Les 10 idées fausses les plus répandues sur le SSPT

mythes et inceste

Le syndrome de stress post-traumatique est bien plus fréquent que nous ne le pensons. Les données indiquent qu’environ 70 % des américains adultes ont vécu un événement traumatique au cours de leur vie, et que 20 % de ces personnes souffriront de SSPT en conséquence.

Mais le fait que ce soit répandu ne veut pas dire que cela soit réellement compris. Pour ceux qui n’en sont pas atteints, il est difficile d’imaginer ce que c’est, ou les raisons pour lesquelles cela peut être si invalidant. Il peut en résulter de nombreuses incompréhensions au sujet de la pathologie.

HuffPost a interrogé des spécialistes de la maladie mentale et des patients afin de comprendre en quoi les gens se trompent concernant le SSPT. Voici ce que tous devraient savoir au sujet de cette pathologie.

Mythe : Le SSPT n’affecte que les militaires.

Beaucoup de gens associent le SSPT aux séquelles de guerre chez les combattants. En réalité, ce trouble de santé mentale peut résulter de n’importe quel événement douloureux, y compris les catastrophes naturelles, les accidents de la route graves, les attaques terroristes, les agressions sexuelles et les fusillades de masse, explique Vonnie Nealon, directrice clinique chez Warriors Heart, un centre de SSPT et de traitement des toxicomanies à Bandera, au Texas, pour anciens combattants. Le SSPT peut également survenir à la suite d’un grave problème de santé qui met la vie en danger.

« Bien que les anciens combattants aient une forme de SSPT qui transforme leur vie, il existe de nombreux types de traumatismes « , ajoute Lauren Doud, une résidente de Cincinnati, en Ohio, qui vit avec le SSPT depuis 2013. Doud avait une pré-éclampsie et le syndrome HELLP, deux problèmes de santé liés à la grossesse, et elle a failli en mourir. Elle a aussi perdu son fils. Elle a développé un trouble de santé mentale à la suite de ces expériences.

« Quand j’ai été diagnostiquée, je me souviens avoir pensé que seuls les anciens combattants avaient ça. Mais mon médecin m’a dit que cela pouvait être déclenché par n’importe quelle expérience traumatisante et qu’une seule de ces expériences pouvait déclarer un SSPT « , dit Doud, 34 ans. « J’ai vécu trois événements traumatisants – une mort imminente, un accouchement d’urgence… et j’ai perdu mon bébé. Quand j’ai entendu ça, je me suis sentie reconnue.’’

Mythe : On ne peut pas mener une vie normale avec le SSPT.

De nombreuses personnes atteintes du SSPT continuent de gérer leur vie professionnelle et personnelle tout en gérant leur maladie. « J’ai un emploi, une famille et un excellent réseau de soutien « , a déclaré Becky Beach, 37 ans, qui vit avec le SSPT, suite à une relation violente en 2001.

Mme Beach dit qu’elle doit encore composer régulièrement avec les effets du SSPT ; avoir une vie saine et épanouissante tout en ayant les symptômes de la maladie n’est pas incompatible. « Je sursaute très facilement si quelqu’un prononce mon nom à haute voix ou si j’entends un bruit fort. J’ai des crises de panique et j’ai du mal à me calmer « , explique-t-elle.

Mais Beach a trouvé des techniques d’adaptation qui l’aident à continuer à vivre sa journée de mère et de blogueuse sur Mombeach.com. « J’ai acheté des écouteurs antibruit à porter pendant que je travaille. Je dors avec une couverture lestée, ce qui aide à réduire l’anxiété, et je fais de la méditation tous les matins pour soulager mon stress et mon anxiété,  » dit-elle.

Mythe : Le SSPT affecte tout le monde de la même manière.

Même si l’expérience traumatisante était similaire chez deux personnes, ce qu’une personne vit avec le SSPT sera différent de l’autre. Ben Johnson, un ancien ambulancier paramédical militaire de Carson City, au Nevada, a déclaré que les personnes avec lesquelles il a servi avaient un vaste panel de déclencheurs personnels, comme le fait d’être loin de sa famille, de se sentir épuisé ou de travailler dans des conditions très hostiles.

Une grande partie de mon entraînement consistait à  » courir vers le danger  » parce que c’est là que se trouvaient les patients blessés. Souvent, je me retrouve à scruter la foule à la recherche d’une menace potentielle ou d’une situation dangereuse pour intervenir. C’est épuisant de toujours chercher le danger « , dit Johnson, 37 ans.

Il a ajouté qu’il peut méprendre le cri de joie d’un enfant pour de la peur ou de la douleur, ou encore croire qu’un claquement de porte de voiture est une explosion ou un coup de feu. Ce qui est considéré comme normal pour certaines personnes peut devenir une surcharge sensorielle pour lui.

Et ce ne sont pas que les déclencheurs : les traitements sont aussi très personnels. « Les gens pensent qu’il y a un traitement unique pour tous, mais ce n’est pas le cas », dit Johnson.

Mythe : Les personnes atteintes du SSPT sont des « bombes à retardement ».

C’est une grave méprise, a déclaré Mary Joye, conseillère à Winter Haven, en Floride. La majorité des personnes atteintes du SSPT ne veulent pas « s’en prendre à vous ou à qui que ce soit d’autre, ni se faire du mal à elles-mêmes », dit Joye.

Mythe : Il est nécessaire d’éviter les déclencheurs chez les personnes atteinte du SSPT.

Les proches de personnes atteintes du SSPT ressentent souvent le besoin de sauver l’autre et de le mettre à l’abri des déclencheurs. Bien que cela soit fait avec les meilleures intentions du monde, ce n’est pas toujours bénéfique pour les personnes aux prises avec cette pathologie.

