rêvessymptomesTSPT/SSPT/ESPT/PTSD

Phénoménologie

douleur cauchemars

Phoenix, Australie – Université de Melbourne Centre de recherche sur la santé mentale post-traumatisme


La recherche phénoménologique a pour but de répondre aux questions fondamentales sur la nature des pathologies psychologiques causées par un trauma, ainsi que sur les liens qui peuvent exister entre ces troubles distinctifs.


Facteurs latents


Notre étude de prévalence a pour but de comprendre l’impact psychologique d’un traumatisme et de mettre en avant les possibilités de rétablissement psychologique. Alors que la majorité des études de prévalence sur les populations ayant subi un traumatisme se concentre sur le Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT), il y a de plus en plus de preuves qu’un traumatisme peut conduire à un large panel de troubles psychiatriques.


Les différents types d’évènements traumatiques et leur corrélation avec les symptômes du TSPT

Les personnes ayant survécu à un trauma de nature interpersonnelle, comme par exemple une agression, ont généralement plus de chances de souffrir du TSPT que des personnes ayant vécu un trauma non-interpersonnel, tel qu’une catastrophe naturelle. Notre étude a essayé d’identifier les symptômes qui sont susceptibles d’être développés chez les personnes souffrant d’un traumatisme interpersonnel, et ceux qui se retrouvent plutôt chez les victimes de traumatismes non-interpersonnels. Une première étude qui propose des comparaisons entre les survivants de blessures interpersonnelles et non-interpersonnelles a démontré que, malgré le fait que les symptômes du TSPT se retrouvent plus fréquemment chez les survivants de blessures interpersonnelles en phase aigüe (moins de quatre semaines après le trauma). Les deux catégories de survivants se confondent en phase chronique (plus de douze semaines après le trauma), excepté sur certains symptômes spécifiques. Une étude subsidiaire se basant sur des données représentatives de la population a montré que les personnes ayant subi un trauma interpersonnel excessivement intime (tel qu’une agression sexuelle ou des violences familiales) ont davantage de risques de vivre une détresse psychologique lors de réminiscences de l’évènement et s’efforcent alors à ne pas y penser. Cela conduit aussi au développement de nouveaux symptômes sociaux comme le détachement des autres et la restriction affective. Les individus qui ont souffert d’un événement traumatique interpersonnel, qu’il soit intime ou non, vont plus fréquemment chercher à éviter les lieux et personnes associées à l’événement, et vont témoigner une hypervigilance et des réactions défensives exagérées. Dans cette étude comme dans la précédente, les différences qui se remarquent distinctement entre les personnes victimes d’un trauma interpersonnel et celles victimes d’un trauma non-interpersonnel sont des symptômes très spécifiques du TSPT, liés à la peur.


Exposition traumatique et phénoménologie des cauchemars du Trouble de Stress Post-Traumatique

La répétition de rêves angoissants liés à un trauma est un des critères clés permettant de diagnostiquer le TSPT, pourtant il n’existe que très peu d’informations au sujet des cauchemars post-traumatiques. Nous avons étudié les rêves d’anciens combattants souffrant de TSPT avec pour objectif d’enrichir les critères d’identification du TSPT renseignés dans le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (ouvrage de référence utilisé par des professionnels de santé du monde entier). Tous les vétérans ont indiqué que les cauchemars liés à leur trauma surviennent de façon récurrente depuis l’événement en question, sans être altérés par le temps. Ce qui suggère que ces rêves qui perdurent dans le temps, sont aussi ceux qui sont le moins sujets au changement. Les cauchemars de ces anciens combattants ont été caractérisés comme hautement dérangeants, et ont parfois conduit au réveil immédiat de la personne. De plus, cela a permis de mettre en évidence que l’état émotionnel relatif à ces rêves et à l’événement traumatique est important pour le diagnostic, ce qui n’est pas le cas pour les similitudes observées entre le rêve et le souvenir de l’événement. Ces découvertes ont des conséquences notables pour la gestion des personnes souffrant de douleur et de détresse psychologique.


Douleur et trauma


La douleur chronique est une pathologie difficile à vivre relativement commune chez les populations ayant souffert d’un trauma, et elle est souvent associée au TSPT. Ce programme de recherche a pour but de clarifier la relation entre ces troubles. De multiples études que nous avons réalisées montrent que le TSPT et la douleur chronique ont des facteurs de vulnérabilité en commun, ce qui augmente le risque de contracter les deux troubles et expliquerait leur comorbidité fréquente. Nous avons rapidement mis en place des thérapies comportementales et cognitives (TCC) pour des patients souffrant de douleurs aiguës et de TSPT, d’anxiété et/ou de symptômes de dépression. Des améliorations significatives ont été constatées au bout de douze mois sur les symptômes psychologiques et sur la douleur ressentie, en comparaison des patients ayant reçu un traitement classique. Ces découvertes témoignent du lien étroit qu’il existe entre la douleur et la détresse psychologique ressenties chez une personne, et montrent que ces deux troubles peuvent mutuellement s’amplifier. Les recherches suivantes que nous avons menées ont permis de déterminer que les symptômes psychiatriques jouent un rôle plus important que les symptômes physiques dans l’acceptation de l’invalidité pouvant suivre un trauma. Ces résultats sont prometteurs pour le traitement des patients souffrant de douleur et de détresse psychologique.


Apparition tardive


L’apparition tardive du TSPT peut conduire à un diagnostic controversé car il a de fortes implications cliniques et financières. Pourtant, la recherche sur ce phénomène est généralement effectuée de manière rétrospective et avec une méthodologie appauvrie. Nous nous sommes fixé pour objectif d’aller au-delà de ces limitations en menant une étude prospective rigoureuse et consciencieuse, afin d’identifier la prévalence du TSPT tardif sur un échantillon de patients ayant souffert un traumatisme, pour finalement déterminer comment différencier un TSPT tardif d’un TSPT chronique. Les résultats observés suggèrent qu’au bout de douze mois après l’événement, les deux pathologies sont autant présentes l’une que l’autre. Elles peuvent cependant être distinguées en fonction de la sévérité de la douleur ressentie lors du troisième mois qui suit l’événement. Il est important de retenir que dans de nombreux cas, le TSPT tardif s’est développé sans autres symptômes antérieurs. Ces découvertes montrent l’importance de tenir compte des multiples formes que peut prendre le TSPT, dans les critères de son diagnostic.

Traduction de courtoisie par François Kluba depuis Phoenix Australia

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.