violences sexuelles et addictions

Comprendre la consommation de substances

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De nombreuses personnes perçoivent les problèmes de consommation uniquement comme une dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues faisant en sorte qu’une personne doit continuellement consommer pour se sentir bien. Or, le problème de consommation de substances est beaucoup plus complexe que cela. La consommation de substances telles que l’alcool ou d’autres drogues peut avoir une incidence sur la santé mentale et, inversement, la santé mentale peut avoir un impact sur la consommation de substances. Il est vrai que consommer de l’alcool ou d’autres drogues peut influencer la façon dont les gens pensent, se sentent et interagissent avec les autres. Lorsque les problèmes de consommation sont plus graves, la personne peut tout simplement sembler perdre le contrôle de la situation. Toutefois, les études démontrent que ce n’est pas toujours le cas. Nous avons tous intérêt à examiner notre consommation de substances et, au besoin, à y apporter des changements pour en réduire les impacts négatifs et à demander de l’aide supplémentaire.

Examiner la situation dans son ensemble

Des gens consomment des substances telles que l’alcool ou d’autres drogues pour de nombreuses raisons. On a tendance à penser que la consommation de ces substances peut engendrer de graves conséquences, comme mener certaines personnes au chômage ou à l’itinérance. Or, de nombreuses personnes en consomment sans subir d’effets néfastes. Pourquoi certaines personnes ont-elles des problèmes lorsqu’elles consomment de l’alcool ou d’autres drogues alors que d’autres n’en ont pas? La façon dont les gens consomment ces substances et la raison pour laquelle ils le font entrent en ligne de compte. Chacun a sa personnalité, son histoire et ses propres expériences de vie. Chacun a également ses propres compétences en résolution de problèmes, un réseau de soutien plus ou moins important et des objectifs personnels. Ce sont des facteurs parmi d’autres qui ont une incidence sur la façon dont les gens consomment de l’alcool ou d’autres drogues et sur la raison pour laquelle ils le font. Par exemple, une personne qui a de la difficulté à composer avec le stress peut trouver que l’alcool l’aide à ignorer des sentiments pénibles. Quelqu’un d’autre peut consommer une drogue pour soulager des symptômes de problèmes de santé mentale ou ceux d’autres maladies. Une autre personne peut consommer une drogue par curiosité. Finalement, une personne peut ne jamais consommer une drogue en particulier, car d’autres personnes qu’elle apprécie n’en consomment pas.

Tous les types de consommation de substances se situent sur un spectre allant d’une consommation bénéfique à une consommation nuisible et, dans certains cas, ils peuvent être les deux à la fois. La façon dont les gens consomment de l’alcool ou d’autres drogues et la raison pour laquelle ils le font peut donc tendre vers la consommation bénéfique ou nuisible, selon le cas. Voici des exemples :

  • Imaginez une occasion spéciale ou une fête. Vous prenez une boisson alcoolisée ou un verre de vin en soupant. Vous pouvez considérer ce type de consommation d’alcool comme étant bénéfique, car il s’inscrit dans un événement occasionnel et festif.
  • Un autre soir, vous sortez avec des amis et buvez un peu trop. Le lendemain, vous vous sentez fatigué et déprimé, mais vous ne subissez aucune autre conséquence négative. Si cette situation ne se produit pas régulièrement, l’alcool peut ne pas être très bénéfique, mais pas très nuisible non plus.
  • Dernièrement, vous êtes sorti plusieurs soirs par semaine. La consommation d’alcool devient une façon de gérer votre stress au travail, et c’est aussi le seul moment où vous avez l’impression d’avoir du plaisir. Vous commencez à constater des conséquences plus graves; vous vous sentez malade souvent, votre employeur est contrarié par vos fréquents retards au travail et vous vous disputez avec vos amis. Dans cette situation, la consommation d’alcool devient plus nuisible.
  • Vous buvez beaucoup ou souvent, y compris lorsque vous êtes seul. Vous dépensez trop d’argent pour de l’alcool, vous vous absentez souvent du travail et vous avez rejeté d’importants amis et membres de votre famille. Vous adoptez des comportements dangereux, comme conduire avec les facultés affaiblies. Vous constatez de graves conséquences découlant de votre consommation excessive d’alcool.