« Si vous évitez les déclencheurs, vous ne ferez qu’exacerber vos problèmes. Il est beaucoup plus important de ne pas laisser l’agresseur vous prendre quoi que ce soit d’autre « , explique Alison Nichols, directrice du marketing au Royaume-Uni, qui vit avec le SSPT.  » Il est beaucoup plus important de trouver un moyen de vivre avec ce qui s’est passé et de profiter de tout ce que vous avez encore. »

Mythe : Si quelqu’un semble bien, c’est que son SSPT est certainement passé.

Kendra Liedle, assistante à la régie et à la coordination de la télévision à Los Angeles, a expliqué que beaucoup de gens pensent à tort que parce qu’elle semble heureuse, elle est passée à autre chose après son trauma.

En réalité, le SSPT n’est pas facile à traiter et il n’y a pas d’échéancier pour la reconstruction. Liedle, qui a développé un SSPT suite à de multiples chirurgies cérébrales, a dit qu’elle en subit encore les conséquences, même si cela ne paraît pas.

« Dans mon cas précis… les gens pensent que je suis guérie parce qu’ils ne voient pas les cicatrices physiques de la chirurgie, qui sont sous mes cheveux. Je suis revenue à ce qui semble être mon ancienne vie. Cependant, bon nombre des problèmes demeurent et sont  » invisibles « , le SSPT en fait partie « , a déclaré Liedle, 42 ans.

« De l’extérieur, j’ai l’air totalement guérie « , a-t-elle ajouté. « Cependant, après tout épisode majeur de la vie, les personnes touchées qui luttent contre le SSPT – y compris moi-même – ressentent des problèmes émotionnels et psychologiques associés au traumatisme et ont la conviction que la vie ne sera plus jamais comme avant. »

Mythe : Les déclencheurs ne sont pas si graves.

C’est devenu assez courant d’utiliser l’expression « déclenché » pour dire offensé ou outragé au point de perdre le contrôle. Mais les déclencheurs sont beaucoup plus complexes que cela, explique Gina Ibarra, une écrivaine de 49 ans de Las Vegas.

C’est un processus du subconscient. Quand l’incident violent initial s’est produit, mon cerveau primitif a fait ce qu’il fallait pour rester en vie. Il a associé certaines personnes, certains lieux et certains événements à la possibilité d’une mort imminente « , a-t-elle dit. Maintenant, quand l’une de ces choses se présente, mon cerveau ressort du fond de ma mémoire les sensations associées à l’événement et dit :  » Hé, tu te souviens de moi ?  » Cela est fait dans le but de me pousser à combattre, à me figer ou à fuire pour me garder en vie ! Je ne suis plus en danger, mais mon cerveau continue à le faire quand même. Mon cerveau est branché comme ça maintenant. »

Mythe: Les déclencheurs sont flagrants.

Les personnes qui ont subi un traumatisme peuvent être déclenchées par des stimuli qui leur rappellent l’événement qui le provoque, et il n’est pas nécessaire que ce soit toujours quelque chose de majeur. Par exemple, vous n’avez pas besoin d’entendre des coups de feu pour être ramené sur les lieux d’un crime dont vous avez été témoin.

«Ce n’est pas seulement l’événement traumatique en lui-même, mais tout ce qui se passait à l’époque et qui pouvait leur rappeler consciemment ou inconsciemment l’événement», a déclaré Michael Genovese, médecin en chef chez Acadia Healthcare à Nashville.

Il a ajouté qu’être témoin de quelque chose de violent pouvait être un déclencheur, mais qu’il pouvait aussi s’agir de quelque chose de plus subtil, comme la couleur du pull que quelqu’un portait, l’odeur de nourriture en train de cuire ou le son d’une chanson diffusée à la radio.

« Cela peut être beaucoup plus invalidant que beaucoup ne l’imaginent », a-t-il expliqué.

Mythe: Le SSPT apparaît juste après un événement traumatique.

L’idée que le SSPT survient directement après le traumatisme qui l’a provoqué n’est pas toujours vraie.

«Les amis, la famille et le public en général ne savent pas que la personne peut éprouver les symptômes bien après l’événement – en particulier si elle s’est d’tachée de ses sentiments ou les a cachés», a déclaré Mike Robinson, fondateur de la Centre mondial de recherche sur les cannabinoïdes de Santa Barbara, en Californie, et qui vit avec le SSPT.

«Si une personne, comme moi, a un SSPT causé par une carambolage qui a de plus causé des blessures physiques, les symptômes seront probablement aggravés par le traitement pour les blessures ou l’invalidité qui peut en résulter, que ce soit physique ou mental». a déclaré Robinson, 53 ans.

Mythe: Les personnes atteintes de SSPT sont fragiles.

Le SSPT n’est pas un signe de faiblesse émotionnelle. Tout le monde, quels que soient ses antécédents et sa personnalité, peut développer un SSPT dans certaines circonstances et lors de traumatismes.

«Je dis à mes clients que ce n’est pas de la faiblesse, mais une réaction très normale à des événements très anormaux. En fait, les survivants d’un traumatisme sont souvent plus forts et plus résilients sur le plan émotionnel que beaucoup de personnes qui n’ont connu aucun traumatisme », a expliqué Kristin Anderson, psychothérapeute à NYC Therapy + Wellness Practice à New York.

Elle a ajouté que le SSPT n’était pas une déficience émotionnel ou psychologique, et que se faire soigner n’était pas un aveu de défaite. «Cela montre au contraire que le SSPT est une maladie indépendante de la volonté de la personne atteinte et qu’elle peut être traitée», a expliqué Anderson.

Traduit par courtoisie de Huffpost

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