Abus sexuel

Prêtres pédophiles: comparable à l’inceste, selon un expert

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Sous le joug de la religion catholique, bien des enfants préfèrent taire le terrible secret d’abus sexuels perpétrés par des représentants de l’Église. De ces viols découlent souvent une série d’inhibitions qui perdurent, parfois jusque dans la tombe. Les barrières empêchant les victimes de dénoncer paraissent alors insurmontables, indique le psychologue expert Hubert Van Gijseghem.

Les affaires d’agressions sexuelles de prêtres pédophiles pullulent. Le recours collectif qui vient d’être autorisé contre les Frères du Sacré-Cœur à Granby est un exemple. Or, bien des tabous demeurent enracinés dans la société. Le Dr Van Gijseghem lève le voile sur ce qui entoure ces attaques à l’intégrité physique et mentale d’innocentes­ victimes.

Malgré ce que bien des gens présument, l’engagement d’abstinence ne pousse pas des prêtres à poser de tels gestes sur des enfants. Le problème se trouve plutôt « en amont », fait valoir l’expert de renommée mondiale. « Le célibat glorifié attire souvent des gens qui ont des problèmes avec leur sexualité. Il ne s’agit pas de devenir prêtre pour tripoter les petits gars. Ces hommes sont chastes pendant des années, mais un moment donné, cette sexualité trouble refait surface, et ils passent à l’acte. »

Trop souvent, les prêtres pédophiles ont « tendance à se déculpabiliser », poursuit la sommité en psychopathologie et sévices sexuels. « Ces gens rationalisent fréquemment leurs gestes. Ils se disent qu’ils ont été importants pour le petit gars. Qu’ils lui ont apporté quelque chose en lui apprenant l’intimité et toutes sortes de conneries du genre. […] L’Église est une organisation extrêmement fermée, avec une complaisance totale. Son emprise étouffe les victimes. »

Carcan

Selon le Dr Van Gijseghem, il est « triplement difficile » de révéler des abus sexuels commis par des prêtres, notamment lorsqu’ils sont en « situation de pouvoir » au sein d’établissements d’enseignement. Des recherches démontrent que 40 % des victimes de sévices sexuels ne dénoncent jamais leur agresseur. Uniquement 4,4 % des garçons signalent avoir été violés, mentionne celui qui compte des milliers­ d’expertises psycholégales.

En fait, les agressions perpétrées par des prêtres sont comparables à des abus au sein d’une famille. « Un prêtre qui viole des enfants est davantage lié à l’inceste, dit le spécialiste. […] Ce n’est pas pour rien que l’on dit “mon père”. »

L’intimidation érigée en réseau dans les établissements scolaires pèse aussi lourd dans la balance, renchérit-il pour illustrer le carcan qui emprisonne les victimes. « Dévoiler son agresseur, c’est être la risée de toute l’école », soutient le Dr Van Gijseghem.

À cela s’ajoutent par ailleurs de forts sentiments de honte et de culpabilité chez la gent masculine. « Pour les garçons, les incidents d’abus sexuels sont colorés par le tabou de l’homosexualité. […] C’est un genre d’auto­-incrimination très dissuasif­ de dénoncer. »

Répercussions

Selon le psychologue, bien des victimes de prêtres pédophiles sombrent dans la toxicomanie ou toutes sortes d’autres dépendances, notamment à l’alcool. « C’est une façon d’oblitérer, d’occulter­ une partie de soi », dit-il.

La plupart des personnes ayant été violées par des religieux gardent des séquelles, indique le Dr Van Gijseghem. « Souvent, ces victimes ont beaucoup de dif­ficultés dans leurs relations interpersonnelles parce qu’elles ont l’impression d’être fausses. Elles peuvent devenir très méfiantes quand quelqu’un leur expose les règles à suivre. Elles se braquent contre l’autorité. […] Heureusement, plusieurs s’en sortent avec du support psychologique. »

Source : par JEAN-FRANÇOIS GUILLET La Voix de l’Est

Abus sexuel

Il n’y a pas d’âge pour accepter de se faire violer…

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A quel âge  un enfant est-il consentent?
Selon la législation française, à tout âge . La tentative d’instaurer un seuil d’âge du consentement sexuel des mineurs ayant été un échec.

