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Je souffre de stress post-traumatique et je ne le savais même pas – vous aussi, peut-être

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symptômes

Pour le savoir, il faut en connaître les signes.

Je m’en souviens encore comme si c’était hier. C’était fin 2015, et pour la première fois de ma vie, je me sentais complètement brisée.

Alors que j’avais un emploi où les autres se fiaient à moi, un partenaire qui prenait soin de moi et un blog en ligne qui marchait, j’étais toujours dans un état constant de panique et d’anxiété exacerbée. Tous les matins, je me réveillais et l’impact était quasi immédiat. Mon corps et mon cerveau étaient la source de mes humeurs qui oscillaient comme un pendule. N’arrivant plus à maintenir une façade, je me suis peu à peu retirée du monde.Je n’ai pas réussi à identifier ce qu’il se passait, mais je savais que quelque chose clochait.

Un soir de fin novembre, alors que je franchissais la porte après le travail, le téléphone a sonné. Ma mère était à l’autre bout du fil, me posant des questions tranchantes et intrusives, ce qui n’était pas inhabituel dans notre relation tendue. J’ai pleuré au téléphone en implorant un peu de répit, en lui demandant d’arrêter, quand quelque chose s’est déclenché. Pour la première fois de ma vie, j’ai pris pleinement conscience de ce qui se passait dans mon corps.

Et j’ai su que j’avais besoin d’aide. La maladie mentale a toujours fait partie de mon histoire familiale, mais pour je ne sais quelle raison, je pensais y avoir échappé. J’ai commencé à comprendre que ce n’était pas le cas.Ce n’est qu’en 2015, lorsque j’ai commencé à travailler avec une équipe de thérapeutes spécialisés en traumatologie, que j’ai finalement compris que je souffrais en fait de syndrome de stress post-traumatique complexe, une forme différente du SSPT, en plus de la dépression.Lors de la première consultation, ils m’ont posé des questions sur la régulation de mes émotions, les altérations de la conscience, les relations avec les autres et mon enfance. Cette consultation m’a permis de faire un retour en arrière et de faire le point sur le nombre d’incidents traumatiques qui ont eu lieu dans ma vie.

Enfant, mon estime personnelle était continuellement bafouée car mes parents passaient leur temps à me faire douter de moi et à me critiquer ; je ne semblais rien pouvoir faire correctement car, selon eux, je n’étais pas assez mince ou pas assez “féminine”. Cette violence psychologique m’a accablée durant de nombreuses années.

Ces sentiments de culpabilité et de honte sont réapparus lorsque, à mon 30ème anniversaire, j’ai été victime d’un viol.Ces expériences se sont imprimées dans mon cerveau, formant des cheminements qui ont affecté ma manière de vivre mes émotions et de me relier à mon corps.

Carolyn Knight explique dans son livre ” Working with Adult Survivors of Childhood Trauma ” qu’un enfant ne devrait pas avoir à se confronter à la violence. Lorsqu’il y a violence, l’enfant n’est pas psychologiquement en mesure d’y faire face. Les adultes qui font partie de leur vie sont censés être des modèles en matière de régulation des émotions et doivent fournir un environnement sécurisant.

Dans mon enfance, je n’ai pas eu ce type de modèle. En fait, beaucoup d’entre nous ne l’ont pas eu. En travaillant de concert avec mes thérapeutes en traumatologie, j’ai réalisé que je n’étais pas seule et que la guérison de ce type de traumatisme était possible.Au début, c’était difficile d’accepter que j’avais subi un traumatisme. Longtemps, le cinéma et la télévision m’ont laissé croire, à tort, que seules certaines expériences menaient au SSPT. Il s’agissait de soldats qui avaient été les témoins directs de la guerre, ou de personnes qui avaient vécu un événement traumatisant, comme un accident d’avion. En d’autres termes, ça ne pouvait pas me concerner.

Mais au fur et à mesure que j’ai commencé à intégrer mon diagnostic, j’ai compris les différents aspects du SSPT et du SSPT Complexe, et comment les stéréotypes ne reflétaient pas la réalité. Le trauma est beaucoup plus vaste que ce que nous avons tendance à imaginer. Il a le pouvoir de laisser une empreinte à vie sur le cerveau, que nous en soyons conscients ou non. Et jusqu’à ce que l’on nous donne les outils et les mots pour définir clairement ce qu’est un traumatisme et comment il nous affecte, comment pouvons-nous commencer à nous reconstruire ?

