Émotions

Les regrets et leur relation au TSPT complexe

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Gérer les regrets et comment ils peuvent vous hanter


Ils peuvent vous rendre misérable, vous enfermer dans le passé et, en même temps, vous projeter dans l’avenir dans un effort pour rattraper le temps perdu.
Le regret, en somme, est le fait de continuer à insister pour que ce qui est arrivé soit différent de la réalité. C’est cette dissonance entre deux états d’esprit – ce qui était, et ce que vous vouliez – qui perpétue votre conflit interne.
En outre, à partir de cette dissonance, vous pourriez vous projeter dans l’avenir pour tenter de rattraper le passé par le biais de compromis, ce qui ne mène à aucun accomplissement significatif.

Gérer le regret, la comparaison et le temps psychologique

En clair, la voix du regret telle que vous la percevez dans vos propres pensées peut être formulée comme suit : ”Si seulement ….. ” ou “Pourquoi ai-je ou n’ai-je pas…….?”
Il peut s’agir d’un processus conscient ou non, mais la piqûre du regret est la comparaison. C’est la comparaison faite par votre moi actuel, qui perçoit avec un esprit rationnel et sans le stress émotionnel, qui se heurte à ce qui s’est vraiment passé quand vous étiez sous la contrainte.
L’écart de dissonance et la douleur du regret deviennent plus évidents lorsque votre moi rationnel adulte se bat avec votre moi enfant plus émotionnellement branché.

Gérer les regrets et la lutte entre les différentes parties de vous

Cela devient plus clair parce que votre enfant intérieur, qui a été submergé émotionnellement par la violence ou la négligence traumatique de ce temps-là, a réagi par la survie, probablement en fuyant, en en se bloquant ou en contentant.
Vôtre moi adulte, qui vit encore avec les conséquences de ces réactions innées de survie – ne peut pas rationnellement accepter ce qui s’est passé.

La douleur des regrets et de la manière d’y faire face.

A partir de là, la situation peut devenir plus complexe. La mentalité “Si seulement……” peut se projeter dans le futur et vous dire ”Si seulement j’avais ma propre maison, un partenaire, (ou toute autre chose que vous désirez)… alors je pourrais être heureux, je pourrais continuer ma vie.”
Il n’y a qu’à regarder ceux qui ont de l’argent et qui sont malgré tout malheureux et à la recherche de plus de pouvoir, de richesses et d’influence.

Comment surmonter les regrets liés au syndrome de stress post-traumatique complexe

Vous pensez peut-être que ce qu’il vous faut faire, c’est accepter ce qui vous est arrivé, mais ce n’est pas aussi facile que ça. Vous ne pouvez pas vous forcer à accepter.
Les gens qui vous entourent vous l’ont déjà conseillé, et cela vous blesse, mais cela résulte d’une incompréhension de ce qu’est vraiment le TSPT ou le TSPT complexe.
Commençons par l’extérieur et, de là, déplaçons-nous vers l’intérieur.
Fermez les yeux un instant et ressentez la douleur des regrets. Devenez intime avec elle sans alimenter vos pensées dans ce sens. Pensez un instant à ce que j’ai dit tout à l’heure ; que l’essence même du regret est l’insistance à vouloir que ce qui est arrivé soit différent de ce qui était.
Ressentez ça. Cette résistance constante, cette envie, cette lutte, cette tentative. Sentez l’énergie qui y est consacrée, l’énergie les pensées qui vont dans cette direction. Ressentez la pleinement, sans pour autant l’agrandir, sans vous permettre de la nourrir. Vous devez vous maintenir en conscience en faisant cela.
Cette résistance constante – vouloir, lutter, essayer – est votre soupape de sécurité, votre dissociation. Simultanément, elle prolonge vos regrets et vous empêche de ne pas pouvoir rencontrer le résidu émotionnel de votre passé. Gérer les regrets n’est pas facile.

Nier les pensées du regret


Si vous n’accorder pas d’attention au mouvement de ces pensées et sentiments qui vous poussent à vouloir que ce qui est arrivé soit différent, qu’allez-vous rencontrer ?
Vous devrez faire face à la blessure sous-jacente du résidu émotionnel écrasant qui vit encore en vous en raison d’un événement ou d’une période traumatisant.

