douleur cauchemars

Phénoménologie

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Phoenix, Australie – Université de Melbourne Centre de recherche sur la santé mentale post-traumatisme


La recherche phénoménologique a pour but de répondre aux questions fondamentales sur la nature des pathologies psychologiques causées par un trauma, ainsi que sur les liens qui peuvent exister entre ces troubles distinctifs.


Facteurs latents


Notre étude de prévalence a pour but de comprendre l’impact psychologique d’un traumatisme et de mettre en avant les possibilités de rétablissement psychologique. Alors que la majorité des études de prévalence sur les populations ayant subi un traumatisme se concentre sur le Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT), il y a de plus en plus de preuves qu’un traumatisme peut conduire à un large panel de troubles psychiatriques.


Les différents types d’évènements traumatiques et leur corrélation avec les symptômes du TSPT

Les personnes ayant survécu à un trauma de nature interpersonnelle, comme par exemple une agression, ont généralement plus de chances de souffrir du TSPT que des personnes ayant vécu un trauma non-interpersonnel, tel qu’une catastrophe naturelle. Notre étude a essayé d’identifier les symptômes qui sont susceptibles d’être développés chez les personnes souffrant d’un traumatisme interpersonnel, et ceux qui se retrouvent plutôt chez les victimes de traumatismes non-interpersonnels. Une première étude qui propose des comparaisons entre les survivants de blessures interpersonnelles et non-interpersonnelles a démontré que, malgré le fait que les symptômes du TSPT se retrouvent plus fréquemment chez les survivants de blessures interpersonnelles en phase aigüe (moins de quatre semaines après le trauma). Les deux catégories de survivants se confondent en phase chronique (plus de douze semaines après le trauma), excepté sur certains symptômes spécifiques. Une étude subsidiaire se basant sur des données représentatives de la population a montré que les personnes ayant subi un trauma interpersonnel excessivement intime (tel qu’une agression sexuelle ou des violences familiales) ont davantage de risques de vivre une détresse psychologique lors de réminiscences de l’évènement et s’efforcent alors à ne pas y penser. Cela conduit aussi au développement de nouveaux symptômes sociaux comme le détachement des autres et la restriction affective. Les individus qui ont souffert d’un événement traumatique interpersonnel, qu’il soit intime ou non, vont plus fréquemment chercher à éviter les lieux et personnes associées à l’événement, et vont témoigner une hypervigilance et des réactions défensives exagérées. Dans cette étude comme dans la précédente, les différences qui se remarquent distinctement entre les personnes victimes d’un trauma interpersonnel et celles victimes d’un trauma non-interpersonnel sont des symptômes très spécifiques du TSPT, liés à la peur.


Exposition traumatique et phénoménologie des cauchemars du Trouble de Stress Post-Traumatique

La répétition de rêves angoissants liés à un trauma est un des critères clés permettant de diagnostiquer le TSPT, pourtant il n’existe que très peu d’informations au sujet des cauchemars post-traumatiques. Nous avons étudié les rêves d’anciens combattants souffrant de TSPT avec pour objectif d’enrichir les critères d’identification du TSPT renseignés dans le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (ouvrage de référence utilisé par des professionnels de santé du monde entier). Tous les vétérans ont indiqué que les cauchemars liés à leur trauma surviennent de façon récurrente depuis l’événement en question, sans être altérés par le temps. Ce qui suggère que ces rêves qui perdurent dans le temps, sont aussi ceux qui sont le moins sujets au changement. Les cauchemars de ces anciens combattants ont été caractérisés comme hautement dérangeants, et ont parfois conduit au réveil immédiat de la personne. De plus, cela a permis de mettre en évidence que l’état émotionnel relatif à ces rêves et à l’événement traumatique est important pour le diagnostic, ce qui n’est pas le cas pour les similitudes observées entre le rêve et le souvenir de l’événement. Ces découvertes ont des conséquences notables pour la gestion des personnes souffrant de douleur et de détresse psychologique.