Les effets positifs et négatifs de la consommation sont importants à considérer, parfois même plus que la nature de la substance consommée. Durant un tel processus de prise de conscience, la personne doit être au cœur de la démarche. Ainsi, nous pouvons constater qu’il est toujours possible de l’aider à reprendre le contrôle de sa santé ou des autres objectifs de sa vie, peu importe où elle se situe dans le spectre de la consommation de substances.

Si votre consommation de substances vous préoccupe

L’idée selon laquelle il faut attendre de « toucher le fond » et de subir de graves conséquences telles que la perte de son emploi ou de relations importantes avant d’être prêt à recevoir de l’aide est fausse. Vous pouvez demander de l’aide dès lors que vous réfléchissez à votre consommation de substances et désirez y apporter certains changements.

Certaines personnes peuvent être en mesure de gérer elles-mêmes leurs problèmes de consommation. D’autres peuvent avoir besoin d’aide, comme celle d’un groupe de soutien, du counseling ou de la médication. Par ailleurs, lorsqu’il est question de traitements et de soutien, il existe de nombreuses écoles de pensée et différentes approches thérapeutiques. Il peut s’agir d’une réflexion personnelle, d’une démarche thérapeutique hebdomadaire après le travail ou d’un séjour dans un centre de réadaptation en toxicomanie. Le plan de traitement peut également comporter une combinaison d’approches à différentes étapes du cheminement.

Si vous ne savez pas par où commencer, vous pouvez tout simplement en parler avec votre médecin ou avec un autre professionnel de la santé. Ceux-ci peuvent vous aider à examiner différentes options qui répondront à vos besoins et désirs.

Si la consommation de substances d’une autre personne vous préoccupe

Il peut être difficile de voir une personne qui vous est chère avoir des problèmes de consommation de substances telles que l’alcool ou d’autres drogues. Il se peut même que vous craigniez pour sa sécurité ou pour la vôtre.

N’oubliez pas que vous pouvez rarement forcer les autres à changer; pour obtenir de meilleurs résultats, ils doivent sentir qu’ils font partie du processus. Forcer quelqu’un à suivre un traitement n’est donc pas nécessairement une bonne approche.

Le rétablissement est un processus qui peut demander beaucoup de travail et de temps. Lorsqu’une personne qui vous est chère a des problèmes de consommation, une des choses les plus efficaces que vous pouvez faire est de l’aider à s’aider. Cela peut signifier l’aider à réaliser qu’il y a un problème, à réfléchir à de bonnes solutions et à communiquer avec un professionnel de la santé, ou tout simplement essayer de l’écouter sans juger. Il se peut que les problèmes que votre proche rencontre dépassent vos compétences, mais vous pouvez quand même porter une attention aux émotions ou sentiments qu’il ressent. Aider un proche à s’aider consiste également à essayer de respecter ses désirs et objectifs. Même si ceux-ci ne correspondent pas aux vôtres, vous pouvez tout de même appuyer la volonté de changer et de se rétablir de votre proche.

Il est difficile d’éliminer ou d’éviter tous les facteurs pouvant mener à des problèmes de consommation. Pour se protéger le mieux possible contre la consommation nuisible de substances, il vaut mieux être bien entouré et développer les compétences personnelles nécessaires pour faire face aux défis de la vie.

Traduction de courtoisie depuis ACSM

témoignage

”’Mon travail est de convaincre les survivants d’agressions sexuelles que ce n’était pas de leur faute”.

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J’apporte mon soutien aux hommes qui ont subi des violences sexuelles, y compris ceux qui vivent dans la rue. Parfois, j’ai un peu de mal…

Lundi

Le fait de courir au travail – à Survivors UK, une organisation caritative qui soutient les hommes victimes de violence sexuelle – est crucial pour me préparer à cette journée. A mon arrivée, je me lave dans le lavabo (il n’y a pas de douche) et je rencontre l’un des conseillers indépendants en matière de violence sexuelle.

