Le rapport entre la santé de la peau et le trouble de stress post-traumatique

Si vous avez récemment connu un évènement particulièrement stressant ou traumatisant, il se peut que vous ayez remarqué une dégradation de l’état de votre peau. Il est possible qu’elle soit plus sèche, qu’elle se marque plus facilement ou que vous développiez de l’acné ou de la rosacée. Il s’agit d’une épreuve qui peut s’avérer frustrante et éprouvante, ayant souvent un impact sur la confiance en soi et l’estime de soi.

Mais avez-vous remarqué qu’il existe des indices qui laissent penser que le trouble de stress post-traumatique peut être à l’origine de vos problèmes de peau ? Selon National Rosacea Society – la Société nationale de la rosacée – le stress serait l’un des facteurs déclencheurs le plus fréquent de cette maladie de peau. Il existe un lien fondé entre le corps et l’esprit, et une souffrance mentale peut provoquer une souffrance physique.

Comme le démontrent les études sur le trouble de stress post-traumatique et les maladies de peau, il existe de nombreux points communs entre les deux maux et la façon dont ils se manifestent : de la sensation d’engourdissement de la peau aux lésions auto-infligées, en passant par la dermatillomanie, les troubles alimentaires (ayant des conséquences sur la santé de la peau), l’automutilation ou encore les réactions inflammatoires de la peau dues au stress, telles que le psoriasis. Comme les études le montrent, des inflammations sévères de la peau avec altération ont été signalées par les personnes sujettes à un stress continu et à la privation de sommeil. Selon les chercheurs, le TSPT devrait être considéré comme une cause sous-jacente des maladies chroniques et récidivantes de la peau ou résistantes au traitement cutané.

La science et la connexion cerveau-peau

Dans le cadre d’études récentes, les chercheurs se sont penchés sur le rapport entre le trouble mental de l’alexithymie et l’acné, ce afin de comprendre les liens entre l’esprit et le corps. L’alexithymie est un trait de la personnalité qui se manifeste par des difficultés à exprimer, à décrire ou à comprendre ses émotions. Ce trouble ne s’explique pas tant par des émotions refoulées, que par l’incapacité de communiquer ses émotions ou de les comprendre. Il est depuis longtemps connu que cette incapacité à exprimer ses émotions peut mener à tout type de maladie, de la lombalgie à l’asthme, en passant par les allergies, le syndrome de l’intestin irritable, la fibromyalgie et la nausée. Désormais, un lien avec l’acné a aussi été découvert récemment par les scientifiques.

Dans les cas des individus atteints d’alexthymie, les chercheurs ont découvert que les symptômes psychologiques et physiques sont souvent associés. Ce lien peut impliquer la suractivité des nerfs, en particulier ceux liés aux commandes des gestes volontaires. Le cœur peut aussi battre plus rapidement, mais perdre son efficacité à pomper le sang, et donc à transmettre l’oxygène vers les différents tissus du corps. La peau devient alors un meilleur conducteur électrique, ce qui signifie que tout type de stress dans la peau est ressenti plus rapidement et plus intensément. La peau réagit également plus fortement au stress.

Même chez les personnes ne souffrant pas d’alexthymie, le corps réagit également de cette façon. On peut alors considérer que la peau possède son propre « cerveau ». En effet, étant l’organe le plus étendu du corps humain, il n’est pas surprenant que la peau réagisse de cette manière.

De la même façon, au déclenchement du stress, le cerveau libère une hormone stimulante nommée « corticotrophine », incitant ainsi la sécrétion d’hormones du stress par les glandes surrénales, et la peau libère à son tour une hormone corticotrope de nature stimulante lorsque le stress est ressenti.

Un message est transmis aux cellules cutanées où est stockée une substance inflammatoire, l’histamine, qui va être libérée et transmise aux régions cutanées avoisinantes – comme pour une écharde ou une infection. Cette réaction chimique, qui est le résultat d’une sensibilité accrue du système nerveux, déclenche alors rougeurs, démangeaisons, voire même des boutons.

Quant à la sécheresse de la peau, cela peut provenir de la réponse de l’organisme face au stress, qui consiste à retirer l’hydratation des couches supérieures de la peau pour la maintenir à l’intérieur du corps en cas de situation d’urgence. Si vous êtes dans un état constant de lutte ou de fuite, cela peut se transformer en une situation continue ayant pour conséquence une maladie de peau chronique. La peau perd donc ses capacités naturelles de réparation et de régénération et aura tendance à marquer plus facilement.

