traumatisme et troubles du sommeil

L’impact du SSPT sur le sommeil

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Outre le fait que les cauchemars et l’activation neurovégétative (sursauts) sont des symptômes directs du SSPT qui interrompent le sommeil, les recherches montrent que les personnes qui souffrent de SSPT ont 75 % plus de chances de souffrir d’insomnie. Dans la plupart des cas, cela est dû à l’état de stress constant dans lequel ces personnes vivent.

Le stress qui conduit à l’insomnie

Notre corps produit naturellement une hormone appelée cortisol. Le cortisol, souvent appelé “hormone du stress”, est produit dans les glandes surrénales tout au long de la journée et joue un rôle important dans notre réaction de “lutte ou de fuite”. La nuit, le taux de cortisol devrait naturellement diminuer. Cependant, lorsque notre corps vit dans un état de stress constant, les niveaux de cortisol restent élevés. Par conséquent, notre corps ne peut pas se détendre suffisamment pour s’endormir. C’est à cause de ces niveaux élevés de cortisol que les personnes souffrant de SSPT sont constamment sur-activées et incapables de s’endormir.

Les autres raisons pour lesquelles les personnes souffrant de SSPT ne peuvent pas s’endormir

  • Les cauchemars

Pendant le sommeil paradoxal, le stade le plus profond du sommeil où nous faisons l’expérience des rêves, notre cerveau traite également les souvenirs et les émotions. Un cauchemar est un rêve dérangeant souvent associé à des émotions négatives. Le cauchemar occasionnel est courant chez toutes les personnes à tout âge. Cependant, certaines personnes, comme les personnes souffrant de SSPT, font régulièrement des cauchemars qui provoquent de la détresse, un manque de sommeil et, finalement, la peur de s’endormir.

Il est intéressant de noter que les cauchemars causés par des expériences traumatiques sont quelque peu différents du cauchemar ordinaire. La moitié des survivants du SSPT font des cauchemars qui sont la répétition exacte de l’événement traumatique en lui-même. Les cauchemars des survivants du SSPT sont également plus susceptibles de se produire plus tôt dans la nuit et à différents stades du sommeil, par rapport aux cauchemars habituels qui se déroulent généralement pendant la deuxième moitié de la nuit pendant le sommeil paradoxal.

Les cauchemars chroniques sont souvent traités par la thérapie de répétition d’images (TRI), où une personne dont les cauchemars la perturbent réimagine la fin du cauchemar pendant qu’elle est éveillée afin qu’il ne la perturbe plus. Il a été démontré que le fait de rejouer le cauchemar avec la fin “réimaginée” à maintes reprises alors qu’elle est éveillée réduit la fréquence des cauchemars.

  • La maladie mentale

Bien que le SSPT lui-même ait été classé comme une maladie mentale, il peut également provoquer le développement d’autres maladies mentales telles que la dépression ou les troubles anxieux. Il existe une corrélation directe entre les maladies mentales et les troubles du sommeil. Les troubles du sommeil les plus courants associés aux maladies mentales sont l’insomnie (incapacité de dormir) et l’hypersomnie (trop de sommeil). La relation entre ces deux troubles varie en gravité et en complexité selon les différentes pathologies. Pourtant, ce que les chercheurs savent, c’est que le manque de sommeil peut aggraver les maladies mentales, rendant plus difficile pour les personnes qui en souffrent de faire face aux symptômes de leur trouble.

  • La douleur

(…) L’autre raison pour laquelle le SSPT et les problèmes de douleur chronique se produisent simultanément est que l’activation neurovégétative, l’un des symptômes les plus courant du TSPT, provoque une tension musculaire constante qui amène une douleur chronique. La douleur rend le sommeil difficile. Pour s’endormir, votre corps doit être détendu ; cependant, l’inconfort causé par la douleur vous empêche de vous détendre, ce qui rend l’endormissement difficile.

Conseils sur le sommeil et options de traitement pour les personnes souffrant de SSPT

Malgré les maux dont souffrent les personnes atteintes de SSPT, il y a de l’espoir de trouver un soulagement à ces symptômes troublants, en particulier l’insomnie.

  • Thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie

Également connue sous le nom de CBT-I, cette méthode de thérapie consiste en de fréquentes séances de thérapie visant à discuter des problèmes de sommeil et des stratégies pour les gérer. Par exemple, l’IRT pour les cauchemars. Ce type de thérapie permet d’identifier le lien entre l’état de santé mentale, en l’occurrence le SSPT, et le trouble du sommeil.

