idéation suicidaire tspt complexe

8 conseils pour aider les victimes de traumatisme complexe à vivre avec des idées suicidaires chroniques

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Si vous avez des idées suicidaires, l’article qui va suivre pourrait vous déclencher. En cas de besoin, n’hésitez pas à contactez les ligne d’urgences – 01 45 39 40 00 / 01 40 44 46 45 / 01 42 27 64 34 

Les survivants de traumatismes complexes, définis comme des expériences traumatiques récurrentes et inéluctables, peuvent parfois souffrir de pensées suicidaires chroniques. Certaines personnes vivant avec un syndrome de stress post-traumatique complexe (SSPT-C) peuvent avoir fait des tentatives de suicide répétées, d’autres peuvent avoir des idées suicidaires passives, ou à différent degrés. Ces idées peuvent être de passage, constantes ou peuvent cesser pendant de longues périodes avant de se présenter à nouveau. Après des expériences traumatisantes, il est souvent très protecteur pour les survivants d’avoir une ¨porte de secours¨ ou un ¨filet de sécurité” Cela peut apparaître sous la forme d’idéation suicidaire.

Je suis moi-même une victime de traumatisme complexe, et j’ai souffert de pensées suicidaires chroniques suite à mon état de stress post-traumatique complexe. Souvent, je me sentais isolée, seule, rejetée, et j’avais honte et me sentais coupable du traumatisme que j’avais subi. Et toutes ces émotions se déformaient et se retournaient contre moi parce que c’était le seul moyen que j’avais de rationaliser mes traumas. J’ai réalisé que mes envies suicidaires apparaissaient lorsque je ne me sentais plus en sécurité dans ce monde et que la seule issue était le suicide.

Lorsque j’ai effectué des recherches sur la suicidalité chronique, j’ai trouvé très peu de ressources concernant les personnes souffrant de troubles chroniques à long terme. Néanmoins, on trouve beaucoup d’informations pour les personnes fortement suicidaires. J’ai alors décidé de regrouper huit conseils et informations que j’utilise fréquemment pour contrôler mon idéation suicidaire chronique, en espérant que ça puisse aider quelqu’un qui se trouve dans la même situation que moi.

  1. S’entourer de personnes sûres

C’est vraiment ce qui, maintes fois, m’a sauvé la vie. En tant que victime de traumatisme chronique, ma perception du monde est parfois obscurcie par le rejet, l’isolement, la honte et l’impression de “ne pas avoir ma place” dans ce monde. Mais il existe aussi des personnes qui comprennent la difficulté d’être humain. Il y a des personnes dans le monde qui le “saisissent” vraiment et les trouver était la première chose à faire pour rester saine. J’ai, dans ma chambre, une liste de cinq personnes que je peux contacter lorsque le monde me semble néfaste. Je peux toujours compter sur eux pour me sortir de chez moi, me changer les idées et me montrer que le monde et les hommes peuvent être bons.

2. Se servir de la douleur pour créer

Vous n’avez pas besoin d’être un artiste pour suivre ce conseil. Devenez seulement créatif. Faites de la peinture, écrivez, dessinez, coloriez, photographiez, éclaboussez, déchirez, brûlez. (Veillez seulement à rester en sécurité lors de vos activités!) Personnellement, utiliser la douleur et mes pensées pour créer a toujours été une priorité car lorsque j’observe, une fois calmée, les œuvres réalisées, j’ai l’impression d’avoir tiré profit de la souffrance. Pour d’autres, c’est une façon de se sentir moins coupable de son mal-être.

3. Se retirer dans un lieu sûr

Ce conseil est vraiment important pour ceux qui souffrent du complexe SSPT, parce que bien souvent, un traumatisme peut condamner la victime à ne trouver de refuge nul part. Si vous êtes capable de trouver un ou deux lieux où vous vous sentez en sécurité (pour moi c’est la plage et la forêt) et que vous pouvez y passer la journée, cela pourrait suffire à chasser vos idées noires.