Pouvez-vous faire ça ? Pouvez-vous entrer et sortir de là et devenir intime avec votre douleur ? Ne pas vous laisser submergé ou vous complaire dedans mais en restant conscient. Développez petit à petit suffisamment de résilience pour être en mesure de rester pleinement avec elle.
En faisant cela, vous vous éloignez du regret. Ce n’est pas en surmontant, mais en redirigeant votre énergie à un niveau plus profond de vous-même – là où c’est le plus nécessaire – que le regret est effacé.
Rechercher l’épanouissement à l’extérieur ne fonctionne pas. Il provient de la compensation et, par conséquent, il ne sera jamais suffisant. Vous passerez seulement d’une chose acceptable à une autre, mais toujours en quête de plus.
C’est en apportant compréhension et compassion à ces parties blessées que vous pourrez vous rapprocher de ces parties de vous encore submergées par l’émotion.

Source : Rolandbal

Abus physique

La vie d’un survivant de l’inceste, selon 3 victimes

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Imaginez que vous êtes coincé dans un cycle d’abus et de traumatismes, avec apparemment aucun moyen de vous libérer de ce que vous traversiez. Ensuite, imaginez que lorsque vous demandez de l’aide, vous faites face à la stigmatisation et au dégoût entourant le cauchemar dans lequel vous êtes coincés.

C’est souvent ce que ressentent les survivants de l’inceste. La cible de la colère des membres de la famille qui veulent que vous restiez silencieux, ou les soi-disant “alliés” qui font nonchalamment des blagues sur l’inceste sur Internet, font qu’il est dur de naviguer dans ce monde en tant que survivant. Le mouvement #MeToo a fourni aux personnes marginalisées une plate-forme pour parler des agressions sexuelles, mais certaines survivantes ont le sentiment que la dénonciation du silence autour de l’inceste n’a pas réussi à les inclure, ni leurs expériences, ni la discrimination unique à laquelle elles sont confrontées.

Bien que l’inceste soit systématiquement négligé dans la prévention et la sensibilisation aux agressions sexuelles, il est répandu aux États-Unis et dans le monde. Le Réseau national de viol, d’abus et d’inceste (RAINN) estime qu’au moins 34% des auteurs d’agressions sexuelles sur enfants sont un membre de la famille de la victime. Alors que les pères seraient les auteurs les plus fréquents d’inceste, selon une étude publiée en 2014, tous les membres de la famille, y compris les frères et sœurs, les mères, les cousins, les oncles, les tantes et les autres parents proches, peuvent en être les auteurs, tout comme les personnes de tout sexe, peuvent en être les victimes.

L’inceste est une forme de violence sexuelle insidieuse. La plupart des enfants font naturellement confiance aux membres de leur famille proche, et lorsque l’inceste se produit, cela peut être profondément choquant, déroutant et honteux pour les victimes.

J’avais huit ans [quand mon père a commencé]. Comme pour beaucoup de petites filles, mon père était mon idole. Rien n’était plus grand que lui. Il était mon meilleur ami. Il était quelqu’un en qui j’avais confiance et que j’aimais” raconte Julia, une survivante de l’inceste. “C’est naturel de penser : Oh mon Dieu, est-ce que j’ai provoqué ça?, quand une personne se sert de son autorité pour abuser – vous n’avez pas votre mot à dire sur ce qui se passe.”

De plus, les victimes sont souvent réduites au silence par les personnes sur lesquelles elles devraient pouvoir compter le plus – les autres membres de la famille.

Anne affirme avoir été agressée à plusieurs reprises. Elle s’est confiée : ”Je n’ai parlé de cet abus à ma mère que des années plus tard, et elle m’a reproché de m’être mise dans cette situation. Et elle est toujours en contact avec mon cousin qui m’a agressé, malgré le fait que je lui dise à quel point ça me fait mal. Pour Anne, les mauvais traitements ont commencé après son immigration des Caraïbes aux États-Unis pour vivre avec son père et sa belle-mère, à l’âge de 16 ans. “Les abus sexuels ont cessé lorsque j’ai commencé ma première année d’université. Les abus émotionnels et physiques ont continué”, dit-elle. “Le processus de guérison n’a pas été un parcours facile.” Quand elle a parlé de cet abus à sa famille, ils l’ont dissuadée de le signaler. “Ils avaient tous peur de lui. Il a passé sa vie à terroriser tout les gens qu’il a rencontré”, a-t-elle confié. “En en parlant, vous détruisez le passé qu’ils se sont fourvoyé à croire.”