  • Psychothérapie

Il s’agit d’une thérapie similaire à la TCC en ce sens qu’elle est basée sur la discussion. Cependant, la psychothérapie n’est pas uniquement axée sur le sommeil. Elle est plutôt conçue pour permettre aux individus de surmonter leur expérience traumatique et l’anxiété qu’elle leur cause. Lorsque ces problèmes de santé mentale, qui sont à l’origine du problème, sont résolus, s’ensuit généralement un sommeil réparateur.

  • Thérapie de relaxation

Comme l’activation neurovégétative est souvent un mal courant pour les victimes de stress post-traumatique, la thérapie de relaxation aide ces personnes à trouver un moyen de se calmer. Bien que cela nécessite une pratique régulière, les personnes souffrant de SSPT peuvent éventuellement trouver un moyen de se calmer afin de pouvoir s’endormir.

  • Amélioration de l’hygiène du sommeil

L’hygiène du sommeil n’est qu’une façon élaborée d’aborder les habitudes de sommeil et l’environnement dans son ensemble. Pratiquer une bonne hygiène du sommeil signifie faire du sommeil une priorité, s’en tenir à l’heure du coucher, se détendre la nuit et créer un environnement apaisant propice au sommeil. L’hygiène du sommeil comprend également les équipements de sommeil que vous utilisez, à savoir un matelas de soutien, les bons oreillers et des draps confortables.

Si vous souffrez d’un sommeil perturbé, examinez votre hygiène du sommeil d’un point de vue holistique. Votre matelas contribue-t-il à votre problème de douleur parce qu’il a perdu son maintien ? Votre chambre est-elle fraîche, calme et sombre ? Évitez-vous la lumière bleue avant de vous coucher ? Lorsque les problèmes de santé mentale hors de votre contrôle ont un impact sur le sommeil, faites de votre mieux pour prendre des décisions éclairées sur l’environnement que vous pouvez contrôler.

  • Voir un médecin

Beucoup se font soigner dans des établissements médicaux locaux par des médecins qui ne connaissent pas forcément leur passé. Par conséquent, ils ne se renseignent pas toujours sur le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ni sur d’autres problèmes liés au sommeil. Par conséquent, toute personne susceptible de souffrir de SSPT ou d’insomnie doit soulever cette question auprès de son médecin. Demander l’aide de professionnels de la santé est une première étape importante pour gérer les effets de ce trouble psychologique.

Traduit et adapté par courtoisie de The Authentic Path

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Les phobies et le trouble panique

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Tout le monde éprouve de la peur à certains moments. Mais parfois, la peur peut surgir lors d’une situation inattendue. Cette peur nous empêche de réaliser nos activités habituelles ou nos objectifs. Les phobies et le trouble panique sont deux exemples de maladies mentales qui peuvent entraîner ces problèmes.

Que sont les phobies?

Une phobie est une peur intense d’une chose spécifique comme un objet, un animal ou une situation. La peur des hauteurs et la peur des chiens constituent des phobies courantes.

Nous avons tous peur de certaines choses à certains moments de notre vie, mais les phobies sont différentes, car les gens changent leur façon de vivre afin d’éviter ce qu’ils redoutent. Par exemple, prendre l’avion suscite la nervosité pour beaucoup de gens, mais ils monteront quand même à bord d’un avion s’ils doivent le faire. Une personne qui éprouve une phobie des avions pourrait ne pas être capable d’aller dans un aéroport. Les phobies peuvent avoir une incidence sur les relations, les études, les possibilités d’emploi ou de carrière et les activités quotidiennes.

Qu’est-ce que le trouble panique?

Le trouble panique entraîne des crises de panique répétées et inattendues. Une crise de panique est une peur intense ou de terreur qui dure peu de temps. Elle provoque des sensations physiques comme l’accélération du rythme cardiaque, des essoufflements, des douleurs thoraciques, des étourdissements, des tremblements, de la transpiration ou des nausées. Certaines personnes ont l’impression de faire une crise cardiaque ou d’étouffer, ou ont peur de mourir. Cependant, une crise de panique disparaît d’elle-même.

Les crises de panique peuvent être une réaction normale à une situation stressante ou une partie d’une autre maladie mentale. Avec le trouble panique, les crises de panique semblent se produire sans raison. Les personnes atteintes d’un trouble panique ont peur d’avoir plus de crises de panique et peuvent craindre que quelque chose de grave arrive à la suite de la crise de panique. Elles peuvent éviter des endroits, des sensations ou des activités qui leur rappellent une crise de panique.

