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La honte chronique et toxique : Ce que c’est que de vivre avec.

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chronique et toxique

Les personnes souffrant de honte chronique et toxique en sont affectées dans de nombreux domaines de vie. Parfois, ces personnes ne sont même pas conscientes de l’impact que cela a sur elles. Certaines vous diront quelque chose comme : “Je me sens tout le temps mal dans ma peau.

“Je reçois souvent des commentaires, messages et courriels me disant : ” Je viens de lire votre article et c’est exactement ce que je ressens, mais je ne savais pas comment le formuler! Merci beaucoup !” . Voilà à quel point il peut être difficile de verbaliser ce qui se passe quand on a constamment honte. De plus, cela s’accompagne souvent d’autres sentiments désagréables, comme la culpabilité toxique, douter de soi, la colère, l’impuissance, le désespoir ou la solitude.

Voici quelques-uns des problèmes les plus courants auxquels sont confrontées ces personnes et pour lesquels ils ont honte.

Culpabilité et responsabilité trompeuse

La responsabilité et la culpabilité toxique sont deux choses qui vont souvent de pair avec la honte chronique. La personne a tendance à se blâmer pour les choses dont elle n’est pas responsable. Par conséquent, elle se sent aussi investie d’un sens des responsabilités écrasant. Et quand on se sent responsable des autres, il est très difficile de dire non ou de fixer des limites plus fermes. Par conséquent, on a tendance à accepter trop de responsabilités et d’obligations. On est aussi trop gentil et crédule. C’est un énorme problème parce qu’une telle personne est susceptible d’être manipulée par des personnes ayant une personnalité toxique : narcissiques, psychopathes, sociopathes, malfaiteurs, voleurs et autres prédateurs de toutes sortes. (…)

Le vide

De plus, les personnes qui souffrent de la honte toxique se sentent souvent vides et ne ressentent pas de véritable bonheur à long terme. Les gens qui se situent dans le spectre narcissique et toxique font face à ce manque en se comparant pathologiquement aux autres et en essayant de les dévaloriser pour se sentir supérieur. Ils recherchent le pouvoir et le contrôle sur les autres, le statut social, la célébrité, la notoriété, etc. Tout ce qui peut prouver qu’ils ne sont pas aussi inutiles et déplaisants que ce qu’ils perçoivent d’eux-même.

Les autres s’effacent, se sacrifient et se dévouent afin de se sentir utiles et indispensables, même si c’est au détriment de leur propre bien-être. Enfant, ils ont appris que le but de leur existence était de répondre aux besoins des autres. Ils ressentent donc simplement un vide existentiel s’il n’y a personne pour s’occuper d’eux.

Automutilation et négligence personnelle

Nombre de ceux qui vivent avec une honte chronique et toxique ont de la difficulté à prendre soin d’eux-mêmes. C’est difficile de prendre soin de soi-même si personne ne se souciait vraiment de nous quand on était petit. C’est pourquoi les personnes qui ont été négligées dans leurs premières années de développement ont tant de mal avec cet aspect. Certains se causent même activement du tort. (…) :”Si un enfant n’est pas autorisé à ressentir certaines émotions, comme la colère, il apprend à y faire face de façon destructive et autodestructrice, ce qui implique souvent l’automutilation et la négligence personnelle. Ce sont là des moyens “plus acceptables” de communiquer leurs émotions”.

Anxiété sociale

La honte est une émotion qui nous donne envie d’éviter les autres. Elle est souvent illustrée par une personne qui se couvre le visage ou qui essaie de se cacher. Par conséquent, une personne qui ressent une honte chronique cherche, la plupart du temps, à se cacher des autres.

Ceci est le résultat d’expériences sociales douloureuses dans le passé, généralement dans l’enfance, où les autres représentaient un danger et infligeaient souffrance et tristesse. Ces expériences ont amené l’individu à apprendre que les autres, ou les interactions sociales en général, sont le plus souvent associés à des douleurs émotionnelles et même physiques, à des situations de malaises ou de menaces.

Sur le plan comportemental, il en résulte de l’évitement, de la gêne, de la timidité, parfois jusqu’à être terrorisé de passer un appel ou de s’isoler complètement dans son espace personnel, hors de danger.

Il est intéressant de noter que les personnes ayant de fortes tendances narcissiques et autres traits de personnalité toxiques ont tendance à composer avec leurs sentiments de honte chronique et d’inutilité en étant plus extravertis. Ils cherchent à attirer l’attention et se comportent comme des enfants capricieux, irritables, irresponsables, niant la réalité. Leur comportement est souvent qualifié d’antisocial, en ce sens qu’il est nuisible aux autres et à eux-même (à ne pas confondre avec asocial, ce qui signifie simplement que la personne n’aime pas les interactions sociales).

La solitude

Etant donné que la honte toxique découle d’expériences douloureuses et traumatisantes vécues dans l’enfance, maltraitée par les autres, des problèmes de confiance peuvent se développer. Le fait d’avoir des difficultés à faire confiance a pour conséquence de ne pas avoir de limites et, par extension, de nouer des relations malsaines et de vivre avec un sentiment chronique de solitude. Certaines personnes ont l’impression d’être un fardeau et ne veulent pas déranger les autres. Pour elles, il est très difficile de demander de l’aide ou d’exprimer des préférences.