4. Une couverture lestée

Il est parfois difficile de s’offrir du confort lorsque l’on souffre d’idéation suicidaire. Je pense souvent ne pas mériter le réconfort d’une personne bienveillante ou d’un lieu sûr, mais me couvrir d’une couverture épaisse me fait me sentir en sécurité, sans avoir l’impression de “déranger” qui que ce soit. Ces couvertures épaisses m’ont aidé à surmonter des attaques de paniques et temps de crise. (Maintenant, ils en font même avec des capuches!)

5. Garder les mots de réconfort de votre entourage dans des lieux accessibles

J’ai un tas de petits mots de soutien de mes proches juste à côté de mon lit. Lorsque je commence à me sentir angoissée ou déprimée, je lis leurs messages amusants, gentils, bienveillants et sincères. Généralement, c’est suffisant pour me rappeler que je suis aimée, appréciée et que je n’importune pas mes proches, contrairement à ce que le SSPT complexe me pousse à croire.

6. Faire des listes

Je viens récemment de découvrir une nouvelle technique, celle de faire des listes. En temps de crise, je sors mon journal intime et je fais des listes. Certaines des listes que j’ai rédigé pouvaient recueillir “les souvenirs qui prouvent que la vie vaut la peine d’être vécue”, ou bien “les choses que j’aimerais accomplir dans ma vie”, ou encore “les choses dans ma vie dont je suis fière”. Les relire, durant des journées difficiles, m’aide à me rappeler mes objectifs de vie et mon avenir.

7. Faire une balade (de préférence avec quelqu’un d’autre)

Quand rien d’autre ne semble aider, je propose à quelqu’un en qui j’ai confiance de venir se promener avec moi. Ça me fait changer d’air et me permet d’être avec quelqu’un qui peut partager ma peine, même si cela veut dire rester silencieux et ne pas lui parler. C’est souvent tout ce dont j’ai besoin, même si ça paraît effrayant et je me sens vulnérable.

8. Trouver des choses qui vous font du bien 

J’aime programmer de petites choses dont je me réjouis occasionnellement, comme une mini-fête en mon honneur de temps en temps. Il peut s’agir de petits plaisirs aussi petits qu’une tasse de café ou aussi important qu’une place de concert ou un événement particulier.

J’espère que certains de ces conseils et informations vous aideront lorsque vous avez des difficultés à contrôler vos idées suicidaires chroniques. Souvenez-vous, vos réactions traumatiques ne sont pas un défaut de personnalité. Elles sont réelles et justifiées. Vous pouvez le faire!

Si vous, ou quelqu’un que vous connaissez, a besoin de soutien, hors lignes d’écoutes d’urgence, vous pouvez contacter :  08 00 85 88 58 /  01 42 96 26 26 / 09 72 39 40 50

Traduction de courtoisie de J.S depuis The Mighty

cerveau et dépression

Derrière la recherche: des résultats prometteurs lors d’un essai de traitement du TSPT par stimulation cérébrale profonde

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Article rédigé par Jennifer Palisoc, conseillère en communication du Centre des Sciences de la Santé Sunnybrook

Des chercheurs du Centre des Sciences de la Santé Sunnybrook ont obtenu des résultats prometteurs lors du premier essai clinique canadien impliquant la stimulation cérébrale profonde (DBS) pour traiter le trouble de stress post-traumatique (TSPT) réfractaire. La phase I de l’essai visant à explorer la sécurité de cette procédure a débuté en février 2019.

