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Une altération des circuits peut provoquer des symptômes “hors du corps” chez certaines personnes souffrant de SSPT

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Pour certaines personnes souffrant de stress post-traumatique (SSPT), les symptômes vont au-delà des flashbacks, des cauchemars, de l’insomnie et des sentiments de tension qui en perturbent beaucoup. Jusqu’à 30 % de personnes souffrant de SSPT ont aussi des symptômes connus sous le nom de dépersonnalisation et de déréalisation, c’est-à-dire qu’elles vivent des épisodes “hors du corps” ou ont le sentiment que le monde n’est pas réel. Ces perturbations de la perception et de la conscience sont connues sous le nom de dissociation.

De nouvelles recherches révèlent maintenant que les circuits cérébraux impliqués dans la gestion de la peur sont connectés différemment chez ces personnes contrairement autres personnes souffrant de SSPT. Les résultats, publiés dans la revue Neuropsychopharmacology, suggèrent que ces patients ont besoin de différentes options de traitement.

Le SSPT avec dissociation est reconnu comme un sous-type distinct du trouble. Ce trouble est plus fréquent chez les personnes dont le SSPT s’est développé à la suite de traumatismes répétés ou de maltraitances dans l’enfance. Les facteurs génétiques peuvent également augmenter le risque de développer un SSPT avec dissociation.

Des études ont démontré que le rappels d’événements traumatiques déclenchent des schémas d’activité neuronale différents chez les patients souffrant d’un SSPT dissociatif que chez les personnes souffrant d’un SSPT sans dissociation. Pour les deux groupes, il semblerait que les circuits cérébraux régulant les émotions soient perturbés. Chez la plupart des personnes souffrant de SSPT, les réponses émotionnelles sont sous-modulées (sous-régulées ou contrôlées) par le cerveau, ce qui les amène à revivre les événements traumatiques et à ressentir des symptômes d’hypervigilance, comme le fait de sursauter facilement. En revanche, chez les personnes atteintes du sous-type dissociatif du SSPT, les réponses émotionnelles sont surmodulées (surrégulées) par le cerveau, ce qui entraîne un détachement émotionnel et des sentiments de dépersonnalisation et de déréalisation caractéristiques de ce sous-type.

Le Dr Ruth Lanius, auteur principal, de l’Université de Western Ontario, a dirigé une équipe de scientifiques dont faisait partie Margaret McKinnon, titulaire d’une bourse NARSAD Young Investigator (2007 et 2009), de l’Université McMaster en Ontario. Les scientifiques ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour comparer l’activité cérébrale de 49 personnes souffrant de SSPT, dont 13 avaient été diagnostiquées avec le sous-type dissociatif du trouble. Leur étude a également porté sur 40 personnes ne souffrant pas de SSPT.

Les chercheurs ont concentré leur analyse sur les parties du cerveau liées à l’amygdale, une petite zone du cerveau impliquée dans le traitement des émotions et de la peur. Ils ont examiné les connexions à deux parties de l’amygdale : l’amygdale basolatérale, qui évalue les informations sensorielles et aide à intégrer les émotions, et l’amygdale centro-médiale, qui permet de mettre en route les réponses à la peur.

Ils ont découvert que dans le cerveau des patients atteints du sous-type dissociatif du SSPT, l’amygdale était plus fortement connectée aux régions cérébrales impliquées dans la perception, la conscience, la régulation émotionnelle et la proprioception (le sens de la position du corps) qu’elle ne l’était chez les patients atteints du SSPT sans le sous-type dissociatif. Les chercheurs affirment que les symptômes dissociatifs des patients pourraient être directement liés à ces altérations des circuits fonctionnels du cerveau.

Traduit par courtoisie depuis Brain and behaviour research foundation

gene snrnp35 et tspt

L’expression de certains gènes peut affecter la susceptibilité au SSPT

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Résumé : les personnes souffrant de SSPT ont tendance à avoir une expression plus élevée du gène SNRNP35 dans leur cerveau, et une expression plus faible du gène ZNF140 dans leur sang.

Source : Hôpital McLean

Les résultats d’une nouvelle étude suggèrent que le fait que certains gènes soient exprimés – activés ou désactivés – peut jouer un rôle dans la susceptibilité au syndrome de stress post-traumatique (SSPT). L’étude, qui a été menée par une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’hôpital McLean et publiée dans la revue Cell Reports, pourrait fournir des indications pour la prévention et le traitement du SSPT.

Face à des traumatismes répétés, prolongés ou graves, certains individus semblent plus prédisposés au SSPT, tandis que d’autres sont plus résilients. L’identification des personnes susceptibles au SSPT – et les raisons de cette susceptibilité – pourrait aider les chercheurs à mettre au point des traitements efficaces.

Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont utilisé les données génétiques de 195 684 personnes (29 539 souffrant de SSPT et 166 145 sans pathologie), collectées par le groupe PGC-PTSD (Psychiatric Genomics Consortium-PTSD Group), afin de prédire les schémas d’expression des gènes dans le cerveau et autres tissus sur la base de modèles d’apprentissage automatique. L’équipe a trouvé deux gènes génétiquement programmés pour s’exprimer à des niveaux différents chez les personnes souffrant de SSPT par rapport à celles qui n’en souffrent pas.

Les individus souffrant de SSPT ont tendance à avoir une expression plus faible d’un gène appelé SNRNP35 dans le cerveau et une expression plus élevée d’un gène appelé ZNF140 dans le sang.

Les chercheurs ont noté que l’expression du SNRNP35 semble être importante dans une région du cerveau impliquée dans la gestion du stress. Ils ont également découvert que le fait de donner à des souris une forte dose d’une hormone du stress diminue l’expression du gène SNRNP35 dans le cerveau.

En ce qui concerne le gène ZNF140, la protéine codée par le gène est connue pour influer sur l’expression des gènes dans les cellules immunitaires circulant dans le sang. Par conséquent, une expression plus élevée de ZNF140 peut influer sur la réponse immunitaire de l’organisme pour augmenter la susceptibilité au SSPT.

“Notre étude fournit une feuille de route pour les études ultérieures visant à relier le risque de SSPT aux populations vulnérables et à développer et valider des tests biologiques et des “cibles thérapeutiques” pour la prévention et le traitement”, a déclaré l’auteur principal, Nikolaos P. Daskalakis, MD, PhD, directeur du laboratoire neurogénomique et bioinformatique translationnelle de l’hôpital McLean.

Les chercheurs ont noté que des études supplémentaires sont également nécessaires pour découvrir les mécanismes précis des effets de différents gènes sur la susceptibilité et la résilience au stress post-traumatique.

“L’identification de facteurs génétiques du SSPT pourrait nous aider à comprendre comment le corps réagit aux expériences traumatiques et ainsi ouvrir la voie à de nouvelles interventions pour aider les patients concernés”, a déclaré l’auteur principal Kerry J. Ressler, MD, PhD, directeur scientifique et chef du Centre d’excellence pour les troubles dépressifs et anxieux de l’hôpital McLean.

Traduit par courtoisie depuis Neuroscience News