Certains sont trop agressifs et narcissiques, ce qui décourage immédiatement les gens plus sains. Par ailleurs, une personne narcissique ne veut pas ou ne peut pas se rendre compte qu’elle est incapable d’établir ou d’entretenir des relations saines et harmonieuses. Pour elle, le problème vient toujours de l’autre. Par conséquent, elle ne peut même pas s’attaquer au problème parce qu’elle en nie l’origine et se retrouve donc coincée dans sa solitude.

Certains sont trop dans le besoin et attendent que les autres s’occupent et fassent des choses pour eux. Ils ont intériorisé la croyance qu’ils sont trop incompétents, impuissants et dépendants, ce qui, malheureusement, repousse les personnes qui veulent une relation égalitaire et mature.


Résumé et mot de la fin

La honte toxique est une problématique complexe et compliquée. Elle ronge la personne de l’intérieur et affecte tous les aspects de sa vie. Beaucoup de gens ne sont même pas conscients de ce qu’ils ressentent. Et parmi ceux qui le sont, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à le verbaliser clairement et à le comprendre.

La honte chronique et toxique, comme la plupart des problèmes psychologiques, est enracinée dans une éducation douloureuse et traumatisante, où la personne a été maltraitée et a appris qu’elle était mauvaise, qu’elle méritait des punitions, qu’elle était indigne de bonnes choses, qu’elle souffrait d’une déficience innée, etc.

Les conséquences d’une telle éducation sont souvent dévastatrices et durables. Les problèmes les plus courants, auxquels une personne ayant vécu ces expériences est confrontée, sont la culpabilité et une responsabilité trompeuse, un sentiment constant de vide et d’insatisfaction, de la négligence personnelle, l’effacement et l’autodestruction, une phobie sociale et des problèmes interpersonnels, un isolement chronique, des difficultés à faire confiance, mais aussi des relations toxiques ou malsaines et de la difficulté à poser des limites.

Il est possible de surmonter la honte toxique ou du moins de la gérer, mais cela demande beaucoup de travail personnel. Il est aussi très utile d’avoir une aide professionnelle avec laquelle vous pourrez établir une relation thérapeutique, ainsi que quelques personnes proches, car les problèmes qui découlent de la maltraitance sont plus faciles à résoudre dans un environnement social bienveillant.

Source : By Darius Cikanavicius

/ PsychCentral

Émotions

Cinq citations pour m’aider à comprendre le Syndrome de Stress Post-Traumatique complexe chez mon partenaire

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traumatisme

Il est difficile de comprendre le syndrome de stress post-traumatique complexe. En tant que compagne d’un homme atteint du SSPT, je suis confrontée à des difficultés. Certaines sont tout simplement incompréhensibles.

Quand je découvre une citation claire qui résume une composante clé du SSPT Complexe, c’est comme trouver une pierre précieuse. C’est un moment d’illumination et je peux sentir mon anxiété se dissiper. (…)Aujourd’hui, je partage cinq de mes citations préférées qui me permettent de décoder le syndrome de stress post-traumatique chez mon compagnon. Je vais aussi vous expliquer pourquoi, car j’espère que ces mots vous aideront aussi.

1 : LA CONFIANCE

L’un des principaux dilemmes du SSPT est que votre désir de relation est en opposition directe avec votre mémoire qui vous dit que les relations sont dangereuses.

Arielle Schwartz, PhD. The Complex PTSD Workbook : A Mind-Body Approach to Regaining Emotional Control & Becoming Whole.

Pourquoi cette citation :

Vivre l’expérience de cette assertion est un défi pour les partenaires, les personnes qui soutiennent les survivants, et les survivants eux-mêmes. Bien que l’entourage essaie d’offrir de l’amour, de l’attention et un sentiment de sécurité, lorsque le cerveau et le corps signalent un danger, nos efforts peuvent ne pas suffire. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les partenaires ont besoin de soutien pendant les périodes difficiles et les survivants tirent profit de l’inclusion de la neurobiologie dans le traitement du traumatisme.

2 : LE TRAUMATISME DU DÉVELOPPEMENT

Avec le traumatisme du développement, la table n’a pas été correctement mise de niveau ou a été construite sans beaucoup d’attention ou de savoir-faire, et donc tout ce qui est posé sur la table est peu susceptible de recevoir le soutien nécessaire.

Kathy L. Kain et Stephen J. Terrell. Favoriser la résilience : Aider les clients à aller de l’avant à partir d’un traumatisme développemental.

Pourquoi cette citation :

Cette citation parle des défis auxquels de nombreux survivants font face en essayant simplement d’accomplir les tâches de la vie quotidienne. La vie est beaucoup plus difficile lorsque votre biologie, votre neurologie et votre psychologie ne se sont pas développées comme prévu. Ces paroles sont un rappel indispensable de la nécessité d’avoir de la compassion pour les êtres chers et pour nous-mêmes.

3 : LE DANGER

Lorsque la sonnette d’alarme du cerveau émotionnel continue de vous signaler que vous êtes en danger, aucune lucidité ne peut la faire taire.

Bessel van der Kolk, MD. The Body Keeps the Score.

Pourquoi cette citation :

Cette citation explique pourquoi le fait de parler, de rassurer, de souligner les stratégies positives et autres stratégies cognitives n’est pas efficace lorsque l’amygdale et la structure cérébrale connexe sont activées. Bien évidemment, lorsque le langage est le principal outil de communication, le tintement de la sonnette d’alarme du cerveau crée des défis au sein de la relation. Cette citation peut également vous guider lorsque vous cherchez un traitement médical. Comme il a été mentionné, il est important de se renseigner sur le traitement des aspects neurobiologiques du traumatisme.