Suite à deux affaires judiciaires en 2017 dans lesquelles la qualification de viol n’avait pas été retenue à l’encontre d’un majeur qui avait eu des relations sexuelles avec une mineure de 11 ans, le gouvernement avait envisagé de fixer un âge en dessous duquel un mineur serait présumé ne jamais consentir à un acte sexuel avec un majeur.
La loi du 3 août 2018, qui vise à renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, n’est pas parvenue à établir un âge de consentement.
Selon l’article 222-22-1, alinéa 3, du Code pénal, ”lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de quinze ans, la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes ”. Mais pour cela, il faut démontrer l’absence de sa vulnérabilité , de discernement ainsi que l’abus de cette vulnérabilité . Lourde tâche pour un enfant traumatisé après la sidération du viol.


L’article 227-25 du Code pénal, quant à lui, punit ”le fait, par un majeur, d’exercer une atteinte sexuelle sur un mineur de quinze ans ”. Un majeur qui a eu une relation sexuelle avec un mineur de 15 ans peut être poursuivi pour viol et encourir une peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle, ou pour atteinte sexuelle sans violence sur un mineur de 15 ans avec une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement. Atteinte sexuelle, ou encore mieux, atteinte sexuelle avec pénétration, quel euphémisme pour le viol d’un mineur, avec ou sans violence.
Le gouvernement n’est pas parvenu à fixer un seuil d’âge et les mineurs peuvent consentir à un acte sexuel lorsqu’ils ont la ”faculté d’apprécier sainement les choses ” et ”de distinguer le bien du mal”. Par ce que c’est au mineur d’être en mesure de faire cela, et non pas au pédocriminel.

Est-ce que tous les mineurs de 15 ans disposent de discernement, comprennent la signification du consentement? A priori, oui, car ils reçoivent au moins trois séances annuelles d’éducation à la sexualité dans les collèges et les lycées, avec des manuels qui ne représentent même pas correctement l’anatomie féminine….

Pour finir, selon l’arrêt du 1er mars 1995, l’absence de consentement d’un enfant n’est pas automatique, même si la cour suprême a jugé que l’état de contrainte ou de surprise résultait du très jeune âge des victimes, de un an et demi à cinq ans, ce qui les rend incapables de réaliser la nature et la gravité des actes qui leur sont imposés. À partir de 5 ans, l’enfant ne subit peut-être pas malgré lui …
Il semblerait que la jurisprudence considère généralement que les mineurs, jusqu’à l’age de 10 ans, ne sont pas consentants. Pour les enfants de plus de 10 ans, il leur reste à se brasser pour expliquer qu’ils ne voulaient pas vivre ce qu’ils ont subi, comment ils ont été contraints, menacés ou surpris, afin que ce soit considéré comme une agression sexuelle.

Une fille et un garçon, de leur naissance à leur majorité.

Expliquons aux enfant qu’à la moitié de ce parcours, ils pourront être jugés comme consentant si on les viole.

© Frans Hofmeester
© Frans Hofmeester

Addiction

Traumatisée, Marie a développé 50 personnalités

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Marie, 34 ans, est une survivante. Victime d’inceste enfant et d’un viol en réunion adolescente, elle a développé des troubles dissociatifs de l’identité qui l’ont conduite au bord du précipice. Jusqu’à sa rencontre avec une psychologue plus ouverte que les autres…

