soutien traumatismes

10 choses à ne pas dire à une personne souffrant de SSPT (et quelques alternatives)

Certaines personnes voudraient que vous guérissiez rapidement. Lorsqu’un événement traumatique survient dans votre vie, votre entourage se réunit souvent pour vous soutenir et s’assurer que vous vous sentiez aimé et entouré ; ils vous disent qu’ils comprennent combien l’expérience a dû être effrayante, qu’ils ne savent même pas ce qu’ils feraient dans votre situation.

Mais les jours se transforment en semaines, les semaines se transforment en mois et les mois finissent parfois par se transformer en années. Et plus vous avez peur à cause de ce qui vous est arrivé, moins les gens ont tendance à vous soutenir, parce qu’ils pensent peut-être que vous réagissez de manière excessive ou que vous essayez simplement de vous faire remarquer.

La dernière chose que nous, les personnes atteintes de stress post-traumatique (PTSD), voulons, c’est de l’attention – la première chose que nous voudrions, c’est du soutien, la sensation d’atterrir sur quelque chose de solide après être tombé si bas dans les abysses que nous avons l’impression d’avoir voyagé plus loin qu’Alice dans “Alice au pays des merveilles”.

Si un de vos proches souffre de stress post-traumatique, voici une liste de choses à ne pas lui dire, ainsi qu’une suggestion alternative :

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Il n’y avait même pas de danger de mort. “

Alternative : “Je sais que tu as peur à cause de ça, mais tu es en sécurité maintenant.”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Il y a pire.”

Alternative : ” Tu peux traverser cette épreuve. “

Ce qu’il ne faut pas dire : “Arrêtez de dramatiser.”

Alternative : “Je comprends que tu aies peur, et je vais rester à tes côtés pour que rien ne se passe. Ensemble..”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Tu joues la comédie.”

Alternative : Il n’y a pas de réponse alternative à cela – mais il y a une réaction alternative : informez-vous sur le trouble afin de mieux comprendre ce que votre proche peut ressentir.

Quoi ne pas dire : “J’ai vécu quelque chose de similaire et je n’ai pas de stress post-traumatique, donc toi non plus.”

Alternative : Encore une fois, sensibilisez-vous. Vous ne connaissez pas l’histoire de l’autre ; peut-être que cet événement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (ou vous savez, l’événement qui a “cassé” le cerveau). Tous ceux qui ont été braqués ne souffrent pas de stress post-traumatique, tout comme ceux qui ont été violés ne souffrent pas de SSPT. Quelqu’un qui a reçu une balle dans la cheville peut être parfaitement bien mentalement, mais cela ne signifie pas que quelqu’un qui a été volé l’est.

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Tu te rends compte que tu es complètement illogique en ce moment, n’est-ce pas ? “

Alternative : “Je sais que ton cerveau te dit que partout où tu vas et tout ce que tu fais pourrait être un déclencheur/que tu te sens en danger. Essaie de te répéter régulièrement que tu es en sécurité, que personne ne va te faire de mal et que tout ira bien”.

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Arrête d’exagérer. “

Alternative : “Respire profondément. Parlons de tout cela. Pourquoi te sens-tu comme ça ?”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Tu as dit que tu allais bien.”

Alternative : Ne nous croyez pas toujours quand nous disons que nous allons bien. Nous ne sommes souvent pas bien. On flippe. Alors, au lieu de nous laisser en paix, faites quelque chose qui nous fera nous sentir un peu mieux : apportez-nous des sels de bain, du chocolat ou venez jouer à des jeux vidéo. Tout ce qui peut nous donner l’impression que non seulement vous vous souciez de nous, mais aussi que vous vous souciez suffisamment de nous pour apporter quelque chose qui pourrait nous faire sentir mieux, ne serait-ce que pour une courte période.

Ce qu’il ne faut pas dire : “Comment étais-je censé savoir (remplissez la déclaration ici) ?”

