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Quand le trauma ne veut pas s’en aller : Comprendre le stress post-traumatique complexe

tspt et thérapies

Le diagnostic actuellement accepté pour l’expérience d’un événement traumatique unique de la vie est le stress post-traumatique (SSPT). Le diagnostic de stress post-traumatique repose sur le constat d’un psychiatre selon lequel la personne a vécu un événement traumatisant au cours duquel elle a été impliquée ou témoin d’événements avec menace de mort ou de blessures grave, ou lorsque l’intégrité physique personnelle ou celle d’autrui a été mise en danger (D’Andrea, Ford, Bradley, Spinazzola et Van der Kolk, 2012). Mais le traumatisme peut être plus compliqué que cela.

Une autre forme de stress post-traumatique, appelée à juste titre stress post-traumatique complexe, est abordée dans la recherche clinique. Herman (1992) définit le syndrome de stress post-traumatique complexe comme ” le résultat caractéristique d’une exposition à des occurrences répétées ou prolongées ou à des formes multiples de traumatisme interpersonnel, souvent dans des circonstances où l’on ne peut pas s’échapper en raison de contraintes physiques, psychologiques, familiales, environnementales, sociales ou d’âge “.

Quelles sont donc les situations dans lesquelles une personne est exposée à un traumatisme interpersonnel et quelles sont les conséquences à court et à long terme d’un tel traumatisme ? Felitti et ses collaborateurs (1998) décrivent plusieurs abus et dysfonctionnements domestiques de la part de parents ou autres adultes dans le foyer, et dans lesquels un traumatisme interpersonnel peut survenir. Il s’agit notamment de :

Abus

Abus psychologique : Insultes répétées, commentaires négatifs et injures envers la victime.

Violence physique : Lorsqu’un parent ou un autre adulte du foyer pousse, attrape, gifle ou frappe la victime à plusieurs reprises et laisse ainsi souvent des traces de coups.

Abus sexuel : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille touche, caresse ou saisit la victime de façon répétée et sexuelle. Lorsqu’un enfant est forcé à avoir des rapports sexuels avec un parent ou un adulte.

Dysfonctionnements du foyer

Toxicomanie : Lorsqu’un parent ou un autre adulte au foyer a un problème de drogue ou d’alcool.

Troubles de santé mentale : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille souffre de dépression ou d’un autre trouble mental grave.

Mère violemment maltraitée : Quand la mère est maltraitée physiquement, poussée, saisie et giflée à plusieurs reprises, et la victime en est témoin.

Comportement criminel : Lorsqu’une personne au foyer participe à une activité illégale ou est arrêtée et envoyée en prison.

Intimidation, négligence, trahison : Si une personne est intimidée, négligée ou trahie par un être cher, cela peut causer un traumatisme interpersonnel (D’Andrea, et al., 2012).

Lorsqu’une personne subit l’un ou l’autre des effets susmentionnés, il peut y avoir de nombreux effets néfastes. Les études montrent que les enfants qui sont exposés de façon répétée à ces abus peuvent souffrir de graves problèmes coexistants de régulation des émotions, de contrôle des impulsions, d’attention et de cognition, ainsi que de relations interpersonnelles et d’auto-attributions négatives (D’Andrea, et al., 2012).

L’une des études les plus citées à ce sujet a révélé que plus un enfant était exposé à ces abus, plus il était susceptible d’avoir de graves problèmes de santé à l’âge adulte. L’étude a révélé un lien étroit entre le nombre d’expositions indésirables chez les enfants et les affections suivantes : maladie cardiaque, cancer, bronchite chronique ou emphysème, antécédents d’hépatite ou d’ictère, fractures du squelette et autoévaluation négative de la santé (Felitti, et al., 1998).

De plus, les parents qui ont vécu un traumatisme et qui ne consultent pas un spécialiste peuvent, sans le savoir, extérioriser leur traumatisme et le transmettre à la personnalité en développement de leur enfant, un processus appelé transmission transgénérationnelle (Shulevitz, 2014).

En raison de l’impact que les traumatismes interpersonnels peuvent avoir sur la santé et le bien-être, il est crucial de chercher un traitement. Les traitements efficaces pour l’exposition aux traumatismes interpersonnels peuvent inclure :

La thérapie d’exposition prolongée : Ce traitement est soutenu par plus de 20 ans de recherche et est très efficace pour traiter le stress post-traumatique chronique et les symptômes associés. L’objectif de la thérapie d’exposition est de traiter les souvenirs et les déclencheurs traumatiques. Le thérapeute travaille avec la personne pour aborder ces éléments graduellement afin qu’une tolérance à la mémoire se construise avec le temps (Foa, Hernbree et Rothbaum, 2007).

La désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires : Aussi connu sous le nom d’EMDR, ce traitement est également soutenu par plus de 20 ans de recherche. En engageant le cerveau dans un double stimulus d’attention (DAS) et une stimulation de gauche à droite, le but de cette approche est de permettre à la personne d’accéder à la mémoire, de se rappeler des aspects spécifiques de la mémoire et de retraiter la mémoire pour qu’elle soit stockée sous une forme adaptative. Le thérapeute aide la personne à percevoir l’événement d’une manière différente – par exemple une source de force ou une chose qui a nécessité du courage pour survivre (Shapiro, 2001).

La thérapie cognitivo-comportementale : La TCC est une approche qui cible les pensées négatives automatiques et les croyances fondamentales du moi. Les personnes qui ont subi un traumatisme interpersonnel ont souvent des croyances et des attributions plus négatives à leur propre égard qui ne sont pas justes (D’Andrea, et al. 2012). À l’aide d’exercices comme l’enregistrement des pensées et des données, le thérapeute aide la personne à examiner ses pensées et à comprendre qu’elles ne sont peut-être pas équilibrées. En trouvant des preuves pour et contre ses pensées négatives, la personne est capable de créer des modèles de pensée alternatifs et plus équilibrés à son propre égard (Greenberger et Padesky, 1995).

Malgré les données démontrant que les traumatismes interpersonnels entraînent un stress post-traumatique complexe et ont des effets néfastes à court et à long terme sur la santé, le corps professionnel en santé mentale a encore du mal à établir un diagnostic qui lui permette de déceler cette exposition et ce trouble. Plusieurs groupes de travail ont été créés pour répondre au besoin d’un consensus sur la manière de diagnostiquer et de traiter les personnes touchées par un traumatisme interpersonnel. D’ici là, le stress post-traumatique complexe ne figurera pas dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Si vous ou un être cher avez été exposé à l’un des abus mentionnés ci-dessus, sollicitez l’aide d’un professionnel de la santé mentale diplômé et expérimenté.

Traduit par courtoisie de  Good Therapy

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