Traumatisée, Marie a développé 50 personnalités : sa psy raconte [TEMOIGNAGE]
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Quand Marie entre dans le bureau d’Emmanuelle Vaux-Lacroix, psychologue clinicienne et praticienne EMDR en 2013, elle est en grande souffrance et c’est un véritable appel à l’aide qu’elle lance.
Quand Marie arrive en fauteuil roulant (elle souffre d’une paralysie fonctionnelle), Emmanuelle est étonnée de la découvrir très différente de la comptable qu’elle imaginait. “Je  rencontre une jeune femme de 28 ans habillée tout en noir, en surpoids et assez négligée. Elle n’a pas de manteau alors qu’il fait très froid.
Marie souhaite consulter Emmanuelle Vaux-Lacroix car elle a subi des viols en réunion au collège de 11 à 13 ans qui ont été classés sans suite et depuis elle fait des cauchemars, a des intrusions et souffre d’une addiction à l’alcool. Elle voit une psychologue, psychothérapeute depuis deux ans et a une bonne alliance thérapeutique avec elle. Grâce à leur travail, elle a amélioré ses relations avec sa compagne, mais le traumatisme reste très présent.
A tel point que Marie a l’impression d’être folle. Elle perd pied, pense à la mort et envisage de prendre sa voiture adaptée à son handicap pour en finir. Cette rencontre avec Emmanuelle Vaux-Lacroix est donc celle de la dernière chance. 

La séance se déroule normalement jusqu’à un moment précis. Je travaille dans un cabinet mal insonorisé et j’entends ma collègue dans le bureau qui jouxte le mien qui dit au revoir à son patient. Immédiatement le comportement de Marie change ainsi que sa voix : elle me dit qu’ils arrivent, que ses agresseurs se rapprochent, et qu’il faut fuir. Je note alors immédiatement sur mon carnet, TDI ? “

“Soudain la voix de Marie change”

Identifiés aux Etats-Unis mais relativement méconnus en France, les troubles dissociatifs de l’identité ont été décrits par Onno Van der Hart, Nijenhuis et Kathy Steele Van der Hart. Ils se développent dans la petite enfance chez des personnes qui ont subi des traumatismes chroniques, sévères ou précoces. Il s’agit de formes de maltraitances, d’agressions, de négligences qui se traduisent souvent par des violences physiques et/ou sexuelles.
Une personne qui souffre de TDI développe des parties de l’identité pour protéger le soi des souvenirs traumatiques“, raconte Emmanuelle Vaux-Lacroix. 

Ces parties sont soit des Parties apparemment normales (PAN) soit des parties émotionnelles (PE). Les parties apparemment normales (PAN) sont orientées vers la survie de l’espèce et se caractérisent par un évitement phobique des souvenirs traumatiques. Elles sont relativement difficiles à identifier car elles prennent une apparence normale. Les PAN gèrent la vie quotidienne. Elles sont identiques au soi qui est le lieu d’intégration et d’apprentissage du sujet. 
Au début de notre rencontre, Marie en avait 4 ou 5 parmi lesquelles l’autre, ” celle qui bosse “, raconte Emmanuelle Vaux-Lacroix.

Elles prennent souvent le pouvoir pour me faire passer pour quelqu’un de normal. Quand je rencontre Emmanuelle, je ne comprends pas ce qui m’arrive, Emmanuelle me parle de parties mais je ne sais pas très bien comment me comporter. Je ne veux pas parler avec elles ce qui aggrave ma situation à l’époque“, confie Marie. 

Les parties émotionnelles ou PE sont orientées vers la survie individuelle et portent les expériences traumatiques.Elles sont “coincées ” au temps du traumatisme. Au début de la thérapie de Marie, 2 ou 3 se sont manifestées puis une quarantaine par la suite.
“Ces PE protègent la personne du souvenir du traumatisme. C’est un processus psychophysiologique, une solution de survie car l’agression est insupportable et ne peut pas être digérée psychiquement.
Pour gérer ce traumatisme se créent des parties : l’une peut être gardienne du secret, d’autres peuvent être bloquées dans des systèmes d’action de survie.
Des parties sont dans la fuite, d’autres dans l’agression, dans la peur ou dans la sidération. Certaines parties imitent l’agresseur et d’autres sont bloquées au temps du traumatisme ce qui explique pourquoi les personnes qui ont des TDI ont des amnésies dissociatives. Elles ne se souviennent pas ce qui leur est arrivé
 , raconte Emmanuelle Vaux-Lacroix.

