inceste

BPF : La Brigade de Protection de la Famille – Agnès Naudin

Publié le

Lire les informations sur le site de la Police Nationale

1. Histoire et présentation de la Brigade de Protection de la Famille :
2. Les Missions de la Brigade de Protection de la Famille :
3. Les Effectifs de la Brigade de Protection de la Famille :
4. Équipement, armes et véhicules de la Brigade de Protection de la Famille :
5. Comment rentrer dans la Brigade de Protection de la Famille : concours, formation, recrutement salaire :

Agnès Naudin est une policière pas comme les autres. Elle fait partie d’un département un peu spéciale, parfois surnommée la brigade biberon. Celle-ci traite notamment d’affaire de viol sur mineur, d’inceste ou des bébés secoués. Alors, comment Agnès Naudin a-t-elle atterri à la brigade territoriale de la protection de familles ? Quels sont les terribles cas dont elle a dû s’occuper ? Et comment elle et ses collègues surmontent les horreurs auxquelles ils sont confrontés ?

Rencontre avec Agnès Naudin, capitaine de police à la protection de la famille
Le livre : Affaires de famille – Agnès Naudin

Immersion au sein de la brigade de protection de la famille.
Quand les gens me demandent quelle est ma profession, je leur réponds que je suis capitaine de police à la brigade territoriale de la protection de la famille. Leur réaction est souvent la même : ” Ce doit être dur comme métier, non ? ” Si je leur réponds non, je passe pour insensible. Si je leur réponds oui, je leur mens.

Retour sur trois affaires : un bébé secoué, un viol sur mineure et un viol conjugal. Derrière elles, ce sont avant tout des personnes, des situations familiales complexes, souvent de la maltraitance ou de la violence. Mais comment en parler en gardant une juste distance ? 
L’auteur passe tout en revue, sans aucun tabou : les autopsies, les interrogatoires, mais aussi ses réactions de jeune flic. À travers ces histoires, Agnès Naudin dévoile ses propres morceaux de vie – deux réalités, professionnelle et privée, se confrontent et s’entrechoquent.

EMDR

Traumatisme : pourquoi les images restent… ou pas

Publié le
mémoire traumatique
Traumatisme : pourquoi les images restent… ou pas

Après un traumatisme, certains “flashs” peuvent resurgir de manière imprévisible et douloureuse. D’où vient ce phénomène, et peut-on le soigner ? Les explications du neurologue Lionel Naccache.

Par Hélène Fresnel – Mis à jour le 7 Février 2018 à 13:05

Psychologies : Pourquoi certaines images choquantes reviennent-elles nous hanter ?

Lionel Naccache : Ce sont des déformations d’un mécanisme biologique utilisé pour constituer notre mémoire. Nous avons tendance à retenir les choses qui nous marquent émotionnellement. Associer des informations à des états intenses, positifs ou négatifs, donne des avantages en termes de survie. Mémoriser quelque chose qui nous a fait peur, une menace, nous permet de fuir rapidement quand elle réapparaît. Les moments qui correspondent à des cataclysmes personnels appartiennent à ce type de souvenirs. Leur intensité leur donne une valeur traumatique.

Comment expliquer que ces « flashs » traumatiques se manifestent visuellement ?

Lionel Naccache : Parce que la vue est le sens le plus présent dans notre cerveau. Une place très importante de notre cortex est consacrée à l’analyse des images. L’homme est un animal visuel. Les autres sens n’occupent pas autant de surface – un souvenir s’exprime rarement de manière auditive, d’ailleurs, même si des sons peuvent le susciter. Dans le cas des souvenirs « normaux », nous n’avons pas seulement accès à une image qui se plante devant nous. Nous sommes aussi capables de jouer mentalement avec la scène que nous avons vécue : nous la manions, tournons autour, la rapprochons ou l’éloignons. Dans le cas du souvenir traumatique, cette capacité de jeu disparaît. Du fait de son intensité, il échappe à la représentation et devient beaucoup plus sensoriel qu’abstrait. C’est pourquoi il s’impose sans que nous puissions le tenir à distance.

