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POURQUOI LES PERSONNES PRÉSENTANT UN SSPT COMPLEXE ÉVITENT LE CONTACT VISUEL

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Une étude de Lanius et al. a été menée afin de comprendre pourquoi de nombreuses personnes atteintes du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), y compris celles qui souffrent de SSPT complexe, trouvent souvent cela affreusement inconfortable quand les codes du savoir-être les oblige à avoir un contact visuel avec une autre personne. (J’ai moi-même tenté une fois de contourner ce problème en achetant des lunettes beaucoup trop fortes pour moi, de sorte que, lorsque les normes sociales exigeaient un contact visuel, tout ce que mes yeux percevaient était un brouillard non menaçant et réconfortant)

Revenons à l’expérience de Lanius et al :

L’expérience s’est déroulée en deux groupes :

1) des survivants de traumatisme chronique

2) des participants “normaux”


En quoi consistait l’expérience ?

Les participants des deux groupes ci-dessus ont été soumis à des scans du cerveau tout en ayant un contact visuel avec un personnage vidéo de manière à reproduire un contact en face à face dans la vie réelle.

Quels résultats pour cette expérience ?

Dans le cas des participants ” normaux ” (c.-à-d. ceux qui n’avaient PAS subis de traumatisme important), le contact visuel simulé avec le personnage vidéo a provoqué une activation d’une partie du cerveau, connue sous le nom de CORTEX PRÉFRONTAL.

PAR CONTRE : Dans le cas des survivants de traumatisme chronique, le même contact visuel simulé avec le personnage vidéo n’a PAS provoqué d’activation du CORTEX PRÉFRONTAL. Les scans ont révélé qu’en réponse au contact visuel simulé, la partie du cerveau des survivants de traumatismes chroniques qui ÉTAIT ACTIVÉE était la partie primitive (située au plus profond du cerveau émotionnel) connue sous le nom de GRIS PERIAQUEDUCTAL.

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS :

Le cortex préfrontal nous aide à juger et à évaluer une personne lorsque nous établissons un contact visuel, afin de déterminer si ses intentions semblent bonnes ou mauvaises.

Cependant, la zone grise périaqueductale est associée à des RÉPONSES AUTO-PROTECTRICES comme l’hypervigilance, la soumission et la fuite.

Par conséquent, nous pouvons en déduire que les personnes atteintes de SSPT ou de SSPT complexe peuvent avoir de la difficulté à établir un contact visuel parce que leur cerveau a été affecté négativement, à la suite de leurs expériences traumatiques, de telle sorte que, lorsqu’elles établissent un contact visuel avec une autre personne, l’étape ” évaluation ” de l’interaction (normalement effectuée par le cortex préfrontal) ne se produit plus, et leur cerveau, par l’activation de la zone periaqueductale, provoque une réponse de frayeur exacerbée.

Cela constitue un autre exemple de la façon dont les traumatismes graves et prolongés de l’enfance peuvent nuire au développement physique du cerveau.

Lien : Étude de Lanius et al.

#sspt#ssptcomplexe#cortexpréfrontal#grisperiaqueductale

Traduit par courtoisie : Childhood Trauma Recovery

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Secoue-toi un peu : ou pourquoi vous ne le pouvez pas. Démystifier les idées reçues sur les troubles psychologiques.

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Comment la thérapie peut-elle modifier votre cerveau ?

La maladie psychologique n’est pas comme la maladie physique. Principalement parce que ça ne se voit pas. Les humains ont toujours vérifié la réalité des choses avec leurs yeux. ‘’Tu es tombé d’un toit et tu t’es cassé la jambe ? Oh non, pauvre de toi !’’

Le regard se promène sur la jambe plâtrée, dont l’existence a déclenché cette question. Nous sommes plein de compassion. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement. Nous leur demandons ce qui est le plus difficile dans le fait d’avoir une jambe dans le plâtre. Ils répondent. Leur difficulté est visible ; leur frustration, leur douleur et leur détresse sont validées. Tout va bien.

Maintenant, essayez ceci. ‘’Je ne t’ai pas vu depuis un bail’’. La personne déprimée n’établit pas de contact visuel, apparaît un peu fuyante. Elle dit quelque chose d’inintelligible, un marmonnement, ce qui nous donne l’impression de déranger ou de nous tromper. Puis, quand la conversation semble bloquée, elle nous lance un bref regard, droit dans les yeux, mais très rapidement. Son expression nous fait penser à un loup affamé, ses yeux pleins de douleur et de détresse qu’on ne peut nommer. Nous nous sentons mal à l’aise, nous ne savons pas comment réagir. Nous essayons de maintenir la conversation. Puis elle dit : ” Je ne vais pas très bien, j’essaie les cachets que le docteur m’a donnés, mais je ne sais pas… ”

Face à leur hésitation, leur manque de confiance et leur peu d’espoir, nous nous détournons. Vers des choses moins déroutantes et déconcertantes que la dépression, l’anxiété sociale suffocante, ou pire encore, la folie des hallucinations, d’entendre des voix, et des fous violents.

Bien sûr que si. Ça ne fait pas de nous une mauvaise personne. La maladie mentale nous a toujours dérangés et la façon de traiter les personnes ” folles ” nous a toujours maintenus éveillés, surtout quand il s’agit de proches et d’êtres chers. Les dangers sont réels – suicide, meurtre, automutilation, gestes maniaques, comportements addictifs qui détruisent des vies et des relations, amènent à perdre leur maison, ou à y accumuler toutes sortes de cochonneries, ou à se laver les mains un milliard de fois par jour. Ce que font les “fous” peut être assez flippant, avouons-le, c’est un peu flippant.Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les immenses avancées technologiques, qui nous permettent de fabriquer des voitures avec des robots ou d’appeler notre mère par vidéo à l’autre bout du monde, ne nous ont pas permis de résoudre le problème des personnes souffrant ainsi. Dans leur tête. Non, nous ne pouvons pas éradiquer les troubles mentaux d’un seul clic de souris, ou faire livrer un nouveau cerveau parfaitement fonctionnel par drone sur Amazon Prime. Un jour peut-être ! En attendant, la maladie mentale reste obstinément invisible et donc discutable. Après tout, ” voir c’est croire “. ‘’Tu ne viens pas, encore, aujourd’hui ? ‘’ Soupir. ‘’Ok, alors’’ dit-on, en tant que patron. Puis on se demande : ‘’Il est vraiment malade ? Il fait semblant ? Il me manipule ? Ou il se moque de moi ?’’. On ne peut pas s’empêcher de douter si on ne peut pas vérifier de nos propres yeux. Si seulement la maladie psychologique pouvait être traitée avec un plâtre. Mais ce n’est pas possible. Pas encore.


