tspt cheminement thérapeutique

S’autoriser à revivre après les traumatismes de l’enfance

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Ces dernières années, j’ai consacré temps, énergie et efforts à me reconstruire suite aux traumatismes de mon enfance. Souffrant de handicaps psychiatriques : bipolarité, syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et trouble obsessionnel-compulsif (TOC), j’ai connu à la fois dépression et anxiété débilitante. À mesure que je trouve mon chemin “hors du brouillard” et que je gagne en clarté, je suis encore plus investie dans mon cheminement thérapeutique.

Voici une lettre que je me suis écrite pour honorer ce processus de reconstruction et pour me donner la permission de m’aimer plus pleinement. Une lettre pour me rappeler de la liberté qui m’attend et de mon immense potentiel.

Parfois, nous oublions de nous donner le droit de faire des erreurs, de cultiver la compassion et d’être plus doux dans le processus. Se reconstruire est un travail de longue haleine, parfois. J’espère que ces mots serviront de réconfort pour ceux qui se battent.

Chère bien-aimée,

Je t’ai vu grandir au fil des ans malgré une douleur immense et une volonté d’abandonner. Tu te souviens, j’étais là avec toi chaque fois que tu devenais plus sensible : en risquant la vulnérabilité, en allant en terre inconnue, en prenant de plus en plus conscience de l’armure archaïque qui ne te servait plus. J’étais là au début de ton voyage de reconstruction, t’écoutant pleurer en silence, exprimant ta désillusion face à la vie et à ceux qui semblaient t’avoir abandonnée.

Dans cette tempête de deuil et de perte, tu as décidé de te reconstruire et tu as même commencé à le dire à haute voix, partageant ce souhait d’une chose que tu ne comprenais finalement pas encore. À cause de tous ces schémas de comportement, tu étais dans un tel mal-être, anxieuse et déprimée que tu t’es retrouvée piégée, un peu comme si un boulet d’acier de 90 kilos était attaché à ta cheville et que tu devais le traîner chaque jour. Tu souffrais d’anxiété sévère et ton corps souffrait de la douleur constante causée par ce poids que tu estimais devoir porter. Et pourtant, tu rêvais d’être libre, sans savoir comment, et même sans croire pleinement que c’était possible. Mais tu as osé rêver. Il faut du courage pour rêver.

La lumière et l’amour déferlent maintenant dans ta conscience, dans cette pièce autrefois sombre aux volets fermés, où tu t’es cachée pendant si longtemps. Parfois, la peur t’envahit encore, comme si tu étais en train de rêver et que la lumière du soleil, se déversant, allait te réveiller. La chaleur dans laquelle tu baignes est ton réservoir d’amour ; elle a toujours été là, mais tu ne l’avais pas encore découverte. Ce que tu appelles la “paix” est tienne, et plus tu y séjourneras, plus la conscience de toi-même se développera et grandira.

Dans ce voyage incertain et plein d’anticipation, je veux que tu en sois convaincue : tu es aimée. Tu t’es engagée ici et tu as travaillé très dur pendant des années pour voir la vérité. Alors que les portes continuent de s’ouvrir et qu’une vie plus sereine apparaît, je veux que tu te souviennes de ce qui suit :

Je te donne le droit de…

Trompe-toi – tu feras des erreurs et il y en aura que tu regretteras vraiment. Tu vas perdre ton sang-froid, être “déclenchée” et retomber, par moments, dans de vieux schémas. Ce n’est pas grave. Mais essaie de ne pas passer trop de temps à te détester ; prends plutôt du recul et apprends de ces expériences. La vie en est pleine et elles sont inévitables. Quand tu t’acceptes, ta capacité à aimer les autres avec indulgence s’accroît également. Cela te rendra moins vulnérable à l’avenir.

Par pitié ! Ris plus souvent ! Tu ne ris pas assez ces temps-ci. On ne regrette jamais le fait de rire.

Ne nie pas tes émotions – Tu es en sécurité avec moi ! Pleure, sanglotes, mets-toi en colère, étourdis-toi ! En ma présence, il n’y a aucune insécurité, aucune peur, aucun sentiment que tu ne puisses exprimer. Exprime-les dans l’immobilité ensoleillée que je t’ai procurée et “laisse-toi aller”. Je serai toujours là à t’aimer jusqu’à la fin des temps.