Il arrive aussi que le mouvement inverse se produise et que le traumatisme provoque un oubli…

Lionel Naccache : Quand nous vivons quelque chose d’extraordinaire, le risque est soit de basculer dans une image figée dont on ne peut plus sortir, une sorte de mythe de Sisyphe qui revient indéfiniment, soit de voir le déploiement d’un système de protection cérébrale qui efface tout pour se débarrasser du traumatisme. Cela peut aller jusqu’à nous faire oublier notre identité. Dans les cas de gros traumatisme, les victimes d’amnésie ne savent plus qui elles sont et ont perdu toute mémoire autobiographique.

Comment soigne-t-on ces différents phénomènes ?

Lionel Naccache : Deux approches peuvent être mises en œuvre. La verbalisation, qui repose sur l’hypothèse que plus on parvient à parler, plus il sera possible de faire réapparaître ce qui s’est produit, de l’insérer dans le langage, de le modeler et d’entrer dans une trame interprétative qui permettra d’amoindrir sa capacité nocive. L’inconvénient de cette démarche, c’est que l’on risque de consolider le souvenir, d’accentuer sa mémorisation. Une autre école tente d’empêcher que le souvenir ne s’encode quand il est encore frais. Elle privilégie l’utilisation de médicaments comme les bêtabloquants, qui ralentissent le cœur, agissent sur le système sympathique et interfèrent dans la consolidation précoce du souvenir, juste après le choc. Les émotions accolées sont comme tamponnées. Ces deux moyens peuvent être cumulés et ajustés en fonction de l’expérience traversée et du ressenti de chacun. Pour l’instant, c’est un dosage subtil entre ces deux grands axes, associés parfois à des techniques comme l’EMDR (voir l’article ” L’EMDR éteint le stress post-traumatique“), qui donne les meilleurs résultats. Quoi qu’il en soit, rien n’est jamais définitif, parce que notre mémoire métamorphose le passé : nos souvenirs sont des objets visuels, vivants et souples. Nous pouvons les réactiver, en changer la tonalité, les contaminer par l’émotion que nous sommes en train de vivre au présent. Et les réécrire mentalement.

Source : psychologies.com

Agressions sexuelles

Stress post traumatique et sexualité

Publié le
ESPT sexualité

Par Caroline ParéPublié le 22-02-2018 Modifié le 26-02-2018 à 14:50

sexualité

 Catherine Solano.© Emmanuel Pierrot

Caroline Paré : Aujourd’hui, c’est jeudi, et comme tous les jeudi, Dr Solano, vous êtes là pour nous parler de sexualité, puisque vous êtes sexologue.  Et vous aller nous expliquer que certains problèmes sexuels peuvent être liés à un état de stress post traumatique. Mais qu’est-ce que c’est exactement qu’un état de stress post traumatique ?

Dr Catherine Solano : L’état de stress post traumatique ou PTSD Post-Traumatic Stress Disorder et un état de stress chronique déclenché par un événement traumatisant. C’est ce que l’on appelait autrefois la névrose de guerre. Quand on vit un événement terrible, terrifiant, cela peut laisser des traces psychiques très importantes. Par exemple, si vous voyez des personnes se faire tuer sous vos yeux, si vous vous faites agresser, violer, si vous vivez une inondation ou un tremblement de terre où vous voyez des choses abominables, vous pouvez rester choqué pendant très longtemps, parfois pendant des années.

Caroline Paré : Quelles sont les conséquences psychiques quand on vit une expérience aussi traumatisante ?

Dr Catherine Solano  : Les conséquences sont très importantes. Elles n’apparaissant pas toujours immédiatement, mais parfois quelques semaines, quelques mois, ou même quelques années après. Elles gâchent souvent la vie de la personne et aussi de son entourage.

Il s’agit de : 
– Souvenirs répétitifs : la personne dit souvent, plusieurs années après y penser plusieurs fois par jour.
– Rêves répétitifs de l’événement, souvent des cauchemars.
– Impressions ou agissements soudains « comme si » l’événement traumatique allait se reproduire (illusions, hallucinations, flash-back).
– Sentiment intense de détresse psychologique lors de l’exposition à des indices évoquant ou ressemblant à un aspect de l’évènement traumatique.
– Réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer un aspect de l’événement traumatique en cause.
– Un évitement de tout ce qui rappelle la situation traumatisante.