4 : LA HONTE

Les premières expériences étant marquées du manque d’appartenance et d’acceptation, elles peuvent favoriser des expériences de honte néfastes qui se manifestent par le sentiment de ne rien valoir, de ne pas être une personne que l’on puisse aimer et d’être une mauvaise personne.

Kathy L. Kain et Stephen J. Terrell. Favoriser la résilience.

Pourquoi cette citation :

Il y a beaucoup d’écrits sur la honte, mais je pense qu’il est important que l’entourage connaisse le type de honte qu’entraîne un traumatisme en début de vie. La honte que ressentent les personnes atteintes du syndrome de stress post-traumatique est omniprésente. Ce n’est pas uniquement dans les pensées, c’est une réponse physiologique. Comprendre cela peut aider à expliquer pourquoi cette honte ne peut pas être apaisée par des paroles ou des gestes rassurants.

5 : LA PROTECTION

Les traumatismes répétés exigent que vous créiez un système de défense qui vous protège. Et ces protections étaient vraiment cruciales. Ils vous ont sauvé la vie. Ils ont protégé votre vrai moi.

Gretchen L. Schmelzer, PhD. Voyage à travers le traumatisme : A Trail Guide to the Five-Phase Cycle of Healing Repeated Trauma.

Pourquoi cette citation :

Cette citation explique un autre aspect du traumatisme complexe rencontré par les proches : les mécanismes de défense. Comme le terme le suggère, les défenses sont là pour protéger même lorsque les circonstances actuelles ne l’exigent pas. Souvent, les partenaires se heurtent à ces mécanismes de défense. Pour moi, cela me donne l’impression de me heurter à un mur. Cependant, comprendre cela dans le contexte du passé de mon partenaire m’aide. Une thérapie qui traite et déconstruit ces mécanismes en toute sécurité est souvent nécessaire.

COMPRENDRE EST-IL SUFFISANT ?

Il est important de comprendre le SSPT de son partenaire. Cela explique les symptômes, crée un climat de compassion et offre un langage pour communiquer sur les problèmes. Mais ce n’est pas suffisant. Au cours de mon cheminement en tant que partenaire, j’ai utilisé mon groupe de soutien, ma thérapie, mon temps de bien-être personnel, ma créativité, mes amis et ma famille pour m’aider dans ce parcours. Essayez d’utiliser ces informations, et cherchez aussi des moyens de prendre soin de vous aussi !

Source : Heather Tuba

Conséquences psychotraumatiques

Les traumatismes de l’enfance – la boucle de la honte et ses mécanismes de défense

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Les effets angoissants de la honte

Le sentiment de honte peut être atrocement douloureux ; au pire, il peut nous amener à nous isoler complètement et ainsi éviter tout contact avec les autres, au point de devenir des reclus virtuels, osant sortir de notre maison ou appartement que si cela est absolument indispensable. En effet, le mot ” honte ” vient du mot indien ” sham ” qui signifie ” se cacher”.

Qu’est-ce que la honte ?

Lorsque nous avons honte, nous éprouvons des sentiments très négatifs envers nous-mêmes et nous nous voyons comme une bien piètre personne. Nous avons aussi tendance à penser que les autres nous jugent de manière tout aussi désobligeante. La sensation de honte implique aussi souvent des sentiments d’inadéquation, d’infériorité, d’incompétence, de dégoût de soi, de haine de soi, d’anxiété, de colère, de tension corporelle, de nausées et de transpiration/de sensation de chaleur excessive.

Les effets sur les relations

En raison de notre propre vision dépréciative et autocritique, nous nous imaginons que les autres ressentent la même chose à notre égard (ou le ressentiront lorsqu’ils découvriront que nous sommes une personne “horrible et répugnante”). Nous évitons donc de nous lier intimement, croyant que ces efforts seront futiles étant donné que nous serons “inévitablement rejetés” une fois que le “vrai” nous sera “découvert”.

Autres effets possibles de la honte

Il se peut aussi que nous essayions de nous défendre psychologiquement contre un sentiment de honte profondément enraciné. Par exemple :

  • nous pouvons être occupés à montrer une image superficielle de nous-mêmes lorsque nous interagissons avec les autres, ce qui, nous l’espérons, dissimulera “notre vileté”. Ceci peut conduire à se créer un “faux soi” qui empêche toute possibilité de relation authentique ou significative avec autrui (en d’autres mots, nous ”avons peur d’être qui nous sommes”.)
  • le perfectionnisme (dans une effort désespéré pour compenser les sentiments profonds d’inadéquation et d’infériorité qui peuvent accompagner ce sentiment envahissant de honte). Le ”bourreau du travail ” et le perfectionniste sont deux traits de personnalité qui démontrent une fragilité extrême, et qui servent à maintenir un semblant de respect de soi et de confiance en soi qui nous poussent vers une quête perpétuelle d’objectifs qui sont inévitablement inatteignables. Nous sommes alors très vulnérables à l’effondrement cataclysmique de notre estime personnelle, dans la mesure où elle n’a pas été construite sur des fondations suffisamment solides, ni durables.

Les trois types de honte

On peut distinguer trois types spécifiques de honte. Il s’agit de :

  • La honte intérieure
  • La honte extérieure
  • et la honte miroir

Voici la définition de ces trois types de honte :

La honte intérieure : c’est un sentiment de honte que nous ressentons envers nous-mêmes.