Échoue – Oui !! Tu as ma permission d’échouer aussi souvent que tu le souhaites, que ce soit un grand ou un petit échec. L’important, c’est d’essayer. Ne pas obtenir un travail, échouer à un examen, avoir une relation qui tourne mal n’est pas important pour moi. Ce qui est important, c’est que tu vives ta vie, que tu essaies de faire de ton mieux, et que tu échoues ou que tu réussisses en chemin. Tu peux venir te consoler autour d’une tasse de café avec moi n’importe quel jour. Je veux entendre parler de tes péripéties lorsque tu échoues ou que tu réussis à tous les égards ! Chaque fois que tu essaies, même quand tu as peur, c’est une aventure et je veux m’asseoir avec toi et rire et pleurer de tous tes efforts, quels qu’en soient les résultats.

Protège-toi – Il peut y avoir des personnes ou des emplois pour lesquels il est nécessaire de “couper les ponts” afin de se protéger. Tu devras peut-être dire “non” à maintes reprises et cela risque d’être très difficile pour toi. Mais tu as le droit de poser des limites et de dire “non” aussi souvent et autant de fois que nécessaire. Ta paix est ta priorité.

Pour être réellement heureuse – Fais ce qui fait chanter ton cœur et ne t’excuses pas de répandre ton soleil. Il se peut que tes vibrations soient trop fortes pour certains et ce n’est pas important. Continue à chercher et ta lumière attirera ceux qui désirent être auprès d’elle. Ne tamise pas ta lumière pour ceux qui la trouvent aveuglante. C’est aux autres de s’adapter s’ils le souhaitent.

Ne sois pas bon en toutes choses : Nous avons tous nos faiblesses et il est normal de les admettre et de les accepter. Aime-toi malgré tout. Nous avons tous des forces qui nous sont propres. Il n’est pas nécessaire de se définir par rapport aux aptitudes des autres. Ta vie se définit désormais de plus en plus, sois fière de ce qui te rend unique. Il n’existe absolument qu’un seul toi.

Il y a tant de choses que je veux que tu explores maintenant que tu es suffisamment en paix avec toi-même pour voir le monde qui t’entoure. Ce n’est que le début et je suis très impatiente pour toi ! Lorsque tu commenceras à adopter des schémas de comportement plus sains, tu trouveras dans ta vie beaucoup d’espace et de place pour y accueillir des personnes et des aventures qui te rempliront de façon bénéfique.

Je te donne la permission de continuer à grandir dans l’amour et l’acceptation de ton moi authentique. De t’asseoir au soleil, sans peur, aussi longtemps que tu le souhaites.

Tu es aimée.

C’est toi qui cultives l’espace qui t’entoure et t’apporte sécurité et croissance. Parce que tu en es vraiment capable et que tu es forte. Tu m’as appelée et je suis restée ici, attendant cet appel avec impatience. Je suis ta source d’amour personnelle et je continuerai à grandir avec la conscience que tu as de moi.

Dans la paix,

Ton esprit

Traduction de courtoisie du témoignage d’Amy Taylor

sexe et honte

Comment je reconstruis mon rapport à la sexualité après avoir survécu aux agressions sexuelles dans l’enfance

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Les fondements de ma sexualité ont été forgés dans le cauchemar. J’ai grandi, mais chaque jour je me bats pour me rappeler que je suis digne d’amour – Hannah Shewan Stevens.

Pendant trois années de mon enfance, j’ai été conditionnée et agressée sexuellement. Enfant, on m’a enlevé mon autonomie corporelle et on a tracé la voie de ma sexualité avant même mon consentement.

Les sévices sexuels subis dans l’enfance laissent leurs empreintes et les effets ne disparaissent pas à l’âge adulte – longtemps après la fin des sévices, l’impact des actes de mon agresseur a hanté chacun de mes pas.

Ma sexualité et mon estime personnelle ont été irrévocablement altérées par la violence, et j’ai passé des années à y travailler dessus. Mon agresseur m’a appris à être passive en tout, et cette attitude sexuelle a été difficile à rectifier. La manipulation subie m’a également incitée à croire que j’avais un certain contrôle sur la violence, et je m’en suis rendue coupable lorsque cela a brusquement cessé. Ces années de conditionnement m’ont laissée vulnérable à la manipulation et à l’approbation des hommes pour me sentir reconnue.

Mais j’ai maintenant renversé la situation et trouvé le chemin de la guérison : le plaisir de se faire plaisir.

Adolescente, je n’étais pas du tout préparée pour naviguer dans le monde de l’intimité sexuelle. Je connaissais la nature biologique des actes sexuels, mais je ne savais pas que les sentiments pouvaient entrer en jeu, ni que le respect mutuel était une condition essentielle. Et, le plus préjudiciable était je n’avais aucune idée de ce qu’était le consentement. Tout ce qu’on m’avait préparé à faire, c’était de me soumettre aux désirs des hommes.