Douleur et trauma


La douleur chronique est une pathologie difficile à vivre relativement commune chez les populations ayant souffert d’un trauma, et elle est souvent associée au TSPT. Ce programme de recherche a pour but de clarifier la relation entre ces troubles. De multiples études que nous avons réalisées montrent que le TSPT et la douleur chronique ont des facteurs de vulnérabilité en commun, ce qui augmente le risque de contracter les deux troubles et expliquerait leur comorbidité fréquente. Nous avons rapidement mis en place des thérapies comportementales et cognitives (TCC) pour des patients souffrant de douleurs aiguës et de TSPT, d’anxiété et/ou de symptômes de dépression. Des améliorations significatives ont été constatées au bout de douze mois sur les symptômes psychologiques et sur la douleur ressentie, en comparaison des patients ayant reçu un traitement classique. Ces découvertes témoignent du lien étroit qu’il existe entre la douleur et la détresse psychologique ressenties chez une personne, et montrent que ces deux troubles peuvent mutuellement s’amplifier. Les recherches suivantes que nous avons menées ont permis de déterminer que les symptômes psychiatriques jouent un rôle plus important que les symptômes physiques dans l’acceptation de l’invalidité pouvant suivre un trauma. Ces résultats sont prometteurs pour le traitement des patients souffrant de douleur et de détresse psychologique.


Apparition tardive


L’apparition tardive du TSPT peut conduire à un diagnostic controversé car il a de fortes implications cliniques et financières. Pourtant, la recherche sur ce phénomène est généralement effectuée de manière rétrospective et avec une méthodologie appauvrie. Nous nous sommes fixé pour objectif d’aller au-delà de ces limitations en menant une étude prospective rigoureuse et consciencieuse, afin d’identifier la prévalence du TSPT tardif sur un échantillon de patients ayant souffert un traumatisme, pour finalement déterminer comment différencier un TSPT tardif d’un TSPT chronique. Les résultats observés suggèrent qu’au bout de douze mois après l’événement, les deux pathologies sont autant présentes l’une que l’autre. Elles peuvent cependant être distinguées en fonction de la sévérité de la douleur ressentie lors du troisième mois qui suit l’événement. Il est important de retenir que dans de nombreux cas, le TSPT tardif s’est développé sans autres symptômes antérieurs. Ces découvertes montrent l’importance de tenir compte des multiples formes que peut prendre le TSPT, dans les critères de son diagnostic.

Traduction de courtoisie par François Kluba depuis Phoenix Australia

cauchemars ivm

Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) et Sommeil

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Faits importants à savoir sur le Trouble de Stress Post-Traumatique et le sommeil


● Le TSPT peut survenir après une période de stress et de trauma extrême.
● Parmi les symptômes du TSPT, on peut trouver les troubles du sommeil.
● Le traitement pour ces troubles dépend de comment le TSPT affecte le sommeil.
● De nombreux traitements sont disponibles.
Comment le TSPT affecte-t-il le sommeil ?
De nombreux troubles du sommeil peuvent être associés au TSPT. Pour plus d’information
sur les troubles mentionnés ci-dessous, merci de vous référer aux pages connexes du site
internet.
● L’anxiété extrême du TSPT (causée par un traumatisme ou une catastrophe) peut
sérieusement perturber le sommeil. Dans certains cas, l’anxiété débute quelques
mois après l’événement traumatique. Il est alors possible d’être envahi par un
sentiment de peur intense, d’horreur, d’impuissance. Voir Anxiété et Sommeil.
● Les personnes souffrant de TSPT présentent un taux de dépression plus élevé que
la moyenne, ce qui est souvent associé à un mauvais sommeil. Voir Dépression et
Sommeil.
● Les effets secondaires des soins utilisés dans le traitement des symptômes du TSPT,
comme ceux utilisés pour traiter la dépression et l’anxiété, peuvent causer des
problèmes de sommeil. Parlez-en avec votre médecin.
● Les cauchemars. Ces derniers peuvent prendre une forme de flashback nocturne de
l’événement ayant causé le TSPT. Les cauchemars peuvent être liés au TSPT de
manière symbolique, mais peuvent aussi être effrayants et n’avoir aucun sens.
● Il est possible de ressentir d’autres problèmes liés au sommeil tels que les terreurs
nocturnes, le somnambulisme, la somniloquie (parler dans son sommeil), les rêves
déplaisants, les sueurs nocturnes ou encore le Trouble du Comportement en
Sommeil Paradoxal, lors duquel les rêves peuvent être mis en acte dans la réalité.
● L’insomnie. Les personnes souffrant de TSPT peuvent avoir du mal à s’endormir ou
à rester endormies. Il est possible qu’elles se réveillent en pleine nuit et soient alors
dans l’impossibilité de se rendormir.
● Les problématiques liées à l’horloge biologique, comme le Syndrome de Retard de
Phase du Sommeil, peuvent survenir chez les personnes atteintes de TSPT. Si vous
n’arrivez pas à vous endormir avant une heure très tardive le soir, et ressentez le
besoin de continuer à dormir le matin, il y a des chances que vous soyez victime de
ce syndrome.
● L’Apnée Obstructive du Sommeil peut être causée par un gain de poids induit par un
changement de rythme de vie lié au TSPT. Si l’apnée du sommeil est sévère,
certains traitements tels que le Seroquel peuvent représenter un risque
supplémentaire.
● Il est important de rappeler qu’un mauvais sommeil est capable de faire empirer les
autres symptômes du TSPT.