En m’ouvrant au sujet de mon diagnostic, j’ai commencé à faire des recherches sur les différences entre le SSPT et SSPT Complexe. Je voulais en apprendre davantage, non seulement pour moi-même, mais aussi pour pouvoir avoir des discussions ouvertes et honnêtes avec ceux qui n’en connaissent peut-être pas les différences. Ce que j’ai découvert, c’est que, même si les deux peuvent sembler similaires, il existe de grandes différences.Le SSPT est un état de santé mentale déclenché par un seul événement traumatique de la vie. Une personne ayant reçu un diagnostic de SSPT est une personne qui a été témoin d’un événement ou qui a participé à un événement traumatique et qui, par la suite, vit des flashbacks, des cauchemars et une anxiété grave en rapport à cet événement. Les événements traumatiques sont parfois difficiles à définir. Certains événements peuvent ne pas être aussi traumatisants pour certaines personnes que pour d’autres.

Selon le ”Centre for Addiction and Mental Health”, le traumatisme est une réaction émotionnelle durable qui résulte du vécu d’un événement bouleversant. Mais cela ne signifie pas pour autant que les traumatismes ne peuvent pas être chroniques et continus, et c’est là que l’on découvre des cas de SSPT Complexe. Pour les personnes comme moi, atteintes de SSPT Complexe, le diagnostic est différent de celui du SSPT, mais cela ne rend pas les choses moins difficiles.

Les personnes ayant reçu un diagnostic de SSPT ont souvent été victimes de violences extrêmes et de stress sur une longue période de temps, notamment des sévices durant l’enfance ou des violences physiques ou psychologiques prolongées.

Bien qu’il y ait beaucoup de similitudes avec le SSPT, les symptômes diffèrent notamment en ce qui concerne :

  • les périodes d’amnésie ou de dissociation
  • les difficultés dans les relations
  • les sentiments de culpabilité, de honte ou de manque d’estime personnelle

Cela signifie que le traitement n’est en aucun cas identique.

Bien qu’il y ait des différences distinctes entre SSPT et SSPT Complexe, plusieurs symptômes, en particulier la sensibilité émotionnelle, peuvent être confondus avec le trouble bipolaire et le trouble de la personnalité limite. De nombreuses personnes ont ainsi fait l’objet d’un diagnostic erroné. Lorsque j’ai rencontré mes thérapeutes en traumatologie, ils ont expliqué que la désignation de SSPT Complexe était encore relativement récente. De nombreux professionnels commençaient à peine à la reconnaître.

En lisant les symptômes, j’ai ressenti un certain soulagement. Tout ce temps, j’ai eu l’impression d’être perdue et de ne pas être normale, en raison de mon sentiment de honte et de culpabilité. Mais grâce à ce diagnostic, j’ai commencé à comprendre que ce que je vivais était en fait un grand nombre de sentiments qui éveillaient ma peur, ma réactivité et mon hypervigilance – autant de réactions tout à fait logiques en présence de traumatisme prolongé.

C’est la première fois que j’ai ressenti que je pouvais non seulement améliorer mes relations aux autres, mais aussi que je pouvais enfin libérer mon corps de ce traumatisme et entreprendre les changements salutaires dont j’avais besoin pour vivre ma vie.Je sais, par expérience, à quel point la vie avec SSPT Complexe peut être effrayante et nous isoler. Mais au cours de ces trois dernières années, j’ai réalisé qu’il est possible de ne plus vivre dans le silence.

Jusqu’à ce qu’on m’ait donné les techniques et outils pour gérer mes émotions et les déclencheurs, je ne savais pas vraiment comment m’aider ou comment aider ceux qui m’entouraient à le faire. Le processus de reconstruction n’a pas été facile pour moi personnellement, mais il a été réparateur, et je sais que je le mérite. Le traumatisme se manifeste dans notre corps – émotionnellement, physiquement et mentalement – et ce cheminement a été ma façon de le libérer enfin.

Il existe un certain nombre d’approches différentes pour traiter le SSPT et le SSPT Complexe. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une forme populaire de traitement, bien que certaines études aient montré que cette approche ne fonctionne pas forcément pour tous les cas de SSPT. Certaines personnes ont également eu recours à la désensibilisation par mouvements oculaires (EMDR) et à des thérapies par la parole.

Chaque programme thérapeutique sera différent en fonction de ce qui convient le mieux aux symptômes de chaque personne. Peu importe ce que vous choisissez, la chose la plus importante à retenir est de choisir un traitement qui vous convient – ce qui signifie que votre cheminement peut ne ressembler à aucun autre.

Non, la route n’est pas vraiment droite, courte ou facile. En fait, c’est souvent confus, pénible et difficile. Mais vous serez heureux et en meilleure santé à long terme. Et c’est ce qui fait que le travail de reconstruction est si important.