Je me suis perdue dans un tourbillon de rapports sexuels dangereux. Je sacrifiais mon confort au plaisir des autres, j’acceptais d’être séduite par des hommes plus âgés, je tombais dans un schéma d’objectivation sexuelle.

La seule explication que je peux donner à cela est le surnom que j’ai donné au masque que je portais durant l’acte – ” en mode prostituée ” – surnom que j’ai trouvé après avoir vu Pretty Woman pour la première fois, en écoutant Julia Roberts expliquer comment elle permutait d’état psychologique pour son travail. Cette scène a résonné en moi plus que toute autre comédie romantique pour adolescents.

Le cercle vicieux du chaos sexuel a régi ma vie pendant des années et, dans ma première relation, je me suis battue pour lier émotion et intimité. Je pouvais sentir le plaisir de l’intimité sexuelle mais, émotionnellement, j’étais engourdie.

Grâce à une thérapie intensive de ”l’enfant intérieur”, j’ai commencé à relier intimité et sentiment amoureux et finalement j’ai pu ”ressentir” quelque chose quand je faisais l’amour. Mais ce n’était que le début de mon cheminement. J’ai dû apprendre à travailler avec mon cerveau traumatisé, plutôt que contre lui, et j’ai fait de la plongée psychique en grande profondeur pour affronter le détachement émotionnel qui m’avait empêché de vivre mes émotions pendant mes relations sexuelles. Je continue à y travailler tous les jours.

En plus de la honte ressentie à cause des sévices subis, j’avais également profondément honte de ma libido effrénée, une conséquence bien connue des violences sexuelles dans l’enfance. J’avais peur de ma propre sexualité.

J’avais l’impression d’avoir perdu le contrôle de mon propre corps. Je me sentais avant tout objet, et après femme. Pour reconquérir mon corps, il a fallu que j’apprenne à me respecter et que j’arrête de me considérer comme l’objet des autres. L’autosatisfaction ne pouvait qu’être la solution.

Après des années à donner la priorité au plaisir de mon partenaire, je savais que je devais apprendre ce que le plaisir signifiait vraiment pour moi. J’ai passé beaucoup de temps avec moi-même pour explorer et déterminer ce qui me plaisait. J’ai adopté la masturbation et, peu à peu, j’ai appris ce qui me convenait.

Ce procédé m’a aidé à comprendre mon corps et à le revendiquer comme étant le mien. En développant ma sexualité, j’ai finalement appris à avoir des relations sexuelles en toute liberté et dans un respect total de moi-même. Ceci dit, à ce jour, je dois encore me surveiller attentivement pendant les rapports sexuels au cas où je commencerais à me dissocier.

Bien que cette vigilance constante puisse ne pas paraître libératrice pour la plupart, je ne me suis jamais sentie aussi épanouie dans ma vie sexuelle. Je peux maintenant profiter du rapport intense entre sexualité et sentiment, et je comprends enfin pourquoi l’amour et la relation sexuelle sont censés s’entrelacer. C’est un acte magnifique et puissant et je me sens privilégiée de pouvoir y participer de manière saine. Je me bats dur tous les jours pour cela et je ne le tiendrai jamais pour acquis.

Le fait de reconnaître ma sexualité m’a également redonné une plus grande confiance en moi dans tous les aspects de ma vie. Compte tenu de la bataille que je mène dans ma tête tous les jours, je sais que je peux affronter tous les défis que la vie décide de me lancer.

Ensuite, j’ai rencontré quelqu’un qui a transformé ma perception du sujet. Il m’a doucement emmenée sur un chemin que je n’étais pas consciente d’avoir à parcourir. Avec lui, j’ai accepté mon corps et, enfin, j’ai pu découvrir ce que cela faisait de se sentir désirée. C’était le premier partenaire à vraiment vouloir partager mon plaisir, au lieu de m’utiliser pour le sien. Avec lui à mes côtés, j’ai maîtrisé le pouvoir de ma propre sexualité et, avec le temps, cela m’a aidé à guérir de nombreuses blessures.

Je vis avec un SSPT complexe et j’ai des cauchemars si intenses que je procrastine sur mon sommeil pour les éviter. Mais j’avance – la guérison d’un traumatisme sexuel, quel qu’il soit, n’est pas un processus facile. Le traumatisme ne disparaît pas du jour au lendemain. Alors, même si je dois entraîner mon cerveau tous les jours, mon plaisir personnel reste ma clé de survie.