Je voudrais utiliser cette page pour vous parler des nombreuses façons dont les neuro-scientifiques parviennent à trouver des indices qui expliquent pourquoi les personnes atteintes de maladie psychologiques souffrent et se comportent comme elles le font. Les chercheurs sont en train de comprendre comment les principales différences dans la structure et le fonctionnement du cerveau sont responsables de la détresse et de la souffrance liées à la maladie psychique, tout comme une personne ayant une jambe cassée ressent l’agonie de deux morceaux d’os en friction.

On a découvert, ces dernières années, que les symptômes du trouble obsessionnel-compulsif peuvent être causés par des infections pharyngées à streptocoque C. Pour les enfants atteints d’angine streptococcique qui se sont mis à se laver les mains de façon compulsive, les IRM ont révélé que la région sous-corticale avait enflé de 24%. Cette partie du cerveau permet à nos pensées de circuler. Lorsqu’on leur a administré des immunosuppresseurs, les symptômes se sont atténués. Les enfants dont la zone était la plus enflée ont présenté les symptômes les plus graves, ce qui montre une relation causale. D’autres chercheurs ont démontré que les symptômes schizophréniques peuvent être causés par deux microbes différents, Toxoplasma gondii et cytomégalovirus (CMV). Cela ne veut pas dire que toute schizophrénie est induite par des microbes, mais il est clair que les symptômes de la maladie mentale sont causés par une pathologie du cerveau tout comme les maladies du corps sont causées par une pathologie du corps.

Les scientifiques ont observé que le volume de l’hippocampe est plus faible chez les patients souffrant de dépression chronique mais pas chez ceux qui se sont rétablis. Ce volume est jusqu’à 18 % inférieur chez les femmes victimes de violences dans leur enfance. Le mécanisme sous-jacent serait dû au fait que les expériences stressantes libèrent du cortisol, l’hormone du stress, qui, à petites doses, nous prépare au combat ou à la fuite. Mais lorsque l’exposition à cette hormone est répétée et fréquente, elle provoque le dessèchement et la mort des neurones de l’hippocampe. Le volume de l’hippocampe est important puisque c’est là principalement, où nous traitons et trions les souvenirs à court et long terme, que se déroule la neurogenèse. Vous ignoriez peut-être que vous continuez à produire de nouveaux neurones toute votre vie – mais c’est ainsi – et cela se produit exactement là, dans l’hippocampe, dans ces deux petites zones en forme d’hippocampe au fond du système limbique du cerveau.Imaginez maintenant un bébé négligé ou effrayé – c’est ce que l’on entend par ” traumatisme cumulatif “. Un tel nourrisson grandit avec un cerveau baigné de cortisol, ce qui entraîne des changements épigénétiques qui le prédisposent à la dépression et aux maladies liées au stress. Il y a une période critique dans le développement du nourrisson, notamment les trois premières années, où la partie du cerveau responsable de la régulation des émotions se connecte – comme une moissonneuse-batteuse qui se fraye un chemin à travers champs. Si nous sommes élevés avec empathie, c’est-à-dire aimés et bien traités, nos voies neuronales bourgeonnent à travers notre lobe frontal droit comme des brocolis à rameaux qui nous permettent d’identifier nos émotions, de les nommer comme sentiments et de les libérer convenablement. Cette composante clé du lobe frontal droit est le câble qui nous permet de fabriquer et d’entretenir des liens humains. Je suis convaincue qu’elle sous-tend aussi notre sens de nous-mêmes, la croyance que nous avons un rôle à jouer dans le monde et la conviction inconsciente que nos choix ont leur importance.

Il ne faut pas s’étonner qu’un grand nombre de détenus aient été maltraités au cours de cette période critique et qu’ils soient devenus profondément incapables d’atténuer leurs émotions et de sentir une connexion aux autres. Leur peur et leur rage débordent en délits violents, leurs désirs en viols. Je ne sous-entends pas ici que ces crimes odieux ne méritent pas d’être punis – bien entendu, ils le méritent. Mais sachant que leurs crimes sont en grande partie la conséquence d’un cerveau mal connecté, ne ferions-nous pas mieux d’offrir aux prisonniers une psychothérapie intensive plutôt qu’une cellule avec TV fermée 23h/24 ? Après tout, l’objectif de la prison n’est-il pas de les rendre moins susceptibles de récidiver en réintégrant la société ?

Alors, la psychothérapie peut-elle modifier le cerveau ? Telle est la question cruciale et il semble de plus en plus évident que oui. Par exemple, lorsque les patients ont des flashbacks, le flux sanguin vers le lobe préfrontal et frontal diminue. Le but de la psychothérapie est d’étendre l’influence du lobe préfrontal droit où se produit la régulation de l’émotion (cette zone clé qui se connecte dans les 24 premiers mois de l’enfance, avant d’acquérir le langage). Selon Freud, il faut laisser place aux associations libres de l’esprit pour récupérer ou reconstituer des souvenirs difficiles, dans le cadre de la relation avec le thérapeute. Les mémoires doivent être réactivées pour que leurs connexions neuronales soient modifiées, afin qu’elles puissent être retranscrites et transformées. Le changement neuronal est possible car nos étonnants cerveaux restent plastiques (capables de changer) durant toute une vie. La neuroplasticité est une caractéristique de la structure et des fonctions du cerveau.

Le changement psychologique que je vois chez mes patients au cours de leur thérapie se produit au niveau neuronal ; de nouveaux circuits de neurones qui se connectent et se déclenchent peuvent se développer lorsque des souvenirs traumatiques sont revécus et que les processus de pensées négatives et auto-critiques sont explorés au cours de la thérapie. Comprendre comment la douleur du passé a été déclenchée par les expériences du présent permet aux patients de développer de nouvelles méthodes d’adaptation et celles-ci sont instanciées dans les réseaux neuronaux grâce à la merveilleuse neuroplasticité du cerveau.Je dis parfois aux patients : ” C’est une relation qui vous a mis dans ce bourbier et c’est une relation vous en sortira “. Est-ce que ça prend beaucoup de temps ? Oui. Est-ce que ça marche?