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Traduit par courtoisie : Healthline

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Le sommeil, les rêves et la dissociation

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La recherche scientifique a permis une nouvelle compréhension des symptômes dissociatifs et du trouble dissociatif de l’identité. Selon ”Association for Psychological Science”, une raison pour laquelle certaines personnes sont vulnérables à la dissociation réside dans la qualité de leur sommeil.

Dans une étude, des chercheurs ont empêché 25 volontaires en bonne santé de dormir pendant une nuit et ont constaté qu’ils ont eu beaucoup plus d’expériences dissociatives. Cela pourrait expliquer le lien entre traumatisme et dissociation, étant donné que les souvenirs traumatiques perturbent le sommeil.

Il existe deux grands types d’expériences dissociatives : celles qui résultent d’un déficit cognitif (amnésie dissociative) et celles qui impliquent une perte de sens du soi (dépersonnalisation, déréalisation, expériences hors du corps). Ces deux types d’expériences dissociatives peuvent, à leur tour, être liées à un trop grand afflux d’informations provenant de sources internes et externes. Le système cognitif est submergé par la quantité d’informations. La mémoire ne peut pas intégrer l’information qui ‘’flotte’’ et resurgit dans la conscience éveillée en fragments déconnectés.

Qu’est-ce qui cause cette surcharge d’information ?

La raison première peut être due à la défaillance du fonctionnement cérébral qui, normalement, doit intégrer ces nouvelles informations dans le système d’information existant. Ce système dépend du sommeil et des rêves. Ainsi, si le sommeil et les rêves sont perturbés, le système de traitement de l’information le sera aussi, et une surcharge d’information se produira.

Ceci, à son tour, peut être dû à plusieurs causes. Les traumatismes émotionnels (comme le SSPT), le stress, l’insomnie, les maladies physiques et toute une variété de problèmes peuvent venir perturber le sommeil. Et la perturbation du sommeil est associée à une augmentation quantitative de phénomène de dissociation.

Au fur et à mesure que la surcharge d’information augmente, l’individu se retrouve submergé et commence à s’effondrer, ce qui est bien sûr extrêmement effrayant. Des cauchemars se manifestent et lorsqu’ils ne sont pas intégrés, ils commencent eux aussi à s’immiscer dans la vie éveillée jusqu’à ce que la dépression s’installe.

L’intensité des rêves est un bon indicateur des tendances dissociatives. Les personnes très dissociatives se plaignent souvent de rêves plus intenses et d’expériences de sommeil inhabituelles. Les dissociations peuvent aussi être confondues avec des épisodes de somnambulisme, survenant dans des circonstances où ces personnes demeurent physiologiquement éveillées.

Les chercheurs ont constaté que même si les symptômes dissociatifs restent stables au cours de la journée, ils augmentent de façon significative pendant la nuit.

La fréquence des expériences dissociatives signalées pendant la journée a été corrélée à la fréquence de paralysie du sommeil et à l’intensité des hallucinations. L’hypothèse est donc que les perturbations du cycle sommeil-éveil peuvent causer et même favoriser le phénomène de dissociation.

En partant de l’hypothèse que la privation de sommeil et d’autres perturbations du cycle sommeil-éveil entraînent des intrusions dissociatives du phénomène du sommeil en état de veille, lors d’une étude clinique, une amélioration de la qualité du sommeil et des symptômes narcoleptiques a entraîné une baisse significative du degré de dissociation .

Selon van der Kloet et al, le traitement des dysfonctions du sommeil peut réduire le nombre de cas de dissociation. Il faut donc concevoir des méthodes qui peuvent restaurer l’architecture du sommeil ainsi qu’un sommeil de haute qualité. Mettre en place une bonne hygiène du sommeil y contribue grandement.

Sources – The complex interrelationship between dissociation and anomalous sleep experiences Everton de Oliveira Maraldi

Association for psychological science

Psychology today

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Mon expérience de la dissociation : définition, symptômes et processus de réadaptation

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La dissociation est une chose étrange. Étrange quand on sait ce qui se passe, mais encore plus étrange si ça a commencé quand on était enfant, et que nous ne savons pas ce qu’est la vie sans dissociation.

Que ressent-on quand on se dissocie ?

C’est comme si on était vide. Il y a une coquille là, et les gens voient la coquille, lui parlent, et agissent comme si c’était vous, mais ce n’est pas le cas. C’est juste un masque. Une façade. Un mécanisme de défense soigneusement mis au point au fil des ans. Il est équipé d’une antenne affûtée comme un rasoir pour lire les signaux sociaux et y réagir. Il est prêt à être ce qu’il faut pour affronter n’importe quel moment.