Chaque fois que j’ai l’impression de m’éloigner de la réalité, j’utilise mon plaisir personnel pour m’enraciner et reconnecter mon esprit avec mon corps. Et, les jours particulièrement sombres, je me mets devant un miroir et me rappelle que je suis plus forte que les sévices. Je suis digne d’amour. Je suis une femme puissante, dotée de capacités et d’autonomie. Je suis une survivante sexuelle et je n’ai pas honte.

Je n’aurais plus jamais honte.

Traduit par courtoisie de Huffpost

inceste et honte

La honte dans le syndrome de stress post-traumatique complexe

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S’affranchir de la honte

Les traumatismes de l’enfance peuvent aller du fait d’avoir été confronté à une violence et à une négligence extrêmes jusqu’au sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas avoir été désiré, ou de se sentir incompris de manière permanente. Vous avez sans doute grandi dans un environnement où votre curiosité et votre enthousiasme étaient constamment dévalorisés. Peut-être avez-vous été élevé dans une famille où vos parents avaient des traumatismes non résolus, ce qui les empêchait de répondre à vos besoins affectifs. Ou, vous avez peut-être été victime de violences sexuelles ou physiques. Dans tous les cas, il est courant de développer des défenses par rapport à vos sentiments les plus sensibles.

Lorsque les traumatismes de l’enfance se poursuivent au fil du temps et ne sont pas traités, une forme de stress post-traumatique appelé SSPT complexe (SSPT-C) peut apparaître. Cela a des conséquences considérables sur la santé mentale et émotionnelle. Il est donc compréhensible d’éprouver des sentiments d’impuissance et de honte dans le cadre d’un SSPT complexe.

” Pour se reconstruire, la plupart des personnes atteintes du SSPT doivent affronter désespoir, émotions douloureuses et sensations intolérables. Parcourir ces domaines exige des conseils avisés. Il n’est que trop commun de se retrouver bloqué dans des schémas d’évitement, de sombrer dans le désespoir ou d’être prisonnier de ses pensées négatives. Vous pouvez vous libérer de la honte et de l’impuissance. Ce processus exige douceur, acceptation et persévérance.”

Impuissance acquise

Lorsqu’il n’y a aucun moyen de mettre fin à ces violences, aux violences conjugales ou de convaincre un parent d’arrêter de boire, l’enfant se sent impuissant. Les traumatismes prolongés de l’enfance se caractérisent par un état d'”impuissance acquise”. Ce terme a d’abord été employé pour décrire comment les animaux exposés de façon répétée à un choc inévitable ne tentent pas de s’échapper, même s’ils en ont la possibilité. Le Dr Martin Seligman, psychologue et chercheur à l’Université de Pennsylvanie, a plus tard étendu la compréhension de l’impuissance acquise aux personnes qui se sentent et se comportent d’une manière impuissante lorsqu’elles n’ont aucun contrôle sur une situation de menace.

Lorsque vous avez été élevé par des personnes qui ne sont pas dignes de confiance, il est courant de généraliser votre expérience – vous avez l’impression qu’on ne peut faire confiance à personne ou que la vie est dangereuse. Au fur et à mesure que vous vous débarrassez du SSPT, il est important de comprendre que vous êtes désormais en sécurité et que vous pouvez faire des choix maintenant. Vous n’êtes plus enfermé dans l’impuissance de votre passé.

Reconnaître la honte

La honte se caractérise par la croyance suivante : “Je suis une mauvaise personne”. Cette émotion est le résultat d’une perception faussée de vous-même selon laquelle vous êtes sans valeur, endommagé ou que vous êtes défaillant. Pourquoi la honte est-elle si omniprésente ? Les jeunes enfants dépendent entièrement de leurs parents pour se sentir en sécurité et en harmonie avec leur environnement. Si vous aviez un parent violent, vous étiez confronté à un conflit majeur : votre pulsion biologique de rechercher le contact avec la personne à l’origine même de la terreur à laquelle vous essayiez d’échapper. Les adultes qui ont été maltraités ou négligés dans leur enfance ont souvent tendance à se blâmer eux-mêmes. Cela peut entraîner des sentiments de culpabilité et de honte permanents. Le thérapeute EMDR et auteur Dr Jim Knipe suggère que cette culpabilité est un lien direct avec la logique de l’enfance – les enfants se mettront à imaginer qu’ils sont de mauvais enfants face à leurs bons parents et éviteront ainsi de se confronter à la terrifiante réalité qu’ils sont en fait de bons enfants tributaires de mauvais parents.