Certaines personnes évitent toute situation où elles ne peuvent pas s’échapper ou trouver de l’aide. Elles peuvent éviter les lieux publics, voir éviter de sortir de chez elles. C’est ce que l’on appelle l’agoraphobie.

Qui est touché?

N’importe qui peut être atteint de trouble panique ou d’une phobie. Personne ne sait exactement ce qui cause les phobies ou le trouble panique, mais ils sont probablement causés par une combinaison d’expériences de vie, d’antécédents familiaux et d’expériences d’autres problèmes physiques ou mentaux.

Qu’est-ce que je peux faire?

La plupart des gens qui éprouvent des problèmes d’anxiété reconnaissent que leurs peurs sont irrationnelles, mais croient qu’ils peuvent rien faire pour les contrôler. Mais il est possible de traiter les troubles anxieux. Le rétablissement ne consiste pas à éliminer l’anxiété, mais à gérer l’anxiété afin de mener une vie satisfaisante.

Certains problèmes de santé physique comme les problèmes cardiaques ou de glande thyroïde peuvent causer des symptômes d’anxiété. Votre médecin examinera toutes les options possibles pour s’assurer qu’aucun autre problème médical ne se dissimule derrière vos expériences.

La thérapie et le soutien

La thérapie peut être très utile pour gérer l’anxiété, et il est souvent le premier traitement à essayer si vous avez des problèmes légers ou modérés. La thérapie cognitivo-comportementale (ou TCC) s’est révélée efficace pour de nombreux problèmes d’anxiété. La TCC vous enseigne comment vos pensées, vos sentiments et vos comportements agissent ensemble. Plus particulièrement, le counseling pour le trouble panique et les phobies peut inclure l’exposition, ce qui consiste à introduire lentement des choses ou des situations redoutées.

Les groupes de soutien peuvent être une bonne façon de partager vos expériences, d’apprendre des autres et d’établir des liens avec des personnes qui comprennent ce que vous vivez.

Il existe de nombreuses stratégies d’autothérapie à essayer à la maison. Des petites étapes comme bien manger, faire de l’exercice régulièrement et adopter de saines habitudes de sommeil peuvent vraiment aider. Vous pouvez mettre en pratique plusieurs compétences de la TCC de vous-même, comme la résolution de problèmes et la contestation de pensées anxieuses. Posez des questions à votre équipe de soutien sur les organismes communautaires, les sites Web ou les livres qui enseignent les compétences de la TCC. Et il est toujours important de consacrer du temps à des activités que vous aimez et d’entrer en contact avec vos proches.

La médication

Les médicaments anxiolytiques peuvent aider en cas de difficultés ou de situations à court terme, mais cela n’est habituellement pas le meilleur choix pour une utilisation à long terme. Certains types d’antidépresseurs peuvent aider à réduire l’anxiété, et ils peuvent être utilisés pendant des périodes plus longues. Il est important de se rappeler que les médicaments ne peuvent pas changer l’ensemble des pensées, des sentiments et des comportements qui entraînent l’anxiété. C’est pourquoi on recommande généralement du counseling. Certaines personnes prennent des médicaments pour contrôler leur anxiété au point de pouvoir commencer du counseling.

Comment est-ce que je peux aider un proche?

De nombreuses personnes atteintes de troubles anxieux comme le trouble panique ou les phobies peuvent avoir honte de leurs expériences. Elles peuvent se blâmer ou voir leurs expériences comme un problème de personnalité au lieu d’une maladie. Il est important de reconnaître le courage qu’il faut pour parler de problèmes difficiles.

Il peut être difficile de soutenir un proche en détresse, particulièrement si vous n’avez pas peur de l’objet ou de la situation. L’anxiété que vit un proche peut également vous toucher. Par exemple, certaines personnes cherchent à être rassurées constamment par des membres de la famille et des connaissances ou leur demandent de suivre certaines règles. Ces comportements peuvent engendrer du stress et des conflits dans les relations. Mais, avec les outils et les soutiens appropriés, les gens peuvent parvenir à bien gérer l’anxiété et retourner à leurs activités habituelles. Voici quelques conseils pour soutenir un proche :