Certainement, tant que le patient désire vraiment un changement….

Le fleuve de l’Ignorance se détourne dans la peur des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, tout en maintenant des stéréotypes à leur sujet. Alors que la rivière de la Détresse est l’endroit où les nourrissons reçoivent de piètres soins et passent le reste de leur vie à se sentir coupables de ne pas se sentir bien et ne pas réussir à gérer leur vie. Une meilleure éducation sur ce qui fait des esprits sains et de meilleurs traitements de santé mentale pour ceux qui n’ont pas eu ce dont ils avaient besoin dès le départ, contribueraient beaucoup à changer les choses : est-il possible de bannir ensemble Ignorance et Détresse ?


#troublespsychologiques

#santémentale#thérapie#neurosciences

Traduit et adapté par courtoisie de British Foundation of Psychotherapy

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Comment la thérapie par le mouvement peut-elle guérir le stress traumatique?

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Le stress traumatique peut être invalidant et terrifiant. La thérapie par le mouvement – qui implique des approches de plus en plus accessibles et réfléchies de l’exercice – offre un nouvel espoir.

Cela peut paraître comme un jeu d’enfant : Je marche pieds nus, avec deux morceaux de Jenga en équilibre dans ma main. Je serre un bloc de bois entre mon pouce droit et mon index et l’autre bloc est posé dessus. Il faut se concentrer pour équilibrer les deux morceaux quand je suis immobile. Au fur et à mesure que je bouge, le défi augmente de façon exponentielle.

Ce “jeu” d’une simplicité trompeuse peut avoir des effets profonds. J’y joue dans le cadre de la thérapie traumatologique du mouvement, un nouveau type de conditionnement physique qui vise à compléter la thérapie traumatologique traditionnelle.

Je fais partie d’un groupe de certification à New York qui comprend des entraîneurs personnels et des entraîneurs sportifs, des travailleurs sociaux et d’autres professionnels de la santé psychologique. Dirigé par Jane Clapp, spécialiste en rétablissement post-traumatique et coach en force-et-mouvement, qui a élaboré ces cours pour les praticiens et les survivants afin de les aider à apprendre à utiliser le corps comme support de guérison.

J.Clapp est douce et calme. Elle nous conseille de rester concentrés et de maintenir l’équilibre des blocs tout en marchant. Restez concentré et gardez l’équilibre en changeant de main. Tout en s’abaissant pour s’asseoir au sol et en se relevant. En s’allongeant et en se redressant. Tout en faisant des huit avec nos hanches. En agitant le haut de notre corps comme s’il s’agissait de moulins à vent. Et ne laissez pas les blocs de bois tomber par terre.

Oh, et n’oubliez pas de respirer.

“Il s’agit d’une double conscience, la capacité de maintenir la conscience de deux ou plusieurs aspects de l’expérience”, explique-t-elle. En l’occurrence, les deux aspects sont l’équilibre des blocs et le déplacement dans l’espace.

La double conscience est l’une des nombreuses techniques utilisées pour traiter les traumatismes. La concentration requise place les participants directement dans l’ici et maintenant plutôt que dans le passé ou l’avenir. Cela peut aider à porter leur attention au-delà d’eux-mêmes lorsque les stimuli internes, comme une fréquence cardiaque élevée ou une respiration peu profonde, sont insupportables.

En fin de compte, la double conscience est un outil conçu pour démontrer que le présent est sans danger et sans traumatisme – un moment où la réussite (équilibrer les blocs) est possible et l’échec (faire tomber les blocs) ne signifie pas la fin du monde.

“Le traumatisme altère le cerveau. Il fait en sorte que les survivants perçoivent des menaces partout et réagissent comme s’ils étaient constamment en danger “, dit Clapp. “Si vous avez peur ou si vous n’êtes pas en sécurité, votre cerveau se spécialisera dans les sentiments de peur. Si vous vous sentez en sécurité et aimé, votre cerveau se spécialise dans l’exploration, le jeu et la coopération.”

“La bonne nouvelle, c’est que le cerveau est plastique, ce qui signifie qu’il peut être modifié. Apprendre de nouvelles façons d’être et de nouvelles capacités d’adaptation est une des manières de faire changer le cerveau.”Les exercices d’équilibre, explique-t-elle, peuvent être une forme d’autorégulation, “un moyen de se retenir” en déclenchant le réflexe de rééquilibrage du système nerveux.

Tandis que je zigzag à travers la pièce avec mes blocs de bois, je commence à trouver un équilibre entre tension et relaxation – sans quoi les blocs dégringolent.

Traiter les traumatismes est un travail sérieux, mais il est réconfortant de savoir qu’il existe un moyen de soulager par le jeu. C’est aussi l’occasion de regagner un sentiment de capacité et confiance en soi en bougeant son corps.

Bougez le corps, guérissez l’esprit

Aujourd’hui plus que jamais, les gens peuvent se tourner vers une grande variété de ressources pour obtenir de l’aide. La thérapie cognitivo-comportementale axée sur les traumatismes, par exemple, s’attaque aux distorsions de la pensée et aux réactions négatives. La désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires, ou EMDR, modifient les souvenirs traumatiques pour atténuer leur charge émotionnelle douloureuse. Les Expériences Somatiques, développées par Levine, peuvent augmenter la tolérance aux sensations corporelles éprouvantes et aux émotions refoulées.

Récemment, des recherches neurologiques et biologiques inédites ont montré que l’intégration consciente du corps dans les pratiques de guérison est essentielle au rétablissement après un traumatisme. Cette inclusion du corps dans le rétablissement a ouvert la porte à l’intégration d’exercice physique comme thérapie complémentaire, rétablissant la confiance du corps comme source de plaisir et de force plutôt que comme source de douleur et de peur.” Dans tous les types de traumatismes, la confiance est le plus grand problème sur lequel nous travaillons “, dit Mark Schneider, CSCS, un coach et médiateur de conflits basé à Minneapolis. “La force est une manifestation de confiance en soi. Plus vous croyez en ce que vous pouvez faire, plus vous pouvez y avoir accès, et plus vous avez de chances d’atteindre et de dépasser les limites. La confiance en vos propres capacités est primordiale.

“L’exercice aide le corps à trouver un équilibre plus sain, tant physiologiquement qu’émotionnellement. Il améliore la régulation des systèmes hormonal et nerveux et aide les gens à se reconnecter avec leur corps, ce qui augmente leur capacité à contrer la dérégulation et à avoir confiance en eux.En fin de compte, le mouvement rend les gens ” plus résistants physiquement et, espérons-le, émotionnellement, ” dit Clapp.