Lorsque les parents sont menaçants, violents ou absents, les enfants peuvent se sentir perturbés et se demander qui est responsable de la situation. Quand les enfants sont témoins de faits graves, ils se sentent mal à l’aise. Les fausses croyances et les jugements tels que ceux qui suivent entretiennent le sentiment de honte dans le SSPT complexe :

” Il y a quelque chose qui cloche chez moi !”

“Je suis trop bête.”

“Je n’arrive pas à faire quoi que ce soit de bien.”

“Je suis une loque émotionnelle.”

“Je suis simplement paresseux.”

De plus, la honte est souvent cachée derrière le perfectionnisme. Enfant, vous avez peut-être intériorisé la croyance que vous deviez agir de manière irréprochable puisque vos parents ne pouvaient pas gérer vos véritables sentiments. Ou vous pensiez peut-être que le fait de bien vous comporter empêcherait le mal d’arriver. Dans un cas comme dans l’autre, il est possible que vous ayez eu à cacher vos véritables sentiments afin d’éviter de faire chavirer la barque. Le perfectionnisme est entretenu par un discours autocritique qui vise à réprimer les sentiments douloureux. Lorsque le critique intérieur vous reproche d’être paresseux, stupide ou inutile, vous vous retrouvez encore une fois confronté à la honte.

La résilience

Lorsque vous êtes conscient des messages que vous vous adressez, vous pouvez agir et commencer à éprouver votre douleur avec compassion. Penchons-nous sur quatre pratiques qui peuvent vous libérer de la honte :

  • Examinez votre langage : Le Dr Dan Siegel, auteur de Mindsight, souligne la différence entre “je ne suis pas bien” et “je ne me sens pas bien”. Le premier énoncé reflète l’identification à une émotion douloureuse, tandis que le second énoncé permet de reconnaître un sentiment sans être accablé par celui-ci.
  • Évitez les ” je devrais ” : Les ” je devrais ” sont une façon de cultiver le perfectionnisme, les attentes envers vous-même, et de répudier votre présence réelle. Vous pourriez dire : “Je devrais aller mieux depuis le temps”, “Je ne devrais pas commettre d’erreurs” ou “Je devrais être fort”. Quand vous dites ou pensez le mot “devrais”, je vous invite à prendre du recul et à vous concentrer sur l’acceptation de soi.
  • Imaginez que la honte est du harcèlement : Voir la honte comme du harcèlement vous permet de vous protéger des émotions et de répliquer ! Comment vous sentez-vous quand le harcèlement vous rabaisse ? Qu’est-ce que vous voudriez que la honte sache ?
  • Ressentez les sensations de honte dans votre corps : Souvent, le plus difficile dans la guérison de la honte est de tolérer les sensations ressenties dans votre corps. Il est difficile de décrire le “beurk” bien souvent intolérable qui accompagne souvent la honte. Il se peut que vous ressentiez une impression de naufrage ou une sensation vague, comme si vous aviez fait quelque chose de mal. Cependant, avec le temps, à mesure que vous augmenterez votre capacité à sentir votre corps, vous pourrez développer une plus grande variété de techniques pour bouger et respirer. Il y a énormément de pouvoir à reconquérir votre corps de la honte. Vous trouverez peut-être une posture qui vous procurera une sensation de force et de combativité, ou vous pourriez peut-être placer vos mains sur votre cœur dans un geste d’amour et de bienveillance.

Je vous invite à vous interroger sur la façon dont la honte se manifeste dans votre vie. Quelles pensées ou sensations accompagnent la honte pour vous ? Qu’est-ce qui vous aide à surmonter ou à vous libérer de la honte ? Pour terminer, je tiens à vous dire que pour guérir de la honte dans le cadre d’un SSPT complexe, travailler avec un thérapeute compatissant se révèle le plus souvent nécessaire. Il vous aidera à surmonter les obstacles et à vous affranchir du sentiment de honte.

Traduit par courtoisie du Dr Arielle Shwartz

tspt et inceste

Prévenir le suicide

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Le suicide est un sujet difficile à aborder. Mais quand quelqu’un parle de suicide ou fait part de ses inquiétudes pour une personne proche, il est important d’agir et de demander de l’aide rapidement.

Qu’est-ce que le suicide?

Par suicide, on veut dire qu’une personne met fin à sa vie de sa propre volonté. Par contre, les personnes qui se suicident ou tentent de le faire ne veulent pas nécessairement mourir. Mais elles pensent que c’est la seule solution face à des sentiments ou des situations pénibles.

Qui est touché?