De lourds traumatismes

Caractérisés par des éclatements de la personnalité, les TDI sont souvent confondus avec la schizophrénie. Or les schizophrènes entendent des voix qui viennent de l’extérieur alors que les personnes qui souffrent de TDI adoptent différentes personnalités et donc plusieurs parties. Ce que nous savons aujourd’hui c’est que les psychotropes ne fonctionnent pas sur les TDI alors qu’ils sont plutôt efficaces pour les patients souffrant de schizophrénie” raconte Emmanuelle Vaux-Lacroix.
Au fur et à mesure des séances, Emmanuelle Vaux-Lacroix comprend que ce ne sont pas les viols subis à l’adolescence qui sont à l’origine du traumatisme mais un autre événement inqualifiable subi par Marie à l’âge de 2 ans et demi : l’inceste paternel.

Dès que le secret est levé concernant ce premier traumatisme, Marie parvient au bout de 20 mois à remarcher après avoir fait de la rééducation. Elle n’a plus lieu de “paralyser” ce corps qui l’a fait tant souffrir et qui avait cessé de se manifester quand son père lui a dit que les viols dont elle avait été victime avaient été classés sans suite sous entendant que l’inceste qu’il lui avait fait subir resterait à jamais impuni.

La première fois que j’ai fait trois pas avec un déambulateur, je me suis sentie invincible. J’ai demandé à ma compagne de venir au centre de rééducation afin de constater ce que j’étais capable de faire. J’étais tellement fière“, raconte Marie.

Progressivement, Emmanuelle Vaux-Lacroix va entrer en contact avec les différentes parties de Marie afin de gagner leur confiance, pour ensuite les ” présenter ” à la jeune femme et l’aider à vivre avec. 

“Marie n’avait pas 3 ou 4 personnalités comme je l’imaginais au départ, mais une cinquantaine”

Je ne savais pas à ce moment-là que j’allais m’engager dans un très long chemin et qu’il n’y avait pas 3 ou 4 parties comme je l’imaginais au départ mais une cinquantaine qui se présenteraient à moi au fur et à mesure du dévoilement de son histoire”, raconte Emmanuelle qui découvre deux ans plus tard que Marie a aussi été victime d’agressions sexuelles dans le cadre d’un réseau pédocriminel. La même année, c’est l’inceste maternel qui est dévoilé.
Etant donnée la complexité de son histoire et de sa symptomatologie, Marie est extraordinairement résiliente et a beaucoup de ressources car elle travaille normalement. 
Elle est ce qu’on appelle une personne à haut potentiel. Une grande partie des personnes souffrant de TDI ont un QI supérieur à la moyenne tout simplement parce qu’il faut une vraie capacité d’élaboration.
C’est un système interne qui est d’une complexité extrême”,
 raconte Emmanuelle Vaux-Lacroix qui pendant des années va développer ses connaissances et sa pratique grâce à Marie.

Quand je la rencontre je ne maitrise pas l’EMDR aussi bien qu’aujourd’hui mais j’ai la chance d’avoir une culture américaine. La question sur l’existence des TDI ne se pose donc pas. A l’âge de 15 ans j’ai lu Sybil (ouvrage sur une femme qui a 16 parties) et pour moi c’est une réalité. J’apprends au fur et à mesure au contact de Marie : je n’ai pas conscience de la complexité de son cas tout de suite et heureusement car je n’aurais peut-être pas accepté de la suivre par peur de ne pas être assez compétente. J’ai beaucoup appris avec elle“.

