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Comment la thérapie par le mouvement peut-elle guérir le stress traumatique?

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Le stress traumatique peut être invalidant et terrifiant. La thérapie par le mouvement – qui implique des approches de plus en plus accessibles et réfléchies de l’exercice – offre un nouvel espoir.

Cela peut paraître comme un jeu d’enfant : Je marche pieds nus, avec deux morceaux de Jenga en équilibre dans ma main. Je serre un bloc de bois entre mon pouce droit et mon index et l’autre bloc est posé dessus. Il faut se concentrer pour équilibrer les deux morceaux quand je suis immobile. Au fur et à mesure que je bouge, le défi augmente de façon exponentielle.

Ce “jeu” d’une simplicité trompeuse peut avoir des effets profonds. J’y joue dans le cadre de la thérapie traumatologique du mouvement, un nouveau type de conditionnement physique qui vise à compléter la thérapie traumatologique traditionnelle.

Je fais partie d’un groupe de certification à New York qui comprend des entraîneurs personnels et des entraîneurs sportifs, des travailleurs sociaux et d’autres professionnels de la santé psychologique. Dirigé par Jane Clapp, spécialiste en rétablissement post-traumatique et coach en force-et-mouvement, qui a élaboré ces cours pour les praticiens et les survivants afin de les aider à apprendre à utiliser le corps comme support de guérison.

J.Clapp est douce et calme. Elle nous conseille de rester concentrés et de maintenir l’équilibre des blocs tout en marchant. Restez concentré et gardez l’équilibre en changeant de main. Tout en s’abaissant pour s’asseoir au sol et en se relevant. En s’allongeant et en se redressant. Tout en faisant des huit avec nos hanches. En agitant le haut de notre corps comme s’il s’agissait de moulins à vent. Et ne laissez pas les blocs de bois tomber par terre.

Oh, et n’oubliez pas de respirer.

“Il s’agit d’une double conscience, la capacité de maintenir la conscience de deux ou plusieurs aspects de l’expérience”, explique-t-elle. En l’occurrence, les deux aspects sont l’équilibre des blocs et le déplacement dans l’espace.

La double conscience est l’une des nombreuses techniques utilisées pour traiter les traumatismes. La concentration requise place les participants directement dans l’ici et maintenant plutôt que dans le passé ou l’avenir. Cela peut aider à porter leur attention au-delà d’eux-mêmes lorsque les stimuli internes, comme une fréquence cardiaque élevée ou une respiration peu profonde, sont insupportables.

En fin de compte, la double conscience est un outil conçu pour démontrer que le présent est sans danger et sans traumatisme – un moment où la réussite (équilibrer les blocs) est possible et l’échec (faire tomber les blocs) ne signifie pas la fin du monde.

“Le traumatisme altère le cerveau. Il fait en sorte que les survivants perçoivent des menaces partout et réagissent comme s’ils étaient constamment en danger “, dit Clapp. “Si vous avez peur ou si vous n’êtes pas en sécurité, votre cerveau se spécialisera dans les sentiments de peur. Si vous vous sentez en sécurité et aimé, votre cerveau se spécialise dans l’exploration, le jeu et la coopération.”

“La bonne nouvelle, c’est que le cerveau est plastique, ce qui signifie qu’il peut être modifié. Apprendre de nouvelles façons d’être et de nouvelles capacités d’adaptation est une des manières de faire changer le cerveau.”Les exercices d’équilibre, explique-t-elle, peuvent être une forme d’autorégulation, “un moyen de se retenir” en déclenchant le réflexe de rééquilibrage du système nerveux.

Tandis que je zigzag à travers la pièce avec mes blocs de bois, je commence à trouver un équilibre entre tension et relaxation – sans quoi les blocs dégringolent.

Traiter les traumatismes est un travail sérieux, mais il est réconfortant de savoir qu’il existe un moyen de soulager par le jeu. C’est aussi l’occasion de regagner un sentiment de capacité et confiance en soi en bougeant son corps.

