VictimeViolences sexuelles

Un espace à l’hôpital de Montluçon pour recueillir la parole des mineurs victimes de violences sexuelles – Seher TURKMEN – La Montagne

accueil victime inceste

Publié le 02/07/2019 à 10h00

Un espace à l'hôpital de Montluçon pour recueillir la parole des mineurs victimes de violences sexuelles

L’unité d’accueil médico-judiciaire fonctionne depuis le 1er juillet. © Seher TURKMEN

A Montluçon, les auditions filmées obligatoires dans le cas de suspicions d’agressions sexuelles sur mineur se font désormais dans une unité spécifique, au centre hospitalier public de Montluçon. Explications.

C’est un long travail de quinze mois qui a abouti pour Julie Bernier, la procureure de la République de Montluçon. Lundi 1er juillet, elle a signé une convention d’utilisation de l’unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) avec les partenaires : l’Etat, la police, la gendarmerie, le conseil départemental, l’hôpital public de Montluçon, et des associations de défense des droits des enfants, des femmes, et des victimes.

La première unité dans l’Allier

Cette soixante-quatrième unité d’accueil médico-judiciaire de France, et la première dans l’Allier, fonctionne depuis le 1er juin au sein du centre hospitalier public de Montluçon. Elle a déjà été utilisée cinq fois.

L’endroit sert à recueillir la parole des enfants victimes de violences dans un espace rassurant. Cela se faisait déjà, toujours sur réquisition du parquet, dans des bureaux aménagés au commissariat et à la gendarmerie, mais « ces lieux ne sont pas à même de mettre l’enfant en confiance. Ce sont des endroits impressionnants et qui ne facilitent pas la parole », constate Julie Bernier, la procureure de la République de Montluçon. 

Le centre hospitalier est un lieu de protection naturel, où il n’y a pas d’uniformes

Dans l’UAMJ, installée au rez-de-chaussée du pôle mère-enfant, il y a des jeux, des crayons, du papier, tout pour permettre à l’enfant de s’exprimer, en douceur. Une table, plus formelle, permet à l’enquêteur de discuter avec l’enfant. Derrière une glace sans tain, se trouve la salle d’observation des échanges entre l’enfant et l’enquêteur, qui sont filmés.

Une salle d’enregistrement des échanges

Derrière une glace sans tain, on trouve une autre salle dans laquelle un second enquêteur peut communiquer avec son binôme via une oreillette et surtout enregistrer les échanges.

L’unité est équipée d’une caméra orientable et de micros. L’enregistrement d’une audition est obligatoire dans les cas de suspicions d’abus sexuels sur mineur depuis la loi du 17 juin 1998.

L’intérêt est aussi de faire coïncider l’audition avec les examens médicaux. « Le médecin légiste, le pédiatre, le gynécologue sont sur place. Tout se fait à moyens constants. C’est une organisation de ce que l’on fait actuellement », poursuit la magistrate.

Pour les adultes, « au cas par cas »

« À titre exceptionnel », l’UAMJ pourra être utilisée pour écouter « les mineurs témoins et les majeurs victimes, de violences conjugales, de viols, d’agressions sexuelles, si l’émotion bloque la parole dans les locaux de la gendarmerie et de la police ».

Salle Mélanie et unité d’accueil médico-judiciaire
L’unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) est une salle Mélanie. Mais toutes les salles Mélanie ne sont pas des UAMJ. Une salle Mélanie (du nom de la première enfant entendue comme victime) est un endroit dans lequel on recueille la parole d’un mineur, mais elle peut se situer dans un commissariat ou une gendarmerie. Or, une unité d’accueil médico-judiciaire se situe obligatoirement dans un établissement de santé.

Source : Seher Turkmen
seher.turkmen@centrefrance.com

Partager, c'est nous soutenir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.