Son client, Bernie, a fait une tentative de suicide et nous réfléchissons ensemble à la façon dont nous pouvons l’aider. Il est en train de passer par le système de justice pénale ; cela engendre souvent un sentiment de colère et d’impuissance chez tout le monde.

Ensuite, je conseille quelques clients. Je m’inquiète pour Mark – ses pensées suicidaires ne cessent de croître parce qu’il ne peut pas voir ses enfants. Terry est terrifié à l’idée d’avoir des enfants, de peur que les gens pensent qu’il va en abuser. Jay est vraiment aux prises avec la drogue et le sexe, et il s’injecte de la méthamphétamine en cristaux au moins une fois par semaine. Ce sont là autant de façons différentes d’essayer de supporter l’impact de la violence sexuelle.

Mardi

Aujourd’hui, je travaille avec des clients qui sont hébergés dans des logements accompagnés, généralement des sans-abri qui ont été placés là. La consommation d’héroïne et de crack de Gary est inquiétante. Sans abri depuis l’âge de 13 ans après avoir fui un père alcoolique violent qui l’a agressé sexuellement, il a été victime d’un viol collectif dans la rue lorsqu’il était adolescent.

Gary pleure la perte de contact avec sa mère, qui a fait passer son père avant lui. Il est en colère et a l’impression qu’il n’a pas réussi à protéger sa mère de son père. “Je l’ai laissé me violer pour qu’il ne lui fasse pas de mal, mais il l’a violée aussi.” Comment lui faire comprendre qu’il était un enfant et que c’est son père qui est seul responsable ? Moi aussi, je suis en colère. Je rentre chez moi et je coupe des carottes pour la soupe. Ça aide.

Mercredi

Il y a un message de la personne qui gère notre webchat – le service de discussion en ligne. Elle a eu une conversation WhatsApp avec un jeune de 16 ans vivant au Pays de Galles qui lui a dit qu’il venait d’être violé. Il était désemparé et très indécis sur ce qu’il devait faire. Nous veillons à lui donner l’occasion de s’exprimer sur ce qui vient de se passer et à lui donner l’occasion de s’entretenir avec toutes les agences locales concernées.

Le soir, j’assiste à une pièce de théâtre suivie d’une table ronde de discussion. La représentation traite des traumatismes sexuels, du VIH, du chemsex, ou sexe chimique, de l’homophobie, ainsi que de la lutte pour créer des relations constructives avec ces drames en toile de fond.

Jeudi

De retour à Westminster, cette fois-ci avec des gens qui sont dans des foyers ou dans la rue. Je suis stupéfaite de la capacité des gens à survivre, compte tenu de leur passé et des circonstances actuelles. Barry a 50 ans. Enfant unique dont la mère avait de graves problèmes de santé mentale, il a été pris en charge par un foyer et y a été victime d’abus sexuels.

On se retrouve à Pret. Il hurle après un homme d’affaires en costume qui le fixe. Barry mesure 1,80 m, est de toute évidence sans abri et a un problème de toxicomanie. Lui et moi formons une sacrée paire au milieu de la foule à l’heure du déjeuner. Sa consommation de cannabis de synthèse explose. J’ajoute “m’occuper du cannabis???” à ma liste de choses à faire.

Vendredi

De retour au bureau. Nous apportons nos conseils à une société de production télévisée sur la meilleure façon d’élaborer un scénario sur l’abus sexuel masculin. Internet est en panne et nous n’avons plus de sachets de thé. Je parle à une femme en colère qui estime que nous devrions faire davantage pour mettre fin aux abus sexuels dans l’enfance et à une autre personne qui semble suicidaire, mais qui, comme on a pu le constater en fin d’appel, était en train de se masturber au son de la voix pleine d’empathie que je lui portais. Je n’ai pas rayé une seule chose de ma liste.