Un sentiment partagé par Marie qui confie : “Emmanuelle m’a sauvé la vie au sens propre comme au sens figuré. Elle a fait de la psycho éducation pour m’apprendre à avoir une vie quasi normale. Elle a été une psy qui a été capable de sortir de son cadre pour me montrer que j’étais importante. Elle s’est formée pour m’apprendre encore plus sur moi et sur nous“.

“Marie a beaucoup moins de comportements à risques car elle est beaucoup moins dissociée”

Aujourd’hui, au bout de 6 ans de thérapie, Marie va beaucoup mieux .”Quand j’ai rencontré Marie son soi était présent 5 minutes par jour uniquement. Aujourd’hui il est présent entre 5 et 10 heures par jour avec des phases de crise quand des événements surviennent”
Aujourd’hui elle n’a plus que 2 PAN et une vingtaine de PE.  Les parties ont commencé par fusionner entre elles : par exemple la dizaine de parties adolescentes est devenue une quand la problématique autour du collège a été traitée et que le traumatisme a été en EMDR désensibilisé et retraité . 
Ces parties ont alors intégré le soi et sont devenues une partie de Marie comme nous avons chacun une partie adolescente alors que chez elle cette partie était dissociée
“.

Marie n’a plus d’addictions. Beaucoup plus intégrée qu’avant, elle marche, parvient à parler de sa pathologie à certains membres de sa famille et à ses amis et elle forme des professionnels à ce sujet.

Elle s’est mariée, elle a changé de poste et elle accepte des responsabilités. Elle a beaucoup moins de comportements à risques car elle est beaucoup moins dissociée. 

Contrairement aux schizophrènes, les personnes souffrant de TDI peuvent-elles guérir ? “En théorie, oui “, explique Emmanuelle Vaux-Lacroix.

Je pense qu’on peut arriver à une désensibilisation et à un retraitement de tous les traumatismes.  Petit à petit, toutes les parties de Marie devraient être intégrées même si elle est ambivalente par rapport à cette question.
Ses parties tiennent compagnie à Marie et lui permettent de ne pas toujours affronter la réalité. Le rêve de Marie ? Appeler ses différentes parties quand elle en a envie sans qu’elles deviennent des états du moi.  C’est ce que font
 ceux d’entre nous qui n’ont pas souffert d’un traumatisme”, conclut Emmanuelle Vaux-Lacroix.

Qu’est-ce que l’EMDR ?

Créée à la fin des années 80 aux Etats-Unis, la thérapie EMDR  est devenue l’un des modes de traitement psychothérapeutique de l’État de Trouble Post-Traumatique. Il s’agit de l’acronyme d’Eye-Movement Desensitization and Reprocessing en anglais ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires.
L’EMDR repose  sur la sollicitation sensorielle des deux côtés du corps, soit grâce au mouvement des yeux soit grâce à des stimulations auditives ou cutanées afin de retraiter et de désensibiliser des souvenirs traumatiques.


Violaine Chatal
Mis à jour le 16/07/19 10:50

Source : Femmes Société

Déni

L’inceste en 4 court-métrages

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Mizbrük 

Court-métrage jeunesse d’une durée de 10 minutes. Julie reçoit la visite impromptue d’une créature sordide. Ébranlée, elle trouve refuge dans les bras de son frère Félix qui lui prêtera main-forte afin de se débarrasser de cet inquiétant visiteur. 

Mizbrük se veut une métaphore de l’inceste à travers une vision enfantine et ludique. 

Avertissement : Les vidéos suivantes sont très explicites

Les yeux de mon père

Clémence et Constance, deux sœurs que tout oppose, se retrouvent au chevet de leur père victime d’un AVC. Ces retrouvailles seront l’occasion pour elles de se confronter à leur enfance meurtrie par l’inceste…

CLEMENCE est la victime plongée dans le déni. La clémence est définie comme “une vertu consistant à pardonner les offenses, à modérer les châtiments des fautes que l’on punit”. CONSTANCE est la victime résiliente. La constance est définie comme “la fermeté de caractère, force morale permettant de supporter les épreuves”.

