Conséquences psychotraumatiques

Comment mon traumatisme infantile affecte des choix apparemment «simples»

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C’est une bataille constante dans les restaurants et les cafés.

Mes amis et ma famille sont perplexes voire agacés par ce jeu de chaises musicales dû à mon besoin de me sentir en sécurité.

Je sais que je ne peux pas expliquer mon TSPTc (trouble de stress post-traumatique complexe) aux serveurs et clients du restaurant en bas de chez moi.

Pour moi, un client ou un serveur qui passe derrière moi est un déclencheur. Mon corps passe en mode défense ou fuite, ce qui rend impossible toute détente ou tout plaisir de manger. Même la pensée que quelqu’un puisse passer derrière moi me perturbe, me rendant constamment et désagréablement vigilante à chaque mouvement dans le restaurant.

Pendant des années, je n’ai pas compris ce besoin de m’asseoir dos au mur ou dans un coin. Je sentais que je devais trouver des excuses. Je comprends maintenant que ce n’est qu’un des nombreux symptômes liés au fait de grandir avec un traumatisme.

Mon cerveau, et ses mécanismes basés sur la peur, essaie toujours de me protéger, même en l’absence de danger immédiat.

Lorsque l’on grandit dans le stress, le corps s’adapte à un état de peur constant. En tant que nourrisson, nous ne faisons pas la différence entre être abandonné à notre détresse et être en danger physique imminent. Pour les bébés, cela ne fait aucune différence.

Les survivants de traumatismes chroniques souffrent de stress toxique en raison de l’axe hypothalamique hypophyso-surrénalien (HSS) constamment en alerte.

Ayant grandi dans le rejet et la honte, je passe aussi beaucoup de temps à analyser mon environnement social à la recherche d’un éventuel rejet. Même une petite critique peut être dévastatrice. Evidemment, personne n’aime être rejeté. Mais pour moi, cela peut m’anéantir en me replongeant dans mes souvenirs traumatiques.

Les souvenirs entremêlés et profondément douloureux de mon enfance sont encore bloqués dans mon cerveau, où ils n’ont jamais pu être traités. Parfois, je me dissocie, passant de la réalité à un état altéré pour faire face à une situation. J’ai développé cette stratégie d’adaptation de manière inconsciente quand j’étais enfant, pour m’aider à survivre. Mais maintenant cela m’empêche de comprendre et de valider mes expériences.

J’ai suivi une thérapie pour tenter de démêler la complexité des réactions et croyances que j’ai développé en réponse au traumatisme complexe. Je sais les reconnaître et les ressentir. Mais cela ne les a pas empêchées d’être là.

Et j’ai toujours envie de m’asseoir à la table du fond.

Source : The mighty

Abus sexuel

Culpabilité chez les enfants victimes d’agression sexuelle

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Le rôle médiateur des stratégies d’évitement sur l’anxiété et l’estime de soi

Des études antérieures relèvent que le sentiment de culpabilité est un
facteur associé aux répercussions de l’agression sexuelle (AS) chez les survivants
adultes (Cantón-Cortés, Cantón, Justicia et Cortés, 2011). Toutefois, très peu d’études
ont exploré le rôle potentiel du sentiment de culpabilité sur les symptômes chez les
enfants victimes. L’objectif de cette recherche est d’étudier le rôle médiateur de
l’évitement dans la relation entre le sentiment de culpabilité et les symptômes
associés à l’AS (anxiété et estime de soi). L’échantillon est composé de 447 enfants
victimes d’AS (319 filles et 128 garçons), âgés de 6 à 12 ans.

Source : Érudit

Abus sexuel

Santé mentale et physique des filles et des garçons agressés sexuellement

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Une étude de cas contrôle apparié avec un suivi de cohortes sur 10 ans.

L’agression sexuelle durant l’enfance est associée à de nombreux
problèmes de santé physique et mentale. Toutefois, au Québec, nous ne connaissons
pas bien les problèmes de santé physique et mentale que présentent les enfants
et les adolescents ayant vécu une agression sexuelle corroborée en comparaison de ceux
de la population générale. Objectif : L’objectif de la présente étude est donc de déterminer
si les jeunes agressés sexuellement consultent ou sont davantage hospitalisés
pour des problèmes de santé physique et mentale que ceux de la population générale
sur une période de 10 ans après un premier signalement.

Dépistage

Quand les adultes victimes d’inceste sortent du silence

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Etude qualitative auprès de 15 victimes d’inceste

Contexte En France, les études de victimisation sont rares. Le nombre de victimes d’inceste est estimé à 3% de la population. Le médecin de premier recours a un rôle primordial pour dépister, favoriser la parole des victimes et les accompagner. Seulement 9% des victimes en parlent pour la première fois à leur médecin.
Objectifs Quels sont les symptômes d’alerte? Quelles sont les attentes des victimes d’inceste envers leur médecin généraliste?
Méthode Etude qualitative par entretiens semi-dirigés auprès de 15 adultes victimes d’inceste dans leur enfance. Résultats L’enfance est marquée par de nombreux symptômes répétés, qui persistent et se diversifient à l’âge adulte, points d’alerte pour les médecins. La normalité du vécu, la peur de trahir la famille, puis la honte, la culpabilité, les jugements sont les principaux freins à la parole pour l’enfant puis l’adulte. C’est au médecin d’interroger systématiquement sur d’éventuelles violences subies. Les victimes souhaitent être écoutées, recevoir des explications sur leurs symptômes en lien avec les traumatismes et être accompagnées. Conclusion Prendre du recul sur des symptômes répétés chez un enfant et l’interroger alors seul sans ses parents, poser systématiquement à tout adulte la question d’éventuelles violences subies dans l’enfance permettraient aux praticiens d’abattre les murs du silence qui emprisonnent les victimes d’inceste.

Thèse présentée à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et soutenue publiquement le 24/11/2014 par CHARBIT Céline