Les chercheurs ont récemment publié un nouveau rapport dans la revue scientifique Biological Psychiatry mettant en évidence un progrès positif et constant au cours des mois suivant le traitement chez la première patiente au Canada à avoir bénéficié de cet essai clinique

L’équipe de Sunnybrook est aussi le premier groupe de chercheurs au monde à cibler une région du cerveau connue sous le nom de cortex préfrontal ventromédian avec la stimulation cérébrale profonde (DBS) pour traiter le TSPT réfractaire. Le rapport souligne le succès de cette approche à ce jour. Les réactions de la patiente face aux déclencheurs ont nettement diminué. Elle profite d’une qualité de vie désormais nettement supérieure.

Les chercheurs de Sunnybrook et la première patiente au Canada à participer à cet essai clinique partagent avec vous les résultats du dernier rapport et le progrès de cet essai en cours.

Dr. Nir Lipsman, chercheur principal, directeur du Centre Harquail sur la neuromodulation de Sunnybrook:

« À ce jour, les résultats de cet essai sont fiables et encourageants, et nous continuons à chercher des moyens novateurs pour traiter le TSPT et trouver de nouvelles options de traitement pour les personnes qui souffrent de TSPT résultant d’une carrière militaire ou de traumatismes et violences vécus. Notre travail se base sur le besoin essentiel de recherche continue pour pouvoir approfondir nos connaissances sur les circuits cérébraux du TSPT et ainsi pouvoir développer un nouveau traitement et des thérapies agissant directement sur le cerveau avec une technologie d’imagerie de pointe. Cette recherche est possible, grâce notamment à la générosité des donateurs et bailleurs de fonds qui soutiennent notre innovation, et grâce aux patients qui nous aident à révolutionner l’avenir de la santé du cerveau. »

Dr. Clement Hamani, auteur principal et responsable de la recherche préclinique du Centre Harquail sur la neuromodulation de Sunnybrook:

«En tant que premiers chercheurs à étudier et appliquer la stimulation cérébrale profonde sur le cortex préfrontal ventromédian en tant que traitement du TSPT réfractaire, il est encourageant de voir que notre recherche préclinique et l’essai clinique ont donné lieu à des résultats aussi prometteurs quant au progrès de notre patiente. Notre recherche translationnelle a pour objectif de mener au développement et à la découverte de nouveaux traitements qui permettront d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant de TSPT. »

Dr. Peter Giacobbe, co-chercheur, responsable clinique du Centre Harquail sur la neuromodulation de Sunnybrook: (photo prise en 2018)

« Plus de 3 millions de Canadiens sont atteints de TSPT, et entre 20 et 30% ne répondent pas à la psychothérapie ou au traitement médical. En visant directement et avec précision une région du cerveau jouant un rôle dans le TSPT, notre étude est à la pointe de futurs traitements possibles. Il est important de se rappeler que chaque individu réagit différemment aux divers traitements; les résultats de notre étude pourraient aider à améliorer et personnaliser les traitements en fonction des besoins individuels et des symptômes des patients, et ainsi redonner espoir à ces patients dont la vie a été bouleversée par l’absence de réponse aux traitements du TSPT. »

Serena Kelly, première patiente au Canada à participer à l’essai clinique :

« Depuis que j’ai eu recours à la stimulation cérébrale profonde pour traiter mon TSPT, ma qualité de vie s’est nettement améliorée. Les pensées et les images intrusives ne me hantent plus et elles ne m’empêchent plus de dormir la nuit. L’hypervigilance ne dicte plus ma vie. Après avoir passé des décennies à essayer d’éviter tous les déclencheurs, je suis désormais capable de faire face à tout. En me soumettant à la stimulation cérébrale profonde pour l’essai clinique sur le TSPT, j’ai retrouvé ma vie et mon indépendance! Depuis plus d’un an, je suis de nouveau capable de conduire toute seule. J’ai repris l’université pour obtenir un diplôme en psychologie; je vais bientôt terminer mon troisième semestre. Sans le travail intense et le dévouement de l’équipe en charge de l’essai clinique, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui, et je pense réellement que le travail de recherche qu’ils effectuent est inestimable et pourrait potentiellement sauver des vies. »

Témoignage de Serena Kelly dans le prochain article.