“Les yeux de mon père” est un court-métrage fictif d’une vingtaine de minutes né de la volonté d’aborder un thème encore tabou, celui de l’inceste.

Le court-métrage “Les yeux de mon père” traite de l’inceste commis par un père à l’encontre de ses deux filles à travers une mise en parallèle de leur parcours post-traumatique. Il s’agit de montrer d’une part que les effets de l’inceste sont propres à chaque victime, et ce, même au sein d’une fratrie, et d’autre part que l’inceste du père représente une forme de violence bien spécifique, liée notamment au statut patriarcal au sein de la famille et plus largement au sein de la société.

Traiter l’inceste dans un univers esthétisé est un parti pris qui sert à montrer que l’on ne porte pas forcément ses drames sur soi. Les goûts personnels dépassent les états d’âme créant ainsi un contraste entre apparence et réalité.

Pleurer des larmes d’enfance

Un court-métrage percutant qui montre avec justesse la pédophilie sous son vrai visage. Ce film glaçant met en lumière l’abus sexuel commis sur une fillette par l’un des membres de sa famille. Dans 70% des cas, le bourreau est en effet un proche de la victime

Dans ce court-métrage de vingt minutes, les silences pesants en disent long. En remettant l’acte pédophile dans un cadre réaliste, les réalisatrices donnent à voir, crûment, la violence de cet acte. Car l’horreur vient saisir la fillette dans son lit, chez elle, tandis que dans la pièce d’à côté, les adultes s’amusent et ne se doutent de rien. Telle est la réalité de nombreux drames. Librement adaptée du livre de Tootsie Guéra, Le Passé imposé, cette vidéo questionne la société. Comment peut-on ne pas voir?

Attention, certaines images peuvent choquer.

Maman, y’a un monstre dans mon lit !

Une jeune femme se souvient du drame de son enfance au sein d’une famille pauvre vivant à la campagne, où elle a vécu l’horreur de l’inceste.

Ce film, tourné en 1999, est un drame sur les horreurs de l’inceste vu à travers les yeux d’une petite fille de 6 ans. Sélectionné dans 30 festivals à travers le monde, récipiendaire de 10 prix internationaux, le film est aussi nominé pour le JUTRA du meilleur court métrage.

Fiction de 18 minutes tournée en 35 mm

https://www.youtube.com/watch?v=gbx5Wd1YYvc

Crime sexuel

Les Chatouilles – Théâtre – du 13 au 28/07/2019 au Festival Off Avignon et à Lagny-sur-Marne en Avril 2020

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Ou ”La danse de la colère”

Succès du festival d’Avignon, Molière du seul(e) en scène, un spectacle bouleversant et indispensable.

Molière 2016 
C’est l’histoire d’Odette. Une petite fille dont l’enfance a été volée par un ” ami de la famille “. Une jeune fille qui cherche des réponses à ses questions et les trouve progressivement avec son corps. Une danseuse qui se bat avec sa sensibilité. C’est l’histoire d’une lente reconstruction. 

Créé en 2014 au Théâtre du Chêne Noir, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été depuis couronné de succès : Prix ” Jeune talent théâtre ” de la SACD, Prix de l’interprétation féminine du festival, Molière 2016 du Seul(e) en scène et lauréat du Prix du jeune théâtre de l’Académie française en 2016. Adapté au cinéma, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été consacré par deux César (meilleure adaptation et meilleur second rôle féminin – Karin Viard). Andréa Bescond passe aujourd’hui le flambeau à Déborah Moreau, sublime interprète de cette histoire terrible, émouvante et parfois drôle.