  • Rappelez-vous que les pensées et les comportements liés aux troubles anxieux ne sont pas des traits de personnalité.
  • Les peurs d’un proche peuvent vous sembler irréalistes, mais elles sont bien réelles pour lui. Au lieu de vous concentrer sur la chose ou la situation en soi, il peut être plus utile de prêter attention aux sentiments d’anxiété qu’elles provoquent. Il peut être utile également de penser à des moments où vous avez ressenti une peur intense, pour sympathiser avec ce que votre proche ressent.
  • Les gens veulent naturellement protéger un proche, mais « compenser » les comportements anxieux (comme s’occuper des tâches quotidiennes qu’un proche évite) peut compliquer la pratique de nouvelles compétences pour votre proche.
  • Si les comportements d’un proche ont des répercussions sur vous et votre famille, il est conseillé de demander des services de counseling familial. Les conseillers et conseillères peuvent vous aider grâce à des outils qui soutiennent des relations saines.
  • Faites preuve de patience : il faut du temps pour acquérir et mettre en pratique de nouvelles compétences. Prenez le temps de féliciter un proche lorsque vous constatez qu’il utilise des compétences ou qu’il progresse.
  • Fixez vos propres limites et demandez du soutien pour vous-même si vous en avez besoin. Les groupes de soutien pour les proches peuvent être un bon endroit pour établir des relations avec d’autres personnes et en apprendre davantage.

Source: ACSM

trauma psychologie

Questions pour votre futur thérapeute, depuis votre canapé

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Même si vous vous rencontrez en ligne, un entretien avec un thérapeute peut vous aider à déterminer si la thérapie vous convient ou non.

De l’anxiété à la solitude, et du traumatisme au chagrin, la pandémie de coronavirus ébranle notre bien-être psychologique. Selon un sondage réalisé en avril par la Kaiser Family Foundation, 54 % des femmes et 37 % des hommes affirment que la pandémie aggrave leur santé mentale. Les principales préoccupations des personnes interrogées sont la crainte que des membres de leur famille tombent malades, l’instabilité économique et la perte d’emploi.

Dans cet enchevêtrement de stress, un nombre croissant de personnes se tournent vers un thérapeute pour obtenir des conseils. Votre premier rendez-vous avec un nouveau thérapeute peut être lui-même stressant, et de nos jours, nombre de ces rencontres se font par téléphone ou par vidéo, ce qui peut rendre les contacts plus difficiles que lors d’une rencontre en face à face. Mais comme pour une séance en personne, les patients doivent être prêts à poser des questions au thérapeute pour savoir s’ils sont compatibles.

Des recherches ont montré que l’entretien avec un thérapeute potentiel peut aider les patients à déterminer si la thérapie leur convient ou non. Comme l’ont constaté les chercheurs comportementalistes, les questions sont des éléments de base pour la connexion et la conversation. Les réponses aux questions peuvent également révéler ce que l’on ressent lorsqu’on interagit avec une nouvelle personne. Et en matière de thérapie, la recherche indique que la compatibilité entre thérapeute et patient joue un rôle important dans la réussite du travail personnel.

Voici quelques questions pour vous aider à vous lancer.

  • Quel est votre parcours professionnel ?

Tout d’abord, renseignez-vous sur la formation et l’autorisation d’exercer du thérapeute. Les thérapeutes agréés connaissent les règles d’éthique, comme le respect de la confidentialité du patient, le respect des limites et l’exercice de leur profession dans le cadre de leurs compétences.

Il est également utile de s’informer sur les tarifs des séances et de demander si le thérapeute accepte ou non une mutuelle, ou s’il offre un tarif réduit.

La thérapie est un terme large, qui laisse entendre que tous les professionnels de la santé mentale fournissent des services similaires. Toutefois, ils diffèrent en termes de formation, d’études et de capacité à prescrire des médicaments. Par exemple, les psychiatres sont des médecins qui prescrivent des médicaments pour traiter les symptômes de maladies mentales telles que l’anxiété généralisée, le trouble bipolaire et la dépression majeure. Viennent ensuite les psychologues et psychothérapeute. Contrairement aux psychiatres, ils ne prescrivent pas de médicaments.

  • Quelle est votre approche ?

Les traumatismes et tragédies collectives peuvent affecter notre santé mentale de multiples façons. Une récente enquête menée en Chine a révélé que près de 35 % des personnes interrogées souffraient de troubles de panique, de dépression ou de phobies liées à la pandémie de Covid-19. “Pour un problème donné, plusieurs traitements peuvent fonctionner”, a déclaré Joshua K. Swift, professeur de psychologie clinique et chercheur à l’université d’État de l’Idaho. C’est pourquoi “tous les patients potentiels devraient s’informer de l’approche thérapeutique du professionnel et s’il existe des preuves de son efficacité”. La façon dont chaque thérapeute répond à cette question est souvent guidée par son style clinique.