Traduction de courtoisie depuis Health Sunnybrook par Sonia Erraud

tspt et yeux

SSPT : Une étude révèle que les yeux peuvent refléter un traumatisme passé

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Selon de nouvelles recherches, les pupilles d’une personne peuvent révéler si elle a subi une expérience traumatique dans le passé.

L’étude conjointe des universités de Swansea et de Cardiff a révélé que les yeux des personnes souffrant de stress post-traumatique (SSPT) se comportent différemment.

Les pupilles répondent de manière amplifiée à la vue d’images excitantes ou inquiétantes.

Les auteurs de l’étude ont déclaré que cela pourrait être utile pour le diagnostic, le traitement et l’évaluation des progrès.

Normalement, la taille de la pupille fluctue en fonction de l’intensité lumineuse, mais elle peut également se modifier lorsqu’une personne est effrayée, excitée ou lorsqu’elle est particulièrement concentrée.

Les images choquantes ou inattendues peuvent faire augmenter la taille des pupilles, mais les chercheurs ont découvert que cette réaction était fortement amplifiée chez les personnes ayant vécu un événement traumatique.

La vérité se lit dans les yeux – Que disent nos yeux à notre sujet ?

Trois groupes de personnes ont été testés – ceux avec un diagnostic de SSPT, ceux qui ont vécu un événement traumatique mais ne souffrent pas de SSPT, et un groupe de contrôle composé de personnes n’ayant aucun antécédent.

Le professeur Nicola Gray, de l’université de Swansea, a co-écrit l’étude avec le professeur Robert Snowden de l’université de Cardiff.

Elle a déclaré “La pupille montre normalement une constriction rapide lorsque la personne voit une nouvelle image, puis ensuite la pupille s’agrandit – en particulier si l’image est excitante, comme par exemple une image effrayante d’animaux féroces ou d’armes.

” Toutefois, les patients atteints de SSPT se sont comportés différemment dans les deux phases. Tout d’abord, leur pupille ne se contracte pas beaucoup lorsqu’on leur montre une nouvelle image, puis elle s’élargit davantage face aux images effrayantes que pour les personnes ne souffrant pas de SSPT”.

Un homme atteint de SSPT, qui a souhaité garder l’anonymat a décrit comment, après son passage dans l’armée, il s’est retrouvé dans l’incapacité de conduire la nuit parce que ses pupilles ne se contractaient pas suffisamment sous l’effet des lampadaires et des phares, ce qui provoquait chez lui un éblouissement et l’empêchait de voir correctement.

Les recherches ont démontré que le groupe SSPT a présenté des pupilles élargies pour des images positives et excitantes.

“Lorsque nous avons montré des scènes excitantes, un exploit sportif ou une image de saut en parachute par exemple, ces images ont suscité la même réaction amplifiée des pupilles, dans le groupe SSPT, que celle face à des images effrayantes”, a déclaré le professeur Snowden.

“Les sujets n’étaient pas effrayés par ces images, mais les images étaient excitantes. Une fois de plus, les personnes souffrant de SSPT ont montré une réponse bien plus importante, indiquant qu’elles étaient encore plus réactives à ces images que les autres participants”.

Selon le professeur Gray, cette découverte pourrait aider à développer de nouvelles thérapies pour le SSPT.

“Si des images excitantes, mais non menaçantes, suscitent réponse identique, il serait possible à l’avenir de les utiliser pour réduire progressivement le niveau d’excitation des personnes souffrant de SSPT”.

Qu’est-ce que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ?

Le SSPT est un trouble anxieux causé par des événements très stressants, effrayants ou angoissants.

Une personne souffrant de SSPT revit souvent l’événement traumatique par des cauchemars et des flashbacks, et peut éprouver des sentiments d’isolement, d’irritabilité et de culpabilité.