Alternative : Le problème avec les personnes souffrant de SSPT, c’est que nous avons souvent des niveaux élevés d’anxiété et de dépression. En raison de la stigmatisation qui entoure la maladie mentale, la plupart du temps nous ne vous disons pas exactement ce qui se passe dans notre tête. Et puis nous pouvons être en colère contre vous parce que vous ne savez pas ce qui se passe dans notre tête. Essayez de ne pas vous mettre en colère contre nous ; la colère que nous éprouvons à votre égard fait partie du SSPT. Écoutez simplement ce que nous disons et répondez par quelque chose du genre : “Je ne savais pas que tu te sentais comme ça. Parlons-en et trouvons la cause de ces sentiments”. Ou encore : “Je sais que tu es en colère que je n’ai pas remarqué cela, et je suis désolé pour les signes que j’ai pu manquer, prenons une grande respiration et parlons-en.

Ce qu’il ne faut pas dire : “Passe à autre chose !”

Alternative : Un peu comme ” tu fais du cinéma ou tu cherches à attirer l’attention ” – on ne peut pas se remettre de cet événement. Il est dans notre vie pour toujours, que nous le voulions ou non. Nous devons réapprendre à vivre notre vie avec cet événement qui fait partie de nous maintenant, et cela peut être difficile. Cela peut demander beaucoup de temps et d’efforts, ainsi qu’un soutien extraordinaire de la part de nos amis et de notre famille. Ne dites jamais cela à une personne souffrant de SSPT ; allez-y et pensez à tout ce que vous voulez, mais ne le dites jamais si vous accordez de l’importance à cette personne. Une partie du processus de guérison chez de nombreux patients souffrant de SSPT consiste à se débarrasser des personnes toxiques. Dès que vous dites cette phrase, vous devenez toxique pour ceux qui souffrent de SSPT, et vous vous retrouverez bientôt sans cette personne dans votre vie. Essayez plutôt quelque chose comme : “Aide-moi à comprendre pourquoi cela a encore un tel impact sur ta vie, parce que je ne comprends pas”, ou “Pourquoi cela semble t’affecter si durement ? Je veux comprendre ce qui se passe afin de pouvoir mieux te soutenir quand tu as besoin de moi”.

Ces dix phrases m’ont été dites par ma famille, mes amis et mes connaissances. Veuillez faire attention à ce que vous dites à toute personne souffrant d’un problème de santé mentale, d’un trouble, d’une maladie chronique ou d’une affection quelconque. La négativité nous affecte vraiment, et elle ne fait que nous donner envie de renoncer à nous-mêmes et à notre vie encore plus que nous ne le faisons déjà.

J’ai réduit mon cercle d’amis à un minimum en raison de la toxicité de certains que je laissais être à mes côtés. Et depuis lors, non seulement j’ai commencé à guérir pour de bon, mais j’ai aussi commencé à prendre confiance en moi et en ma vie.

Traduit par courtoisie depuis The Mighty

sortir du silence

Révélation … et réactions …

Révéler, à ses proches, l’inceste que l’on a subi est un moment pour le moins délicat. On l’évite, il fait peur, voire nous met dans un état de panique, empli de doutes, de questions, de projections des conséquences de nos paroles. On peut vouloir protéger les autres membres de la famille, voire parfois aussi l’auteur des faits… Mais il vient un moment, même des décennies après, où ce secret explose tel une bombe à retardement. Ce moment peut survenir lorsque l’on touche le fond, que le mal-être est à son paroxysme et que l’on ne plus faire semblant, que l’on ne peut plus le cacher. Ou alors ce peut être le résultat d’années de thérapie, lorsque l’on prend conscience des conséquences de ce que l’on a vécu; ou encore après un décès ou une naissance. Cela peut même parfois sortir , malgré nous, par ‘’accident’’ – une parole en trop, une altercation, un événement émotionnellement intense … et les paroles jaillissent … enfin.