Le traitement des problèmes de peau et du TSPT

Il est essentiel d’avoirr immédiatement recours à un suivi psychologique lorsque l’on souhaite traiter le trouble de stress post-traumatique. En effet, une consultation précoce peut faciliter les chances de diminuer la durée de traitement des symptômes liés au trouble.

Il est aussi conseillé de traiter en même temps les problèmes de peau, qui, si négligés, seront susceptibles de provoquer d’autres troubles, tels que l’anxiété sociale ou la dépression.

Lors d’une consultation chez un dermatologue, il est conseillé de l’informer de votre TSPT afin d’échanger sur son impact potentiel sur la peau. Il sera ainsi plus apte à proposer un traitement approprié.

Des études ont montré que les personnes qui consomment des aliments riches en probiotiques sont moins susceptibles de connaitre des problèmes d’anxiété, de dépression et d’acné. Il est possible que cette solution naturelle puisse aider à réduire les problèmes de peau ainsi que les symptômes du TSPT, mais ce n’est pas toujours efficace pour tout le monde. Pour la plupart, cette méthode servira de complément aux traitement avec un praticien qualifié. Elle peut aussi aider à atténuer les symptômes avant le début du traitement du TSPT, pour être dans de meilleures conditions pour commencer la thérapie.

Selon NICE – 2005 et 2011- le suivi thérapeutiques pour les adultes souffrant de trouble de stress post-traumatique, repose en particulier sur la thérapie de désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires – EMDR – et la thérapie cognitivo-comportementale – TCC.

Traduction de courtoisie par Fayza depuis PTSDUK

Les cauchemars

Les cauchemars et le TSPT

Le cauchemar est un rêve effrayant et angoissant. Pratiquement tout le monde fait un cauchemar de temps à autre. Cependant, pour les survivants du TPST, le cauchemar s’avère être un problème courant. Avec les flashbacks et les souvenirs intrusifs, les cauchemars font partie des symptômes qui font revivre au survivant du traumatisme la scène pendant des mois, voire des années après.

Les cauchemars suite au trauma sont-ils fréquents ?

En général, environ 5% des personnes s’en plaignent. Cependant, les personnes ayant fait l’expérience d’un évènement traumatique sont plus susceptibles d’avoir, par la suite, des cauchemars angoissants.  Il s’agit d’une réalité, peu importe le type de traumatisme dont il est question.

Les survivants d’un traumatisme atteints de TSPT sont d’autant plus sujets à ces cauchemars. Les cauchemars font partie des 17 symptômes du TSPT. A titre d’exemple, une étude qui met en comparaison les vétérans de la guerre du Viêt Nam et les civils a montré que 52% des vétérans atteints de TSPT font régulièrement des cauchemars contre seulement 3% des civils.

Une autre étude a rapporté des taux plus élevés : 71 à 96% de personnes ayant un TSPT souffriraient de cauchemars. Les personnes atteintes de maladies mentales supplémentaires, comme le trouble panique, ont plus de risques de faire des cauchemars que ceux atteints uniquement de TSPT.

Non seulement les survivants de l’évènement traumatique ont plus de risques d’avoir des cauchemars, mais ils peuvent aussi être plus réguliers, jusqu’à plusieurs fois par semaine pour certains d’entre eux.

A quoi ressemblent les cauchemars suite à un traumatisme ?

Les cauchemars qui font suite à un traumatisme se caractérisent souvent par des éléments semblables à ceux vécus pendant l’évènement traumatique. Par exemple, une personne ayant survécu à l’ouragan Katrina rêvera de vents violents ou d’inondations. Dans son cauchemar, elle peut essayer de fuir les inondations ou se retrouver dans un abri où elle ne se sent pas en sécurité. Un survivant de vol à main armé peut rêver du voleur ou de se voir menacer avec une arme à feu.

Les cauchemars qui font suite à un traumatisme ne sont pas tous une copie de l’évènement traumatique. Environ la moitié des personnes qui font des cauchemars après un traumatisme revivent la scène dans leurs rêves. Les personnes atteintes de TSPT ont plus de risques de faire des rêves qui sont une reproduction exacte de la scène traumatique que les survivants non atteints de ce trouble.