Bougez le corps, guérissez l’esprit

Aujourd’hui plus que jamais, les gens peuvent se tourner vers une grande variété de ressources pour obtenir de l’aide. La thérapie cognitivo-comportementale axée sur les traumatismes, par exemple, s’attaque aux distorsions de la pensée et aux réactions négatives. La désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires, ou EMDR, modifient les souvenirs traumatiques pour atténuer leur charge émotionnelle douloureuse. Les Expériences Somatiques, développées par Levine, peuvent augmenter la tolérance aux sensations corporelles éprouvantes et aux émotions refoulées.

Récemment, des recherches neurologiques et biologiques inédites ont montré que l’intégration consciente du corps dans les pratiques de guérison est essentielle au rétablissement après un traumatisme. Cette inclusion du corps dans le rétablissement a ouvert la porte à l’intégration d’exercice physique comme thérapie complémentaire, rétablissant la confiance du corps comme source de plaisir et de force plutôt que comme source de douleur et de peur.” Dans tous les types de traumatismes, la confiance est le plus grand problème sur lequel nous travaillons “, dit Mark Schneider, CSCS, un coach et médiateur de conflits basé à Minneapolis. “La force est une manifestation de confiance en soi. Plus vous croyez en ce que vous pouvez faire, plus vous pouvez y avoir accès, et plus vous avez de chances d’atteindre et de dépasser les limites. La confiance en vos propres capacités est primordiale.

“L’exercice aide le corps à trouver un équilibre plus sain, tant physiologiquement qu’émotionnellement. Il améliore la régulation des systèmes hormonal et nerveux et aide les gens à se reconnecter avec leur corps, ce qui augmente leur capacité à contrer la dérégulation et à avoir confiance en eux.En fin de compte, le mouvement rend les gens ” plus résistants physiquement et, espérons-le, émotionnellement, ” dit Clapp.

Or, les personnes qui vivent un stress traumatique ont tendance à éviter de faire de l’exercice. “De nombreuses personnes atteintes du SSPT craignent les symptômes corporels associés à l’anxiété, comme l’accélération du rythme cardiaque et l’essoufflement “, explique Matthew Tull, professeur de psychologie à l’Université de Toledo. Les symptômes de dépression souvent associés au SSPT, comme le manque de motivation et d’énergie, peuvent aussi décourager les gens de faire de l’exercice.Ce sont là des obstacles de taille. Mais à mesure qu’un nombre croissant de psychiatres, de chercheurs, de médiateurs familiaux, de physiothérapeutes, d’entraîneurs et de responsables de clubs de santé et de gymnases se tournent vers les thérapies du mouvement et créent des espaces adaptés, il se crée des lieux qui permettront à ceux qui en ont besoin d’y accéder.

Le professeur de yoga David Emerson, auteur de Trauma-Sensitive Yoga in Therapy, a ouvert la voie en 2001, lorsqu’il a lancé le Black Lotus Yoga Project. L’organisme offre des cours de yoga pour les personnes souffrant de traumatismes complexes – les expériences répétitives ou cumulatives, comme la maltraitance et les abus dans l’enfance – ainsi que le SSPT. En 2003, il s’est associé au réputé Trauma Center de Brookline, au Massachusetts, pour en étudier le modèle. En 2018, Emerson et sa collègue Jennifer Turner ont fondé le Center for Trauma and Embodiment au Justice Resource Institute à Needham, au Massachusetts, pour que ce programme soit mis en place et que de nouvelles techniques soient mises au point, en priorité pour le corps.

Pendant ce temps, à Toronto, Clapp développait son propre système. En 2016, elle a commencé à proposer des ateliers et un programme de certification en trois parties dans le cadre du Mouvement pour la traumatologie (MFT) afin de former des entraîneurs personnels, ainsi que des travailleurs sociaux et des professionnels en soins psychologiques, en mouvement axé sur la traumatologie. (….)

Mouvement d’incarnation

L’objectif de la pratique de ce mouvement n’est pas de libérer le traumatisme ou de le guérir. Par contre, une pratique ciblée vise à aider les gens à reconstruire leur conscience corporelle, à leur enseigner qu’ils ont des choix pour ce corps et à leur permettre de faire un choix qui est bon pour eux.