Tant d’années à garder un si lourd secret, tant de questionnements…. Continuer à fréquenter l’agresseur ou s’exiler sans que nos proches ne comprennent pourquoi ? Comment se reconstruire, en voilant une part de nous- même et de notre histoire, sans libérer cette parole? Ou alors doit-on parler et devoir à nouveau affronter les sentiments de honte, de culpabilité, de peur ? Devoir refaire face aux souvenirs que nous tentons tant de ne pas nous remémorer et assumer les conséquences de nos paroles? Devoir faire face au rejet, la mise à l’écart, l’incompréhension et/ou la diffamation, lorsque l’on est finalement jugé non pas comme victime mais comme coupable des actes que nous avons subi. Une peine se rajoute à la liste – nouvelle condamnation et souffrance supplémentaire.

Pour ma part, les fantômes sont sortis du placard … 25 ans après la fin des faits … Ce n’est pas un sujet que l’on aborde ouvertement avec mon entourage proche. En fait, nous n’en avons pas vraiment reparlé depuis la révélation. Mais, lorsque j’entends les témoignages d’autres victimes, je considère que j’ai de la chance. Je n’ai plus à porter seule le poids de ce terrible secret qui nous a éloignés tant d’années. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il a fallu environ 2 ans d’incompréhension de part et d’autre, pendant lesquels mes proches sont passés par des émotions similaires à celles d’un deuil : le choc, le déni, la douleur, la culpabilité, la colère, la dépression,etc. Pas forcément dans cet ordre, ni obligatoirement les mêmes réactions pour chacun d’entre eux. Mais j’ai la chance qu’ils en soient finalement arrivés au stade de l’acceptation. Et même si la porte du placard reste désormais fermée, je sais qu’ils ont réalisé, et qu’ils sont là.

Et pour vous ? Comment s’est passée la révélation avec vos proches ?

fêtes de famille

les fêtes de famille avec l’agresseur

Tu es si forte.

C’est la réaction que suscite souvent chez les gens le fait que j’ai vécu des années d’agressions sexuelles pendant mon enfance et que j’ai en quelque sorte survécu. Et à bien des égards, je suis forte. J’ai survécu. C’est miraculeux et cela témoigne de ma volonté de ne pas me laisser vaincre par les effroyables agissements de cet autre.

J’ai surmonté beaucoup de ces agissements.

L’autre jour, j’étais chez le nutritionniste. Nous ne parlons généralement de ma santé mentale que dans le contexte de ma relation à la nourriture, mais comme j’ai été récemment hospitalisée pour des soins psychiatriques, il a creusé plus avant dans le psyché que d’habitude. Il n’arrêtait pas de dire que je pouvais lui parler de ce qui s’était passé et des raisons pour lesquelles je sentais que je devais faire appel ces soins supplémentaires – étant donné que je vois déjà un psychologue une fois par semaine, un psychiatre tous les deux mois et un nutritionniste tous les mois, on pourrait penser que mon état émotionnel et mental est suffisamment bien pris en charge.

Je lui en ai dit un peu plus parce qu’il semblait vouloir sincèrement en parler.

Je lui ai dit à quel point j’avais peur lorsque j’étais intimidée par certaines personnes, du fait que j’avais toujours pensé que seuls des partenaires violents pourraient m’intimider de cette façon. J’ai découvert, le soir où je suis allée à l’hôpital, que ce n’est pas le cas. Les gens peuvent vous faire du mal, peu importe la panoplie de moyens mis en œuvre pour se protéger des agressions.

Je cherche à me protéger depuis l’enfance.

Et voilà. La confession inévitable de “l’enfance”. Le “choc” qui atteint systématiquement les gens au plus profond d’eux-mêmes. Puis j’ai expliqué que mon passé familial était fait d’agressions sexuelles chroniques, sévères, qui ont duré des années et qui ont formé un nuage noir au-dessus de nous depuis des décennies. Et que, pendant les prochaines fêtes, j’allais devoir expliquer qu’il fallait que je rentre plus tôt que prévu pour suivre une thérapie, sans toutefois dire que je ne pensais pas être capable de supporter longtemps le fait d’être confrontée à mon agresseur. Je vis trop de traumatismes à l’heure actuelle pour en plus devoir faire face aux traumatismes passés.

C’est à ce moment que j’ai réalisé avec force et ahurissement que j’ai permis à la personne qui a ruiné ma vie et ainsi provoqué mon trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT C), tout en compliquant chaque relation pour le reste de mon existence, d’être dans ma vie.