Dr. Patti Feuereisen, psychologue et auteure de ”Invisible Girls” explique qu’il peut être impossible pour les survivants de l’inceste de s’éloigner de leurs agresseurs. La majorité des enfants dépendent des membres de leur famille pour obtenir des conseils , ainsi qu’un soutien financier et émotionnel. Bien que toutes les formes d’agressions sexuelles soient terribles et méritent d’être condamnées, les victimes d’inceste ont rarement un lieu sûr où s’échapper et sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles sont chez elles.

Les abus sexuels dans l’enfance peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour la santé mentale et physique des survivants. En 2007, des pédopsychiatres ont déclaré que le trouble de stress post-traumatique ne couvrait pas entièrement l’étendue des symptômes observés chez les jeunes patients victimes d’un traumatisme. Selon l’American Psychological Association, ils ont proposé d’ajouter “trouble de développement traumatique” au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux afin de reconnaître “l’exposition à de multiples traumatismes chroniques” à un jeune âge.

Les experts s’interrogent encore sur l’ajout des troubles traumatiques du développement au manuel psychiatrique , mais il est impossible d’ignorer les conséquences d’un traumatisme subit à un jeune âge. Julia dit qu’elle a eu des idées suicidaires à 12 ans. “Je ne pouvais demander de l’aide à personne, comment j’aurais pu?” dit-elle. “Je pensais : je vais mourir demain.” C’est uniquement parce que son père a commencé à la laisser tranquille qu’elle n’a pas tenté de se suicider.

Comme le démontrent les recherches, les victimes d’inceste peuvent avoir recours à l’auto-mutilation, à des troubles de l’alimentation, à la toxicomanie et à d’autres comportements auto-destructeurs pour faire face à leur traumatisme – jusqu’à ce qu’elles trouvent un lieu sûr et accueillant, à l’abri des abus, et qu’elle puissent s’informer sur la prise en charge des traumatismes . D’autres troubles graves, tels que le trouble de la personnalité, la dépression et la dysmorphie corporelle sont également en forte corrélation avec les abus sexuels durant l’enfance.

En outre, le Dr Feuereisen explique qu’il n’est pas rare que des enfants survivants développent une hypersexualité en réponse à la maltraitance, alors que d’autres peuvent éprouver une aversion totale pour le sexe et la sexualité. Cependant, elle dit que “les deux sont réactives – en réponse au traumatisme- mais pas pour toujours”.

Étant donné l’impact traumatique de l’inceste sur les victimes, la société et les familles, il n’est pas suffisamment pris en compte dans nos sociétés – et ce en dépit de la volonté de responsabiliser les victimes d’agressions sexuelles avec la campagne #MeToo et Time’s Up. L’auteur Mia Fontaine a donné une explication à ce sujet dans un article de 2013 pour The Atlantic :

Étant donné la prévalence de l’inceste et le fait que la famille est l’unité de base sur laquelle repose la société, imaginez ce qui se passerait si chaque enfant actuellement victime de violence – et chaque adulte victime de violence demeurant silencieux – sortait des sentiers battus, insistait pour que justice soit rendue et appliquée. Le tissu même de la société serait déchiré.

Ce sentiment est toujours d’actualité. L’inceste est un sujet inconfortable dont beaucoup d’entre nous, même ceux qui ont vécu l’inceste, ne souhaitent pas parler. De nombreux survivants de l’inceste peuvent se sentir obligés de ne pas perturber l’équilibre familial, malgré les abus passés ou présents. D’autres survivants peuvent ne pas se souvenir des violences. Pour cela et pour bien d’autres raisons encore, l’inceste reste sous-déclaré.

” D’après mon expérience, l’inceste, même une fois révélé, demeure une chose à cacher. Il n’y a pas de justice parce que c’est une famille” selon Anne . ”Meme si j’ai parlé de ce qui s’est passé à plusieurs proches, ils insistent toujours pour sauver les apparences et demeurer ami avec mon agresseur. Ils me disent de garder le silence et me tiennent responsable de ce qui s’est passé. On ne peut pas briser les liens. Il me reste la honte et la culpabilité d’être une victime. ”

La voie du rétablissement et du mieux-être peut s’avérer moins difficile pour les survivants lorsque l’on aborde les stigmates et mythes associés à ce type d’abus sexuel, qui ont tendance à être ignorés.