Elle peut également avoir des problèmes de sommeil, comme l’insomnie, et avoir du mal à se concentrer.

Ces symptômes sont la plupart du temps suffisamment graves et persistants pour avoir un impact significatif sur la vie quotidienne de la personne.

Les causes du SSPT peuvent inclure :

  • des accidents graves de la route
  • des agressions personnelles violentes, telles que l’agression sexuelle, l’agression physique ou le vol
  • de graves problèmes de santé
  • les conditions d’accouchement

(Source : NHS)

Selon le professeur Gray, cette étude peut également être utile du point de vue du diagnostic.

“Le SSPT se présente sous de nombreuses formes, des personnes qui ont vécu un événement soudain et unique comme un accident de voiture, à celles qui ont vécu de nombreux événements traumatiques sur une période de plusieurs mois ou années par le biais d’abus.

“Parfois, les gens ont du mal à exprimer ces pensées, ou peuvent même les minimiser afin de satisfaire le thérapeute.

” Disposer d’une méthode plus objective pour rechercher ces signes d’hyper-vigilance et d’hyper-excitation peut être utile afin d’obtenir un critère plus précis de la façon dont la personne progresse “.

Traduction de courtoisie depuis BBC.com

tspt et souvenirs traumatiques

Mémoires préverbales dans le SSPT complexe

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Guérir les traumatismes de l’enfance

Les événements traumatiques de la petite enfance comprennent les expériences de négligence, le sentiment de ne pas avoir eu votre place ou d’avoir été indésirable, ou de vous être senti constamment incompris. Vous avez peut-être grandi dans une famille où vos parents ont subi des traumatismes non résolus, ce qui a nui à leur capacité de répondre à vos besoins émotionnels. Ou, pour les situations plus extrêmes, vous avez peut-être été exposé à des agressions dangereuses. Le traumatisme chronique non résolu de l’enfance est appelé SSPT Complexe (SSPT – C).

Selon le psychologue et neuroscientifique, Dr. Allan Schore, nos premiers souvenirs préverbaux ne sont ni verbaux, ni stockés sous forme d’images. Au lieu de cela, ils existent en tant que schémas gestuels et sensations . Ce sont les fondations de nos premières relations représentées par la stimulation et l’émotion psychophysiologiques. Même lorsque l’enfant développe son langage, les souvenirs traumatiques sont souvent stockés de manière désorganisée. Si vous avez vécu un traumatisme pendant votre enfance, vous pouvez vous sentir accablé par une douleur physique et émotionnelle ou vous sentir hanté par des fragments de souvenirs troublants.

«Pour réussir à travailler avec les mémoires préverbales, il faut trouver un moyen d’accéder à l’expérience somatique liée à ces premiers échanges interpersonnels. Il est important de savoir que vous pouvez guérir du SSPT-C. Même si le chemin vers la guérison vous semble intimidant, rappelez-vous que tous les voyages commencent par un seul pas.’’
– Dr. Arielle Schwartz

Souvenirs préverbaux

Nos premiers souvenirs, appelés mémoires implicites, reposent sur des systèmes cérébraux limbiques qui sont fonctionnels dès la naissance et dominants pendant les deux à trois premières années de la vie. Selon le psychiatre et auteur, Dr. Daniel Stern, nos souvenirs préverbaux renferment des représentations de nos premières relations – celles avec notre mère, notre père et nos tuteurs. Le système de mémoire implicite est la base de ce que l’on appelle parfois les «souvenirs corporels».

Le rôle des personnes tutrices est de déterminer les besoins physiques et émotionnels du nourrisson grâce à un synchronisme empathique. Ce processus aide à renforcer le sentiment intérieur de soi du bébé.

Dr. Schore, a inventé le terme «régulateur psycho-biologique» reconnaissant qu’un tuteur assure le contrôle externe de la physiologie immature du nourrisson. Une telle régulation influence le tonus vagal. En d’autres termes, le système nerveux autonome de la mère «connecte» la physiologie du nourrisson impliquée dans les activités de régulation.