Or, les personnes qui vivent un stress traumatique ont tendance à éviter de faire de l’exercice. “De nombreuses personnes atteintes du SSPT craignent les symptômes corporels associés à l’anxiété, comme l’accélération du rythme cardiaque et l’essoufflement “, explique Matthew Tull, professeur de psychologie à l’Université de Toledo. Les symptômes de dépression souvent associés au SSPT, comme le manque de motivation et d’énergie, peuvent aussi décourager les gens de faire de l’exercice.Ce sont là des obstacles de taille. Mais à mesure qu’un nombre croissant de psychiatres, de chercheurs, de médiateurs familiaux, de physiothérapeutes, d’entraîneurs et de responsables de clubs de santé et de gymnases se tournent vers les thérapies du mouvement et créent des espaces adaptés, il se crée des lieux qui permettront à ceux qui en ont besoin d’y accéder.

Le professeur de yoga David Emerson, auteur de Trauma-Sensitive Yoga in Therapy, a ouvert la voie en 2001, lorsqu’il a lancé le Black Lotus Yoga Project. L’organisme offre des cours de yoga pour les personnes souffrant de traumatismes complexes – les expériences répétitives ou cumulatives, comme la maltraitance et les abus dans l’enfance – ainsi que le SSPT. En 2003, il s’est associé au réputé Trauma Center de Brookline, au Massachusetts, pour en étudier le modèle. En 2018, Emerson et sa collègue Jennifer Turner ont fondé le Center for Trauma and Embodiment au Justice Resource Institute à Needham, au Massachusetts, pour que ce programme soit mis en place et que de nouvelles techniques soient mises au point, en priorité pour le corps.

Pendant ce temps, à Toronto, Clapp développait son propre système. En 2016, elle a commencé à proposer des ateliers et un programme de certification en trois parties dans le cadre du Mouvement pour la traumatologie (MFT) afin de former des entraîneurs personnels, ainsi que des travailleurs sociaux et des professionnels en soins psychologiques, en mouvement axé sur la traumatologie. (….)

Mouvement d’incarnation

L’objectif de la pratique de ce mouvement n’est pas de libérer le traumatisme ou de le guérir. Par contre, une pratique ciblée vise à aider les gens à reconstruire leur conscience corporelle, à leur enseigner qu’ils ont des choix pour ce corps et à leur permettre de faire un choix qui est bon pour eux.

“Le mouvement physique peut activer les parties du cerveau qui nous aident à être plus conscients de notre corps “, dit Emerson. Dans le yoga adapté aux traumatismes, cette prise de conscience, combinée à l’expérimentation du mouvement et à la prise de décisions personnelles, aide à encourager chez le pratiquant l’incarnation essentielle à sa guérison.

La capacité de remarquer ce que le corps ressent intérieurement s’appelle l’interception. Une catégorie de nerfs sensoriels, les intercepteurs reçoivent des signaux et des sensations comme la faim, une accélération cardiaque ou le besoin d’une pause. La conscience du corps dans l’espace et par rapport aux objets extérieurs est appelée proprioception. L’extéroception décrit la catégorie de sens qui nous aide à percevoir et à naviguer parmi les stimuli externes : la vue, l’audition, l’odorat, le goût et le toucher.

Les traumatismes peuvent compromettre l’interception, la proprioception et l’extéroception, qui sont essentielles à ce que le psychiatre van der Kolk décrit comme étant “l’incarnation”. Sans incarnation, on se sent détaché des expériences physiques et émotionnelles.

“Ce n’est qu’en entrant en contact avec son corps, en se connectant viscéralement avec soi-même que l’on peut retrouver le sens de ce que l’on est, de ses priorités et de ses valeurs “, écrit-il. “Le traumatisme donne aux gens l’impression d’être soit un autre corps, soit sans corps. Pour surmonter les traumatismes, on a besoin d’aide pour reprendre contact avec son corps, avec soi-même.

“L’exercice a un rôle important à jouer dans la reconnexion avec le corps et avec soi-même, ainsi que dans la régulation du système nerveux et de sa réponse au stress. Parfois, il arrive que des individus retournent involontairement là-dedans simplement en commençant un programme d’exercices, dit Schneider. Il a formé des clients qui ne savaient pas qu’ils souffraient d’effets post-traumatiques jusqu’à ce qu’ils commencent à bouger leur corps. “Le mouvement et le toucher peuvent faire ressortir les souvenirs et les expériences somatiques[du corps seulement] bloqués par le traumatisme “, explique-t-il.

Le mouvement est un moyen d’apprendre à être attentif aux sens, à l’intérieur comme à l’extérieur. Cela ” est extrêmement important lorsqu’il s’agit de surmonter un traumatisme “, écrit Rothschild, psychothérapeute du corps. “C’est l’information des sens que l’amygdale [responsable des émotions, de la survie et de la mémoire] utilise pour déterminer si un environnement est dangereux ou non et comment réagir.

“Les personnes qui vivent avec des séquelles traumatiques peuvent accorder une importance disproportionnée à leurs sensations d’interception, note Clapp, surtout si leur état s’accompagne de sensations très inconfortables, comme une douleur ou une accélération du rythme cardiaque.”

Mais les problèmes surgissent lorsque la personne utilise ces sensations internes inconfortables pour juger de la sécurité ou du danger de l’environnement extérieur “, ajoute-t-elle. Un lieu sûr peut paraître dangereux.” Pour sortir de ce dilemme, il faut acquérir une double conscience qui permettra de prêter attention simultanément aux sens internes et externes “, explique Rothschild.

C’est pourquoi les activités qui exigent de se concentrer sur quelque chose d’intérieur et extérieur – comme le jeu d’équilibre avec les blocs Jenga de Clapp – peuvent être extrêmement utiles.

En plus de corriger les effets du traumatisme, l’exercice physique renforce graduellement la résilience physique, dit Schneider. Et cette force peut nous aider à nous sentir en sécurité et capables de faire face à notre monde.

Il existe de multiples formes de traumatismes et diverses façons de les exprimer, mais il n’existe pas de remède magique pour en surmonter les effets persistants, voire dévastateurs, qui en découlent. Il se peut qu’un outil thérapeutique fonctionne pour une personne et non pour une autre, et qu’il soit préférable d’utiliser plusieurs techniques en tandem – comme le jumelage de la thérapie par la parole avec une pratique du mouvement consciente. De même, il n’existe pas non plus d’ordonnance en matière d’exercice physique en cas de traumatisme ; chaque protocole fructueux est aussi unique que la personne traitée.

