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Quand les adultes victimes d’inceste sortent du silence

Etude qualitative auprès de 15 victimes d’inceste

Contexte En France, les études de victimisation sont rares. Le nombre de victimes d’inceste est estimé à 3% de la population. Le médecin de premier recours a un rôle primordial pour dépister, favoriser la parole des victimes et les accompagner. Seulement 9% des victimes en parlent pour la première fois à leur médecin.
Objectifs Quels sont les symptômes d’alerte? Quelles sont les attentes des victimes d’inceste envers leur médecin généraliste?
Méthode Etude qualitative par entretiens semi-dirigés auprès de 15 adultes victimes d’inceste dans leur enfance. Résultats L’enfance est marquée par de nombreux symptômes répétés, qui persistent et se diversifient à l’âge adulte, points d’alerte pour les médecins. La normalité du vécu, la peur de trahir la famille, puis la honte, la culpabilité, les jugements sont les principaux freins à la parole pour l’enfant puis l’adulte. C’est au médecin d’interroger systématiquement sur d’éventuelles violences subies. Les victimes souhaitent être écoutées, recevoir des explications sur leurs symptômes en lien avec les traumatismes et être accompagnées. Conclusion Prendre du recul sur des symptômes répétés chez un enfant et l’interroger alors seul sans ses parents, poser systématiquement à tout adulte la question d’éventuelles violences subies dans l’enfance permettraient aux praticiens d’abattre les murs du silence qui emprisonnent les victimes d’inceste.

Thèse présentée à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et soutenue publiquement le 24/11/2014 par CHARBIT Céline

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