Par exemple, les cliniciens psychodynamiques aident souvent les patients à découvrir la source de leur souffrance. Pour ceux qui sont aux prises avec des problèmes tels que des difficultés relationnelles, une dynamique familiale difficile ou un deuil, la thérapie psychodynamique peut être particulièrement utile.

Les thérapeutes cognitivo-comportementaux considèrent souvent que la détresse émotionnelle est le résultat d’une mauvaise réflexion. En se concentrant sur la gestion des symptômes, ces thérapeutes s’appuient sur des stratégies comportementales, telles que le suivi de l’humeur et les exercices cognitifs, pour susciter le changement. Les patients souffrant d’anxiété aiguë, d’insomnie ou de troubles alimentaires, par exemple, peuvent trouver cette approche utile.

Les psychothérapeutes spécialisés dans les traumatismes utilisent des méthodes telles que la désensibilisation et le retraitement par mouvements oculaires, la psychothérapie dynamique expérientielle accélérée et l’expérience somatique pour aider un patient à traiter ses émotions douloureuses en utilisant une approche basée sur le corps.

En plus d’apprendre la technique du thérapeute, il est également utile de lui demander comment il mesure les progrès et quel succès il a obtenu en traitant des patients ayant des préoccupations similaires, a déclaré le Dr Swift.

  • Avec quels types de patients aimez-vous travailler ?

Les questions ouvertes, telles que “avec quels types de patients aimez-vous travailler”, peuvent fournir des informations utiles sur les préférences et le style de relation du thérapeute.

Par exemple, un thérapeute peut répondre en disant : “Je vais répondre à votre question, mais avant cela, je suis curieux de savoir ce que ma réponse pourrait signifier pour vous ? D’autres peuvent dépeindre leur patient “idéal” en décrivant avec qui ils aiment travailler et pourquoi. Dans certains cas, les thérapeutes peuvent considérer la question comme une occasion de demander au patient : “Quel type de thérapeute recherchez-vous ?

Quelle que soit la réponse du thérapeute, les patients doivent être attentifs à ce qu’ils ressentent. Les chercheurs en psychothérapie ont constaté que les thérapeutes efficaces transmettent la compréhension, l’authenticité et l’expertise. Lors de la première rencontre, ces qualités peuvent contribuer à consolider une union de collaboration entre le patient et le thérapeute.

  • Comment saurai-je si la thérapie fonctionne ?

Lorsque la souffrance est immense, en particulier pendant et après une crise, les gens aspirent à un soulagement. Cependant, la thérapie ne soulage pas immédiatement la douleur. En effet, parler de sa douleur peut sembler difficile au début, du moins temporairement. La rapidité avec laquelle le traitement commence à fonctionner dépend souvent de la gravité du problème et de l’ampleur de l’adversité passée que le patient a connue.

La détresse provoquée par la pandémie peut prendre des formes et des dimensions diverses. Pour certains, les difficultés liées à la situation, telles que le travail à domicile, l’enseignement à domicile ou le fait d’être un travailleur essentiel, peuvent entraîner un stress immense. Selon l’American Psychological Association, les patients confrontés à ces difficultés peuvent bénéficier d’une psychothérapie limitée dans le temps ou de courte durée.

Ceux qui sont aux prises avec des problèmes plus aigus, comme le décès inattendu d’un proche, un traumatisme infantile non résolu ou un trouble de stress post-traumatique, peuvent avoir besoin de soins continus jusqu’à ce que les traumatismes soient résolus.

Les recherches suggèrent que les thérapeutes efficaces fournissent une explication de la souffrance du patient, discutent du fonctionnement de la thérapie et demandent un retour d’information. Bien entendu, la situation de chaque patient est unique et, au fur et à mesure que la thérapie se déroule, les objectifs peuvent changer.

Après avoir interrogé votre futur thérapeute, posez-vous la question : “Que me disent mes tripes à propos de cette personne”, a déclaré Benjamin Lipton, un psychothérapeute de l’A.E.D.P. à New York. Si quelque chose ne va pas, faites honneur à votre expérience et posez des questions de suivi.

Un thérapeute peut avoir des qualifications irréprochables et des évaluations en ligne élogieuses, mais si l’interaction vous paraît rebutante, il est peu probable que la confiance et la sécurité s’établissent. En fin de compte, ces deux ingrédients sont essentiels dans toute nouvelle relation, y compris celle avec votre thérapeute.