Comment ces troubles du sommeil peuvent-ils être traités chez les personnes
souffrant d’un Trouble de Stress Post-Traumatique ?


Pour nombre de ces problèmes, il est important de garder de Bonnes Habitudes de
Sommeil. Les personnes à risque de subir un TSPT occupent souvent des postes à horaires
variables, tels que les fonctionnaires de police, les forces armées ou les services d’urgences
(pompiers, ambulanciers…). Une personne souffrant de TSPT qui travaille à des horaires
irréguliers doit faire particulièrement attention à optimiser la durée et la qualité de son
sommeil. Il est possible de trouver de l’aide chez un psychologue du sommeil.

Les cauchemars peuvent généralement être traités grâce à la Thérapie par Répétition
d’Imagerie Mentale (IMV). Cette thérapie consiste à décrire le scénario d’un cauchemar, en
remplaçant cependant la fin par quelque chose de plus heureux. Chaque nuit, en allant vous
coucher, vous devez lire ce scénario plusieurs fois à voix haute. Ensuite, vous utilisez une
technique de relaxation pour vous endormir. Le cauchemar survient, mais cette fois il ne se
termine pas de façon négative. Avec le temps, il finira par disparaître complètement. Le
succès de cette méthode dépend de la nouvelle fin du cauchemar, ce qui signifie qu’elle doit
être soigneusement choisie. Un psychologue du sommeil peut aider dans cette sélection.

Le Trouble du Comportement en Sommeil Paradoxal peut lui aussi être soigné avec la
Thérapie par Répétition d’Imagerie Mentale. Bien souvent, un traitement avec
benzodiazépine Clonazépam (Rivotril) est prescrit.

Le somnambulisme ainsi que la somniloquie sont traitables par hypnose. Une partie du
traitement consiste généralement à mettre en pratique des méthodes de relaxation utiles au
moment d’aller se coucher.
Pour les militaires souffrant de troubles du sommeil et de Stress Post-Traumatique, les
somnifères ne marchent habituellement pas. Cela est dû au fait que ces personnes sont
entraînées à être constamment sur leurs gardes. En un mot, le fait d’être sur le qui-vive se
traduit par une difficulté à dormir profondément la nuit. L’hypnose peut aider à désapprendre
ce comportement.

Le Syndrome de Retard de Phase du Sommeil (SRPS), qui repousse les heures
d’endormissement habituelles, est commun chez les personnes ayant fait la guerre.

Un
ancien soldat peut se refuser à dormir jusqu’aux premières lueurs du jour. Ceci s’explique
par la crainte que des cauchemars surviennent s’ils dorment dans l’obscurité. En
conséquence, l’horloge biologique se dérègle année après année et se bloque dans un
cycle de sommeil qui n’est pas naturel. Il est aussi possible que le SRPS découle des
horaires irréguliers imposés lors des tours de garde pour un militaire, ou encore du
changement permanent de fuseaux horaires auquel les officiers de la marine sont
confrontés. Et les somnifères ne permettent pas de rétablir cette horloge biologique. Ce
qu’ils font, c’est masquer le problème sous-jacent, bien souvent sans apporter un renouveau
de sommeil. La Mélatonine est un moyen potentiel de résolution de ces problèmes.