Au Canada, près de 4 000 personnes meurent par suicide chaque année. Le suicide est au deuxième rang des causes de décès chez les jeunes. Les hommes dans la quarantaine et la cinquantaine ont le plus haut taux de suicide. Alors que les femmes font des tentatives de suicide quatre fois plus souvent que les hommes, les hommes sont trois fois plus susceptibles d’en mourir que les femmes.

Le suicide est un problème complexe. Les personnes qui meurent par suicide se sentent habituellement accablées, impuissantes, désespérées et seules. Dans de rares cas, les personnes atteintes de psychose (qui perdent contact avec la réalité) peuvent entendre des voix leur disant de mettre fin à leur vie.
Plusieurs expériences ou facteurs différents peuvent mener une personne à envisager le suicide. Voici des facteurs de risque reconnus :

  • une tentative de suicide précédente;
  • des antécédents familiaux de comportement suicidaire;
  • une maladie physique ou mentale grave;
  • des problèmes de consommation de drogue, de médicaments ou d’alcool;
  • une épreuve importante, comme la mort d’une personne proche, la perte d’un emploi ou un divorce;
  • des changements de vie ou des transitions considérables, comme ceux que traversent les ados et les personnes âgées;
  • l’isolement social ou l’absence d’un réseau d’aide;
  • la violence familiale;
  • l’accès à des moyens de se suicider.

Même si nous associons souvent le suicide à la dépression, à l’anxiété et à des problèmes de consommation de substances, une maladie mentale peut augmenter le risque. Et il est important de se rappeler que le suicide peut aussi ne pas être lié à une maladie mentale.

Signes avertisseurs

Voici la liste des principaux signes avertisseurs du suicide :

D – Désespoir ou impuissance : n’avoir aucun espoir pour l’avenir, penser que les choses ne s’amélioreront jamais
R – Repli sur soi : éviter la famille, les amis et amies, ou les activités
C – Colère : ressentir une colère disproportionnée
I – Imprudence : prendre part à des activités risquées ou dangereuses normalement évitées
C – Changement d’humeur : un changement d’humeur important
I – Idéation : penser au suicide
P – Problème de consommation de substances : problème avec alcool, drogue et médicaments
I – Inutilité : ressentir que la vie n’a pas de sens ou n’avoir aucune raison de vivre
A – Anxiété : ressentir une anxiété ou une oppression intense, et être incapable de la surmonter
P – Piège : Se sentir incapable de sortir d’une situation

Qu’est-ce que je peux faire pour réduire le risque?

Même si on ne peut prévenir tous les suicides, certaines stratégies peuvent aider à en réduire le risque. Tous ces facteurs sont liés au mieux-être. Voici des exemples de stratégies :

  • Chercher à se faire traiter, obtenir des soins et demander de l’aide pour des troubles de santé mentale, tout en établissant une bonne relation avec un ou une médecin, ou d’autres professionnels et professionnelles de la santé.
  • Se créer des réseaux d’aide, avec des membres de la famille, des amis ou amies, un groupe de pairs ou d’entraide, ou établir des relations avec une communauté culturelle ou religieuse.
  • Apprendre de bonnes habiletés d’adaptation pour résoudre les problèmes et à avoir confiance en ses aptitudes d’adaptation.

Lorsqu’une personne suit un traitement pour maladie mentale, il lui faudra peut-être encore du temps avant de pouvoir contrôler et de réprimer ses pensées suicidaires. Un bon traitement est très important, mais il pourrait ne pas éliminer le risque de suicide immédiatement. Il est important de rester en contact avec une équipe de santé, de surveiller les pensées suicidaires et d’obtenir plus d’aide, s’il y a lieu. Les programmes communautaires qui aident les gens à gérer le stress ou d’autres difficultés quotidiennes peuvent aussi être très utiles.

Qu’est-ce que je peux faire si je pense au suicide?

Les pensées suicidaires sont pénibles. Il est important de parler de vos expériences avec votre médecin, votre équipe de soins de santé mentale ou toute autre personne en qui vous avez confiance. Ces personnes peuvent vous aider à acquérir des habiletés d’adaptation et vous mettre en contact avec des groupes ou des ressources utiles. Certaines personnes trouvent utile de fixer des rendez-vous fréquents avec des professionnels ou professionnelles de la santé ou de demander du soutien téléphonique. Vous pouvez aussi :

  • appeler une ligne d’écoute téléphonique;
  • communiquer avec la famille ou des amis ou amies; il peut être utile de parler à d’autres personnes qui ont déjà eu des pensées suicidaires, pour connaître leurs stratégies d’adaptation.

