.
  • De l’aide pratique—C’est avoir dans son entourage une personne que vous pouvez appeler lorsque vous avez besoin d’un coup de main, comme garder vos enfants quand la gardienne est malade, vous apporter un repas lorsque vous êtes malade ou vous aider avec votre travail. Parfois, même de petites tâches peuvent sembler accablantes et une aide pratique peut alors faire une grosse différence. Soyez conscient de vos attentes par rapport aux autres. Par exemple, un ami peut être une excellente personne avec qui parler lorsque vous avez besoin d’une autre perspective, mais ne pas pouvoir offrir une grande aide pratique. Un membre de votre famille peut être en mesure d’offrir beaucoup d’aide pratique autour de la maison, mais ne pas avoir les connaissances pour vous transmettre beaucoup d’information. Si vous n’êtes pas réaliste lorsque vous demandez de l’aide à quelqu’un, vous pourriez ne pas obtenir le soutien dont vous avez besoin, et les personnes concernées peuvent alors se sentir contrariées ou blessées.

COMMENT PUIS-JE CRÉER MON PROPRE RÉSEAU D’AIDE?

Le réseau d’aide évolue habituellement avec le temps. Les situations de la vie et les gens peuvent changer, et il arrive que des gens perdent une personne importante dans leur vie. Parfois, une personne a beaucoup de gens dans son réseau d’aide, mais ceux-ci ne peuvent offrir le soutien dont elle a le plus besoin. D’autres personnes peuvent trouver qu’elles ont simplement besoin de plus de soutien qu’elles n’en reçoivent actuellement. Peu importe la situation, vous pouvez agir pour vous créer un réseau d’aide plus efficace.Comment renforcer un réseau existant :

  • Prenez contact avec les gens qui composent votre réseau et demandez de l’aide. N’oubliez pas que cela demande du courage!
  • Entretenez les relations importantes que vous avez déjà. Vous devez contribuer également à ces relations; vous ne pouvez pas seulement demander de l’aide. Offrez également du soutien aux autres membres de votre réseau.
  • Soyez clair par rapport au type d’aide dont vous avez besoin. Dites aux gens ce dont vous avez besoin; ils pourraient mieux vous aider s’ils savent ce que vous recherchez.
  • Demandez un soutien spécialisé, comme du counseling, au besoin. Assurez-vous de demander de l’aide aux bons endroits.
  • Si vous faites des efforts pour entretenir une relation mais ne voyez pas les améliorations dont vous avez besoin, il peut être temps de mettre fin à cette relation. Les gens et les situations changent. Parfois, il vaut mieux mettre votre énergie dans des relations plus saines.

Comment agrandir son réseau :

  • Créez des occasions de rencontrer de nouvelles personnes. Participez à des activités sociales, suivez des cours, faites du bénévolat ou impliquez-vous auprès d’une organisation ou d’un groupe. Vous pouvez également demander à des amis de vous présenter d’autres personnes.
  • Donnez du temps à vos relations. Établir des relations demande un peu de travail. Vous ne développerez pas une amitié avec toutes les personnes que vous rencontrerez, et lorsque vous vous faites un nouvel ami, il faut du temps pour renforcer votre relation.
  • Interagissez en personne. Si vous avez un problème précis, comme une maladie, joignez-vous à un groupe de soutien ou essayez d’obtenir un soutien individuel auprès d’un pair aidant. Ceci peut être une excellente façon d’interagir avec d’autres personnes qui peuvent comprendre certaines de vos expériences et vous transmettre de l’espoir, de bons renseignements et des ressources.
  • Cherchez en ligne. Si vous n’avez pas beaucoup d’occasions de trouver des gens en personne, envisagez de chercher en ligne une communauté à laquelle vous joindre. (Il vous suffit de faire preuve de jugement pour choisir les options qui sont sécuritaires et utiles.)

Source : ACSM