Mais à l’intérieur, il n’y a rien d’autre qu’un grand espace vide et béant. Un gouffre. Un vortex. Un puits sans fond. Si vous y regardez de trop près, vous tournoyez jusqu’à vous diviser en un million de minuscules particules, pour devenir une substance universelle indistincte.

Je sais où se trouve mon vrai moi. Elle est devant moi, un peu vers la droite, un peu plus loin. Parfois, j’ai eu recours à la dissociation pour faire face à la douleur. Quand j’ai accouché, j’ai poussé ma douleur vers mon vrai moi, vers la droite, un peu plus loin. L’accouchement est beaucoup plus supportable là-bas, loin de moi.

Mais qui est ”moi” ? Il n’y a même pas un moi à fuir. Il n’y a rien.

Tout au fond derrière mon cœur, dans une quatrième dimension spatiale, il y a un autre monde, le monde spirituel. Quand la vie devient insupportable, je prends ma coquille et je me retire à cet endroit. Personne ne peut me voir là-bas, ni me façonner selon ses désirs et besoins.

Qu’est-ce que la dissociation ?

La dissociation ne se limite pas aux cas sévères, parfois qualifiés de trouble de la personnalité multiple ou de trouble dissociatif.

Les expériences de dissociation légère sont relativement courantes, 60 à 65 pour cent de gens ont déclaré avoir eu une expérience dissociative (selon une étude de Waller, Putnam et Carson, 1996.)

La rêverie est une expérience dissociative fréquente. C’est le cas, par exemple, lorsque vous rentrez chez vous en voiture, mais que vous ne vous souvenez plus du trajet.

La dissociation est souvent utilisée comme mécanisme de défense au cours d’événements traumatiques. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux, comme les crises de panique, présentent souvent des symptômes dissociatifs lorsque les crises de panique se déclenchent. C’est considéré comme un mécanisme d’adaptation.

Le site Web ”Panic Anxiety Disorder Association” décrit la dissociation ou les expériences dissociatives comme suit:

La dépersonnalisation : Avoir l’impression d’être séparé de son corps, d’être à côté de lui ou de vivre une expérience hors-corps.

La déréalisation : Sentiment que vous et votre entourage n’êtes pas réels. Regarder les choses à travers un brouillard. Vous avez l’impression que le sol bouge sous vos pieds. Les objets stationnaires semblent se déplacer. Une expérience qui peut s’accompagner d’une sensibilité à la lumière et au son. Vous pouvez avoir l’impression de perdre le contact avec la réalité et de devenir fou.

Comme bien des mécanismes de défense, la dissociation peut engendrer des problèmes si elle se produit dans des circonstances inappropriées. La rêverie en travaillant avec de la machinerie lourde par exemple.

La dissociation chronique se produit lorsqu’il y a un traumatisme prolongé au cours de la petite enfance et/ou l’enfance. Les sévices graves peuvent causer des formes extrêmes rendues célèbres par les livres et les films comme Sybil, mais d’autres traumatismes plus courants, tels qu’une mère souffrant de dépression post-natale, peuvent se manifester sous forme de dissociation chronique plus modérée.

Si la dissociation commence avant l’âge de neuf mois, la personne atteinte, plutôt que d’avoir le sentiment que le monde n’est pas réel, aura le sentiment de ne pas être elle-même réelle. La vie semble se dérouler derrière une vitre invisible : tout le monde y participe, mais la personne touchée regarde à l’intérieur depuis l’extérieur. Son corps participe peut-être, mais son âme est absente.

Si la personne atteinte s’identifie à son moi réel, qui n’habite pas son corps, elle peut se moquer de ce que son corps subit, et dans les cas les plus sévères, elle croit pouvoir continuer à vivre sans son corps. Selon Laing, c’est un élément clé de la psychose.

Si la personne atteinte s’identifie au corps, elle se sent souvent vide et creuse à l’intérieur. Là où il devrait y avoir des sentiments, on n’y trouve rien, ou bien les sentiments de ceux qui l’entourent. Elle cherchera généralement à satisfaire les besoins des autres, comme on peut le voir chez les mères opprimées et, parfois même, chez les entrepreneurs à succès les plus motivés. Si vous ne ressentez pas l’impact émotionnel d’une vie déséquilibrée, vous pouvez la supporter beaucoup plus longtemps que les gens ordinaires ne le peuvent.

Comment découvrir si vous êtes dissocié(e)?

C’est un énorme défi pour les personnes souffrant de dissociation chronique que de diagnostiquer leur maladie. Après tout, la majorité d’entre eux n’ont jamais rien connu d’autre. Pourquoi se demander si quelque chose ne va pas ?