Les personnes atteintes de PTSD peuvent aussi ressentir une sorte d’anesthésie de leurs émotions, ne plus ressentir ni joies ni peines. Des perturbations du sommeil, des dépressions, de l’anxiété et de l’irritabilité ou des explosions de colère. On peut parfois observer de l’alcoolisme ou des toxicomanies.

Caroline Paré : Pourquoi est-ce difficile pour l’entourage ?

Dr Catherine Solano : C’est que si quelqu’un de très proche qui vit sous votre toit vit quelque chose de terrible, vous comprenez très bien qu’il se sente très mal. Mais quand cela dure un an, deux ans, 10 ans, vous finissez par penser qu’il faudrait peut-être passer à autre chose. Et vous vous sentez totalement impuissant. Cela finit par être très lourd pour vous, difficile à vivre.

Caroline Paré : Mais quel est le rapport avec la sexologie ? Est-ce par le fait qu’une agression sexuelle, un viol puisse entraîner ce type de problèmes ?

Dr Catherine Solano : Oui, mais ce n’est pas la seule raison. En fait 80 % des personnes qui sont dans cet état de stress post-traumatique ont des problèmes sexuels importants et durables, même si le traumatisme de départ n’est pas de nature sexuelle. 
Je me souviens par exemple d’un patient Africain réfugié politique qui venait me voir pour des problèmes d’érection. En fait, il avait été torturé en prison pendant plusieurs mois et de demandait si sa femme et sa fille étaient toujours en vie. En réalité, il souffrait de stress post traumatique. Et c’est pour cela qu’il avait des problèmes d’érection.
On peut observer des troubles de l’érection, du désir, des douleurs, toutes sortes de troubles divers. C’est pourquoi, quand un patient ou une patiente me parle de problèmes sexuels, je pose toujours la question : « Quels ont été les 3 pires traumatismes de votre vie » ?

Caroline Paré : Ce que vous décrivez, ce sont des choses extrêmes. Des accidents, des guerres, des catastrophes naturelles. Alors, y a-t-il tant de personnes que cela qui souffrent de ce stress post traumatique ?

Dr Catherine Solano : Aux Etats-Unis, les personnes souffrant de stress post traumatique sont estimées à 5 à 12 % de la population. En Europe on estime qu’ils représentent 1 % de la population, mais en réalité, c’est bien plus élevé, car où on les détecte très peu. Dans un pays en guerre, cela peut aller jusqu’à 30 % de la population.

Caroline Paré : Que faire pour sortir de cet enfer ? Finalement on vit un moment atroce, et on le revit en continu par la suite, la journée par des souvenirs et la nuit dans des cauchemars. C’est comme si on était piégé ! Alors comment sortir du piège ?

Dr Catherine Solano : Le traitement peut passer par certains médicaments antidépresseurs qui apportent un soulagement, mais pas un traitement définitif, car il faut absolument un travail de thérapie. Plusieurs méthodes sont utilisées : l’EMDR (thérapie par les mouvements oculaires) ou les thérapies comportementales qui donnent les meilleurs résultats. On peut aussi travailler en thérapie par exposition (on travaille à faire diminuer l’angoisse quand on pense au trauma), à apprendre au corps à se relaxer. On peut aussi travailler en thérapie de groupe quand le traumatisme s’y prête, si plusieurs personnes l’ont vécu au même moment.

Caroline Paré : Si vous aviez un dernier conseil à propos des personnes touchées, quel serait-il ?

Dr Catherine Solano : Ce qui est important, c’est de ne pas avoir honte d’être marqué par un événement car cela ne dépend pas de notre volonté. C’est parce que nous avons une sensibilité, une mémoire, une empathie avec les autres que nous sommes fragiles. Il ne faut pas avoir honte, et il faut oser en parler pour se soigner et ne pas se gâcher la vie et pouvoir revivre… C’est vital pour ne pas que le mal l’emporte sur le bien.