Samedi

À bien des égards, le samedi est mon jour préféré de la semaine. J’anime une séance de groupe de survivants masculins. La pièce est électrique. La honte, l’isolement et l’auto-récrimination vacillent et échouent dans une étincelle de connexion, de sollicitude et de guérison.

Dimanche

Une journée de repos entre amis, des promenades solitaires qui nourrissent le cœur et l’âme, la lecture qui m’emmène dans des lieux magiques, la course à pied et les chats avec qui je partage ma maison. Je consulte mon téléphone professionnel pour lire un texte injurieux. Je prépare une tasse de thé.


Traduit par courtoisie de The Guardian

La vie d’un survivant de l’inceste, selon 3 victimes

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Imaginez que vous êtes coincé dans un cycle d’abus et de traumatismes, avec apparemment aucun moyen de vous libérer de ce que vous traversiez. Ensuite, imaginez que lorsque vous demandez de l’aide, vous faites face à la stigmatisation et au dégoût entourant le cauchemar dans lequel vous êtes coincés.

C’est souvent ce que ressentent les survivants de l’inceste. La cible de la colère des membres de la famille qui veulent que vous restiez silencieux, ou les soi-disant “alliés” qui font nonchalamment des blagues sur l’inceste sur Internet, font qu’il est dur de naviguer dans ce monde en tant que survivant. Le mouvement #MeToo a fourni aux personnes marginalisées une plate-forme pour parler des agressions sexuelles, mais certaines survivantes ont le sentiment que la dénonciation du silence autour de l’inceste n’a pas réussi à les inclure, ni leurs expériences, ni la discrimination unique à laquelle elles sont confrontées.

Bien que l’inceste soit systématiquement négligé dans la prévention et la sensibilisation aux agressions sexuelles, il est répandu aux États-Unis et dans le monde. Le Réseau national de viol, d’abus et d’inceste (RAINN) estime qu’au moins 34% des auteurs d’agressions sexuelles sur enfants sont un membre de la famille de la victime. Alors que les pères seraient les auteurs les plus fréquents d’inceste, selon une étude publiée en 2014, tous les membres de la famille, y compris les frères et sœurs, les mères, les cousins, les oncles, les tantes et les autres parents proches, peuvent en être les auteurs, tout comme les personnes de tout sexe, peuvent en être les victimes.

L’inceste est une forme de violence sexuelle insidieuse. La plupart des enfants font naturellement confiance aux membres de leur famille proche, et lorsque l’inceste se produit, cela peut être profondément choquant, déroutant et honteux pour les victimes.

J’avais huit ans [quand mon père a commencé]. Comme pour beaucoup de petites filles, mon père était mon idole. Rien n’était plus grand que lui. Il était mon meilleur ami. Il était quelqu’un en qui j’avais confiance et que j’aimais” raconte Julia, une survivante de l’inceste. “C’est naturel de penser : Oh mon Dieu, est-ce que j’ai provoqué ça?, quand une personne se sert de son autorité pour abuser – vous n’avez pas votre mot à dire sur ce qui se passe.”

De plus, les victimes sont souvent réduites au silence par les personnes sur lesquelles elles devraient pouvoir compter le plus – les autres membres de la famille.

Anne affirme avoir été agressée à plusieurs reprises. Elle s’est confiée : ”Je n’ai parlé de cet abus à ma mère que des années plus tard, et elle m’a reproché de m’être mise dans cette situation. Et elle est toujours en contact avec mon cousin qui m’a agressé, malgré le fait que je lui dise à quel point ça me fait mal. Pour Anne, les mauvais traitements ont commencé après son immigration des Caraïbes aux États-Unis pour vivre avec son père et sa belle-mère, à l’âge de 16 ans. “Les abus sexuels ont cessé lorsque j’ai commencé ma première année d’université. Les abus émotionnels et physiques ont continué”, dit-elle. “Le processus de guérison n’a pas été un parcours facile.” Quand elle a parlé de cet abus à sa famille, ils l’ont dissuadée de le signaler. “Ils avaient tous peur de lui. Il a passé sa vie à terroriser tout les gens qu’il a rencontré”, a-t-elle confié. “En en parlant, vous détruisez le passé qu’ils se sont fourvoyé à croire.”