C’est aussi le moment où je me suis sentie coupable de m’être entendue dire que c’était extraordinaire, ou que j’étais forte.

Ce n’est pas de la force. C’est de la faiblesse.

Je n’ose pas faire éclater ma famille plus qu’elle ne l’est déjà. Je ne veux pas être la “méchante”, le mouton noir, ni le bouc émissaire, pas plus que je ne le suis déjà. Je ne veux pas qu’on me reproche de nous avoir éloignés, de rendre les choses difficiles, d’être ” trop gâtée ” et pas assez ” indulgente “. Je n’ai pas la force de mettre en place la limite la plus importante de ma vie. Je n’ai pas le courage de dire à mon agresseur qu’il ne peut pas faire partie de ma vie. Et ce parce que nous sommes de la même famille.

On dit que les liens du sang sont plus forts que tout. Je n’y crois pas. J’ai bien souvent reçu plus d’amour et de soutien de la part de personnes sans liens de parenté que de la part de ma famille. Mon père, ma fille et ma nièce, deux cousins, une tante – ils sont bienveillants et attentionnés, généreux, compatissants et aimants. Mais le reste de ma famille se fiche pas mal que mon sang coule ou non. J’ai traversé diverses épreuves avec peu ou pas de soutien de la part de mes proches, tandis que des inconnus, des amis, des collègues de travail et des voisins m’ont offert toutes sortes d’amour, de ressources et de soins. Mais même si je sais que beaucoup de membres de ma famille sont insensibles ou abusifs, il est difficile de rompre les liens.

Pourquoi nous enseigne-t-on que la famille est tout ce qui compte ? Pourquoi nous dit-on que les liens du sang sont plus forts ? Est-il vraiment exact ou légitime que la famille passe avant tout ? Ma situation est-elle juste une aberration là où les familles sont ”normalement” saines, justes et solidaires ?

Les milliers d’histoires que j’ai entendu au fil des ans ne confortent pas que je suis une exception. Malheureusement, de nombreuses familles semblent manquer de compassion et de générosité. Et beaucoup d’entre nous souffrent aux mains d’une ou plusieurs personnes de notre entourage.

Et il semble que la limite la plus difficile à poser pour nombre d’entre nous – et non seulement moi – est de dire à un membre de la famille qu’il ne peut plus vous faire souffrir.

Je lisais aujourd’hui dans le livre ” Self-Compassion ” de Kristin Neff, l’importance de reconnaître notre interdépendance inhérente. Parfois, nous ne fixons pas ces limites essentielles, parce que nous voulons nous sentir connectés. Mais selon K.Neff, nous sommes connectés du simple fait que nous sommes humains. Nous faisons partie de l’humanité et nous sommes tous connectés par le simple fait d’exister.

C’est un vaste concept à assimiler, et difficile à retenir, mais je pense que c’est une vérité fondamentale que nous devons apprendre à reconnaître chaque jour. Nous sommes connectés par le simple fait d’exister. Donc, nous n’avons pas besoin de nous accrocher à la croyance erronée que le sang est le lien le plus fort, car les êtres humains sont tous faits de sang et d’eau. Ce sont leurs agissements à notre égard qui nous permettent de décider si nous préférons avoir une relation proche avec eux ou si nous devons fixer des limites, et non pas leur lien de parenté avec nous. Nous sommes liés par l’existence. Nous sommes reliés par notre humanité.

Les personnes qui vous traitent comme moins que rien, ou inférieures à elles, n’ont pas un lien bienséant avec vous. Peu importe si ces personnes sont votre parent, votre frère ou votre sœur, votre enfant ou un parfait inconnu dans la rue. Une limite est absolument nécessaire – même si vous ne devez plus jamais revoir cette personne, en fonction des circonstances.

” Avez-vous parfois envie de tout dévoiler au grand jour ? ” Mon nutritionniste se questionnait sur la problématique de ma famille et des agressions qui nous empêchent d’avoir une chance de nous rapprocher.

Oui.

Tout le temps.