“J’espère que les personnes qui n’ont pas connu l’inceste savent que ce n’est pas parce qu’un proche est membre de la famille que c’est une bonne personne, qu’il s’agisse de l’agresseur lui-même ou des personnes qui continuent à le soutenir. Les agressions sexuelles ne sont jamais acceptables », déclare Anne. ”Les agressions sexuelles peuvent survenir n’importe où, même à la maison, un lieu normalement associé à la protection et à la sécurité, et avec des personnes de confiance. Nous avons tendance à rester assis en silence, dans un climat de peur, de honte et de culpabilité qui ne nous appartiennent pas vraiment”, explique Summer. “Nous savons qu’une fois que nous commencerons à rester debout dans notre vérité, nous allons énerver beaucoup de gens. Il est temps que nous, survivants de l’inceste, arrivions à réaliser que ce n’est pas grave de déranger les gens.”

“Il est crucial de parler de ces abus sexuel, et en particulier de l’inceste, lorsque vous êtes jeune, à l’adolescence ou dans la vingtaine”, a déclaré le Dr Feuereisen. “Nous devons croire toute personne qui sort de l’ombre. Nous devons comprendre qu’elle ne pouvait pas sortir du silence.” Julia est d’avis que parler d’un traumatisme est la seule façon de le traiter, et elle espère que les enfants victimes de violences se rendront compte qu’ils ne sont pas seuls. “J’ai décidé d’utiliser mon histoire comme moyen de guérir”, dit-elle. Julia veut que les survivants sachent qu’ils ne doivent pas se blâmer eux-mêmes. “On a profité de vous”, dit-elle. Anne dit qu’elle a également intériorisé beaucoup de discours nuisibles au sujet de son abus. “Soyer prêt à défier votre histoire”, dit-elle. “Nous nous sommes racontés tant de c*ies.”

Le message ici n’est pas seulement d’être plus disposés à parler ouvertement de l’inceste dans nos sociétés, mais que les survivants puissent enfin trouver une voie, se sentir en paix et mener une vie épanouissante. La recherche nous montre chaque jour de plus en plus qu’avec l’aide de thérapeutes professionnels, notre cerveau peut en fait être reprogrammé après un traumatisme. Dr. Feuereisen dit qu’une pratique qu’elle utilise souvent avec les survivants est la méthode Remap. Lors de la reconfiguration, similaire à la thérapie d’exposition, le survivant revisite mentalement l’espace ou la situation dans lequel le traumatisme s’est produit pour reconnecter le cerveau afin de faire face aux déclencheurs. “La peur est transformée lorsque vous dépassez votre traumatisme et que vous le visualisez de manière positive. En reprogrammant votre expérience à plusieurs reprises, vous réduisez le traumatisme”, explique le Dr Feuereisen.

”Je veux qu’il soit clair que l’abus sexuel et l’inceste ne constituent en aucun cas une condamnation à mort”, a déclaré le Dr Feuereisen. “Vous n’êtes pas un bien endommagé. Vous pouvez aller mieux. “

L’espoir de guérison des survivants de l’inceste n’est pas un rêve éphémère: de nombreuses preuves soutiennent l’idée que la guérison après un abus sexuel est tout à fait possible, et qu’en parler sans honte est un aspect essentiel du rétablissement. Alors que les discussions portant sur la manière dont notre société peut éliminer les violences sexuelles continuent de prendre de l’ampleur, les survivants de l’inceste méritent de faire entendre leur voix dans la politique, la défense des droits et à travers #MeToo.

Source :  KYLI RODRIGUEZ-CAYRO and AYANA LAGEBustle

Déni

L’inceste en 4 court-métrages

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Mizbrük 

Court-métrage jeunesse d’une durée de 10 minutes. Julie reçoit la visite impromptue d’une créature sordide. Ébranlée, elle trouve refuge dans les bras de son frère Félix qui lui prêtera main-forte afin de se débarrasser de cet inquiétant visiteur. 

Mizbrük se veut une métaphore de l’inceste à travers une vision enfantine et ludique. 

Avertissement : Les vidéos suivantes sont très explicites

Les yeux de mon père

Clémence et Constance, deux sœurs que tout oppose, se retrouvent au chevet de leur père victime d’un AVC. Ces retrouvailles seront l’occasion pour elles de se confronter à leur enfance meurtrie par l’inceste…

CLEMENCE est la victime plongée dans le déni. La clémence est définie comme “une vertu consistant à pardonner les offenses, à modérer les châtiments des fautes que l’on punit”. CONSTANCE est la victime résiliente. La constance est définie comme “la fermeté de caractère, force morale permettant de supporter les épreuves”.

“Les yeux de mon père” est un court-métrage fictif d’une vingtaine de minutes né de la volonté d’aborder un thème encore tabou, celui de l’inceste.