Si vous traversez une crise et ne savez pas quoi faire, vous pouvez composer le 15, 112, 116 006 en tout temps ou vous rendre à la salle d’urgence locale.

Certaines personnes trouvent utile d’avoir un plan de sécurité. Il s’agit d’une liste de stratégies personnelles à utiliser si vous pensez que vous pourriez mettre votre vie en danger ou y mettre fin. Vous pouvez établir ce plan vous-même, avec une personne proche, ou avec votre équipe de soins de santé mentale. Votre plan pourrait comprendre :

  • des activités qui vous calment et vous distraient;
  • vos propres raisons de rester en vie;
  • des personnes importantes que vous pouvez appeler si vous craignez pour votre sécurité;
  • les numéros de téléphone des lignes d’écoute ou de prévention du suicide locales;
  • une liste d’endroits sécuritaires où vous rendre si vous ne vous sentez pas en sécurité à la maison.

Comment est-ce que je peux aider un proche?

Si une autre personne vous inquiète, parlez-lui. Demandez-lui directement si elle pense à se suicider. Parler du suicide ne lui donnera pas l’idée de se suicider. Mais si elle y pense sérieusement, elle pourrait être soulagée de pouvoir en parler.

Si une personne proche vous dit qu’elle pense à se suicider, il est important de lui demander si elle a un plan. Si c’est le cas et qu’elle pense à l’exécuter sous peu, communiquer avec des services d’intervention ou de soutien d’urgence. Il y a des lignes d’écoute, d’aide ou de prévention du suicide dans plusieurs régions, mais vous pouvez toujours composer le 911 si vous ne savez pas qui appeler. Restez avec cette personne pendant vous appelez et ne partez pas avant que le personnel de la ligne d’écoute ou des services d’urgence vous disent que vous pouvez le faire.

Écouter et aider cette personne à communiquer avec des services de santé mentale sont les deux gestes les plus importants que vous pouvez faire pour l’aider.

Écouter

Voici des conseils pour être à l’écoute d’une personne proche :

  • Trouvez un endroit privé et laissez-la parler aussi longtemps qu’elle le souhaite.
  • Prenez-la au sérieux et écoutez-la sans la juger. Ses sentiments sont très réels.
  • Gardez votre parole. Ne faites pas de promesses que vous ne pouvez tenir ou n’avez pas l’intention de tenir.
  • Dites-lui qu’elle est importante et que vous vous souciez d’elle.

Trouver de l’aide

Si cette personne consulte déjà un ou une médecin, ou un professionnel ou une professionnelle de soins de santé mentale, il est important qu’elle lui parle des pensées suicidaires qu’elle a pu avoir. Selon votre relation, vous pouvez lui offrir du soutien, en l’aidant à prendre des rendez-vous ou en la conduisant à ces rendez-vous, par exemple.

Si cette personne ne consulte pas de professionnel ou de professionnelle de soins de santé mentale, vous pouvez lui donner le numéro de téléphone de la ligne d’écoute locale et l’encourager à consulter son médecin. Elle pourrait aussi obtenir des services auprès de son école, de son lieu de travail ou de sa communauté culturelle ou religieuse.

Comme aider une personne proche peut être une expérience difficile, il est important de prendre soin de votre propre santé mentale pendant ce temps et d’obtenir de l’aide si vous en avez besoin.

Traduction de courtoisie depuis ACSM

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Les limites et les raisons pour lesquelles nous en avons besoin

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L’une des choses les plus importantes, sinon la plus importante, dans notre vie sociale, ce sont les limites. Dans cet article, nous allons brièvement définir les limites, examiner les différents types et voir comment nous apprenons à avoir ces limites.

Que sont les limites ?

Les limites, ou limites personnelles, peuvent être perçues comme un bouclier ou une clôture invisible autour de vous. C’est une ligne que vous vous fixez pour vous-même et les autres, et qui vous sépare des autres et de leur influence.

Les limites sont généralement classées comme physiques et mentales.

Les limites physiques se rapportent à votre existence physique, par exemple, votre corps, vos biens et vos ressources. Ainsi, vous laisseriez votre partenaire vous embrasser ou vous tenir la main, mais si un étranger le faisait, vous le verriez comme une violation de vos limites physiques et sexuelles.

Les limites mentales (parfois appelées limites émotionnelles, psychologiques, intellectuelles ou spirituelles) sont en relation avec votre psychisme, par exemple, vos pensées, vos émotions et vos croyances. Elles définissent dans quelle mesure les émotions, les croyances, les attentes, les opinions, les opinions, etc. des autres vous affectent et vous influencent.