“Le mouvement physique peut activer les parties du cerveau qui nous aident à être plus conscients de notre corps “, dit Emerson. Dans le yoga adapté aux traumatismes, cette prise de conscience, combinée à l’expérimentation du mouvement et à la prise de décisions personnelles, aide à encourager chez le pratiquant l’incarnation essentielle à sa guérison.

La capacité de remarquer ce que le corps ressent intérieurement s’appelle l’interception. Une catégorie de nerfs sensoriels, les intercepteurs reçoivent des signaux et des sensations comme la faim, une accélération cardiaque ou le besoin d’une pause. La conscience du corps dans l’espace et par rapport aux objets extérieurs est appelée proprioception. L’extéroception décrit la catégorie de sens qui nous aide à percevoir et à naviguer parmi les stimuli externes : la vue, l’audition, l’odorat, le goût et le toucher.

Les traumatismes peuvent compromettre l’interception, la proprioception et l’extéroception, qui sont essentielles à ce que le psychiatre van der Kolk décrit comme étant “l’incarnation”. Sans incarnation, on se sent détaché des expériences physiques et émotionnelles.

“Ce n’est qu’en entrant en contact avec son corps, en se connectant viscéralement avec soi-même que l’on peut retrouver le sens de ce que l’on est, de ses priorités et de ses valeurs “, écrit-il. “Le traumatisme donne aux gens l’impression d’être soit un autre corps, soit sans corps. Pour surmonter les traumatismes, on a besoin d’aide pour reprendre contact avec son corps, avec soi-même.

“L’exercice a un rôle important à jouer dans la reconnexion avec le corps et avec soi-même, ainsi que dans la régulation du système nerveux et de sa réponse au stress. Parfois, il arrive que des individus retournent involontairement là-dedans simplement en commençant un programme d’exercices, dit Schneider. Il a formé des clients qui ne savaient pas qu’ils souffraient d’effets post-traumatiques jusqu’à ce qu’ils commencent à bouger leur corps. “Le mouvement et le toucher peuvent faire ressortir les souvenirs et les expériences somatiques[du corps seulement] bloqués par le traumatisme “, explique-t-il.

Le mouvement est un moyen d’apprendre à être attentif aux sens, à l’intérieur comme à l’extérieur. Cela ” est extrêmement important lorsqu’il s’agit de surmonter un traumatisme “, écrit Rothschild, psychothérapeute du corps. “C’est l’information des sens que l’amygdale [responsable des émotions, de la survie et de la mémoire] utilise pour déterminer si un environnement est dangereux ou non et comment réagir.

“Les personnes qui vivent avec des séquelles traumatiques peuvent accorder une importance disproportionnée à leurs sensations d’interception, note Clapp, surtout si leur état s’accompagne de sensations très inconfortables, comme une douleur ou une accélération du rythme cardiaque.”

Mais les problèmes surgissent lorsque la personne utilise ces sensations internes inconfortables pour juger de la sécurité ou du danger de l’environnement extérieur “, ajoute-t-elle. Un lieu sûr peut paraître dangereux.” Pour sortir de ce dilemme, il faut acquérir une double conscience qui permettra de prêter attention simultanément aux sens internes et externes “, explique Rothschild.

C’est pourquoi les activités qui exigent de se concentrer sur quelque chose d’intérieur et extérieur – comme le jeu d’équilibre avec les blocs Jenga de Clapp – peuvent être extrêmement utiles.

En plus de corriger les effets du traumatisme, l’exercice physique renforce graduellement la résilience physique, dit Schneider. Et cette force peut nous aider à nous sentir en sécurité et capables de faire face à notre monde.

Il existe de multiples formes de traumatismes et diverses façons de les exprimer, mais il n’existe pas de remède magique pour en surmonter les effets persistants, voire dévastateurs, qui en découlent. Il se peut qu’un outil thérapeutique fonctionne pour une personne et non pour une autre, et qu’il soit préférable d’utiliser plusieurs techniques en tandem – comme le jumelage de la thérapie par la parole avec une pratique du mouvement consciente. De même, il n’existe pas non plus d’ordonnance en matière d’exercice physique en cas de traumatisme ; chaque protocole fructueux est aussi unique que la personne traitée.