La honte externe : c’est lorsque nous percevons la mauvaise opinion que les autres ont de nous, ce qui nous fait ressentir de la honte.

La honte miroir : c’est lorsque nous ressentons de la honte par procuration, en raison de la manière dont l’autre s’est comporté envers nous – un membre de la famille ou un membre d’un groupe auquel nous nous identifions.

Bien souvent, le sentiment de honte intérieure et extérieure coexistent chez une même personne. Cependant, dans le cas de honte liée aux traumatismes de l’enfance, nous pouvons ressentir (de façon irrationnelle) un profond sentiment de honte intérieure, même si nous reconnaissons que les autres ne nous considèrent pas comme la résultante négative des événements que nous avons subi (il y a donc absence de honte extérieure).

La boucle de la honte

Selon Scheff (1990), en réponse à une enfance dans laquelle nous avons été constamment et profondément humiliés, nous pouvons sombrer dans une boucle de honte dans laquelle :

1- la honte est intériorisée et ne peut être évacuée, ce qui, à son tour, mène à …

2- avoir honte de ressentir de la honte, ce qui se traduit par …

3- un sentiment accru de honte – le sentiment de honte augmente et s’intègre dans la boucle de la honte de sorte que …

4- la première étape est réactivée avec une force encore plus destructrice et le cycle, en l’absence d’une intervention thérapeutique efficace, est revivifié.

La réticence à consulter un thérapeute

Comme on peut s’en douter, étant donné que les personnes ont honte d’avoir honte, il leur est très difficile de se confier aux autres sur ce qu’elles voient comme un “sombre secret”, ce qui les empêche de chercher une aide professionnelle et aggrave leurs problèmes.

Les mécanismes de défenses contre le sentiment intense de honte

Nathanson (1992) a identifié 4 réactions principales possibles au sentiment de honte dans une tentative (consciente ou non) de se défendre et de se protéger contre la souffrance émotionnelle que ce sentiment peut faire naître.

Les quatre mécanismes de défenses

Selon Nathanson, les 4 principaux mécanismes de défense qui sont activés pour se protéger de la honte (et qu’il considère comme étant le plus souvent acquis durant la petite enfance pour se protéger de sentiments intolérables) sont :

– le repli sur soi

– l’auto-destruction

– la fuite

– l’agressivité envers les autres.

Nathanson estime aussi que, bien que les individus puissent avoir recours à plusieurs mécanismes de défense (selon les circonstances qui ont provoqué le sentiment de honte), ils ont tendance à recourir à un ”mode par défaut” (c’est-à-dire une tactique défensive spécifique principale pour se protéger de la honte) auquel ils font le plus fréquemment appel.

La boussole de la honte

Nathanson a nommé ces quatre moyens de défense la “boussole de la honte”. Il a en outre expliqué que ces quatre moyens de défense étaient considérés comme s’inscrivant dans un continuum allant de “modéré” à “extrême”.Ainsi, par exemple, une attitude “modérée” de repli sur soi se traduit par l’évitement du regard, alors qu’à son ”extrême”, la personne peut totalement se couper des autres et vivre dans une cabane en bois dans la forêt tel un ermite.

Les Continuums

Voyons maintenant brièvement les quatre continuums sur lesquels reposent ces quatre mécanismes de défense.

1) Le repli sur soi

Aspect modéré : les épaules affaissées, le regard vers le bas, le rougissement, la bouche cachée par la main, le silence, le regard détourné, la solitude chronique.

Aspect extrême : l’éloignement physique, cognitif et émotionnel, l’isolement, la dépression, le repli sur soi, la solitude chronique, l’image de soi faussée et superficielle, l’hyper sensibilité au rejet et aux critiques (notamment les critiques sur la personnalité).

2) L’auto-destruction

Aspect modéré : comportement réservé, modestie, timidité, humour auto-dépréciateur.

Aspect médian : auto-sabotage, auto-négligence, auto-humiliation, effacement de soi, obséquiosité, soumission.

Aspect extrême : haine de soi, dégoût de soi, mépris de soi, masochisme, auto-dénigrement, automutilation (se couper, se brûler avec des cigarettes, etc.), idées ou comportements suicidaires

3) L’évitement

Aspect modéré : aveuglement, honte désavouée, charme auto-dépréciatif, syndrome de l’imposteur.

Aspect médian : comportement prétentieux / manifestations de richesse (bijoux, vêtements, etc.) arrogance, compétitivité, recherche de sensations fortes / prise de risques, hédonisme, perfectionnisme

Aspect extrême : le mensonge pathologique, le narcissisme, la prodigalité, le complexe de supériorité, les addictions ( la consommation excessive d’alcool, l’activité sexuelle obsessionnelle, etc.)

4) L’agressivité envers les autres

Aspect modéré : taquineries, railleries, plaisanteries…

Aspect médian : intimidation, fureur humiliée, rage.

Aspect extrême : violence

Alors que certains de ces mécanismes de défenses sont nettement plus sains que d’autres, même s’ils ne permettent pas de soulager complètement le sentiment de honte profondément enraciné – il est conseillé de suivre une thérapie telle que la thérapie comportementale et cognitive (TCC) ou une thérapie axée sur la compassion.


Traduit et adapté par courtoisie de Childhood Trauma Recovery

flashback

Quand et comment parler de son traumatisme à son partenaire ?