Traduit et adapté par courtoisie du New York Times

pleine conscience

La pleine conscience

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Mindfulness

Plusieurs d’entre nous ont une vie bien remplie. Nous sommes constamment occupés à penser au passé et à prévoir l’avenir. Ce faisant, nous ne portons pas beaucoup attention au présent, c’est-à-dire là où nous nous trouvons maintenant. La pleine conscience est simplement une invitation à nous éloigner de la pagaille et à nous concentrer sur ce que nous faisons, pensons et ressentons dans le moment présent.

En quoi la pleine conscience consiste-t-elle?

La pleine conscience est une façon d’être. Il s’agit également d’une compétence qui se développe; elle consiste à ralentir, à prendre le temps de porter attention aux choses que nous vivons et voyons autour de nous ainsi qu’à faire preuve de curiosité par rapport à celles-ci. Nous pouvons tous avoir conscience de nous-même, mais nous ne le faisons pas souvent.

La pleine conscience vient du bouddhisme, mais c’est à vous de décider si vous souhaitez la pratiquer dans un cadre religieux ou non. Les thérapies utilisées aujourd’hui dans des contextes ordinaires et qui font appel à la pleine conscience ne sont pas axées vers la religion. La plupart des personnes qui ne sont pas familières avec la pleine conscience commencent par travailler sur trois de ses principaux éléments : l’attention, la curiosité et l’acceptation.

L’attention signifie que nous avons conscience des choses qui se passent en nous et autour de nous. Cela comprend l’attention aux pensées, aux sentiments, aux sensations corporelles internes ainsi qu’à des choses qui se produisent dans notre environnement, comme des sons. Cela implique également de porter attention à des expériences précises, telles que les sensations que nous ressentons quand nous mangeons un repas. Pourquoi l’attention est-elle importante? Nous passons beaucoup de temps à penser au passé et à nous concentrer sur l’avenir. Nous pouvons

ainsi oublier que nous sommes ici, maintenant. L’attention peut nous aider à prendre conscience de toutes les choses qui se produisent en nous et autour de nous dans le moment présent et à comprendre comment nous sommes dans notre vie. En portant attention, nous ne remarquerons pas que les choses joyeuses. En effet, nous pourrons observer, par exemple, que nous sommes fatigué ou que nous souffrons, mais ces observations peuvent tout de même nous être utiles.

La curiosité signifie explorer sans porter de jugement. Nous observons nos pensées, nos sentiments ou nos sensations du point de vue d’un explorateur examinant différentes perspectives pour mieux comprendre ce qui se passe. La curiosité nous permet de voir des situations de manière plus objective. Pourquoi la curiosité est-elle importante? Elle signifie que nous interagissons avec les choses un peu différemment qu’à l’habitude. Une habitude courante consiste à juger les pensées, les sensations ou les autres expériences autour de nous. Lorsque nous explorons en portant un jugement, la pensée critique s’accentue facilement et peut causer de la détresse. Par exemple, une petite mésentente avec un ami peut entraîner des peurs irréalistes par rapport à l’avenir de la relation. Pratiquer la pleine conscience ne nous empêche peut-être pas de porter des jugements, mais cela peut nous aider à prendre conscience de ces pensées.

L’acceptation signifie vivre le moment présent tel qu’il est, avec ses bons et ses mauvais côtés, plutôt que d’y résister ou d’agir rapidement pour le changer. Pourquoi l’acceptation est-elle importante? Parfois, essayer de contrôler ou de changer quelque chose n’est pas possible, ni même la meilleure approche. Par exemple, si nous ressentons beaucoup d’anxiété, il est facile de devenir prisonnier de ce sentiment désagréable. Nous pouvons faire beaucoup de choses pour tenter de mettre fin à cette sensation ou nous fâcher contre nous-même parce que nous ne sommes pas capable de contrôler cette anxiété. Dans ce cas, l’acceptation peut signifier simplement de reconnaître que nous nous sentons anxieux et de laisser nos sentiments aller, sachant qu’ils passeront.

L’attention, la curiosité et l’acceptation peuvent avoir une énorme incidence sur la façon dont nous nous sentons et vivons nos vies. Vous pouvez également constater que, même si elles désignent des concepts simples, elles ne sont pas nécessairement faciles à mettre en pratique.

Quels sont les avantages potentiels de la pleine conscience?

Des recherches démontrent que la pleine conscience peut aider à améliorer le bien-être et la qualité de vie. Elle peut aider les gens à réduire leur stress et leur anxiété, à gérer des symptômes de maladies mentales et de problèmes de consommation ainsi qu’à améliorer la santé physique. La pleine conscience peut nous aider à observer notre propre vie de manière plus éclairée. Elle peut aider à percevoir de manière différente nos expériences et nous donner de l’espace pour examiner des problèmes de tous les points de vue, sans nous emmêler dans des pensées ou des sentiments pénibles qui ne feraient qu’aggraver la manière dont nous sentons

À quoi peut ressembler lapleine conscience?