Dans mon cas, il a fallu que je rencontre une personne suffisamment empathique pour comprendre que je réprimais mes émotions, même si elle avait du mal à saisir de quelles émotions il s’agissait. Une fois ma quête de connaissances entamée, je me suis vite rendu compte que j’étais émotionnellement paralysée. Alors, le voyage de réconciliation a commencé.

Les dissociés chroniques sont des survivants. Ils ravalent tout, ne montrent rien et poursuivent leur vie. Ils persistent, parce qu’ils pensent que s’arrêter, même pour un bref instant, pourrait leur être fatal.

En parlant avec d’autres personnes, j’ai dressé une liste de symptômes que beaucoup de personnes dissociées ont en commun.

Bien que je ne fasse pas figure d’autorité médicale, je souffre de dissociation chronique. Voici le 20 symptômes observés chez des personnes qui souffrent de dissociation chronique :

  • Vous avez toujours froid, surtout aux doigts et aux orteils. Vous portez des pulls même lorsque la température est supérieure à 20 degrés. Vous frissonnez et vous vous recroquevillez tandis que d’autres sont tout à fait bien.
  • Les autres vous décrivent comme “très conceptuel”, “froid”, “distant”, “intellectuel”, une personne qui “vit dans sa tête”.
  • Vous avez l’impression que votre foyer corporel se trouve entre vos yeux, plutôt que dans votre poitrine ou au niveau de votre cœur.
  • Vous avez besoin de fantasmes mentaux très vivaces pour être excité (du moins pour les femmes). Vous êtes rarement excité par le seul toucher.
  • Vous vous sentez motivé, et vous arrêter pour faire une pause semble dangereux.
  • C’est difficile de côtoyer d’autres personnes, car on ne peut pas se détendre.
  • C’est difficile d’être seul, parce qu’on se sent intensément seul.
  • Vous êtes impatient avec les gens qui disent ne pas pouvoir faire quelque chose pour des raisons émotionnelles. Vous vous demandez pourquoi ils ne font pas comme vous ?
  • Vous avez de la difficulté à lire les signaux émotionnels non verbaux et vous êtes hyper vigilant et hyper-réactif aux signaux visuels.
  • Vous pensez, analysez et observez les autres comme un aigle, mais vous ne sentez pas leur présence.
  • Il vous faut plusieurs mois pour tisser des liens avec les nouveau-nés, et il vous est difficile d’éprouver de l’empathie et de les réconforter.
  • Vous voulez que tout ce qui est relaté soit exact et précis concernant ce qui a été dit.
  • Vous avez la capacité de vous souvenir de situations et de conversations dans les moindres détails, mais aussi de vous évader mentalement pendant certaines conversations importantes et de ne pas vous en souvenir.
  • Vous avez souvent l’impression que les gens font ce qu’ils veulent, mais que vous, vous devez survivre.
  • Vous aimez et invoquez sans cesse la citation : “Ce qui ne tue pas rend plus fort.”
  • Vous sentez que vous n’avez jamais fait partie de votre famille ni d’ailleurs.
  • Vous vous dissuadez d’être en colère quand les gens franchissent vos limites, en leur trouvant des excuses.
  • Vous ne ressentez pas le droit d’exister et vous doutez parfois de votre existence.
  • Vous avez des règles abondantes et un cycle menstruel prolongé.
  • Vous avez l’impression que tout ce qui est bon dans votre vie est amené à disparaître.

Se réadapter suite à la dissociation

Même les cas les plus sévères de dissociation et de troubles multiples de la personnalité peuvent être guéris, de sorte que la personne peut se réinsérer et atteindre un certain degré de normalité. Le chemin de l’intégration exige une profonde reconnexion avec le subconscient non rationnel, non linéaire, physique, sensuel et enfantin. Pour que cela se produise, le subconscient doit être convaincu qu’il est en sécurité pour pouvoir sortir de sa coquille.

Pour moi, l’événement déclencheur a été d’essayer de trouver ce que je voulais vraiment. Mon amie m’a dit : “Si ton enfant intérieur pouvait faire ce qu’il veut en ce moment, que ferait-elle ?”

J’ai essayé d’y réfléchir. Il m’arrive parfois d’éprouver ce sentiment que l’on ressent lorsqu’une pensée, un mot est sur le bout de la langue. Mais aussitôt, je me retrouve face à un mur de panique, et la pensée se brise avant même de se former.

Ayant étudié la psychologie, j’assistais au spectacle de la répression freudienne classique. Pourtant, je ne pouvais pas me forcer à finaliser cette pensée. C’était comme si savoir ce que je voulais mettait ma vie en danger.