Une pratique de thérapie par le mouvement conscient pourrait inclure les éléments du programme MFT de Clapp :

Les activités d’équilibre, telles que les exercices sur une jambe, avec les bras au niveau de la poitrine ou au-dessus (avec un poids supplémentaire), ou même avec les yeux fermés.Les mouvements contralatéraux, comme les mouvements à quatre pattes ou les mouvements verticaux à une jambe, pour lesquels les côtés opposés du corps (bras gauche et jambe droite, par exemple) doivent travailler simultanément.

Les activités avec croisement de la ligne médiane du corps, comme les rotations russes et les fentes de révérence.

Le travail de renforcement et de mobilité qui cible la chaîne postérieure et le tronc, comme l’aviron ou le levé de poids.

Les mouvements primaires et fonctionnels, notamment l’accroupissement, la fente, les pompes, la traction, la torsion, la flexion, la marche, la marche, la course et ramper.

Envisagez cela comme une progression. Commencez par des exercices d’équilibre et passez à des mouvements plus complexes, en ajoutant progressivement de la difficulté et du poids.

Pour surmonter un traumatisme, il faut faire un travail, et ce travail peut être source de nombreux défis tout au long de la vie. Mais il y a aussi de l’espoir. Il est possible pour chacun de retrouver résilience et confiance. Il est possible de se sentir bien à nouveau.

Traduit et adapté par courtoisie de Experience Life

ESPT

Sexualité traumatisée – Se comprendre et guérir

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Il est très répandu et tout à fait normal pour les survivants de violences sexuelles de
voir leur sexualité impactée.
Quelle que soit la manière dont cet impact se manifeste en soi, il est important de se
souvenir qu’il s’agit d’un processus inhérent à la guérison, qui participe à l’intégration
de l’événement traumatique. C’est tout l’être qui y fait face pour retrouver son pouvoir
et rétablir une sexualité saine.
Les symptômes post-traumatiques peuvent se faire présents immédiatement ou
longtemps après les événements. Se sentir réellement en sécurité, s’engager dans
une relation saine avec une personne respectueuse, aimante et digne de confiance
peut être un élément déclencheur.

Merci à Dame Effraie pour la traduction 🙂

Crime sexuel

Les Chatouilles – Théâtre – du 13 au 28/07/2019 au Festival Off Avignon et à Lagny-sur-Marne en Avril 2020

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Ou ”La danse de la colère”

Succès du festival d’Avignon, Molière du seul(e) en scène, un spectacle bouleversant et indispensable.

Molière 2016 
C’est l’histoire d’Odette. Une petite fille dont l’enfance a été volée par un ” ami de la famille “. Une jeune fille qui cherche des réponses à ses questions et les trouve progressivement avec son corps. Une danseuse qui se bat avec sa sensibilité. C’est l’histoire d’une lente reconstruction. 

Créé en 2014 au Théâtre du Chêne Noir, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été depuis couronné de succès : Prix ” Jeune talent théâtre ” de la SACD, Prix de l’interprétation féminine du festival, Molière 2016 du Seul(e) en scène et lauréat du Prix du jeune théâtre de l’Académie française en 2016. Adapté au cinéma, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été consacré par deux César (meilleure adaptation et meilleur second rôle féminin – Karin Viard). Andréa Bescond passe aujourd’hui le flambeau à Déborah Moreau, sublime interprète de cette histoire terrible, émouvante et parfois drôle.

Auteur :Andréa Bescond
Artiste : Déborah Moreau
Metteur en scène : Eric Métayer

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Andréa Bescond : “Violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour”

Quelles sont ces chatouilles évoquées dans le titre, que raconte l’histoire ?
Les Chatouilles, c’est l’histoire d’Odette, la protagoniste qui est une petite fille qui a été violentée sexuellement vers l’âge de 8-9 ans. Et avec Les Chatouilles, que ce soit le spectacle ou le film, on va suivre son trajet vers la reconstruction, vers la résilience. Donc c’est plutôt porteur d’espoir, comme quoi on peut toujours se sortir d’un immense traumatisme, même si l’idéal serait que ça n’arrive jamais. 
Et on parle des chatouilles puisque généralement, les pédocriminels utilisent un terme assez joli pour définir l’indicible, et c’est le terme que Gilbert utilise pour amadouer Odette et la manipuler.”