Le court-métrage “Les yeux de mon père” traite de l’inceste commis par un père à l’encontre de ses deux filles à travers une mise en parallèle de leur parcours post-traumatique. Il s’agit de montrer d’une part que les effets de l’inceste sont propres à chaque victime, et ce, même au sein d’une fratrie, et d’autre part que l’inceste du père représente une forme de violence bien spécifique, liée notamment au statut patriarcal au sein de la famille et plus largement au sein de la société.

Traiter l’inceste dans un univers esthétisé est un parti pris qui sert à montrer que l’on ne porte pas forcément ses drames sur soi. Les goûts personnels dépassent les états d’âme créant ainsi un contraste entre apparence et réalité.

Pleurer des larmes d’enfance

Un court-métrage percutant qui montre avec justesse la pédophilie sous son vrai visage. Ce film glaçant met en lumière l’abus sexuel commis sur une fillette par l’un des membres de sa famille. Dans 70% des cas, le bourreau est en effet un proche de la victime

Dans ce court-métrage de vingt minutes, les silences pesants en disent long. En remettant l’acte pédophile dans un cadre réaliste, les réalisatrices donnent à voir, crûment, la violence de cet acte. Car l’horreur vient saisir la fillette dans son lit, chez elle, tandis que dans la pièce d’à côté, les adultes s’amusent et ne se doutent de rien. Telle est la réalité de nombreux drames. Librement adaptée du livre de Tootsie Guéra, Le Passé imposé, cette vidéo questionne la société. Comment peut-on ne pas voir?

Attention, certaines images peuvent choquer.

Maman, y’a un monstre dans mon lit !

Une jeune femme se souvient du drame de son enfance au sein d’une famille pauvre vivant à la campagne, où elle a vécu l’horreur de l’inceste.

Ce film, tourné en 1999, est un drame sur les horreurs de l’inceste vu à travers les yeux d’une petite fille de 6 ans. Sélectionné dans 30 festivals à travers le monde, récipiendaire de 10 prix internationaux, le film est aussi nominé pour le JUTRA du meilleur court métrage.

Fiction de 18 minutes tournée en 35 mm

https://www.youtube.com/watch?v=gbx5Wd1YYvc

Crime sexuel

Les Chatouilles – Théâtre – du 13 au 28/07/2019 au Festival Off Avignon et à Lagny-sur-Marne en Avril 2020

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Ou ”La danse de la colère”

Succès du festival d’Avignon, Molière du seul(e) en scène, un spectacle bouleversant et indispensable.

Molière 2016 
C’est l’histoire d’Odette. Une petite fille dont l’enfance a été volée par un ” ami de la famille “. Une jeune fille qui cherche des réponses à ses questions et les trouve progressivement avec son corps. Une danseuse qui se bat avec sa sensibilité. C’est l’histoire d’une lente reconstruction. 

Créé en 2014 au Théâtre du Chêne Noir, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été depuis couronné de succès : Prix ” Jeune talent théâtre ” de la SACD, Prix de l’interprétation féminine du festival, Molière 2016 du Seul(e) en scène et lauréat du Prix du jeune théâtre de l’Académie française en 2016. Adapté au cinéma, Les Chatouilles ou la danse de la colère a été consacré par deux César (meilleure adaptation et meilleur second rôle féminin – Karin Viard). Andréa Bescond passe aujourd’hui le flambeau à Déborah Moreau, sublime interprète de cette histoire terrible, émouvante et parfois drôle.

Auteur :Andréa Bescond
Artiste : Déborah Moreau
Metteur en scène : Eric Métayer

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Andréa Bescond : “Violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour”

Quelles sont ces chatouilles évoquées dans le titre, que raconte l’histoire ?
Les Chatouilles, c’est l’histoire d’Odette, la protagoniste qui est une petite fille qui a été violentée sexuellement vers l’âge de 8-9 ans. Et avec Les Chatouilles, que ce soit le spectacle ou le film, on va suivre son trajet vers la reconstruction, vers la résilience. Donc c’est plutôt porteur d’espoir, comme quoi on peut toujours se sortir d’un immense traumatisme, même si l’idéal serait que ça n’arrive jamais. 
Et on parle des chatouilles puisque généralement, les pédocriminels utilisent un terme assez joli pour définir l’indicible, et c’est le terme que Gilbert utilise pour amadouer Odette et la manipuler.”