Une autre classification de limites concerne la qualité ou la force de ses propres limites. Dans ce cas, il y a normalement quatre types de limites.

Floues. Les gens qui ont des limites floues ont tendance à ne pas savoir où se trouve la limite saine, et à fusionner assez facilement avec les autres. Ils sont prompts à accepter les pensées et les opinions des autres ou sont excessivement préoccupés par la vie des autres. Parce que leurs limites sont trop floues et imprécises, elles sont sujettes à être manipulées et lésées.

Rigide. Les limites rigides sont à tout le contraire des limites floues. En ce sens que les gens qui ont de telles limites sont trop protégés et inaccessibles. Ils restent trop éloignés des autres et ont de la difficulté à s’ouvrir, à être disponibles sur le plan émotionnel ou à établir des relations intimes et significatives.

Perméable. C’est une combinaison de flou et de rigidité. Une personne avec de telles limites ne sait pas trop comment gérer les différentes interactions et relations sociales, et a donc tendance à osciller entre être trop flou et trop rigide.

Flexible. Ce type de limites ressemble un peu aux perméables, mais la principale différence est que la personne en est plus consciente et a plus de contrôle. Elle a une meilleure perception des autres et une meilleure compréhension d’elle-même, donc ses limites sont raisonnables et saines, et changent en fonction de la situation dans laquelle elle se trouve.

Pourquoi avons-nous besoin de limites saines ?

Le but des limites est double. Premièrement, elles sont là pour vous protéger de la violation d’autrui. Et deuxièmement, pour vous informer et vous rappeler de ne pas outrepasser les limites de l’autre.

Avoir des limites saines signifie que vous êtes capable de fixer des limites qui n’interfèrent pas avec les limites saines( !) des autres, où vous êtes capable de vous protéger contre toute violation et où vous respectez celles des autres.

Les limites nous protègent des agressions, de la manipulation, de l’exploitation et de toute autre forme de violation personnelle. Reconnaître et respecter les frontières saines( !) des autres nous permet d’être juste et équitable envers les autres.

Le concept de limites est étroitement lié aux concepts psychologiques, philosophiques et sociaux de l’identité, de l’estime de soi, des relations, de la morale, de la société, de la justice, de la légitime défense, de la politique et bien d’autres.

Comment nous développons notre conception des limites

Que nous soyons sensibilisés ou non à ce sujet, nous avons tous une certaine conception de nous-mêmes, des autres et de notre situation par rapport aux autres. Certains n’ont peut-être jamais entendu parler de ” limites “. Pourtant, nous appliquons tous consciemment ou inconsciemment notre compréhension de la question dans nos relations et nos interactions avec les autres.

La conception que chacun a des limites est différente. Nous les découvrons tous sur la base de notre environnement familier et de nos expériences premières. Les facteurs clés qui déterminent la façon dont une personne apprend à connaître les limites sont les suivants :

Relation dans l’enfance avec l’entourage proche. Cela inclut les parents, les grands-parents, les aînés, les membres de la famille, les enseignants, les prêtres et autres figures d’autorité qui ont exercé pouvoir et influence sur vous lorsque vous étiez petit, dépendant et influençable. Ces relations déterminent dans une large mesure le modèle des relations ultérieures et la dynamique que nous instaurons et recherchons chez les autres.

Environnement social de notre enfance. On y trouve l’école, les enfants du même âge, les amis et les connaissances, l’église, les groupes de loisirs, etc. Ce sont également des exemples importants d’interactions sociales.

L’information qu’on vous a transmise. Il s’agit de ce que les gens, principalement vos parents, vous ont enseignés au sujet de ce qui est acceptable ou inacceptable, bon ou mauvais, sain ou malsain, et ainsi de suite. Beaucoup de personnes ont grandi avec un grand nombre de croyances toxiques.

L’information disponible. Un enfant n’a pas de cadre de référence. Tout ce qui se produit lui semble normal parce qu’il n’a pas de meilleure connaissance de ce qui est sain. Cependant, il est parfois capable de comparer sa vie familiale avec celle de ses amis, de lire un livre ou de voir un meilleur exemple. Tout cela peut l’aider à comprendre les différences entre sain et malsain.

En tant qu’adultes, si nous nous soucions réellement de notre bien-être, un de nos principaux objectifs devrait être de réévaluer notre conception et notre utilisation des limites, de nous pencher sur notre éducation et de nous instruire pour définir des limites plus saines.

Traduit par courtoisie de PsychCentral