Mais je suis la ” mauvaise personne ” si j’en parle. Tous les autres veulent garder le secret, ne pas y faire face et ne pas en parler. Et ça me blesse. Je ne sais pas combien de temps je continuerai à les laisser me faire du mal, car je sais aussi que l’alternative est de ne plus voir ma famille. Un jour, ils me forceront à faire ce choix. Soit ils accepteront la vérité, soit je dresserai une limite ultime et je ne les reverrai plus. Parce que le chaos qu’ils ont mis dans notre passé affecte mon présent, et probablement mon avenir.

“Votre vie est en fait une série de réparations de dégâts que d’autres ont causés pour vous”, a été l’une de ses dernières remarques.

Il avait raison. Et alors que je rentrais chez moi après ce rendez-vous, armée de stratégies pour composer avec la nourriture tout en faisant face à un traumatisme aigu, je ne pouvais m’empêcher de penser à ces dégâts et à ces autres. Combien de temps est-ce que j’allais laisser ces gens me faire souffrir ? Comment est-ce que j’allais me protéger des menaces actuelles ? Jusqu’où est-ce que je laisserais le stress que ma famille place sur moi agir en déclencheur ? Est-ce que j’allais cesser de les voir ? Quand et comment le faire ?

Ce n’est pas ce que je veux – cesser d’avoir des contacts avec ma famille. Mais cela se révèle être une chose dont j’ai de plus en plus besoin. Afin de trouver la meilleure et la plus forte version de moi-même, je devrai peut-être m’affranchir de leur approbation et de leur affection, et me satisfaire des liens que j’ai avec le reste de l’humanité, et être soutenue par les personnes qui sont véritablement à mes côtés et qui veillent à mon bien-être.

Ma famille place ses besoins bien au-dessus des miens. Maintenir le secret depuis plus de 40 ans leur est bien plus important que ma santé mentale actuelle.

Et ça, ça ne va pas.

Je commence à comprendre que ce n’est pas normal. Je commence à réaliser que m’aimer signifie comprendre à quel point ce n’est pas normal, et accepter que ma vie est plus importante que leur fierté.

Et si ce n’est pas le cas…

Si ce n’est pas le cas, ils n’ont pas leur place dans ma vie. Et j’ai besoin de trouver la force de le dire.

Je suis forte.

Et lorsque le moment sera venu – si ce moment vient – je trouverai la force nécessaire pour faire ce qu’il y a de mieux pour ma santé mentale et physique. Je fixerai les limites nécessaires pour me protéger et me sentir bien. Je trouverai la même compassion envers moi-même que celle que j’ai donnée à ma famille, et je commencerai à me traiter comme leur égale, peu importe comment ils me traitent.

Au besoin, je trouverai la force de cesser de voir mon agresseur pendant les fêtes. Et je vous souhaite à tous d’avoir la force de faire de même – de trouver votre force, de connaître votre valeur, de reconnaître vos liens, d’être compatissant envers vous-même et de vous fixer des limites saines.

Vous êtes forts. Vous pouvez le faire.

Joyeuses Fêtes !

Traduit par courtoisie depuis The Mighty

maltraitance

Rétablir notre crédibilité

Quand on naît dans une famille maltraitante, on naît dans une guerre dont on ne savait pas qu’elle sévissait. Nous ne savons pas non plus comment la combattre. On ne nous a jamais donné les armes pour mener cette guerre. Mais les attaques dont nous sommes victimes commencent dès notre naissance. Je ne veux pas dire que nous sommes physiquement, émotionnellement ou sexuellement agressés dès notre naissance (bien que certains le soient). Mais la manipulation commence. Cette manipulation est souvent la partie la plus insidieuse des violences que nous subissons. Elle a pour but de nous apprendre, à nous et aux autres, que nous ne sommes pas assez bien. Et si les tactiques peuvent être extrêmement diverses, le but est toujours d’écraser toute chance de s’exprimer de manière crédible contre ce que nous endurons.
Mais le problème réside dans sa nature sournoise. Nous ne savons pas ce qui nous arrive parce qu’ils construisent notre esprit au fur et à mesure que nous grandissons. Ils créent les chemins et ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. Ils préparent nos cerveaux à fonctionner exactement comme ils en ont besoin. Une fois cela accompli, nous répondrons à leurs sévices de la manière qu’ils attendent. Et cela provoquera la réaction des autres à partir de nos actions devant eux. C’est là le plan. Et nous n’avons aucune chance contre celui-ci. Les batailles de l’enfance ne joueront pas en notre faveur. C’est pourquoi nous devons nous efforcer de changer ces chemins une fois arrivés à l’âge adulte. Mais c’est un terrain miné de vieilles programmations. La seule façon de défaire ce qu’ils ont fait est de prendre conscience de ce qu’ils ont créé. Voici donc quelques exemples de la façon dont des familles maltraitantes vont attaquer notre crédibilité de l’intérieur.