Les recherches du Dr.Ed Tronick auprès de mères souffrant de dépression ont indiqué qu’elles étaient plus susceptibles de mal interpréter les signaux de leurs enfants. Par exemple, si un bébé signale un besoin normal de se désengager, la mère déprimée peut se sentir rejetée, prendre une expression coléreuse, envahir les limites de l’enfant ou se dissocier. À ce stade, elle n’est plus disponible pour réguler les besoins du nourrisson. Afin de rester régulée, une mère doit être capable de reconnaître sa propre charge émotionnelle en s’accordant à ses sensations internes avec une réflexion sur soi. Elle utilise ce processus pour séparer sa propre histoire d’attachement précoce de celle présente avec son enfant. Elle pourrait se dire: «Ce sont des sentiments douloureux de mon passé, mais mon enfant ne me rejette pas. Je peux répondre à mes sentiments sans en rendre mon enfant responsable.» Dans cet exemple, la mère s’occupe de ses propres sentiments lui permettant de se comporter d’une manière qui aide à réguler la physiologie de l’enfant.

Les souvenirs implicites servent de fondement à un ressenti du sentiment de soi qui peut persister à l’âge adulte.

Souvenirs traumatiques

Le psychologue américain Arthur Janov suggère que le traumatisme à la naissance est considéré comme une empreinte dans le système nerveux du nouveau-né et persiste à l’âge adulte. Ces mémoires flash ou empreintes sont des souvenirs qui ont tendance à revenir très distinctement et qui sont encodés lorsque vous êtes dans un état de peur, quel que soit votre âge. Une poussée d’adrénaline semble intensifier le stockage en mémoire des événements précédant l’événement traumatique. Janov a souligné la valeur des thérapies somatiques parce que l’empreinte de ces souvenirs ne peuvent être accessibles qu’en travaillant avec les sentiments de ressentis du corps.

Il est important de noter qu’une grande partie des recherches sur les mémoires flashs suggèrent qu’elles ne sont pas fiables et représentent rarement une réitération exacte des évènements originels. C’est parce que notre système de mémoire est malléable. Lors de la récupération d’une mémoire préverbale, il n’y a souvent qu’un sentiment de ressenti ou sensation de l’expérience originelle avec peu de ses détails. De plus, les souvenirs traumatiques sont souvent fragmentés et désorganisés, compromettant un récit cohérent du passé. En tant qu’êtres humains, nous sommes des conteurs d’histoires et remplissons les éléments manquant de la mémoire – nous avons un besoin fondamental de développer un récit qui soit cohérent avec notre sentiment du soi actuel.

Il est tentant autant pour les clients que pour les thérapeutes de projeter un récit sur des souvenirs corporels somatiquement vécus. Par conséquent, les thérapeutes doivent rester conscients de leur pouvoir et de leur influence et éviter une surinterprétation suggestive de l’expérience du client.

Guérir un traumatisme préverbal

Afin de travailler de façon efficace avec des mémoires préverbales, vous devez accéder à l’expérience somatique. Les modalités telles que la thérapie somatique et la thérapie EMDR offrent des outils précieux pour la guérison du SSPT-C. Les mots peuvent parfois interférer avec le contact du corps. Par conséquent, il est important de se connecter aux sensations en construisant une tolérance pour la conscience somatique. En thérapie, un clinicien qualifié est témoin du langage corporel du client mais ne l’interprète pas à sa place. Vous travaillez avec votre sentiment ressenti de la mémoire en décrivant l’expérience telle qu’elle existe dans le moment présent. Surtout, il n’est pas nécessaire de connaître toute la vérité sur un souvenir traumatique préverbal pour trouver la résolution du traumatisme.