La pleine conscience peut être pratiquée de nombreuses façons : dans des groupes officiels, en suivant des cours formels ou en faisant une brève introspection sur le chemin du retour après le travail. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de la pratiquer, et ce que vous ressentez doit être accepté tel quel. Voici quelques techniques de pleine conscience que vous pouvez pratiquer n’importe où :

  • Mangez un repas sans distraction, comme la télévision ou tout autre appareil. Portez attention à ce que vous mangez et aux différentes sensations que vous ressentez.
  • Allez marcher et faites en sorte de porter vraiment attention à l’environnement autour de vous en utilisant tous vos sens. Que ressentez-vous?
  • Parlez à un ami en personne sans distraction, comme des téléphones. Concentrez-vous sur la conversation et écoutez vraiment, sans porter de jugement ni avoir d’attentes. Remarquez comment vous vous sentez.
  • Faites de l’introspection n’importe quand. Quelles pensées remarquez-vous? Comment vous font-elles sentir?
  • Prenez une minute pour vous asseoir tranquillement et vous concentrer sur la sensation de votre respiration. Lorsque vous êtes distrait par une pensée, reconnaissez-la et redirigez votre attention sur votre respiration.
  • Il y a toujours une façon différente d’essayer d’atteindre la pleine conscience. Si les méditations de la pleine conscience en position assise vous rendent agité, essayez de pratiquer la pleine conscience en marchant.

À quels autres endroits pouvez-vous pratiquer la pleine conscience?

De nombreuses organisations communautaires offrent des cours de pleine conscience. Vérifiez auprès de votre centre communautaire, de vos écoles locales ou de vos organisations communautaires. Vous pouvez également trouver des ressources relatives à la pleine conscience sur Internet. La pleine conscience est également utilisée dans un grand nombre de psychothérapies formelles différentes, comme la réduction du stress par la pleine conscience (RSPC), la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (TCBPC), la thérapie d’acceptation et d’engagement (TAE), la thérapie comportementale dialectique (TCD) et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Pour voir si l’une de ces approches pourrait vous convenir, parlez à votre professionnel de soins de santé mentale.

Traduit par courtoisie –  CMHA

tspt et thérapies

Quand le trauma ne veut pas s’en aller : Comprendre le stress post-traumatique complexe

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Le diagnostic actuellement accepté pour l’expérience d’un événement traumatique unique de la vie est le stress post-traumatique (SSPT). Le diagnostic de stress post-traumatique repose sur le constat d’un psychiatre selon lequel la personne a vécu un événement traumatisant au cours duquel elle a été impliquée ou témoin d’événements avec menace de mort ou de blessures grave, ou lorsque l’intégrité physique personnelle ou celle d’autrui a été mise en danger (D’Andrea, Ford, Bradley, Spinazzola et Van der Kolk, 2012). Mais le traumatisme peut être plus compliqué que cela.

Une autre forme de stress post-traumatique, appelée à juste titre stress post-traumatique complexe, est abordée dans la recherche clinique. Herman (1992) définit le syndrome de stress post-traumatique complexe comme ” le résultat caractéristique d’une exposition à des occurrences répétées ou prolongées ou à des formes multiples de traumatisme interpersonnel, souvent dans des circonstances où l’on ne peut pas s’échapper en raison de contraintes physiques, psychologiques, familiales, environnementales, sociales ou d’âge “.

Quelles sont donc les situations dans lesquelles une personne est exposée à un traumatisme interpersonnel et quelles sont les conséquences à court et à long terme d’un tel traumatisme ? Felitti et ses collaborateurs (1998) décrivent plusieurs abus et dysfonctionnements domestiques de la part de parents ou autres adultes dans le foyer, et dans lesquels un traumatisme interpersonnel peut survenir. Il s’agit notamment de :

Abus

Abus psychologique : Insultes répétées, commentaires négatifs et injures envers la victime.

Violence physique : Lorsqu’un parent ou un autre adulte du foyer pousse, attrape, gifle ou frappe la victime à plusieurs reprises et laisse ainsi souvent des traces de coups.

Abus sexuel : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille touche, caresse ou saisit la victime de façon répétée et sexuelle. Lorsqu’un enfant est forcé à avoir des rapports sexuels avec un parent ou un adulte.

Dysfonctionnements du foyer

Toxicomanie : Lorsqu’un parent ou un autre adulte au foyer a un problème de drogue ou d’alcool.