Les déclencheurs.

Au fur et à mesure que la violence dans notre famille s’intensifie, la colère monte en nous. C’est naturel et tout à fait normal lorsque nous sommes confrontés à diverses formes de maltraitance. Mais notre famille nous dira que notre réaction n’est pas bonne. Ils nous diront que notre expression émotionnelle est un signe que nous sommes fous ou déments. Ils nous diront que cela montre que quelque chose ne va pas chez nous. Pour s’assurer que notre programmation est complète, ils feront ce qu’il faut pour nous provoquer. Ils trouveront des moyens de déclencher la colère qu’ils ont fait naître en nous. Et lorsque d’autres personnes sont présentes, ils utiliseront ces déclencheurs pour créer une réponse émotionnelle tout en prenant le rôle de la victime. Et les “autres” seront spécialement sélectionnés. Il s’agira des personnes qui sont les plus susceptibles de croire les parents. Ils confirmeront la situation difficile des pauvres parents et mettront toute la responsabilité sur l’enfant. “Les pauvres parents ont un enfant complètement fou. C’est vraiment dommage”. Une bataille de perdue.

Provoquer des conflits avec les autres.

Dans une famille maltraitante, les relations avec les autres en dehors de l’entourage immédiat sont une source d’inquiétude. Les autres sont considérés comme une menace et la plupart des relations seront mises en échec d’une manière ou d’une autre. Mais certaines familles aiment “faire d’une pierre deux coups”. Elles s’efforceront de détruire la relation en nous faisant passer pour fous. Elles chercheront des moyens de créer des conflits dans les relations en feignant de s’intéresser assez longtemps pour recueillir des informations. Et elles s’efforceront de semer la zizanie en créant un drame qui laisse les autres s’interroger sur notre santé mentale. Cela pourrait être un déclencheur. Il peut s’agir de mensonges et de ouï-dire utilisés contre l’un ou l’autre. Mais cela se fait souvent de manière détournée, de sorte qu’il est difficile de remonter jusqu’aux agresseurs. Et une autre bataille est perdue.

Le blâme.

Le blâme commence presque toujours sur une base individuelle et se développe à partir de là. Les actes de violence de l’adulte sont presque toujours imputés à la victime. Et c’est là que commence le processus d’auto-accusation pour toutes sortes de choses. Avec le temps, ce processus peut devenir très visible, créant un bouc émissaire pour toutes les difficultés de la famille. “Nous n’aurions jamais eu à faire cela si ce n’était pas pour cet enfant difficile.” “Nos vies sont tellement plus difficiles à cause de la façon dont cet enfant se comporte.” “Notre enfant plein de colère nous crée tant de problèmes.” La réputation de l’enfant continue à s’effondrer à chaque récit qui en fait un bouc émissaire. Et encore une bataille de perdue.