Étant donné que les traumatismes de la petite enfance surviennent le plus souvent dans une relation, les interventions thérapeutiques sont plus efficaces dans le contexte d’une relation sûre, digne de confiance et compatissante. Lorsque vous travaillez avec un traumatisme de développement précoce, votre thérapeute vous aide à apprendre de nouveaux modèles de régulation grâce à un processus interactif instantané de communications verbales et non verbales. En apprenant à vivre dans le présent au lieu du passé, vous pouvez augmenter votre capacité à pratiquer quotidiennement l’amour et la compassion de soi.

Il est important de savoir que vous pouvez guérir du SSPT-C. Même si le chemin vers la guérison peut sembler intimidant, rappelez-vous que tous les voyages commencent par un premier pas.

Traduction de courtoisie par Rebecca Zandvliet depuis le site Dr Arielle Schwartz

traumatisme et troubles du sommeil

L’impact du SSPT sur le sommeil

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Outre le fait que les cauchemars et l’activation neurovégétative (sursauts) sont des symptômes directs du SSPT qui interrompent le sommeil, les recherches montrent que les personnes qui souffrent de SSPT ont 75 % plus de chances de souffrir d’insomnie. Dans la plupart des cas, cela est dû à l’état de stress constant dans lequel ces personnes vivent.

Le stress qui conduit à l’insomnie

Notre corps produit naturellement une hormone appelée cortisol. Le cortisol, souvent appelé “hormone du stress”, est produit dans les glandes surrénales tout au long de la journée et joue un rôle important dans notre réaction de “lutte ou de fuite”. La nuit, le taux de cortisol devrait naturellement diminuer. Cependant, lorsque notre corps vit dans un état de stress constant, les niveaux de cortisol restent élevés. Par conséquent, notre corps ne peut pas se détendre suffisamment pour s’endormir. C’est à cause de ces niveaux élevés de cortisol que les personnes souffrant de SSPT sont constamment sur-activées et incapables de s’endormir.

Les autres raisons pour lesquelles les personnes souffrant de SSPT ne peuvent pas s’endormir

  • Les cauchemars

Pendant le sommeil paradoxal, le stade le plus profond du sommeil où nous faisons l’expérience des rêves, notre cerveau traite également les souvenirs et les émotions. Un cauchemar est un rêve dérangeant souvent associé à des émotions négatives. Le cauchemar occasionnel est courant chez toutes les personnes à tout âge. Cependant, certaines personnes, comme les personnes souffrant de SSPT, font régulièrement des cauchemars qui provoquent de la détresse, un manque de sommeil et, finalement, la peur de s’endormir.

Il est intéressant de noter que les cauchemars causés par des expériences traumatiques sont quelque peu différents du cauchemar ordinaire. La moitié des survivants du SSPT font des cauchemars qui sont la répétition exacte de l’événement traumatique en lui-même. Les cauchemars des survivants du SSPT sont également plus susceptibles de se produire plus tôt dans la nuit et à différents stades du sommeil, par rapport aux cauchemars habituels qui se déroulent généralement pendant la deuxième moitié de la nuit pendant le sommeil paradoxal.

Les cauchemars chroniques sont souvent traités par la thérapie de répétition d’images (TRI), où une personne dont les cauchemars la perturbent réimagine la fin du cauchemar pendant qu’elle est éveillée afin qu’il ne la perturbe plus. Il a été démontré que le fait de rejouer le cauchemar avec la fin “réimaginée” à maintes reprises alors qu’elle est éveillée réduit la fréquence des cauchemars.

  • La maladie mentale

Bien que le SSPT lui-même ait été classé comme une maladie mentale, il peut également provoquer le développement d’autres maladies mentales telles que la dépression ou les troubles anxieux. Il existe une corrélation directe entre les maladies mentales et les troubles du sommeil. Les troubles du sommeil les plus courants associés aux maladies mentales sont l’insomnie (incapacité de dormir) et l’hypersomnie (trop de sommeil). La relation entre ces deux troubles varie en gravité et en complexité selon les différentes pathologies. Pourtant, ce que les chercheurs savent, c’est que le manque de sommeil peut aggraver les maladies mentales, rendant plus difficile pour les personnes qui en souffrent de faire face aux symptômes de leur trouble.