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Depuis de nombreuses années, je porte en moi les éclats du traumatisme : dans mes joues, dans mes poches, sur mon dos. Certains de ces éclats sont durs et font encore couler le sang ; d’autres ont été lissés par le temps, se baladent à l’intérieur de moi et s’érodent. Des éclats, des cailloux, des galets, des rochers et quelques géodes bien laids à l’extérieur mais d’une beauté envoûtante à l’intérieur.

Il y a dix ans, alors que nous marchions main dans la main, comme le font les jeunes amoureux, mes mains étaient moites avec la chaleur et la nervosité. J’étais à Portland pour le weekend avec un homme avec qui je sortais depuis quatre mois, ma plus longue relation. En fait, c’était la seule. J’avais 28 ans et je sortais beaucoup, mais je n’avais jamais eu de petit ami. Je n’étais pas encore tombée amoureuse et n’avais pas encore fait l’amour.

Je n’avais pas l’impression de rater quoi que ce soit, mais je m’inquiétais de ce que cela révélait sur moi. Je ne me sentais attirée ni physiquement ni romantiquement par quiconque, mais j’avais envie de l’être. J’évitais les lits et les recoins des clubs de danse. Je riais quand les gens plaisantaient sur le sexe. Je ne pouvais pas comprendre les comédies romantiques ou les drames relationnels de mes amis.

Je me demandais si j’étais brisée. Des années d’abus durant mon enfance, de la part de mon père, ont brûlé à travers ma peau jusqu’à mon esprit. Je disais à mes amis, et en moi-même, que je savais ce que je recherchais. Je voulais – non, j’avais besoin – d’un partenaire en qui je pouvais avoir confiance. Je devais me sentir à l’aise. Mes amis me disaient que j’étais trop difficile, qu’il n’y avait pas de M. Parfait, que je devrais aller en thérapie. Je riais de ces remarques, mais leurs paroles me trottaient toujours dans la tête. Avaient-ils raison ? Je savais que je voulais fonder une famille un jour, mais je ne savais pas comment y arriver ni même si je le pouvais.

Ceux d’entre nous qui survivent aux traumatismes sont les Sisyphe d’aujourd’hui ; nous poussons nos rochers traumatiques jour après jour vers le sommet. Parfois, par de belles journées d’été, nous transpirons et nous tremblons, mais nous pouvons tout de même sentir le soleil scintiller sur notre dos. D’autres fois, il fait un temps affreux, pluvieux et glacial. Nous tremblons en nous demandant pourquoi personne ne sort pour nous aider.

Au cours de notre weekend, deux skateurs sont passés près de nous, nous écrasant presque. Mon petit ami m’a tirée hors de leur chemin juste à temps. Nous sommes montés et descendus du tramway de Portland et du Max, émerveillés par les transports en commun. Nous avons étudié les menus dans les vitrines, envisageant de renoncer au dîner pour de la glace et nous avons finalement opté pour les deux – la glace d’abord. J’étais heureuse. J’étais terrifiée.

Le traumatisme de mon enfance qui m’a dépouillée de maintes façons n’a laissé que l’ombre d’une femme. J’avais récemment déménagé de New York à Seattle, dans l’espoir de recommencer une nouvelle vie. J’avais peur du sexe, de l’intimité, des hommes. Ce que je craignais le plus, c’était de devenir mère. Mais, o combien je voulais être mère. En étant si blessée, je m’inquiétais de savoir si je pourrais fonder une famille saine.

Rencontrer ce petit ami (qui est devenu par la suite mon mari), c’était du gâteau. On s’est rencontrés à la fête d’Halloween chez un ami commun. Il était déguisé en autruche, ce que je trouvais amusant. J’étais, cependant, plus intéressée par le costume que par l’homme qui le portait. À ce stade de ma vie, mon regard ne se portait par sur des partenaires potentiels. Je m’étais plus ou moins résignée à être célibataire. En bavardant, nous avons découvert que nous avions tous les deux fréquenté le même lycée du Midwest. Au fil des mois, grâce aux réseaux sociaux et à l’aide d’amis, cet homme-autruche et moi sommes devenus amis. Quelques mois plus tard, il m’a finalement invitée à sortir.

Nous avons parcouru les rayons de la librairie Powell’s Bookstore : les biographies, la romance, le développement personnel, les livres pour enfants. Les aimants littéraires nous ont fait rire et nous avons acheté des bouteilles d’eau commémoratives. Dois-je lui dire maintenant ? J’ai réfléchi et j’ai décidé que non, pas ici. Plus tard, en mangeant au restaurant, je me suis demandée : dois-je révéler mon plus grand secret maintenant ? Il y avait tellement de gens à portée de voix. Le serveur nous tournait autour. Combien de temps faudrait-il ? Est-ce que ça allait être comme les aveux que j’ai vus dans les films ? Est-ce que j’allais pleurer ? J’ai décidé de ne pas le faire et j’ai continué de manger mes frites.

Plus tard dans la nuit, alors que nous nous embrassions, je me suis demandé : Est-ce que ça serait bizarre maintenant ? Oui. Nous étions dans un hôtel branché du centre-ville de Portland. Pendant que nous nous embrassions, je ne pouvais pas empêcher mes pensées de s’enfoncer dans les profondeurs. Des relents de mains lourdes et d’haleine alcoolique de mon père m’ont traversé l’esprit. C’était peut-être le bon moment. C’était peut-être pas le bon moment.