Étant motivée et déterminée, j’ai tout mis en œuvre, y compris la PNL (programmation neuro-linguistique), la psychothérapie, la conversation émotionnelle, le travail avec l’enfant intérieur, l’art-thérapie, la méditation, l’écriture en regardant la mer depuis la plage, et les exercices physiques.

Après quelques mois, j’ai fait ma première percée. J’ai rencontré une personne tellement à l’écoute qu’elle pouvait comprendre ce que je ressentais sans que j’aie à l’exprimer avec des mots. Après qu’elle ait anticipé chacun de mes mouvements et de mes sentiments pendant 45 minutes, j’ai senti que je pouvais être en vie en toute sécurité, malgré tout.

À ce moment-là, mon vrai moi s’est déplacé de là-bas devant sur ma droite, et s’est installé autour de mon cœur. Ma peau est devenue intensément sensible, et passer mes doigts sur la surface de pierre rugueuse est devenu presque orgasmique et sensuel. Ma capacité d’empathie s’est développée et j’ai été aussi ouverte qu’une jeune enfant. Il m’a fallu un peu d’ajustement chaotique avant d’apprendre à modérer ma sensibilité et à réagir à nouveau comme une adulte. Au cours des mois qui ont suivi, j’ai grandi sur le plan émotionnel. Une fois de plus, mes connaissances en psychologie m’ont été utiles, parce que je pouvais identifier mon âge émotionnel et faire preuve d’indulgence envers moi même.

Il y a quelques aspects positifs à mes expériences dissociatives : Je n’étais pas présente lorsque beaucoup des mauvais moments de ma vie ont eu lieu, comme le lycée. Je ne me sentais pas couverte de cicatrices comme la plupart, et je pouvais ressentir ce que les autres éprouvaient avec précision et détail. Comme je n’avais que mon intellect, je suis devenue très douée pour observer, analyser et comprendre ce qui se passait dans le subconscient des autres à partir d’indices tels que leur posture, leurs choix de mots et le mouvement des yeux.

La plupart des gens ne mettent pas autant d’énergie à observer parce qu’ils peuvent ressentir les autres directement. Mais c’était la seule chose que j’avais, alors je l’ai développée au maximum, un peu comme un aveugle qui apprend à claquer des doigts pour se localiser par écho.

Maintenant, j’ai les deux : l’observation et le sentiment direct. Combiner ces deux capacités est plutôt génial, et rien ne m’échappe maintenant.

Comment c’était ?

Je ne le cacherai pas. C’était une marche à travers la vallée de l’ombre de la mort pour me remettre de la dissociation. Pendant environ trois mois, rentrer dans le bureau de mon thérapeute était comme une marche funèbre vers la chaise électrique.

Je me suis dissociée parce que la vie était terrifiante, mais la seule façon d’être libre est de faire face à cette terreur. Après ma première percée, j’ai découvert comment libérer la peur tout en étant bien. Ça m’a aidé. Les ouvrages l’appellent réconfort personnel. C’était beaucoup trop passif et paisible pour mon expérience, mais me voilà.

L’expérience de la sécurité – d’être perçue et de recevoir une réponse appropriée – a également été une partie essentielle du processus de guérison. N’essayez pas de vous guérir tout seul. Allez chercher de l’aide.

En nous coupant de nos sentiments, la dissociation nous isole de notre moi le plus profond, et elle nous déconnecte aussi de tous ceux qui nous entourent. On ne peut plus faire confiance à qui que ce soit. Mais une vie nouvelle vous attend si vous acceptez d’y faire face, une vie dont vous ne pouvez même pas vous douter. C’est un acte de foi que de se jeter de cette falaise et de faire confiance que cela ne vous tuera pas, de dépendre de quelqu’un d’autre et de ne plus être sur vos gardes. Faites-le.

C’est terrifiant. Mais ça en vaut la peine.

Source – Patient’s Lounge

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Dissociation – Comment s’aider soi-même ?

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Si vous vous dissociez, vous pouvez vous sentir déconnecté de vous-même et du monde qui vous entoure. Vous pouvez, par exemple, vous sentir détaché de votre corps ou avoir l’impression que le monde qui vous entoure est irréel.

Si vous vous dissociez pendant une longue période, surtout quand vous êtes jeune, vous risquez de développer un trouble dissociatif. La dissociation, alors, n’est plus une expérience sur le court terme, mais une expérience beaucoup plus fréquente, et c’est souvent la principale manière de faire face aux expériences stressantes.

Les expériences de dissociation peuvent durer relativement peu de temps (quelques heures ou jours) ou beaucoup plus longtemps (des semaines ou des mois).