Traduction de courtoisie par François Kluba depuis Sleep Health Foundation

traumatisme et troubles du sommeil

L’impact du SSPT sur le sommeil

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Outre le fait que les cauchemars et l’activation neurovégétative (sursauts) sont des symptômes directs du SSPT qui interrompent le sommeil, les recherches montrent que les personnes qui souffrent de SSPT ont 75 % plus de chances de souffrir d’insomnie. Dans la plupart des cas, cela est dû à l’état de stress constant dans lequel ces personnes vivent.

Le stress qui conduit à l’insomnie

Notre corps produit naturellement une hormone appelée cortisol. Le cortisol, souvent appelé “hormone du stress”, est produit dans les glandes surrénales tout au long de la journée et joue un rôle important dans notre réaction de “lutte ou de fuite”. La nuit, le taux de cortisol devrait naturellement diminuer. Cependant, lorsque notre corps vit dans un état de stress constant, les niveaux de cortisol restent élevés. Par conséquent, notre corps ne peut pas se détendre suffisamment pour s’endormir. C’est à cause de ces niveaux élevés de cortisol que les personnes souffrant de SSPT sont constamment sur-activées et incapables de s’endormir.

Les autres raisons pour lesquelles les personnes souffrant de SSPT ne peuvent pas s’endormir

  • Les cauchemars

Pendant le sommeil paradoxal, le stade le plus profond du sommeil où nous faisons l’expérience des rêves, notre cerveau traite également les souvenirs et les émotions. Un cauchemar est un rêve dérangeant souvent associé à des émotions négatives. Le cauchemar occasionnel est courant chez toutes les personnes à tout âge. Cependant, certaines personnes, comme les personnes souffrant de SSPT, font régulièrement des cauchemars qui provoquent de la détresse, un manque de sommeil et, finalement, la peur de s’endormir.

Il est intéressant de noter que les cauchemars causés par des expériences traumatiques sont quelque peu différents du cauchemar ordinaire. La moitié des survivants du SSPT font des cauchemars qui sont la répétition exacte de l’événement traumatique en lui-même. Les cauchemars des survivants du SSPT sont également plus susceptibles de se produire plus tôt dans la nuit et à différents stades du sommeil, par rapport aux cauchemars habituels qui se déroulent généralement pendant la deuxième moitié de la nuit pendant le sommeil paradoxal.

Les cauchemars chroniques sont souvent traités par la thérapie de répétition d’images (TRI), où une personne dont les cauchemars la perturbent réimagine la fin du cauchemar pendant qu’elle est éveillée afin qu’il ne la perturbe plus. Il a été démontré que le fait de rejouer le cauchemar avec la fin “réimaginée” à maintes reprises alors qu’elle est éveillée réduit la fréquence des cauchemars.

  • La maladie mentale

Bien que le SSPT lui-même ait été classé comme une maladie mentale, il peut également provoquer le développement d’autres maladies mentales telles que la dépression ou les troubles anxieux. Il existe une corrélation directe entre les maladies mentales et les troubles du sommeil. Les troubles du sommeil les plus courants associés aux maladies mentales sont l’insomnie (incapacité de dormir) et l’hypersomnie (trop de sommeil). La relation entre ces deux troubles varie en gravité et en complexité selon les différentes pathologies. Pourtant, ce que les chercheurs savent, c’est que le manque de sommeil peut aggraver les maladies mentales, rendant plus difficile pour les personnes qui en souffrent de faire face aux symptômes de leur trouble.

  • La douleur

(…) L’autre raison pour laquelle le SSPT et les problèmes de douleur chronique se produisent simultanément est que l’activation neurovégétative, l’un des symptômes les plus courant du TSPT, provoque une tension musculaire constante qui amène une douleur chronique. La douleur rend le sommeil difficile. Pour s’endormir, votre corps doit être détendu ; cependant, l’inconfort causé par la douleur vous empêche de vous détendre, ce qui rend l’endormissement difficile.

Conseils sur le sommeil et options de traitement pour les personnes souffrant de SSPT

Malgré les maux dont souffrent les personnes atteintes de SSPT, il y a de l’espoir de trouver un soulagement à ces symptômes troublants, en particulier l’insomnie.

  • Thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie

Également connue sous le nom de CBT-I, cette méthode de thérapie consiste en de fréquentes séances de thérapie visant à discuter des problèmes de sommeil et des stratégies pour les gérer. Par exemple, l’IRT pour les cauchemars. Ce type de thérapie permet d’identifier le lien entre l’état de santé mentale, en l’occurrence le SSPT, et le trouble du sommeil.

  • Psychothérapie

Il s’agit d’une thérapie similaire à la TCC en ce sens qu’elle est basée sur la discussion. Cependant, la psychothérapie n’est pas uniquement axée sur le sommeil. Elle est plutôt conçue pour permettre aux individus de surmonter leur expérience traumatique et l’anxiété qu’elle leur cause. Lorsque ces problèmes de santé mentale, qui sont à l’origine du problème, sont résolus, s’ensuit généralement un sommeil réparateur.

  • Thérapie de relaxation

Comme l’activation neurovégétative est souvent un mal courant pour les victimes de stress post-traumatique, la thérapie de relaxation aide ces personnes à trouver un moyen de se calmer. Bien que cela nécessite une pratique régulière, les personnes souffrant de SSPT peuvent éventuellement trouver un moyen de se calmer afin de pouvoir s’endormir.

  • Amélioration de l’hygiène du sommeil

L’hygiène du sommeil n’est qu’une façon élaborée d’aborder les habitudes de sommeil et l’environnement dans son ensemble. Pratiquer une bonne hygiène du sommeil signifie faire du sommeil une priorité, s’en tenir à l’heure du coucher, se détendre la nuit et créer un environnement apaisant propice au sommeil. L’hygiène du sommeil comprend également les équipements de sommeil que vous utilisez, à savoir un matelas de soutien, les bons oreillers et des draps confortables.

Si vous souffrez d’un sommeil perturbé, examinez votre hygiène du sommeil d’un point de vue holistique. Votre matelas contribue-t-il à votre problème de douleur parce qu’il a perdu son maintien ? Votre chambre est-elle fraîche, calme et sombre ? Évitez-vous la lumière bleue avant de vous coucher ? Lorsque les problèmes de santé mentale hors de votre contrôle ont un impact sur le sommeil, faites de votre mieux pour prendre des décisions éclairées sur l’environnement que vous pouvez contrôler.

  • Voir un médecin

Beucoup se font soigner dans des établissements médicaux locaux par des médecins qui ne connaissent pas forcément leur passé. Par conséquent, ils ne se renseignent pas toujours sur le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ni sur d’autres problèmes liés au sommeil. Par conséquent, toute personne susceptible de souffrir de SSPT ou d’insomnie doit soulever cette question auprès de son médecin. Demander l’aide de professionnels de la santé est une première étape importante pour gérer les effets de ce trouble psychologique.

Traduit et adapté par courtoisie de The Authentic Path

violences sexuelles sommeil

La recherche se penche sur les causes des cauchemars qui hantent les femmes ayant survécu à un traumatisme sexuel

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Résumé : Le fait d’avoir des difficultés à s’endormir, en plus de se remémorer les expériences traumatiques et autres événements perturbants avant de dormir, augmente les chances des survivants de traumatismes sexuels de faire des cauchemars post-traumatiques.

Source : Université du Kansas

On estime que jusqu’à 88% des victimes de viols ou d’agressions souffrent de cauchemars persistants qui peuvent se produire plusieurs fois par semaine, a priori de manière aléatoire.

Une nouvelle étude de psychologues de l’Université du Kansas vient d’être publiée dans le Journal of Traumatic Stress. Elle tente de faire la lumière sur les déclencheurs des cauchemars post-traumatiques – un sujet qui n’a fait l’objet que de peu d’études.

Cette étude est la première à montrer que le fait d’avoir des difficultés à s’endormir, tout en pensant au traumatisme ou à d’autres événements négatifs avant de dormir, pourrait augmenter les chances de faire un cauchemar post-traumatique.

”Nous avons constaté que la “latence d’endormissement”, c’est-à-dire le temps qu’il faut à une personne pour s’endormir, et l'” activation cognitive pré-sommeil “, c’est-à-dire le fait de s’inquiéter ou de réfléchir avant d’aller au lit, étaient les deux principaux indicateurs d’un cauchemar “, a déclaré l’auteur principal, Westley Youngren, doctorant en psychologie clinique à l’Université de Californie.