Dr. Patti Feuereisen, psychologue et auteure de ”Invisible Girls” explique qu’il peut être impossible pour les survivants de l’inceste de s’éloigner de leurs agresseurs. La majorité des enfants dépendent des membres de leur famille pour obtenir des conseils , ainsi qu’un soutien financier et émotionnel. Bien que toutes les formes d’agressions sexuelles soient terribles et méritent d’être condamnées, les victimes d’inceste ont rarement un lieu sûr où s’échapper et sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles sont chez elles.

Les abus sexuels dans l’enfance peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour la santé mentale et physique des survivants. En 2007, des pédopsychiatres ont déclaré que le trouble de stress post-traumatique ne couvrait pas entièrement l’étendue des symptômes observés chez les jeunes patients victimes d’un traumatisme. Selon l’American Psychological Association, ils ont proposé d’ajouter “trouble de développement traumatique” au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux afin de reconnaître “l’exposition à de multiples traumatismes chroniques” à un jeune âge.

Les experts s’interrogent encore sur l’ajout des troubles traumatiques du développement au manuel psychiatrique , mais il est impossible d’ignorer les conséquences d’un traumatisme subit à un jeune âge. Julia dit qu’elle a eu des idées suicidaires à 12 ans. “Je ne pouvais demander de l’aide à personne, comment j’aurais pu?” dit-elle. “Je pensais : je vais mourir demain.” C’est uniquement parce que son père a commencé à la laisser tranquille qu’elle n’a pas tenté de se suicider.

Comme le démontrent les recherches, les victimes d’inceste peuvent avoir recours à l’auto-mutilation, à des troubles de l’alimentation, à la toxicomanie et à d’autres comportements auto-destructeurs pour faire face à leur traumatisme – jusqu’à ce qu’elles trouvent un lieu sûr et accueillant, à l’abri des abus, et qu’elle puissent s’informer sur la prise en charge des traumatismes . D’autres troubles graves, tels que le trouble de la personnalité, la dépression et la dysmorphie corporelle sont également en forte corrélation avec les abus sexuels durant l’enfance.

En outre, le Dr Feuereisen explique qu’il n’est pas rare que des enfants survivants développent une hypersexualité en réponse à la maltraitance, alors que d’autres peuvent éprouver une aversion totale pour le sexe et la sexualité. Cependant, elle dit que “les deux sont réactives – en réponse au traumatisme- mais pas pour toujours”.

Étant donné l’impact traumatique de l’inceste sur les victimes, la société et les familles, il n’est pas suffisamment pris en compte dans nos sociétés – et ce en dépit de la volonté de responsabiliser les victimes d’agressions sexuelles avec la campagne #MeToo et Time’s Up. L’auteur Mia Fontaine a donné une explication à ce sujet dans un article de 2013 pour The Atlantic :

Étant donné la prévalence de l’inceste et le fait que la famille est l’unité de base sur laquelle repose la société, imaginez ce qui se passerait si chaque enfant actuellement victime de violence – et chaque adulte victime de violence demeurant silencieux – sortait des sentiers battus, insistait pour que justice soit rendue et appliquée. Le tissu même de la société serait déchiré.

Ce sentiment est toujours d’actualité. L’inceste est un sujet inconfortable dont beaucoup d’entre nous, même ceux qui ont vécu l’inceste, ne souhaitent pas parler. De nombreux survivants de l’inceste peuvent se sentir obligés de ne pas perturber l’équilibre familial, malgré les abus passés ou présents. D’autres survivants peuvent ne pas se souvenir des violences. Pour cela et pour bien d’autres raisons encore, l’inceste reste sous-déclaré.