Troubles de santé mentale : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille souffre de dépression ou d’un autre trouble mental grave.

Mère violemment maltraitée : Quand la mère est maltraitée physiquement, poussée, saisie et giflée à plusieurs reprises, et la victime en est témoin.

Comportement criminel : Lorsqu’une personne au foyer participe à une activité illégale ou est arrêtée et envoyée en prison.

Intimidation, négligence, trahison : Si une personne est intimidée, négligée ou trahie par un être cher, cela peut causer un traumatisme interpersonnel (D’Andrea, et al., 2012).

Lorsqu’une personne subit l’un ou l’autre des effets susmentionnés, il peut y avoir de nombreux effets néfastes. Les études montrent que les enfants qui sont exposés de façon répétée à ces abus peuvent souffrir de graves problèmes coexistants de régulation des émotions, de contrôle des impulsions, d’attention et de cognition, ainsi que de relations interpersonnelles et d’auto-attributions négatives (D’Andrea, et al., 2012).

L’une des études les plus citées à ce sujet a révélé que plus un enfant était exposé à ces abus, plus il était susceptible d’avoir de graves problèmes de santé à l’âge adulte. L’étude a révélé un lien étroit entre le nombre d’expositions indésirables chez les enfants et les affections suivantes : maladie cardiaque, cancer, bronchite chronique ou emphysème, antécédents d’hépatite ou d’ictère, fractures du squelette et autoévaluation négative de la santé (Felitti, et al., 1998).

De plus, les parents qui ont vécu un traumatisme et qui ne consultent pas un spécialiste peuvent, sans le savoir, extérioriser leur traumatisme et le transmettre à la personnalité en développement de leur enfant, un processus appelé transmission transgénérationnelle (Shulevitz, 2014).

En raison de l’impact que les traumatismes interpersonnels peuvent avoir sur la santé et le bien-être, il est crucial de chercher un traitement. Les traitements efficaces pour l’exposition aux traumatismes interpersonnels peuvent inclure :

La thérapie d’exposition prolongée : Ce traitement est soutenu par plus de 20 ans de recherche et est très efficace pour traiter le stress post-traumatique chronique et les symptômes associés. L’objectif de la thérapie d’exposition est de traiter les souvenirs et les déclencheurs traumatiques. Le thérapeute travaille avec la personne pour aborder ces éléments graduellement afin qu’une tolérance à la mémoire se construise avec le temps (Foa, Hernbree et Rothbaum, 2007).

La désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires : Aussi connu sous le nom d’EMDR, ce traitement est également soutenu par plus de 20 ans de recherche. En engageant le cerveau dans un double stimulus d’attention (DAS) et une stimulation de gauche à droite, le but de cette approche est de permettre à la personne d’accéder à la mémoire, de se rappeler des aspects spécifiques de la mémoire et de retraiter la mémoire pour qu’elle soit stockée sous une forme adaptative. Le thérapeute aide la personne à percevoir l’événement d’une manière différente – par exemple une source de force ou une chose qui a nécessité du courage pour survivre (Shapiro, 2001).

La thérapie cognitivo-comportementale : La TCC est une approche qui cible les pensées négatives automatiques et les croyances fondamentales du moi. Les personnes qui ont subi un traumatisme interpersonnel ont souvent des croyances et des attributions plus négatives à leur propre égard qui ne sont pas justes (D’Andrea, et al. 2012). À l’aide d’exercices comme l’enregistrement des pensées et des données, le thérapeute aide la personne à examiner ses pensées et à comprendre qu’elles ne sont peut-être pas équilibrées. En trouvant des preuves pour et contre ses pensées négatives, la personne est capable de créer des modèles de pensée alternatifs et plus équilibrés à son propre égard (Greenberger et Padesky, 1995).

Malgré les données démontrant que les traumatismes interpersonnels entraînent un stress post-traumatique complexe et ont des effets néfastes à court et à long terme sur la santé, le corps professionnel en santé mentale a encore du mal à établir un diagnostic qui lui permette de déceler cette exposition et ce trouble. Plusieurs groupes de travail ont été créés pour répondre au besoin d’un consensus sur la manière de diagnostiquer et de traiter les personnes touchées par un traumatisme interpersonnel. D’ici là, le stress post-traumatique complexe ne figurera pas dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Si vous ou un être cher avez été exposé à l’un des abus mentionnés ci-dessus, sollicitez l’aide d’un professionnel de la santé mentale diplômé et expérimenté.

Traduit par courtoisie de  Good Therapy