Auteur :Andréa Bescond
Artiste : Déborah Moreau
Metteur en scène : Eric Métayer

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Andréa Bescond : “Violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour”

Quelles sont ces chatouilles évoquées dans le titre, que raconte l’histoire ?
Les Chatouilles, c’est l’histoire d’Odette, la protagoniste qui est une petite fille qui a été violentée sexuellement vers l’âge de 8-9 ans. Et avec Les Chatouilles, que ce soit le spectacle ou le film, on va suivre son trajet vers la reconstruction, vers la résilience. Donc c’est plutôt porteur d’espoir, comme quoi on peut toujours se sortir d’un immense traumatisme, même si l’idéal serait que ça n’arrive jamais. 
Et on parle des chatouilles puisque généralement, les pédocriminels utilisent un terme assez joli pour définir l’indicible, et c’est le terme que Gilbert utilise pour amadouer Odette et la manipuler.”


On ne dit pas pédophilie mais pédocriminalité ?
“Oui, on dit pédocriminalité puisque violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour. Et pédophilie, si on revient aux racines du mot, c’est amour de l’enfant, alors que non, on n’aime pas un enfant quand on le viole, c’est un crime.”

Comment on traite un sujet aussi sensible ?
“Je suis passée par là, c’est quelque chose qui est très inspiré de ma vie. J’ai eu un trajet forcément compliqué, en même temps avec l’amour de la danse, j’ai eu la chance d’avoir la scène comme maison. C’est un endroit où j’ai pu déverser toute ma colère, toute l’injustice que je ressentais d’avoir subi ça. 
Donc c’est l’angle qu’on a choisi. Moi je suis auteur de la pièce, Eric Métayer est le metteur en scène, et c’est aussi l’homme qui partage ma vie. C’était indispensable pour nous de donner des soupapes de décompression au public, parce qu’on voulait respecter ce public. On voulait surtout que le discours soit audible parce que ce qui est important est que le public entende et comprenne tous ces mécanismes-là. 
On aime le divertissement et ce spectacle est un très beau spectacle interprété par une comédienne qui fait toute une galerie de personnages. C’est vraiment de la comédie humaine, on passe du rire aux larmes. Les critiques ont souvent dit que c’était un ascenseur émotionnel et c’est vrai, avec le recul, je peux en témoigner. Je pense qu’on rit autant qu’on pleure qu’on est en colère. Et quand on sort, on a juste envie d’embrasser nos enfants et de leur dire qu’on sera toujours là pour les protéger.”


Vous savez probablement qu’en Polynésie les violences intrafamiliales, les coups, l’inceste, occupent la majeure partie des sessions d’assises. Avec votre regard extérieur, comment expliquez-vous qu’une société, qui chérit autant ses enfants, puisse tolérer qu’ils soient violés, jusqu’au sein de leur famille ?
“Je crois qu’il faut revenir aux racines de la violence. Je pense que quelqu’un qui viole un enfant est quelqu’un qui n’a peut-être pas forcément été violé lui-même mais en tout cas a subi des violences quelles qu’elles soient dans son enfance. Je pense qu’il est important d’être suivi par un bon thérapeute, je crois que c’est essentiel. Après, pour protéger nos enfants aujourd’hui, vous parliez d’inceste et effectivement, 80% de la pédocriminalité se situe dans le cadre familial, dans l’inceste, donc il faut que tous les adultes autour des enfants, dans les familles, cessent d’être des complices passifs, cessent de dire : ok, je vois des choses, elles ne sont pas normales, mais ça ne me regarde pas. Ce n’est pas vrai, la situation d’un enfant, quelle qu’elle soit, regarde tout le monde. C’est un acte citoyen que de signaler un comportement déviant, c’est important. Je pense qu’on peut protéger nos enfants en leur parlant, en leur faisant confiance, en ne se disant pas : mince, si je leur parle de leurs parties intimes, ça va leur mettre des idées dans la tête. Non, ce n’est pas vrai. Protéger un enfant en leur disant, ce sont tes parties intimes, personne n’a le droit d’y toucher, ça ne sera jamais de ta faute si quelqu’un le fait, et surtout vient me parler, je suis là pour te protéger, c’est mon rôle. C’est mon devoir d’adulte.”

Source : TNTV – Rédaction web avec Sophie Guébel