” D’après mon expérience, l’inceste, même une fois révélé, demeure une chose à cacher. Il n’y a pas de justice parce que c’est une famille” selon Anne . ”Meme si j’ai parlé de ce qui s’est passé à plusieurs proches, ils insistent toujours pour sauver les apparences et demeurer ami avec mon agresseur. Ils me disent de garder le silence et me tiennent responsable de ce qui s’est passé. On ne peut pas briser les liens. Il me reste la honte et la culpabilité d’être une victime. ”

La voie du rétablissement et du mieux-être peut s’avérer moins difficile pour les survivants lorsque l’on aborde les stigmates et mythes associés à ce type d’abus sexuel, qui ont tendance à être ignorés.

“J’espère que les personnes qui n’ont pas connu l’inceste savent que ce n’est pas parce qu’un proche est membre de la famille que c’est une bonne personne, qu’il s’agisse de l’agresseur lui-même ou des personnes qui continuent à le soutenir. Les agressions sexuelles ne sont jamais acceptables », déclare Anne. ”Les agressions sexuelles peuvent survenir n’importe où, même à la maison, un lieu normalement associé à la protection et à la sécurité, et avec des personnes de confiance. Nous avons tendance à rester assis en silence, dans un climat de peur, de honte et de culpabilité qui ne nous appartiennent pas vraiment”, explique Summer. “Nous savons qu’une fois que nous commencerons à rester debout dans notre vérité, nous allons énerver beaucoup de gens. Il est temps que nous, survivants de l’inceste, arrivions à réaliser que ce n’est pas grave de déranger les gens.”

“Il est crucial de parler de ces abus sexuel, et en particulier de l’inceste, lorsque vous êtes jeune, à l’adolescence ou dans la vingtaine”, a déclaré le Dr Feuereisen. “Nous devons croire toute personne qui sort de l’ombre. Nous devons comprendre qu’elle ne pouvait pas sortir du silence.” Julia est d’avis que parler d’un traumatisme est la seule façon de le traiter, et elle espère que les enfants victimes de violences se rendront compte qu’ils ne sont pas seuls. “J’ai décidé d’utiliser mon histoire comme moyen de guérir”, dit-elle. Julia veut que les survivants sachent qu’ils ne doivent pas se blâmer eux-mêmes. “On a profité de vous”, dit-elle. Anne dit qu’elle a également intériorisé beaucoup de discours nuisibles au sujet de son abus. “Soyer prêt à défier votre histoire”, dit-elle. “Nous nous sommes racontés tant de c*ies.”

Le message ici n’est pas seulement d’être plus disposés à parler ouvertement de l’inceste dans nos sociétés, mais que les survivants puissent enfin trouver une voie, se sentir en paix et mener une vie épanouissante. La recherche nous montre chaque jour de plus en plus qu’avec l’aide de thérapeutes professionnels, notre cerveau peut en fait être reprogrammé après un traumatisme. Dr. Feuereisen dit qu’une pratique qu’elle utilise souvent avec les survivants est la méthode Remap. Lors de la reconfiguration, similaire à la thérapie d’exposition, le survivant revisite mentalement l’espace ou la situation dans lequel le traumatisme s’est produit pour reconnecter le cerveau afin de faire face aux déclencheurs. “La peur est transformée lorsque vous dépassez votre traumatisme et que vous le visualisez de manière positive. En reprogrammant votre expérience à plusieurs reprises, vous réduisez le traumatisme”, explique le Dr Feuereisen.

”Je veux qu’il soit clair que l’abus sexuel et l’inceste ne constituent en aucun cas une condamnation à mort”, a déclaré le Dr Feuereisen. “Vous n’êtes pas un bien endommagé. Vous pouvez aller mieux. “

L’espoir de guérison des survivants de l’inceste n’est pas un rêve éphémère: de nombreuses preuves soutiennent l’idée que la guérison après un abus sexuel est tout à fait possible, et qu’en parler sans honte est un aspect essentiel du rétablissement. Alors que les discussions portant sur la manière dont notre société peut éliminer les violences sexuelles continuent de prendre de l’ampleur, les survivants de l’inceste méritent de faire entendre leur voix dans la politique, la défense des droits et à travers #MeToo.

Source :  KYLI RODRIGUEZ-CAYRO and AYANA LAGEBustle