Cela peut sembler incroyablement sournois. Vous pensez peut-être que ce n’est pas possible pour le commun des mortels. Les agresseurs doivent être très intelligents pour mettre en place ces tactiques. Mais cela n’est pas vrai. Ces tactiques ne vivent pas dans l’esprit conscient. Les agresseurs ne sont pas assis autour de la table de la salle à manger tous les soirs pour échafauder le coup suivant (même si certains le font). Ces tactiques se produisent à partir d’un endroit inconscient. Ils répètent les mêmes tactiques qui ont été utilisées contre eux. Il s’agit là d’un traumatisme générationnel à la base. L’intelligence cognitive requise est très faible. En général, cela ne se produit pas à cet endroit. Mais maintenant, nous pouvons démêler la toile inconsciente créée dans notre esprit. Nous pouvons trouver les mines et les détruire. Nous n’avons pas à vivre éternellement avec les effets de ces tactiques de violence. Les batailles sont terminées. Nous pouvons remporter cette guerre.

Traduction de courtoisie depuis Beating Trauma

santé mentale

Le soutien social

Nous avons tous besoin de nous sentir à notre place et de ressentir que les autres se soucient de notre bien-être. Le soutien social est tout à fait cela : avoir un sentiment d’appartenance et savoir que d’autres personnes nous portent une attention particulière. Ces personnes — notre réseau d’aide — peuvent provenir de différents groupes de personnes, y compris notre partenaire de vie, des amis, des membres de notre famille, des collègues, des voisins ou même des professionnels comme des médecins, des intervenants psychosociaux ou des pairs aidants.

POURQUOI EST-CE IMPORTANT?

Nous avons tous besoin des autres. Il est souvent sous-estimé à quel point nous pouvons bénéficier du soutien d’autres personnes. Le soutien social peut nous aider à faire face à des épreuves ou à des échecs, à résoudre des problèmes, à améliorer notre estime de soi et même à gérer des problèmes de santé et de stress. Les gens qui ont l’impression d’avoir le soutien social dont ils ont besoin ont tendance à avoir un niveau de stress moins élevé que les autres. Le stress affecte l’ensemble du corps, du bien-être mental à la santé cardiovasculaire en passant par le système immunitaire; trouver une façon de gérer et de réduire le stress est donc extrêmement bénéfique pour nous. Les bienfaits du soutien social peuvent également être ressentis par ceux qui l’offrent à d’autre. Le soutien social est encore plus important lorsque vous ne vous sentez pas bien. Pourtant, malgré ses bienfaits, les gens qui ont des problèmes de santé mentale ou physique s’éloignent parfois de leur réseau d’aide. Ils peuvent avoir honte ou être mal à l’aise de parler de ce qu’ils vivent, avoir peur que les autres ne les comprennent pas, se demander comment les autres pourraient les aider ou même penser qu’ils les embarrassent. Il se peut aussi que certaines personnes aient un réseau d’aide qui ne peut pas leur donner le soutien dont ils ont besoin dans une situation particulière. En effet, il est possible que, ne sachant pas comment aider une personne dans le besoin, des amis ou des membres de la famille s’en éloignent. La perte de ces liens importants signifie que vous devez gérer beaucoup de choses seul, mais elle peut aussi déclencher des sentiments pénibles, comme ne pas se sentir aimé ou important. Une chose est toutefois claire : peu importe ce qui arrive dans votre vie, il y a des gens qui peuvent vous aider.

À QUOI RESSEMBLE LE SOUTIEN SOCIAL?

Les gens peuvent offrir de nombreux et différents types de soutien :