Les recherches ont démontré que les cauchemars post-traumatiques sont, dans une certaine mesure, différents des cauchemars habituels. Les cauchemars post-traumatiques peuvent survenir plus tôt pendant la nuit et à différents cycles du sommeil. Les personnes atteintes de TSPT auront des cauchemars accompagnés de mouvements corporels. 

Les cauchemars et les différences culturelles

Les cauchemars peuvent être perçus différemment en fonction des cultures. Dans certaines cultures, les cauchemars signifient que le rêveur est exposé à un mal physique ou spirituel. Dans d’autres, ils sont considérés comme des rêves pouvant prédire l’avenir ou comme des messages transmis par les esprits. Ces croyances peuvent mener ce type de rêveurs à remédier à certaines pratiques visant à se protéger.

Existe-il des traitements efficaces pour les personnes ayant des cauchemars post-traumatiques ?

Les traitements habituels du TSPT parviennent souvent à atténuer ce symptôme. Si les cauchemars persistent, il existe des traitements qui peuvent diminuer leur fréquence.

Il existe un traitement connu sous le nom de Thérapie par répétition d’imagerie mentale (IRT). Durant les séances, la personne souffrant des cauchemars imagine, pendant son état d’éveil, une fin différente à ses mauvais rêves, de telle sorte qu’elle n’en soit plus affectée. Ensuite, le patient repasse plusieurs fois dans sa tête les images de son nouveau rêve en imaginant une fin non angoissante. Selon plusieurs études, ce type de traitement peut diminuer la fréquence des cauchemars.

Les traitements contre l’apnée du sommeil peuvent aussi diminuer la fréquence des cauchemars post-traumatiques. Des apnées du sommeil sévères ont été constatées parmi les survivants de traumatismes. Lors d’une étude, les patients bénéficiant d’un traitement visant à améliorer leur respiration durant le sommeil n’ont plus vécu de cauchemars violents et angoissants.

Il existe peu de recherches sur l’utilisation de médicaments visant à traiter les cauchemars post-traumatiques. Le médicament le plus prometteur est la prazosine. Deux études ont découvert que la prazosine réduit la fréquence des cauchemars. Plus de recherches sur la prazosine sont en cours actuellement.

Traduction de courtoisie par Fayza depuis MedicineNet

10 symptômes physiques inattendus du TSPT

Le cortisol est un élément essentiel dans notre corps puisqu’il transforme les protéines en énergie – c’est ce qui nous fait sortir du lit le matin, mais il est également utilisé par notre corps pour ajuster les effets de l’insuline et maintenir les taux de sucre, ainsi que pour réguler le système immunitaire et la tension artérielle.

Produit dans le cortex surrénal, le cortisol joue un rôle important puisqu’il aide le corps à réagir au stress en interrompant certaines de ses fonctions, telles que la reproduction ou encore le système immunitaire, dans le but de permettre au corps d’utiliser toute son énergie pour affronter ce stress. Les actions du cortisol sont généralement brèves puisqu’elles sont seulement destinées à traiter les facteurs de stress.

Malheureusement, à cause du TSPT, les facteurs de stress subsistent, ainsi que les niveaux perturbés de cortisol. Les victimes de TSPT ont quasiment toutes des niveaux de cortisol modifiés qui peuvent se montrer élevés chez certains, et bas chez d’autres.

A long terme, s’exposer à ces hormones peut engendrer des problèmes inattendus et contraignants.

Votre peau peut marquer plus facilement

Face au stress, votre organisme puise l’eau présente dans les couches extérieures de votre peau, afin de rester hydraté en cas de besoin. Cela peut réduire la capacité de votre peau à se régénérer. Mais ça peut également être la raison pour laquelle votre peau est très sèche.

Vous pouvez souffrir de bourdonnements dans les oreilles

Des IRM réalisées dans le cadre d’une étude à l’Institut Karolisnka en Suède ont montré que le système limbique du cerveau entre en suractivité lorsque vous souffrez de sifflements dans les oreilles – il s’agit des mêmes éléments structuraux du cerveaux qui aident à réguler le stress et qui, chez les victimes de TSPT, se sont révélés être touchés.

Habituellement, l’oreille transmet un flux d’impulsions nerveuses au cerveau qui sont reçus sous la forme de son. Les facteurs de stress, causés par le TSPT, peuvent déclencher un flux anormal d’impulsions dans les oreilles que le cerveau va interpréter comme étant un bourdonnement.