Dans le cadre de cette étude, M. Youngren et ses co-auteurs, Nancy Hamilton, professeur associé de psychologie clinique à la KU, et Kristopher Preacher de l’université Vanderbilt, ont recruté 27 étudiantes qui ont fait état de cauchemars fréquents liés à des traumatismes sexuels. En plus des entretiens et des questionnaires visant à évaluer le niveau de dépression générale et les symptômes liés à l’anxiété, ces participantes ont été invitées à remplir des registres avant et après leur sommeil, et ce pendant six jours.

“Si une personne mettait 60 ou 90 minutes à s’endormir et que pendant ce temps elle s’inquiétait ou pensait au traumatisme, elle risquait alors de faire un cauchemar”, a déclaré M. Youngren. “C’est généralement l’interaction des deux qui permettait de prédire l’apparition d’un cauchemar. C’est en réalité amorcer l’esprit pour avoir un contenu de rêve sur le traumatisme, qui va ensuite se traduire par un cauchemar”.

M. Youngren a déclaré qu’il espérait que les résultats pourraient être utilisés dans un cadre clinique pour aider les survivants de traumatismes sexuels à réduire ou à éviter les cauchemars.

“Les cauchemars récurrents sont assez fréquents chez les survivants de traumatismes, et ils sont pénibles – se manifestant souvent comme des cauchemars de l’événement exact qui s’est produit”, a-t-il déclaré. “Si un individu est violé, il peut faire des cauchemars d’agression à nouveau, tout comme les personnes qui ont été au combat font des cauchemars de combat”.

Les cauchemars post-traumatiques sont liés à l’insomnie et peuvent se produire simultanément avec la dépression, l’anxiété, les facteurs de risque cardiovasculaire, l’abus d’alcool, les idées suicidaires et les tentatives de suicide.

Actuellement, on prescrit notamment un médicament pour le rythme cardiaque appelé Prazosin ainsi qu’une technique thérapeutique qui permet à un survivant de “réécrire” ses cauchemars pour s’habituer à rêver différemment. M. Youngren a déclaré qu’une compréhension plus précise de ce qui déclenche les cauchemars pourrait conduire à des traitements plus efficaces.

“La thérapie basée sur la réécriture a certes plus d’effets que l’utilisation de la Prazosine, mais elle n’est toujours pas aussi élevée que d’autres types de traitements pour d’autres troubles psychologiques”, a déclaré M. Youngren.

L’intérêt de M. Youngren pour la recherche sur les cauchemars traumatiques remonte à l’époque où il était un marine américain.

“Quand j’étais dans l’armée, je me disais : ‘Bon, je veux trouver un travail où je peux dormir tout le temps’. Parce que je ne dormais pas du tout dans l’armée. J’ai donc voulu faire des recherches sur le sommeil. J’ai fait mes études de premier cycle à l’université de Tulsa avec une personne qui a créé l’un des traitements contre les cauchemars. J’ai commencé à travailler avec elle et à m’impliquer dans le travail de traumatologie – et j’ai vraiment compris que les cauchemars étaient la combinaison parfaite entre la recherche sur le sommeil et le travail de traumatologie. Je suis donc devenu un vrai passionné et j’ai cherché une expérience de troisième cycle où je pourrais étudier ces cauchemars post-traumatiques, ce qui m’a amené à l’Université de Californie.

M. Youngren prévoit d’obtenir son doctorat d’ici 2022 et espère faire carrière dans la recherche sur les cauchemars post-traumatiques.

Source : Université du Kansas

Contacts pour les médias : Brendan M. Lynch – Université du Kansas

Recherche originale : Accès fermé – “Assessing Triggers of Posttrauma Nightmares”. par Westley A. Youngren, Nancy A. Hamilton, Kris j. Preacher.

Journal of Traumatic Stress doi:10.1002/jts.22532

Traduit par courtoisie depuis Neuroscience News

tspt et déclencheurs

Vivre une crise en mode de survie

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Dans ce monde en crise, nos réactions aux traumatismes se multiplient. Les approches que nous utilisons sont aussi diverses que la population humaine. Nous avons tous nos stratégies de survie et nos mécanismes d’adaptation qui proviennent de nos environnements spécifiques. Bien que les méthodes puissent être différentes, il existe des similitudes dans la façon dont nous traitons le moment présent après un traumatisme. Et je sais que le monde a beaucoup plus de traumatismes que nous ne le pensons. Alors regardons ce que beaucoup d’entre nous font en ce moment pour survivre à cette crise au détriment des efforts de reconstruction que nous avons réussi à mener pendant notre vie d’adulte.