  • La douleur

(…) L’autre raison pour laquelle le SSPT et les problèmes de douleur chronique se produisent simultanément est que l’activation neurovégétative, l’un des symptômes les plus courant du TSPT, provoque une tension musculaire constante qui amène une douleur chronique. La douleur rend le sommeil difficile. Pour s’endormir, votre corps doit être détendu ; cependant, l’inconfort causé par la douleur vous empêche de vous détendre, ce qui rend l’endormissement difficile.

Conseils sur le sommeil et options de traitement pour les personnes souffrant de SSPT

Malgré les maux dont souffrent les personnes atteintes de SSPT, il y a de l’espoir de trouver un soulagement à ces symptômes troublants, en particulier l’insomnie.

  • Thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie

Également connue sous le nom de CBT-I, cette méthode de thérapie consiste en de fréquentes séances de thérapie visant à discuter des problèmes de sommeil et des stratégies pour les gérer. Par exemple, l’IRT pour les cauchemars. Ce type de thérapie permet d’identifier le lien entre l’état de santé mentale, en l’occurrence le SSPT, et le trouble du sommeil.

  • Psychothérapie

Il s’agit d’une thérapie similaire à la TCC en ce sens qu’elle est basée sur la discussion. Cependant, la psychothérapie n’est pas uniquement axée sur le sommeil. Elle est plutôt conçue pour permettre aux individus de surmonter leur expérience traumatique et l’anxiété qu’elle leur cause. Lorsque ces problèmes de santé mentale, qui sont à l’origine du problème, sont résolus, s’ensuit généralement un sommeil réparateur.

  • Thérapie de relaxation

Comme l’activation neurovégétative est souvent un mal courant pour les victimes de stress post-traumatique, la thérapie de relaxation aide ces personnes à trouver un moyen de se calmer. Bien que cela nécessite une pratique régulière, les personnes souffrant de SSPT peuvent éventuellement trouver un moyen de se calmer afin de pouvoir s’endormir.

  • Amélioration de l’hygiène du sommeil

L’hygiène du sommeil n’est qu’une façon élaborée d’aborder les habitudes de sommeil et l’environnement dans son ensemble. Pratiquer une bonne hygiène du sommeil signifie faire du sommeil une priorité, s’en tenir à l’heure du coucher, se détendre la nuit et créer un environnement apaisant propice au sommeil. L’hygiène du sommeil comprend également les équipements de sommeil que vous utilisez, à savoir un matelas de soutien, les bons oreillers et des draps confortables.

Si vous souffrez d’un sommeil perturbé, examinez votre hygiène du sommeil d’un point de vue holistique. Votre matelas contribue-t-il à votre problème de douleur parce qu’il a perdu son maintien ? Votre chambre est-elle fraîche, calme et sombre ? Évitez-vous la lumière bleue avant de vous coucher ? Lorsque les problèmes de santé mentale hors de votre contrôle ont un impact sur le sommeil, faites de votre mieux pour prendre des décisions éclairées sur l’environnement que vous pouvez contrôler.

  • Voir un médecin

Beucoup se font soigner dans des établissements médicaux locaux par des médecins qui ne connaissent pas forcément leur passé. Par conséquent, ils ne se renseignent pas toujours sur le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ni sur d’autres problèmes liés au sommeil. Par conséquent, toute personne susceptible de souffrir de SSPT ou d’insomnie doit soulever cette question auprès de son médecin. Demander l’aide de professionnels de la santé est une première étape importante pour gérer les effets de ce trouble psychologique.

Traduit et adapté par courtoisie de The Authentic Path