On ne dit pas pédophilie mais pédocriminalité ?
“Oui, on dit pédocriminalité puisque violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour. Et pédophilie, si on revient aux racines du mot, c’est amour de l’enfant, alors que non, on n’aime pas un enfant quand on le viole, c’est un crime.”

Comment on traite un sujet aussi sensible ?
“Je suis passée par là, c’est quelque chose qui est très inspiré de ma vie. J’ai eu un trajet forcément compliqué, en même temps avec l’amour de la danse, j’ai eu la chance d’avoir la scène comme maison. C’est un endroit où j’ai pu déverser toute ma colère, toute l’injustice que je ressentais d’avoir subi ça. 
Donc c’est l’angle qu’on a choisi. Moi je suis auteur de la pièce, Eric Métayer est le metteur en scène, et c’est aussi l’homme qui partage ma vie. C’était indispensable pour nous de donner des soupapes de décompression au public, parce qu’on voulait respecter ce public. On voulait surtout que le discours soit audible parce que ce qui est important est que le public entende et comprenne tous ces mécanismes-là. 
On aime le divertissement et ce spectacle est un très beau spectacle interprété par une comédienne qui fait toute une galerie de personnages. C’est vraiment de la comédie humaine, on passe du rire aux larmes. Les critiques ont souvent dit que c’était un ascenseur émotionnel et c’est vrai, avec le recul, je peux en témoigner. Je pense qu’on rit autant qu’on pleure qu’on est en colère. Et quand on sort, on a juste envie d’embrasser nos enfants et de leur dire qu’on sera toujours là pour les protéger.”


Vous savez probablement qu’en Polynésie les violences intrafamiliales, les coups, l’inceste, occupent la majeure partie des sessions d’assises. Avec votre regard extérieur, comment expliquez-vous qu’une société, qui chérit autant ses enfants, puisse tolérer qu’ils soient violés, jusqu’au sein de leur famille ?
“Je crois qu’il faut revenir aux racines de la violence. Je pense que quelqu’un qui viole un enfant est quelqu’un qui n’a peut-être pas forcément été violé lui-même mais en tout cas a subi des violences quelles qu’elles soient dans son enfance. Je pense qu’il est important d’être suivi par un bon thérapeute, je crois que c’est essentiel. Après, pour protéger nos enfants aujourd’hui, vous parliez d’inceste et effectivement, 80% de la pédocriminalité se situe dans le cadre familial, dans l’inceste, donc il faut que tous les adultes autour des enfants, dans les familles, cessent d’être des complices passifs, cessent de dire : ok, je vois des choses, elles ne sont pas normales, mais ça ne me regarde pas. Ce n’est pas vrai, la situation d’un enfant, quelle qu’elle soit, regarde tout le monde. C’est un acte citoyen que de signaler un comportement déviant, c’est important. Je pense qu’on peut protéger nos enfants en leur parlant, en leur faisant confiance, en ne se disant pas : mince, si je leur parle de leurs parties intimes, ça va leur mettre des idées dans la tête. Non, ce n’est pas vrai. Protéger un enfant en leur disant, ce sont tes parties intimes, personne n’a le droit d’y toucher, ça ne sera jamais de ta faute si quelqu’un le fait, et surtout vient me parler, je suis là pour te protéger, c’est mon rôle. C’est mon devoir d’adulte.”

Source : TNTV – Rédaction web avec Sophie Guébel

Abus sexuel

Pour une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles pendant l’enfance – 2016 Cécile Guéret

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D’après l’OMS, 20 % des femmes et 5 à 10 % des hommes ont subi des violences sexuelles pendant l’enfance. Pour les victimes, le risque de développer un syndrome de stress post-traumatique est particulièrement élevé : 87 %  lorsque les violences sexuelles ont eu lieu dans l’enfance, 100 % lorsqu’elles sont incestueuses¹. Une catastrophe humaine et humanitaire insupportable. Même plusieurs années après, ces troubles peuvent être soignés: à condition pour les victimes de trouver la bonne porte à laquelle frapper