Rappelez-vous que l’expérience de la dissociation est différente pour chacun. Certaines expériences dissociatives incluent :

L’amnésie dissociative – avoir des blancs dans sa vie où on ne se souvient de rien; ne pas être capable de se souvenir d’informations sur soi-même ou de choses qui se sont passées dans sa vie; incapacité de se souvenir de renseignements importants sur soi-même, son histoire de vie ou des événements précis.

La fugue dissociative – se rendre quelque part et prendre une nouvelle identité pour une courte période (sans se souvenir de son identité)

La déréalisation – l’impression que le monde qui nous entoure est irréel; voir des objets changer de forme, de taille ou de couleur; voir le monde ” sans vie ” ou ” brumeux “; voir les autres comme des robots (en sachant qu’ils ne le sont pas); oublier tout de qui l’on est (une fugue); aller dans un nouvel endroit et agir comme une personne différente dans une vie différente.

La dépersonnalisation – l’impression de se voir dans un film ou de se regarder de l’extérieur; l’impression d’observer ses émotions; le sentiment d’être déconnecté de certaines parties de son corps ou de ses émotions; l’impression de flotter au loin; le sentiment d’incertitude quant aux limites entre soi et les autres

Le trouble de l’identité – ressentir un changement d’identité; parler avec une ou plusieurs voix différentes; utiliser un ou plusieurs noms; basculer entre les différentes personnalités; avoir l’impression de perdre le contrôle face à ” quelqu’un d’autre “; faire l’expérience de différentes parties de son identité à différents moments

La confusion d’identité – agir comme des personnes différentes, y compris des enfants; difficulté à définir sa personnalité; impression d’avoir en soi plusieurs personnes différentes


Comment puis-je m’aider moi-même ?

Voici quelques suggestions pratiques pour prendre soin de vous.

Tenir un journal

Tenir un journal peut vous aider à comprendre et à vous souvenir des différentes parties de votre expérience. Ça peut inclure l’écriture et l’art, réalisés à différents moments, pour aider à améliorer les liens et la prise de conscience entre vos différentes parties en vous relisant et à mieux vous souvenir de ce qui s’est passé.

Pratiquer la visualisation

La visualisation est une façon d’utiliser votre imagination pour créer des scènes et des environnements internes qui vous aident à rester en sécurité et à contenir des sentiments et des pensées difficiles. Par exemple, le fait d’imaginer que vous portez des vêtements de protection vous aide à vous sentir plus détendu dans des situations stressantes. Imaginez un endroit où vous vous sentez en sécurité et lorsque vous vous sentez anxieux ou menacé, vous pouvez imaginer vous y rendre pour ressentir paix et sécurité.

Si vous vivez des états identitaires différents, vous pourriez imaginer un endroit où ils pourraient tous se rencontrer et parler ensemble. Votre thérapeute peut vous aider à le faire aussi.

Les techniques d’ancrage

Les techniques d’ancrage permettent de rester en contact avec le présent et d’éviter certains sentiments, souvenirs, flashbacks et pensées intrusives que vous ne vous sentez pas encore capable de gérer. Parmi elles :

  • la respiration lente
  • écouter les sons qui vous entourent
  • marche pieds nus
  • s’envelopper dans une couverture et la sentir autour de soi
  • toucher quelque chose ou humer une chose avec une forte odeur
  • se concentrer sur les sensations ressenties à ce moment
  • avoir une boîte d’objets avec différentes textures et odeurs

Préparer un plan de crise personnel

Un plan de crise personnel est un document que vous rédigez lorsque vous vous sentez bien. Il explique ce que vous aimeriez qu’il se passe si vous n’êtes pas assez bien pour prendre des décisions concernant votre traitement ou d’autres aspects de votre vie. Il vous dit les mots de soutien du moi en paix.


Puis-je me remettre d’un trouble dissociatif ?

Oui – si vous avez le bon diagnostic et le bon traitement, il y a de bonnes chances que vous vous rétablissiez. Vous cesserez d’éprouver des symptômes dissociatifs et les diverses facettes de votre identité fusionneront pour former un seul et même sens du moi.

Tous ne cesseront pas complètement d’éprouver des symptômes dissociatifs, mais le traitement peut vous aider à vous sentir plus en contrôle de votre vie et de votre identité. Certaines personnes trouvent réconfortant de pouvoir se dissocier et ne se sentent pas prêtes à cesser complètement de se dissocier.

Les thérapies par la parole sont recommandées pour le traitement des troubles dissociatifs. Le soutien psychologique et la psychothérapie vous aideront à explorer les événements traumatisants de votre passé, à comprendre pourquoi vous vous dissociez et à développer d’autres mécanismes d’adaptation. Cela peut aussi vous aider à réguler vos émotions et à mieux gérer vos relations.