Une pratique de thérapie par le mouvement conscient pourrait inclure les éléments du programme MFT de Clapp :

Les activités d’équilibre, telles que les exercices sur une jambe, avec les bras au niveau de la poitrine ou au-dessus (avec un poids supplémentaire), ou même avec les yeux fermés.Les mouvements contralatéraux, comme les mouvements à quatre pattes ou les mouvements verticaux à une jambe, pour lesquels les côtés opposés du corps (bras gauche et jambe droite, par exemple) doivent travailler simultanément.

Les activités avec croisement de la ligne médiane du corps, comme les rotations russes et les fentes de révérence.

Le travail de renforcement et de mobilité qui cible la chaîne postérieure et le tronc, comme l’aviron ou le levé de poids.

Les mouvements primaires et fonctionnels, notamment l’accroupissement, la fente, les pompes, la traction, la torsion, la flexion, la marche, la marche, la course et ramper.

Envisagez cela comme une progression. Commencez par des exercices d’équilibre et passez à des mouvements plus complexes, en ajoutant progressivement de la difficulté et du poids.

Pour surmonter un traumatisme, il faut faire un travail, et ce travail peut être source de nombreux défis tout au long de la vie. Mais il y a aussi de l’espoir. Il est possible pour chacun de retrouver résilience et confiance. Il est possible de se sentir bien à nouveau.

Traduit et adapté par courtoisie de Experience Life

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Les blessures psychologiques provoquent des maladies physiques. La thérapie peut les guérir.

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Votre cerveau tient absolument à vous garder en vie. C’est une préoccupation majeure, et littéralement d’importance vitale. Et pour cause : les gens qui, dans le passé, ne percevaient pas le danger se faisaient dévorer par les loups et les ours. Vous êtes en vie du fait que le cerveau de vos ancêtres ait repéré les prédateurs et suralimenté leurs muscles pour les faire fuir plus vite. Ce système aussi rapide que complexe, les a maintenus en vie, ce qui vous a mené à naître.(…)

Les tueurs invisibles, quels sont-ils ?

(…) Parmi les dix principales causes de mort prématurée, les blessures physiques et les infections sont en 5ème et 8ème position sur la liste. Elles sont en fait le cadet de nos soucis. Quelque chose d’autre, quelque chose que nous ne pouvons pas voir, mais qui est très puissant, nous pousse encore plus vite vers la tombe.

Nous nous devons de savoir ce que c’est. En nous concentrant sur ce qui raccourcit notre durée de vie, alors nous pouvons y remédier. Nous pouvons prendre des mesures pour vivre longtemps et en bonne santé. Nous pouvons faire appel à des personnes talentueuses et passionnées en vue der fortifier notre organisme et prolonger nos vies.

Mais nous ne le faisons pas, pas le moins du monde. Alors que des travaux de recherche ont été publiés par milliers au cours du XXIe siècle portant sur la principale cause de décès prématurés, toutes ces connaissances sont pour ainsi dire ignorées. Mises de côté. Les médecins l’ignorent, vous l’ignorez, les hôpitaux ne le mesurent pas, les compagnies d’assurance ne remboursent pas. Ça nous dépasse. Notre système de soins aussi coûteux que sophistiqué ne tient pas compte de la principale cause de décès prématurés.

Dans cet article, vous allez découvrir comment ces blessures invisibles se produisent et les différentes façons dont elles raccourcissent la durée de vie. (…)

D’où viennent les blessures invisibles?

Tout d’abord, nous devons reconnaître les blessures que notre système de santé ignore. Et parmi les cerveaux les plus sophistiqués de la médecine, certains nous invitent à explorer un angle insolite – les résultats cardiométaboliques, dont font partie l’obésité, l’hypertension, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Chaque jour, les médecins font face à un nombre croissant de décès de patients atteints de ces maladies, plus que de toutes autres. Et plus les gens vieillissent, plus le risque augmente. (…) Et selon eux, pour s’attaquer à ce problème de mort prématurée, il serait pertinent d’intervenir auprès des enfants victimes de traumatismes .

Eh bien, quelle surprise. Les cardiologues estiment que nous devrions nous focaliser sur les abus et la négligence envers les enfants, afin de réduire le diabète et les crises cardiaques chez les personnes de 70 ans et plus. La nature des blessures invisibles, celles que notre système de santé ignore, est ainsi dévoilée. Ce sont des blessures psychologiques. Violence physique, sexuelle et psychologique. Négligence émotionnelle ou physique. Le fait d’avoir un parent avec un problème d’addiction, un trouble grave de santé mentale, un parent criminel, d’être témoin de la violence entre parents, ou d’être séparé de l’un des parents suite à un divorce ou à un décès avant ses 18 ans : voici quelques unes des blessures psychologiques les plus courantes. Elles sont si néfastes, et influencent si profondément nos vies, qu’elles peuvent se manifester jusqu’à 60 ans plus tard, avec des problèmes de santé ou une mort prématurée. C’est la raison pour laquelle les cardiologues s’inquiètent davantage de ce qui arrive aux enfants de 7 ans que de leurs aînés assis dans les salles d’attente.

Comment les blessures émotionnelles endommagent notre chair.

Comment est-ce possible ? En quoi le fait d’être victime de violence physique à l’âge de 8 ans raccourcit-il la durée de vie d’une personne ? Comment des propos insultants peuvent-ils se transformer en diabète ? Et de quelle manière l’abus sexuel déclenche-t-il une crise cardiaque 50 ans plus tard ? Pour répondre à ces questions, nous devons nous pencher plus précisément sur ce qui se passe lorsqu’un enfant a très peur.