Je me suis éloignée et j’ai pris une grande inspiration, en remettant mes vêtements en place. Mon cœur battait deux fois plus vite, un pour le moi adulte et un autre pour le moi enfant. Mon petit ami semblait surpris de ce brusque revirement, mais il s’est gentiment éloigné et assis. C’était le moment, je me suis dit. Sans le regarder dans les yeux et en lui tournant le dos, j’ai dit, hésitante : Donc j’ai quelque chose à te dire. Mon père, eh bien, tu sais, il, eh bien, je veux dire, il était plutôt horrible… et il a fait des choses.

Mon petit ami m’a tiré contre lui en enroulant ses longs bras autour de moi. Mon dos contre son torse, on ne s’est pas regardés. Je ne me souviens pas de ses paroles exactes. Mais c’est à ce moment que j’ai su qu’il était le partenaire digne de confiance que j’attendais. En me serrant dans ses bras, il a pris un caillou, un de mes petit morceaux de rocher. Et je me suis sentie plus légère. J’ai donc poursuivi mon histoire en laissant de côté certaines parties, sans entrer dans les détails. Il y a des roches qui sont plus difficiles à lâcher. Mais j’ai dit très clairement qu’étant enfant, j’ai été maltraitée de toutes sortes de manières : émotionnellement, physiquement, sexuellement. J’ai été négligée d’une façon qu’on n’aurait peut-être jamais soupçonnée de l’extérieur. Je lui ai dit que j’avais peur.

La honte est quelque chose que nous portons, que nous le voulions ou non. Et c’est trop lourd pour une personne seule à supporter – nous ne sommes pas conçus pour porter cela tous les jours, toute la journée. Parfois, il faut poser ce rocher. Maintenant, mon mari m’aide à le porter. Parfois il en prend plus, parfois moins, et chaque jour nous recommençons.

Comme mon partenaire connaît mon passé, cela facilite certaines conversations. Si un homme regarde trop longtemps ma fille et je devient méfiante, mon mari le comprend. Quand je me soucie d’échouer en tant que mère, mon mari le comprend. Quand j’ai besoin que notre maison soit propre, mon mari comprend que cela va au-delà de la râlerie. Il sait que cette saleté me renvoie à la maison de mon enfance. Quand #MoiAussi a commencé à être connu, il a compris ce que cela signifiait pour moi.

J’ai eu des amis avec des degrés et types de traumatismes plus ou moins graves qui m’ont demandé : Est-ce que je devrais partager cela avec mon conjoint ? Que va-il penser de moi ? La honte est excessivement lourde et peut facilement nous enterrer. Chaque relation est différente, bien sûr, mais il est tellement plus facile d’avoir quelqu’un pour aider à porter les pierres.

Au cours des premiers jours, la grande question surgit : Dois-je lui parler de mon traumatisme de l’enfance ? Je voulais qu’il comprenne que mon extrême nervosité face au sexe et à l’amour avait ses racines. Que les mauvais traitements infligés par mon père ont laissé une marque indélébile sur ma peau et sur mon esprit. Si cette personne était celle avec qui je finirai ma vie, ne devait-elle pas connaître les situations que j’ai endurées avant de devenir la personne que je suis maintenant, avec le bon comme le mauvais ?

À l’ère du #MoiAussi, il peut sembler plus facile de se dévoiler en tant que victime d’agression sexuelle, de harcèlement ou de relation abusive.

Mais ce n’est pas parce que les gens se manifestent en grand nombre qu’il est facile de le faire. Et que se passe-t-il quand vous n’êtes pas sur les médias sociaux – quand vous êtes dans la vraie vie et dans une relation nouvelle ? “C’est vraiment difficile d’avoir la plupart de ces conversations dans des forums publics”, dit Amanda Lindamood, directrice de la formation et de l’engagement communautaire du DC Rape Crisis Center, ajoutant que quelqu’un pourrait voir le poste d’une victime et se demander ce que cela signifie pour sa relation avec cette personne.

A quel moment vous ouvrir à quelqu’un avec qui vous pourriez avoir une vie future, à propos de choses douloureuses de votre passé ? Qu’est-ce qui est important pour eux de savoir, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Et à quoi ressemblerait une réponse compréhensive ?

Nous avons parlé à une victime de viol et de relation violente, ainsi qu’à deux professionnels qui travaillent avec des victimes de viol, afin de faire ressortir certains éléments à prendre en compte avant de discuter de ce sujet. Mais tout d’abord, deux mises en garde :

Ce n’est pas parce que beaucoup de gens le font que vous devez le faire.

Les suggestions ne sont pas nécessairement universelles.

Ne divulguez que si et quand vous vous sentez prêt.

Jess Davidson, directrice par intérim de End Rape on Campus, souligne que puisque l’agression sexuelle prive les victimes de leur pouvoir décisionnel, il est important qu’elles puissent décider de quand et comment elles souhaitent parler des expériences qu’elles ont vécues. “Les survivants ne devraient jamais se sentir coupables de se centrer sur leurs propres besoins, qu’il s’agisse de partager avec leur partenaire ou de ne pas le faire “, dit Davidson. De même, Lindamood du DC Rape Crisis Center dit qu’elle préconise la délibération. “Comment se fait-il que ce ne soit pas une obligation, ou une impulsion ?” dit-elle. ” Dans l’idéal, ce ne doit pas être un choix que vous n’avez pas eu l’occasion de faire par vous-même. C’est quelque chose dont vous devez vous sentir en contrôle, et pour lequel vous devez vous sentir bien préparé.”