” Peu à peu, les autres parties de moi me parlent du souvenir des agressions subies et je leur parle de ma vie actuelle et, petit à petit, nous reconstituons le puzzle en travaillant avec le soutien de mon thérapeute ”

Adapté de Mind

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Que se passe-t-il lorsque les souvenirs refoulés d’un traumatisme commencent à refaire surface ?

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L’impact de la mémoire retrouvée de souvenirs refoulés pendant des années peut être un processus écrasant. Ils ont été réprimés pour une bonne raison ; cette raison étant que lorsqu’une personne subit un traumatisme important, le cerveau se bloque, la dissociation se met en marche et, en guise de technique de survie, le ou les traumatisme(s) sont inconsciemment stoppés et enfouis dans des fichiers désorganisés du cerveau, du fait d’un niveau élevé de stress, d’une situation de menace de vie ou de mort ; ainsi votre cerveau a fait ce qu’il devait pour vous protéger et, de ce fait, vous avez pu continuer votre vie et fonctionner en société.

Les souvenirs refoulés peuvent vous revenir de diverses façons, y compris par un déclencheur, des cauchemars, des flashbacks, des souvenirs corporels ou des symptômes somatiques. Cela peut entraîner un sentiment de déni, de honte, de culpabilité, de colère, de blessure, de tristesse, d’engourdissement, etc.

Avoir de nouveaux souvenirs peut affecter votre état actuel de réalité, vos relations, votre perception du monde et de ceux qui vous entourent, ce qui peut vous ramener dans le passé et vous y enfermer, comme si vous reviviez votre traumatisme. Cela peut vous déstabiliser, vous et votre vie, et vous mener à la dissociation, à la dépersonnalisation/déréalisation et à l’amnésie dissociative. Cela peut vous faire voir des gens “sans danger” comme ” dangereux “, et tant que vous êtes coincé dans ces souvenirs, rien ni personne ne peut apporter un sentiment de sécurité, pas même vous. Cela peut alors conduire à l’isolement, à l’évitement, à la négligence de soi et à une guerre dans votre esprit et votre corps.

Votre corps peut réagir de la même façon qu’au moment des faits, ce qui peut être à la fois nouveau pour vous et extrêmement effrayant. Il se peut que vous vous retrouviez à combattre, à fuir, à vous figer, à chuter ou à vous soumettre dans des situations que vous trouvez insignifiantes. Vos souvenirs peuvent se traduire par des comportements de reconstitution. Il se peut que vous vous retrouviez à répéter des comportements liés à vos traumatismes. Quelle que soit la façon dont vos souvenirs vous sont restitués, cela est normal. La façon dont vous et votre corps réagissez à la remontée de vos souvenirs est normal. Vos sentiments à l’égard de vos souvenirs sont valides – et tout cela est normal. Tout va bien, et vous êtes en sécurité maintenant.

Lorsque des souvenirs refoulés surgissent, il est important d’essayer de comprendre la raison pour laquelle ils se manifestent, comment vous pouvez travailler avec eux, apprendre à faire confiance à votre esprit, à votre corps, et à vous-même, mais aussi à gérer votre sécurité et votre bien-être au cours de ce travail. Essayez de reconnaître ce qui se produit en vous et de valider vos expériences passées, étudiez et identifiez vos déclencheurs, et accompagnez les sentiments qui viennent . Ancrez-vous dans la réalité actuelle, “Nous sommes en 2019, j’ai __ ans, je vis avec __ maintenant, je suis en sécurité.” Faites la différence entre votre réalité et vos souvenirs et travaillez à rester présent et ancré, donnez-vous la permission d’être gentil avec vous-même durant ce processus. Communiquez sur vos expériences avec un thérapeute de confiance. Prévoyez un espace pour la vulnérabilité. Soyez tendre et compatissant envers vous-même.

La guérison d’un traumatisme n’est pas linéaire – vous pouvez avoir accès à tous vos souvenirs ou aucun. Vous pouvez ne pas avoir de souvenirs, et être tout de même affecté inconsciemment. Vous avez peut-être des pièces de puzzle éparpillées des différents traumatismes, et non le puzzle complet, cela aussi est possible. Vos souvenirs refoulés vous reviennent lorsque vous êtes enfin prêt à les affronter. Ils ne sont pas là pour vous nuire ou pour détruire la vie que vous vous êtes créée – ils sont là pour vous dire ce qui vous est arrivé, pour vous aider à comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont, qu’il est temps de travailler avec eux et que vous êtes suffisamment en sécurité pour le faire.

Source : The Mighty