Lorsqu’une personne vit un événement terrifiant, le cerveau déclenche très rapidement des mécanismes de combat ou de fuite. Quelle que soit la menace, un ours ou un parent en colère, le cerveau aide à réagir immédiatement et à avoir un maximum d’énergie disponible pour combattre la menace ou s’enfuir. La région du cerveau appelée amygdale surveille l’information en provenance des yeux, des oreilles et de nos autres sens. Quand elle considère quelque chose comme étant dangereux, elle envoie un signal à une autre partie du cerveau, l’hypothalamus. Il fonctionne tel un centre de commande et active le système nerveux sympathique. Ce système commande aux glandes surrénales de libérer de l’adrénaline qui se répand dans la circulation sanguine. Tout se déchaîne car l’adrénaline est conçue pour fournir de l’énergie au corps, soit pour combattre une menace et l’anéantir, soit pour s’enfuir et se réfugier dans un lieu sûr. Le cœur s’emballe et le sang s’écoule vers les muscles ainsi que d’autres organes. Le glucose et les graisses sont évacués de leur stockage temporaire, ce qui envoie plus d’énergie dans la circulation sanguine. Non seulement la respiration est plus rapide, mais les poumons se gonflent plus largement afin d’absorber plus d’oxygène.

Il n’y a pas que les organes qui sont stimulés, les cellules musculaires sont également stimulées par l’adrénaline. Si vous êtes confronté à un ours, vous voudriez que vos muscles travaillent très vite et très fort. Comme l’adrénaline est acheminée vers les muscles par le sang, elle se fixe sur des récepteurs. Cela déclenche une réaction en cascade très complexe dans la cellule qui libère une grande quantité de glucose. Le glucose est décomposé en dioxyde de carbone et en eau et, ce faisant, il crée des dizaines de molécules utilisées pour alimenter les muscles. Ce phénomène se produit dans la centrale électrique de la cellule, les mitochondries. Et comme toute centrale électrique, elle émet des déchets toxiques. Les moteurs diesel émettent de petites particules de suie, les moteurs à essence produisent du monoxyde de carbone et les mitochondries fabriquent un groupe de molécules appelées dérivés réactifs de l’oxygène (DRO). Les plus mauvais éléments de ce groupe de DRO sont les radicaux hydroxyles. Et en tant que radicaux, ils ne veulent pas que les choses restent stables. Ce sont des radicaux après tout, ils veulent faire tout exploser. Ils vont donc briser les liaisons ADN, les protéines et même l’eau.

Les larmes de notre ADN

La rupture de liaisons de molécules d’eau n’est pas vraiment problématique pour les cellules. Rompre les molécules d’ADN est une autre histoire. L’ADN contient le code génétique de la vie, et si des erreurs s’y glissent, les dommages peuvent se démultiplier. Si l’ADN des mitochondries présente des ruptures alors des radicaux hydroxyles seront crées en plus grand nombre, ce qui va provoquer plus de ruptures dans l’ADN, ce qui conduit à plus de radicaux hydroxyles, et un cercle vicieux est ainsi créé. Les radicaux hydroxyles attaquent également l’ADN dans le noyau, provoquant là aussi des ruptures. Si votre ADN présente des ruptures ou si des parties sont sectionnées, alors ces défauts seront transmis à la génération suivante. Une des conséquences de tout ceci est que les cellules meurent prématurément. Et si vos cellules meurent prématurément, alors vous mourez aussi prématurément.

Tout cela est dû aux effets de l’adrénaline. Mais le corps ne se contente pas de libérer de l’adrénaline pour vous stimuler dans le combat et la fuite. Le cerveau, qui est déterminé à vous maintenir en vie, met en place un autre dispositif pour vous permettre de combattre et de neutraliser la menace, ou de vous sauver. Ce dispositif est l’axe HPA -l’hypothalamus transmet un signal à la glande pituitaire, qui transmet un signal aux glandes surrénales. Si les glandes surrénales sont averties que le danger est toujours présent (il y a un essaim d’abeilles, pas seulement une seule abeille), alors elles libèrent du cortisol.

Quasiment toutes les cellules du corps ont des récepteurs à cortisol, ce qui prouve son importance et l’implication de l’ensemble du corps dans les réactions de combat ou de fuite. Le cortisol mobilise le glucose dans la circulation sanguine, ce qui procure plus d’énergie à long terme. Afin de garder le glucose dans la circulation sanguine, de sorte qu’il soit disponible pour vos muscles, le cortisol empêche l’insuline de stocker le glucose dans les cellules. Le cortisol rétrécit également les artères, ce qui augmente la tension artérielle et oblige le cœur à battre plus vite. Il réduit aussi l’inflammation dans le corps. Tous ces phénomènes combinés permettent à votre corps de faire face au danger. Grâce au cortisol, vos muscles disposent de plus d’énergie, votre cœur s’accélère (ce qui apporte plus d’oxygène et de glucose à vos muscles) et vous êtes plus apte à faire face aux dangers.

Mais il y a un aspect négatif à tout cela. Les études montrent que le cortisol crée des espèces réactives de l’azote à l’intérieur des cellules. Comme leurs mauvais cousins (espèces réactives de l’oxygène), ils vont endommager l’ADN. Il n’est donc pas étonnant que les personnes ayant des taux élevés de cortisol présentent plus de dégradation de leur ADN. Et si ces personnes présentent des taux élevés de cortisol dans le sang durant de longues périodes, en raison du stress chronique, on observe une cascade d’effets néfastes. Le cortisol affaiblit le système immunitaire, ce qui rend les gens plus vulnérables aux infections. Le cortisol entraîne une prise de poids de trois manières, notamment le stockage des graisses dans le ventre, la suralimentation et les pulsions de malbouffe. Étant donné que le cortisol fait entrer le glucose dans la circulation sanguine et empêche l’insuline de l’extraire, les cellules deviennent résistantes à l’insuline. Cela peut entraîner un diabète de type II. Le cortisol élève également la tension artérielle, ce qui provoque l’hypertension. Et lorsque vous associez obésité, diabète et hypertension, vous obtenez de parfaits ingrédients pour une maladie cardiovasculaire.

(…) Lorsqu’une belle-mère gifle un enfant de 8 ans, l’enfant entre en mode combat ou fuite. Adrénaline et cortisol se répandent dans son sang. Et si elle ne cesse de le critiquer, son sang sera sans cesse saturé d’hormones de stress. L’ADN se décomposant plus vite que son corps ne peut le réparer, le glucose restera trop longtemps dans son sang et sa tension artérielle va devenir trop élevée.

Grandir ne vous guérit pas

Un enfant ne guérit pas de ce schéma destructeur simplement en grandissant et en s’éloignant. Les événements traumatisants (comme le fait d’être agressé par son entraîneur de natation) sont gravés dans l’amygdale dès lors qu’ils se produisent. L’événement étant si effrayant et dangereux, le cerveau scanne constamment l’environnement, à la recherche de tout signe de danger. Lorsqu’il voit, entend ou sent quelque chose associé au traumatisme initial, il déclenche une réponse de combat ou de fuite, afin de pousser la personne à s’éloigner du danger.