Pensez à l’endroit où vous voulez avoir cette conversation.

Une survivante de viol et de violence conjugale âgée de 33 ans a raconté qu’avant elle avait l’habitude de parler à ses nouveaux partenaires de son traumatisme passé sur l’oreiller, mais comme cela peut se révéler un moment tellement intime et vulnérable, elle préfère maintenant aborder ce sujet pendant un repas ou dans un lieu autre que la chambre.

Elle n’a pas d’échéancier strict, dit-elle, mais elle en parle habituellement avant qu’une nouvelle relation ne passe d’occasionnelle à sérieuse. Avoir cette conversation avec un nouveau partenaire une fois qu’elle sait qu’elle peut lui faire confiance ” n’a fait qu’augmenter notre niveau d’intimité “, dit-elle.

N’hésitez pas à établir des règles de base sur la façon dont vous aimeriez que l’autre réponde.

Lindamood suggère d’ouvrir la conversation en établissant des lignes directrices sur la façon dont votre partenaire pourrait répondre et de créer un espace pour que vous puissiez parler ouvertement. “Donner des indications sur ce qui vous parait être une réponse de soutien”, dit Lindamood. Par exemple : J’ai besoin que tu ne m’interrompes pas avant que j’aie fini. Je ne suis pas prêt à répondre à des questions. Ou : J’ai besoin que tu prennes un peu de temps avant qu’on en reparle. ” Le dévoilement des faits a un impact sur la personne qui les entend et sur la personne qui les divulgue “, ajoute M. Lindamood.

Les réponses que vous obtiendrez peuvent varier considérablement. ”Quand j’avais la vingtaine, à chaque fois que je le révélais à un homme, il répondait en disant : ‘’J’aimerais pouvoir lui faire du mal”. Ou : “Tu veux que je le cogne ? ” dit notre survivante de 33 ans. Dans sa trentaine, les réponses ont davantage porté sur elle que sur l’agresseur : ” Que puis-je faire pour que tu te sentes en sécurité et à l’aise ?” Ce à quoi elle répond généralement : “Sois qui tu es. Si tu es un bon gars, sois juste un bon gars.”

Établissez des moyens de communiquer vos besoins pendant les rapports sexuels et autres activités qui pourraient être des déclencheurs.

Les traumatismes ne se règlent pas de façon linéaire, note Davidson. “L’idée que les survivants ne puissent pas ou ne veulent pas avoir une vie sexuelle saine après une agression est fausse”, dit Davidson. Elle suggère de pratiquer le consentement affirmatif pendant les rapports sexuels, ce qui signifie que les deux partenaires doivent s’entendre mutuellement sur l’activité sexuelle, ce qui peut aider à éviter de se retrouver dans une situation où un survivant se sent impuissant. “Le consentement affirmatif permet aux survivants de communiquer ce qu’ils veulent et comment ils le veulent – et ne repose pas sur l’hypothèse que parce qu’ils ont été agressés, ils ne veulent pas avoir de rapports physiques” ajoute Davidson. Elle suggère également d’avoir un mot d’alerte à utiliser pour interrompre l’activité sexuelle si l’on se sent ”déclenché” ou si l’on a des flashbacks.

Sources : The Washington Post

When do I tell my partner about my past trauma?

How to tell a new partner about your past sexual trauma

anxiété

La honte chronique et toxique : Ce que c’est que de vivre avec.

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traumatisme

Les personnes souffrant de honte chronique et toxique en sont affectées dans de nombreux domaines de vie. Parfois, ces personnes ne sont même pas conscientes de l’impact que cela a sur elles. Certaines vous diront quelque chose comme : “Je me sens tout le temps mal dans ma peau.”

Je reçois souvent des commentaires, messages et courriels me disant : ” Je viens de lire votre article et c’est exactement ce que je ressens, mais je ne savais pas comment le formuler! Merci beaucoup !” . Voilà à quel point il peut être difficile de verbaliser ce qui se passe quand on a constamment honte. De plus, cela s’accompagne souvent d’autres sentiments désagréables, comme la culpabilité toxique, douter de soi, la colère, l’impuissance, le désespoir ou la solitude.

Voici quelques-uns des problèmes les plus courants auxquels sont confrontées ces personnes et pour lesquels ils ont honte.

Culpabilité et responsabilité trompeuse

La responsabilité et la culpabilité toxique sont deux choses qui vont souvent de pair avec la honte chronique. La personne a tendance à se blâmer pour les choses dont elle n’est pas responsable. Par conséquent, elle se sent aussi investie d’un sens des responsabilités écrasant. Et quand on se sent responsable des autres, il est très difficile de dire non ou de fixer des limites plus fermes. Par conséquent, on a tendance à accepter trop de responsabilités et d’obligations. On est aussi trop gentil et crédule. C’est un énorme problème parce qu’une telle personne est susceptible d’être manipulée par des personnes ayant une personnalité toxique : narcissiques, psychopathes, sociopathes, malfaiteurs, voleurs et autres prédateurs de toutes sortes. (…)

Le vide

De plus, les personnes qui souffrent de la honte toxique se sentent souvent vides et ne ressentent pas de véritable bonheur à long terme. Les gens qui se situent dans le spectre narcissique et toxique font face à ce manque en se comparant pathologiquement aux autres et en essayant de les dévaloriser pour se sentir supérieur. Ils recherchent le pouvoir et le contrôle sur les autres, le statut social, la célébrité, la notoriété, etc. Tout ce qui peut prouver qu’ils ne sont pas aussi inutiles et déplaisants que ce qu’ils perçoivent d’eux-même.Les autres s’effacent, se sacrifient et se dévouent afin de se sentir utiles et indispensables, même si c’est au détriment de leur propre bien-être. Enfant, ils ont appris que le but de leur existence était de répondre aux besoins des autres. Ils ressentent donc simplement un vide existentiel s’il n’y a personne pour s’occuper d’eux.