Nous sommes anesthésiés. Je suis consciente que ce n’est pas nouveau pour la plupart des survivants de traumatismes. Nous passons souvent du temps dans cet état d’engourdissement et nous n’avons pas besoin d’une crise pour nous y mettre. Mais en ce moment, nous pouvons avoir du mal à ressentir quoi que ce soit. Pour certains, cela peut sembler être une forme de progrès. Si vous étiez habitué à vous sentir continuellement suicidaire ou en colère, l’engourdissement pourrait être considéré comme un changement bienvenu. Mais croyez-le ou non, ressentir nos émotions est une étape supérieure à l’engourdissement. Je sais. Je sais. J’entends déjà la résistance collective à cette affirmation. Mais écoutez-moi bien. Lorsque nous sommes engourdis, nous neutralisons notre part intérieure qui veut partager ce qu’elle ressent. Nous la fermons. À long terme, ce n’est pas sain. Mais il se peut que ce soit notre réalité en ce moment même.

Nous sommes distraits. Les distractions sont plus difficiles à trouver en isolement, mais pas impossibles. Nos défenses peuvent être très créatives. Avec un vaste monde virtuel et un virus qui fait tourner les têtes, nous nous laissons distraire de nos sentiments. Et je sais que ma tendance à utiliser les médias sociaux a atteint des sommets. Je passe désormais plus de temps devant la télévision à regarder des films. Je trouve aussi qu’il est très facile de se laisser happer par l’hystérie du virus, et de lire beaucoup plus d’articles que nécessaire. La tendance à être trop distrait en ce moment est très forte.

Nous ne dormons pas bien. Beaucoup de gens ont un rythme de vie différent de celui qu’ils avaient avant la crise. Mais même si ce n’est pas le cas, les habitudes de sommeil peuvent se trouver modifiées et changer. Lorsque nous dormons, nous nous connectons avec notre inconscient. Notre inconscient exprime ses peurs sous forme de rêves et de cauchemars. Nos déclencheurs se manifestent dans notre sommeil s’ils sont bloqués lorsque nous sommes éveillés. Nous pouvons donc avoir du mal à nous reposer la nuit, même si nous nous sentons bien pendant la journée.

L’esprit nous raconte des histoires. L’esprit est fait pour raconter des histoires. Même chez les personnes peu traumatisées, l’esprit est enclin à raconter des histoires qui débordent de la vérité. Nous avons créé des histoires pour traverser une enfance avec une vérité qui était trop dévastatrice pour qu’on puisse l’affronter. Et ces histoires ont tendance à résister à l’épreuve du temps. Elles deviennent essentielles pour la survie. Mais il y a une autre façon d’utiliser les histoires. Nous les utilisons pour expliquer nos émotions passées. Nous concevons des histoires pour expliquer pourquoi nous ressentons ce que nous ressentons. Nos émotions sont des flashbacks, mais nous ne pouvons pas faire face à cette vérité. Nous nous disons donc que nos émotions sont liées à la situation actuelle. Dans la réalité présente, c’est très facile à faire. Nous pouvons établir un lien entre toutes nos émotions traumatisantes et cette crise. Cela n’a jamais été aussi facile. Et cela nous maintient dans une boucle de récit difficile à rompre.

Alors, je vous en prie, allez-y doucement. Faites preuve de compassion pour vos défenses. Nous en faisons l’expérience au niveau mondial en ce moment même. Observez vos défenses. Ancrez-vous aussi souvent que vous pensez à le faire. Et laissez-vous un peu d’espace pour être moins productif, plus épuisé et moins conscient que la normale. Il n’y a rien qui cloche chez vous. Vous réagissez à une expérience traumatisante par une réaction traumatique que vous avez utilisée pour survivre à une enfance traumatisante. Malgré ce que vous lisez peut-être ailleurs, vous réagissez normalement. Et prendre conscience de cette réaction normale fait autant partie de notre parcours de guérison que de toute autre étape.

Traduit par courtoisie depuis Beating trauma