Cela modifie le cerveau de l’enfant de sorte que les régions impliquées dans la peur, l’anxiété et les réactions impulsives produisent un trop grand nombre de connexions entre les cellules du cerveau. Ainsi, le mécanisme de stress est modifié de sorte à réagir à des seuils inférieurs et dans des situations peu stressantes pour les autres. Lorsqu’il est activé, il faut beaucoup plus de temps à cet enfant pour se calmer qu’à un enfant sans blessure psychologique. Le mécanisme de réponse au stress s’active plus souvent et plus longtemps que nécessaire. (…)

Nous comprenons mieux pourquoi le fait de grandir et de s’éloigner ne guérit pas l’enfant. Le cerveau est surbmergé de peur, d’anxiété et d’autres émotions négatives. Partir ne répare pas l’ADN endommagé. Les blessures psychologiques produisent une mosaïque d’effets destructeurs. Les victimes paniquent pour des détails moindres et ont du mal à retrouver leur calme. Les failles de leur ADN se multiplient au fur et à mesure que les cellules se divisent, créant une bombe à retardement – la maladie. La maltraitance est source de honte, de culpabilité, de colère et bien plus encore. Les victimes sont convaincues qu’elles ne peuvent pas demander de l’aide, à cause de cette négligence.(…)

Les blessures psychologiques influent fortement dans 7 cas de décès prématurés sur 10, et cette influence est beaucoup plus forte que celle de la génétique. La combinaison d’un ADN endommagé, avec du stress chronique, des addictions pour faire face à la douleur, et des relations malsaines enlève des années, voire des décennies à nos vies.

Comment guérir les blessures invisibles

La meilleure méthode pour guérir une blessure psychologique est la psychothérapie. La thérapie représente en effet la dynamique opposée à celle qui est à l’origine de la blessure. En thérapie, on se sent entendu, compris et respecté par le thérapeute. Antérieurement, on se sentait dépassé et dégradé par l’agresseur. En thérapie, on parle d’objectifs et le thérapeute aide à les atteindre. Auparavant, ce que l’enfant voulait était totalement ignoré par son agresseur qui ne se souciait que de ses désirs malsains. En thérapie, le thérapeute utilise une approche qui convient à la personne et à laquelle elle adhère. Dans le passé, l’agresseur faisait exactement ce qu’il voulait, peu importe ce que l’enfant voulait. En thérapie, on se sent très en sécurité. Autrefois, l’enfant ressentait de la peur et de l’incertitude. Et tandis que le survivant ressent le respect du thérapeute pour son travail personnel, en avançant au rythme et dans une direction qui lui est favorable, la blessure psychologique commence à se guérir. Le soutien et les encouragements nourrissent un sentiment de valeur, de sécurité et de calme qui n’existaient pas auparavant.


Traduit et adapté par courtoisie de Mad in America

cerveau

Neuroplasticité – la pratique cruciale de se parler en toute bienveillance.

Publié le
traumatisme

(…) En regardant mes amis élever leurs filles avec tant d’amour et de conscience, je suis profondément touchée mais je sais aussi que pour beaucoup d’entre nous ce soutien, cette gentillesse et cette écoute ont peut-être manqué, tout ou partie de leur jeunesse.

Il se peut qu’au lieu de grandir dans des foyers où l’on nous parlait avec gentillesse et compassion, où nos sentiments étaient bien accueillis et notre expérience valorisée, nous ayons grandi dans des familles où nous étions dévalués, critiqués, raillés ou négligés, subtilement ou avec une virulence.

Nous avons parfois grandi dans des familles où nous avons appris à intérioriser les voix négatives et critiques et, avec le temps, nous nous sommes mis à nous parler ainsi.

Cela vous parle ?

Si c’est le cas, à un moment donné de votre processus de guérison ou de votre cheminement de croissance personnelle, vous devrez probablement apprendre à vous re-parenter plus convenablement, en agissant et en parlant avec amour, dans un esprit de soutien et de gentillesse envers vous-même.

(…)Dans mon article d’aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer pourquoi il est si important de se parler avec bonté (à haute voix ou dans sa tête), et vous proposer quelques mesures tangibles et concrètes pour faire en sorte d’être plus bienveillant avec vous-même, de la manière dont un bon parent le ferait.

Pourquoi se parler avec plus de bienveillance ? En un mot : la neuroplasticité.

La neuroplasticité, ou plasticité cérébrale, explique comment les différentes expériences de vie créent et réorganisent les voies neuronales dans notre cerveau. Ces connexions neuronales, dans le meilleur comme dans le pire des cas, sont à la base de nos schémas de pensée et de comportement tout au long de notre vie.

Alors, la mauvaise nouvelle, c’est que, pour beaucoup d’entre nous qui sommes issus de familles où amour, écoute et sécurité n’étaient pas de mise, les chemins neuronaux que nous avons développés sont des formes profondément ancrées de dialogue personnel négatif, de manque de confiance en soi, de manque de confiance pour le futur, de manque de confiance envers les autres et le monde…

Mais la bonne nouvelle est la suivante : le cerveau est plastique et peut changer jusqu’au jour de notre mort si nous apprenons de nouvelles compétences, mémorisons de nouvelles informations et si nous créons de nouvelles expériences.

Chaque fois que vous avez une expérience répétitive, qu’elle soit négative ou positive, que ce soit des pensées ou des paroles qui vous concernent, vous approfondissez les sillons neuronaux dans votre cerveau. Lorsque vous créez consciemment ou involontairement une expérience différente pour vous-même, vous créez de nouvelles voies neuronales. Les nouvelles expériences positives et les différents discours personnels créent de nouvelles voies neuronales plus adéquates. Voilà la science derrière ‘’se re-parenter soi même’’.

C’est pourquoi il est si crucial de se parler avec douceur. L’objectif est de se doter d’un nouvel arsenal d’expériences conçues pour créer des modifications fonctionnelles et pérennes dans le cerveau qui peuvent mener à un comportement plus productif et satisfaisant qui se traduira par de meilleurs résultats dans la vie.

C’est pourquoi il est si fondamental de pratiquer un discours empli de bienveillance et d’amour pour soi-même. Il ne s’agit pas d’un conseil de développement personnel et psychologique en vogue; mais d’une démarche qui vise à exploiter la neuroplasticité de votre cerveau pour vous aider à créer du changement dans votre monde.