On ne dit pas pédophilie mais pédocriminalité ?
“Oui, on dit pédocriminalité puisque violer un enfant est un crime, ce n’est pas de l’amour. Et pédophilie, si on revient aux racines du mot, c’est amour de l’enfant, alors que non, on n’aime pas un enfant quand on le viole, c’est un crime.”

Comment on traite un sujet aussi sensible ?
“Je suis passée par là, c’est quelque chose qui est très inspiré de ma vie. J’ai eu un trajet forcément compliqué, en même temps avec l’amour de la danse, j’ai eu la chance d’avoir la scène comme maison. C’est un endroit où j’ai pu déverser toute ma colère, toute l’injustice que je ressentais d’avoir subi ça. 
Donc c’est l’angle qu’on a choisi. Moi je suis auteur de la pièce, Eric Métayer est le metteur en scène, et c’est aussi l’homme qui partage ma vie. C’était indispensable pour nous de donner des soupapes de décompression au public, parce qu’on voulait respecter ce public. On voulait surtout que le discours soit audible parce que ce qui est important est que le public entende et comprenne tous ces mécanismes-là. 
On aime le divertissement et ce spectacle est un très beau spectacle interprété par une comédienne qui fait toute une galerie de personnages. C’est vraiment de la comédie humaine, on passe du rire aux larmes. Les critiques ont souvent dit que c’était un ascenseur émotionnel et c’est vrai, avec le recul, je peux en témoigner. Je pense qu’on rit autant qu’on pleure qu’on est en colère. Et quand on sort, on a juste envie d’embrasser nos enfants et de leur dire qu’on sera toujours là pour les protéger.”


Vous savez probablement qu’en Polynésie les violences intrafamiliales, les coups, l’inceste, occupent la majeure partie des sessions d’assises. Avec votre regard extérieur, comment expliquez-vous qu’une société, qui chérit autant ses enfants, puisse tolérer qu’ils soient violés, jusqu’au sein de leur famille ?
“Je crois qu’il faut revenir aux racines de la violence. Je pense que quelqu’un qui viole un enfant est quelqu’un qui n’a peut-être pas forcément été violé lui-même mais en tout cas a subi des violences quelles qu’elles soient dans son enfance. Je pense qu’il est important d’être suivi par un bon thérapeute, je crois que c’est essentiel. Après, pour protéger nos enfants aujourd’hui, vous parliez d’inceste et effectivement, 80% de la pédocriminalité se situe dans le cadre familial, dans l’inceste, donc il faut que tous les adultes autour des enfants, dans les familles, cessent d’être des complices passifs, cessent de dire : ok, je vois des choses, elles ne sont pas normales, mais ça ne me regarde pas. Ce n’est pas vrai, la situation d’un enfant, quelle qu’elle soit, regarde tout le monde. C’est un acte citoyen que de signaler un comportement déviant, c’est important. Je pense qu’on peut protéger nos enfants en leur parlant, en leur faisant confiance, en ne se disant pas : mince, si je leur parle de leurs parties intimes, ça va leur mettre des idées dans la tête. Non, ce n’est pas vrai. Protéger un enfant en leur disant, ce sont tes parties intimes, personne n’a le droit d’y toucher, ça ne sera jamais de ta faute si quelqu’un le fait, et surtout vient me parler, je suis là pour te protéger, c’est mon rôle. C’est mon devoir d’adulte.”

Source : TNTV – Rédaction web avec Sophie Guébel

Agressions sexuelles

Soigner le traumatisme ?

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Violences, attentats, catastrophes, tortures, viols, maltraitances… Ces événements qui suscitent l’effroi peuvent avoir des conséquences psychiques graves sur le plus long terme. Peut-on soigner le traumatisme? Si nous posons la question, c’est parce la réponse ne va pas de soi. Ce numéro de Rhizome présente un double intérêt au regard de la ligne éditoriale de la revue. D’une part, l’appréhension du traumatisme paraît être à l’articulation entre un événement et/ou un contexte social et une « empreinte » psychique. La souffrance psychosociale d’hier serait le traumatisme d’aujourd’hui. D’autre part, il existe une prévalence des psychotraumatismes plus élevée pour les personnes ayant l’expérience de la précarité et/ou de la migration. Que recouvre alors le « traumatisme » dans une perspective clinique? La terminologie s’inscrit aujourd’hui dans le langage commun, suscitant de fortes attentes pour que les dispositifs de santé mentale prennent en charge les personnes exposées à des événements traumatiques.

Source : Orspere / Ch Le Vinatier