Source : rfi

inceste

Familles inces-tueuses

Publié le
famille inces-tueuse

Radio Libertaire, émission Pas de Quartiers –  S.May  (Séverine Meyer)

Marielle FOURCADE – Le 02 mai 2019 à 09h50

hiding-1209131_960_720.jpg

Quand la famille étouffe la victime

Familles inces-tueuses, le dernier livre de Séverine Mayer,  n’est ni un polar, ni un thriller pour lecteurs en manque de sensations fortes. Pourtant, on y découvre toute l’horreur du quotidien d’une « survivante » de quatorze années d’inceste, et on aimerait tant se dire que tout n’est fiction. Pourtant…

En publiant La Parole, en 2013, Séverine Mayer pensait s’être libérée d’un poids insupportable, et être « sortie d’affaire ». C’était sans compter sur la mémoire traumatique (amnésie post-traumatique) qui réactivera violemment – alors qu’elle est en train de doucher son enfant qui va fêter ses  cinq ans – le souvenir de la petite fille qu’elle était, incestuée dans la salle de bain familiale à l’âge de quatre ans et demi.

Sans complaisance ni voyeurisme, elle explique dans son livre toute la rage, la colère, l’incompréhension, la douleur physique, la souffrance morale, les crises d’angoisse, les troubles de la dissociation, de la dépersonnalisation, jusqu’à sa tentative de suicide. Ses moments de répit, fugaces, et d’espoir aussi. Et un questionnement qui tourne en rond sans jamais trouver de réponse : « Mais pourquoi, Maman ? ».

Car, en plus d’avoir subi des violences sexuelles de la part d’un beau-père qu’elle doit gentiment appeler « papa », son inceste se transforme en cauchemar à vie lorsqu’elle constate que la famille, (elle a deux demi-frères) soudée autour de sa « génitrice », prend des allures de toile d’araignée géante. Pour mieux se tisser autour d’elle, victime qui tente désespérément de survivre, et protéger ce beau-père, criminel qui vivra en toute impunité jusqu’à sa mort. Dès l’enfance, Séverine se retrouve condamnée à subir, à mentir, à dissimuler les traces de violence, à faire en sorte d’avoir « l’air normal », alors que tout n’est que chaos et enfer autour d’elle.

« Le principe de la famille inces-tueuse est de tout faire pour que la victime soit mise à l’écart, stigmatisée, dénigrée (…) Pour qu’une famille devienne inces-tueuse, il faut d’abord un pédocriminel qui va démolir un enfant de la famille. Ensuite, il faut un(e) conjoint(e) qui a intérêt à faire en sorte que le crime ne soit pas découvert (complicité passive ou active) ».

Aujourd’hui, installée dans le Gers, Séverine Mayer  tente de se protéger de cette mémoire traumatique, qui peut ressurgir à tout moment à travers des faits et des gestes du quotidien, et de réparer son corps et son âme  aux côtés de son compagnon et ses enfants.

Elle soutient des actions militantes pour le respect des personnes vulnérables, les migrants, les sans-abris, et se bat depuis des années pour faire abolir en France le délai de prescription toujours en application concernant les violences faites aux enfants. Elle a lancé notamment la pétition #StopPrescription.

Mais la route est longue et difficile tant le sujet est encore considéré aujourd’hui  comme tabou. Et les gouvernements qui se succèdent font la sourde oreille en matière de pédocriminalité.

Les victimes, elles, sont pourtant condamnées à perpétuité.

Source : Le journal du Gers

Familles inces-tueuses de Séverine Mayer, publié chez Z4 Éditions www.z4editions.fr

L’interview commence à 3:50 : Ecouter

Courage

Inceste, combattre

Publié le
CAIRN info

Entretien avec Catherine Perelmutter

Seules 30% des victimes d’inceste portent plainte (sondage Ipsos 2010). Pourquoi leur est-il si difficile d’entamer une procédure judiciaire ? Les obstacles sont de tous ordres, et différents pour chacune et chacun. Un point commun cependant : l’inadaptation du temps judiciaire au temps du traumatisme, qui échappe au temps chronologique. En moyenne, la révélation du crime intervient seize ans après les faits, et dans un quart des cas, elle a lieu plus de vingt-cinq années après. Une durée qui dépasse largement le délai de prescription de dix ans après la majorité de la victime. Écho du rapport de la société à l’inceste — l’un de ses tabous fondateurs —, le parcours judiciaire n’apporte pas toujours, ou pas tout de suite, la réparation attendue. Catherine Perelmutter, avocate spécialisée dans la défense des victimes d’inceste, nous raconte ce « parcours du combattant ». Elle nous donne sa vision du courage qu’il requiert. Un regard de juriste, qui commence au moment où ses clients passent le pas de sa porte, et s’arrête à la fin de la procédure judiciaire.

Source et suite de l’entretien