Automutilation et négligence personnelle

Nombre de ceux qui vivent avec une honte chronique et toxique ont de la difficulté à prendre soin d’eux-mêmes. C’est difficile de prendre soin de soi-même si personne ne se souciait vraiment de nous quand on était petit. C’est pourquoi les personnes qui ont été négligées dans leurs premières années de développement ont tant de mal avec cet aspect. Certains se causent même activement du tort. (…) :

”Si un enfant n’est pas autorisé à ressentir certaines émotions, comme la colère, il apprend à y faire face de façon destructive et autodestructrice, ce qui implique souvent l’automutilation et la négligence personnelle. Ce sont là des moyens “plus acceptables” de communiquer leurs émotions”.

Anxiété sociale

La honte est une émotion qui nous donne envie d’éviter les autres. Elle est souvent illustrée par une personne qui se couvre le visage ou qui essaie de se cacher. Par conséquent, une personne qui ressent une honte chronique cherche, la plupart du temps, à se cacher des autres.

Ceci est le résultat d’expériences sociales douloureuses dans le passé, généralement dans l’enfance, où les autres représentaient un danger et infligeaient souffrance et tristesse. Ces expériences ont amené l’individu à apprendre que les autres, ou les interactions sociales en général, sont le plus souvent associés à des douleurs émotionnelles et même physiques, à des situations de malaises ou de menaces.

Sur le plan comportemental, il en résulte de l’évitement, de la gêne, de la timidité, parfois jusqu’à être terrorisé de passer un appel ou de s’isoler complètement dans son espace personnel, hors de danger.

Il est intéressant de noter que les personnes ayant de fortes tendances narcissiques et autres traits de personnalité toxiques ont tendance à composer avec leurs sentiments de honte chronique et d’inutilité en étant plus extravertis. Ils cherchent à attirer l’attention et se comportent comme des enfants capricieux, irritables, irresponsables, niant la réalité. Leur comportement est souvent qualifié d’antisocial, en ce sens qu’il est nuisible aux autres et à eux-même (à ne pas confondre avec asocial, ce qui signifie simplement que la personne n’aime pas les interactions sociales).

La solitude

Etant donné que la honte toxique découle d’expériences douloureuses et traumatisantes vécues dans l’enfance, maltraitée par les autres, des problèmes de confiance peuvent se développer. Le fait d’avoir des difficultés à faire confiance a pour conséquence de ne pas avoir de limites et, par extension, de nouer des relations malsaines et de vivre avec un sentiment chronique de solitude. Certaines personnes ont l’impression d’être un fardeau et ne veulent pas déranger les autres. Pour elles, il est très difficile de demander de l’aide ou d’exprimer des préférences.

Certains sont trop agressifs et narcissiques, ce qui décourage immédiatement les gens plus sains. Par ailleurs, une personne narcissique ne veut pas ou ne peut pas se rendre compte qu’elle est incapable d’établir ou d’entretenir des relations saines et harmonieuses. Pour elle, le problème vient toujours de l’autre. Par conséquent, elle ne peut même pas s’attaquer au problème parce qu’elle en nie l’origine et se retrouve donc coincée dans sa solitude.

Certains sont trop dans le besoin et attendent que les autres s’occupent et fassent des choses pour eux. Ils ont intériorisé la croyance qu’ils sont trop incompétents, impuissants et dépendants, ce qui, malheureusement, repousse les personnes qui veulent une relation égalitaire et mature.

Résumé et mot de la fin

La honte toxique est une problématique complexe et compliquée. Elle ronge la personne de l’intérieur et affecte tous les aspects de sa vie. Beaucoup de gens ne sont même pas conscients de ce qu’ils ressentent. Et parmi ceux qui le sont, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à le verbaliser clairement et à le comprendre.

La honte chronique et toxique, comme la plupart des problèmes psychologiques, est enracinée dans une éducation douloureuse et traumatisante, où la personne a été maltraitée et a appris qu’elle était mauvaise, qu’elle méritait des punitions, qu’elle était indigne de bonnes choses, qu’elle souffrait d’une déficience innée, etc.

Les conséquences d’une telle éducation sont souvent dévastatrices et durables. Les problèmes les plus courants, auxquels une personne ayant vécu ces expériences est confrontée, sont la culpabilité et une responsabilité trompeuse, un sentiment constant de vide et d’insatisfaction, de la négligence personnelle, l’effacement et l’autodestruction, une phobie sociale et des problèmes interpersonnels, un isolement chronique, des difficultés à faire confiance, mais aussi des relations toxiques ou malsaines et de la difficulté à poser des limites.

Il est possible de surmonter la honte toxique ou du moins de la gérer, mais cela demande beaucoup de travail personnel. Il est aussi très utile d’avoir une aide professionnelle avec laquelle vous pourrez établir une relation thérapeutique, ainsi que quelques personnes proches, car les problèmes qui découlent de la maltraitance sont plus faciles à résoudre dans un environnement social bienveillant.

Source : By Darius Cikanavicius / PsychCentral