  • Le soutien émotionnel—cela peut être une personne avec laquelle vous communiquez lorsque vous désirez seulement parler d’un problème et partager vos pensées et vos sentiments. Le soutien émotionnel ne consiste pas nécessairement à trouver des solutions. Il s’agit vraiment d’empathie; le fait de savoir qu’une autre personne se soucie de vous et avoir l’impression que vous ne gérez pas la situation tout seul.
  • Des conseils avisés—Il s’agit d’une personne avec laquelle vous parlez lorsque vous avez besoin de plus amples renseignements sur un sujet particulier. Par exemple, vous pouvez appeler un ami pour obtenir des conseils sur la façon d’accéder à un service ou encore demander à un collègue comment il a géré une situation similaire.
  • De nouvelles perspectives—C’est pouvoir appeler une personne en particulier lorsque vous devez examiner un problème de différents points de vue, ce qui peut être difficile à faire seul sur le moment. D’autres personnes peuvent toutefois offrir d’excellentes perspectives que vous pourriez ne pas avoir considérées. Ces perspectives peuvent être de puissants outils lorsque vous désirez résoudre des problèmes ou comprendre quelque chose qui arrive dans votre vie.
  • De l’aide pratique—C’est avoir dans son entourage une personne que vous pouvez appeler lorsque vous avez besoin d’un coup de main, comme garder vos enfants quand la gardienne est malade, vous apporter un repas lorsque vous êtes malade ou vous aider avec votre travail. Parfois, même de petites tâches peuvent sembler accablantes et une aide pratique peut alors faire une grosse différence. Soyez conscient de vos attentes par rapport aux autres. Par exemple, un ami peut être une excellente personne avec qui parler lorsque vous avez besoin d’une autre perspective, mais ne pas pouvoir offrir une grande aide pratique. Un membre de votre famille peut être en mesure d’offrir beaucoup d’aide pratique autour de la maison, mais ne pas avoir les connaissances pour vous transmettre beaucoup d’information. Si vous n’êtes pas réaliste lorsque vous demandez de l’aide à quelqu’un, vous pourriez ne pas obtenir le soutien dont vous avez besoin, et les personnes concernées peuvent alors se sentir contrariées ou blessées.

COMMENT PUIS-JE CRÉER MON PROPRE RÉSEAU D’AIDE?

Le réseau d’aide évolue habituellement avec le temps. Les situations de la vie et les gens peuvent changer, et il arrive que des gens perdent une personne importante dans leur vie. Parfois, une personne a beaucoup de gens dans son réseau d’aide, mais ceux-ci ne peuvent offrir le soutien dont elle a le plus besoin. D’autres personnes peuvent trouver qu’elles ont simplement besoin de plus de soutien qu’elles n’en reçoivent actuellement. Peu importe la situation, vous pouvez agir pour vous créer un réseau d’aide plus efficace.Comment renforcer un réseau existant :

  • Prenez contact avec les gens qui composent votre réseau et demandez de l’aide. N’oubliez pas que cela demande du courage!
  • Entretenez les relations importantes que vous avez déjà. Vous devez contribuer également à ces relations; vous ne pouvez pas seulement demander de l’aide. Offrez également du soutien aux autres membres de votre réseau.
  • Soyez clair par rapport au type d’aide dont vous avez besoin. Dites aux gens ce dont vous avez besoin; ils pourraient mieux vous aider s’ils savent ce que vous recherchez.
  • Demandez un soutien spécialisé, comme du counseling, au besoin. Assurez-vous de demander de l’aide aux bons endroits.
  • Si vous faites des efforts pour entretenir une relation mais ne voyez pas les améliorations dont vous avez besoin, il peut être temps de mettre fin à cette relation. Les gens et les situations changent. Parfois, il vaut mieux mettre votre énergie dans des relations plus saines.

Comment agrandir son réseau :

  • Créez des occasions de rencontrer de nouvelles personnes. Participez à des activités sociales, suivez des cours, faites du bénévolat ou impliquez-vous auprès d’une organisation ou d’un groupe. Vous pouvez également demander à des amis de vous présenter d’autres personnes.
  • Donnez du temps à vos relations. Établir des relations demande un peu de travail. Vous ne développerez pas une amitié avec toutes les personnes que vous rencontrerez, et lorsque vous vous faites un nouvel ami, il faut du temps pour renforcer votre relation.
  • Interagissez en personne. Si vous avez un problème précis, comme une maladie, joignez-vous à un groupe de soutien ou essayez d’obtenir un soutien individuel auprès d’un pair aidant. Ceci peut être une excellente façon d’interagir avec d’autres personnes qui peuvent comprendre certaines de vos expériences et vous transmettre de l’espoir, de bons renseignements et des ressources.
  • Cherchez en ligne. Si vous n’avez pas beaucoup d’occasions de trouver des gens en personne, envisagez de chercher en ligne une communauté à laquelle vous joindre. (Il vous suffit de faire preuve de jugement pour choisir les options qui sont sécuritaires et utiles.)

Source : ACSM