Et, en tant que psychothérapeute, je crois sincèrement que ce changement de vie tant espéré peut commencer lorsque nous changeons notre façon de nous parler à nous-mêmes, en interrompant les voix critiques et désobligeantes, conscientes ou non, que nous avons intériorisées et représentées par habitude, et en essayant plutôt de nouvelles façons plus positives de nous parler.

Donc, nous savons désormais que nous devons nous parler avec plus de bienveillance. Et maintenant, quoi ?

Si, en lisant ceci, vous vous retrouvez à hocher la tête en vous disant : “Oui, d’accord, Annie, c’est logique, mais qu’est-ce que j’en fait?”, je peux suggérer quatre choses :

1) Devenez pleinement conscient de ce qui est.

2) Interrompez votre discours négatif avec un discours plus aimant.

3) Cultivez des voix plus douces et plus respectueuses pour améliorer le dialogue avec vous-même.

4) Canalisez ces voix bienveillantes, dites-vous ce genre de choses quand vous êtes fatigué/énervé/triste/en colère/en panique.

5) Et notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

1. Devenez pleinement conscient de ce qui est.

La première étape de tout processus de changement consiste à prendre conscience de ce qui se passe réellement. Dans ce cas présent, c’est la façon dont vous vous parlez actuellement. Donc, pour la première étape de ce processus, je veux que vous commenciez à vous surveiller de très très près.

Qu’est-ce que vous vous dites quand vous vous voyez dans le miroir au réveil ? Qu’est-ce que vous vous dites quand vous faites une erreur au travail ? Qu’est-ce que vous vous dites quand la personne rencontrée le week-end dernier ne vous a toujours pas rappelée ?

Notez bien les messages et le ton de votre voix : Est-elle gentille, aimante, patiente, douce, d’un soutien indéfectible ? Ou est-elle critique, exigeante, agressive, humiliante, voire carrément cruelle ? Si cette voix avait un corps, une forme, à quoi ressemblerait-elle ? Quelle caricature ou quel archétype pourrait-elle incarner ?

Apprenez à vraiment reconnaître qui se cache dans votre esprit et votre corps émotionnel. Si c’est une voix méchante et critique, ne désespérez pas. Comme avec la plupart des schémas et des comportements, vous entendez cette voix qui, nous pouvons penser, a probablement essayé de vous aider à un moment donné. Mais maintenant, il est temps d’essayer de faire taire cette voix.

2) Interrompez votre discours négatif.

Lorsque vous avez pris conscience de la façon dont vous vous parlez et que vous pouvez le voir venir, vous pouvez passer à l’étape suivante qui consiste à vous rattraper, à faire une pause et à y substituer des paroles plus bienveillantes et aimantes.

Simple, mais pas toujours facile.

C’est particulièrement difficile si vous n’êtes pas sûr de savoir comment vous y prendre ni quoi dire. Lisez ce qui suit….

3) Cultivez des voix plus douces et respectueuses.

Je vous invite à examiner votre vie et à prendre note des personnes qui parlent sincèrement avec bienveillance. Votre meilleur ami ? Votre partenaire ? Un formateur ? Votre thérapeute ? Une connaissance ?

S’il n’y a personne de votre entourage qui puisse vous fournir un modèle positif, pensez à des personnes célèbres ou fictives.

Parmi mes favoris, il y a Clarissa Pinkola Estes, PhD, Mister Rogers, et l’actrice et ses personnages, Andy Griffith.

Chacune de ces âmes apporte tant de sagesse, de douceur et de bonté dans leurs interactions. Je les considère comme des modèles, des mentors (je ne les ai jamais rencontrés), pour ce qui est de se parler avec bienveillance. Quelles personnes pourraient être des modèles de de gentillesse pour vous ?

4) Canalisez ces voix bienveillantes.

Vous trouverez ci-dessous une liste d’exemples de phrases que vous pourriez vous entraîner à vous dire lorsque vous commencez le travail essentiel de neuroplasticité de re-parentage et de bienveillance envers vous-même. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive ; elle a simplement pour but de stimuler votre propre créativité en matière d’amour personnel et de bienveillance, d’une manière qui fonctionne pour vous dans votre vie de tous les jours :

“Je suis si fière d’avoir été courageuse et de m’être étirée aujourd’hui pendant la réunion de travail. Ce n’était pas facile, mais je l’ai fait.”

“C’est logique que je sois fatiguée et énervée, c’était une dure journée !””Ça arrive d’être de mauvaise humeur.”

“Ce n’est ni juste ni réaliste de me comparer aux autres sur Facebook. Je ne connais pas leur histoire et ils n’ont probablement pas eu à faire face à ce que j’ai vécu. Vu d’où je viens, je m’en sors très bien.”

“Quoi qu’il arrive, tout ira bien, je me fais confiance pour recommencer à zéro.”

“J’ai fait une erreur aujourd’hui et ce n’est pas grave. Ça fait de moi un être humain. J’ai fait de mon mieux et je réessaierai demain.”

“C’est normal que je sois jaloux des gens qui passent des vacances de rêve sur Instagram. Ça veut juste dire que c’est quelque chose que j’aimerais aussi faire. J’y arriverai. Ce n’est juste pas pour maintenant.”

“C’est vrai, je suis épuisé, mais toutes ces années d’études ont payés et je suis fier d’être aussi bosseur.”

5) Notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

Je dois reconnaître qu’en commençant à vous entraîner à parler plus gentiment avec vous-même, vous vous sentirez peut-être mal à l’aise et cela paraîtra certainement forcé. Ce n’est pas grave. C’est tout à fait normal et naturel.

La plupart d’entre nous claquons des doigts de manière intuitive, mais essayez de le faire consciemment avec l’autre main, ça risque d’être un peu gênant et bizarre. Vous changez vos schémas de fonctionnement, et cela va paraître un peu étrange.

Il en va de même pour la pratique d’une autre façon de s’adresser à soi-même. Alors soyez patient, sachez que ce sera délicat au début, mais continuez à pratiquer jusqu’à ce que ce soit plus facile et plus normal de vous parler gentiment et avec amour.

Ce faisant, vous recâblerez votre cerveau et créerez de nouvelles voies neuronales plus adaptées, ce qui, en retour, aura un impact bénéfique sur le reste de votre vie.

Source – Annie Wright, Psychologue