Vous pouvez prendre du poids – en particulier dans la région abdominale

Le cortisol influence directement le stockage des graisses, ainsi que la prise de poids, chez les personnes qui souffrent de stress. Un taux de cortisol élevé peut conduire à une alimentation excessive, des envies d’aliments gras et sucrés et un déplacement des graisses dans la région de l’estomac (graisse viscérale). En effet, les cellules graisseuses dans l’estomac ont quatre fois plus de récepteurs de cortisol que les autres. Après avoir commencé à aller à la salle de sport, une personne atteinte de TSPT a indiqué : ‘En raison de ma maladie j’étais autorisé à m’absenter de mon travail et j’allais à la salle de sport quasiment tous les jours (ce qui ne me ressemble pas) – en 4 mois j’ai perdu moins d’un kilo – perdre du poids était presque impossible.’

Votre digestion peut être perturbée

Le TSPT peut entraîner une production de corticolibérine (de l’anglais corticotropin-releasing factor – CRF) qui peut avoir des conséquences importantes sur vos fonctions intestinales – on suppose ainsi que, comme chez les animaux, si vous éliminez l’excès de poids de votre corps, vous pouvez échapper à toute situation dangereuse plus rapidement.

Le cortisol peut aussi servir d’anti-diurétique et inciter le corps à retenir le sodium, ce qui augmente la pression artérielle, diminue le flux sanguin vers certains de nos organes, et entraîne de la rétention hydrosodée.

De plus, le cortisol peut causer des ballonnements, des gaz, des indigestions, des brûlures d’estomac, des reflux acides et autres troubles d’intestin irritable.

Un excès de cortisol peut éroder la paroi de votre tube digestif et provoquer une inflammation, et peut également vous empêcher de digérer les aliments correctement.

Vous pouvez souffrir de maux et de douleurs

A long terme, des niveaux de cortisol élevés, causés par le TSPT, peuvent appauvrir vos glandes surrénales qui, à leur tour, peuvent augmenter les taux de prolactine et donc ainsi votre sensibilité à la douleur. Le stress et l’hypervigilance, qui sont souvent les conséquences du TSPT, peuvent aussi augmenter la tension que vous exercez dans vos muscles et sur vos articulations en général. Une victime de TSPT a témoigné, ‘Je me levais le matin et mes poignets et mes chevilles me faisaient terriblement souffrir – je dormais de façon tellement tendue, enroulé sur moi-même, que mes articulations ne pouvaient pas tenir le coup’.

Il peut être très difficile d’augmenter votre masse musculaire (et toute prise de masse musculaire est rapidement perdue)

Le cortisol restreint l’absorption des acides aminés dans les cellules musculaires, ce qui rend la prise de masse musculaire quasiment impossible. Si vous parvenez toutefois à prendre de la masse musculaire, ou que vous en aviez déjà prise auparavant, vous pourriez tout perdre en quelques jours. Cela peut alors vous pousser à vous surentraîner, ce qui génère du stress qui va, quant à lui, entraîner une plus grande production de cortisol et d’adrénaline, perturbant l’émission d’hormones de croissance, et ainsi réduire la prise de masse musculaire et ralentir la récupération ! C’est un véritable cercle vicieux.

Vous pouvez avoir les mains et les pieds gelés

Durant la période ‘combat – fuite – paralysie’ (qui décrit la réponse des animaux face au stress) très fréquente chez les victimes de TSPT, le sang est détourné des extrémités pour irriguer les organes les plus importants et ceux dont le corps a besoin pour protéger le cœur et autres organes vitaux. Cette perturbation peut entraîner une mauvaise circulation sanguine au niveau de vos mains et de vos pieds, et vous donnera l’impression qu’ils sont gelés. Une personne souffrant de TSPT qui a remarqué cela a indiqué ‘Parfois, mes doigts de pieds devenaient tout blancs – on aurait dit qu’ils étaient prêts à tomber – il n’y avait quasiment plus de sang qui circulait.’

Vous pouvez souffrir de problèmes de peau (ou une aggravation de votre condition)

Puisque l’excès de cortisol causé par le TSPT afflue dans votre réseau sanguin, cela affaiblit votre système de défense et rend votre peau vulnérable aux savons et lotions qui pourraient provoquer de l’eczéma, des irritations ou autres sensibilités cutanées et allergies.

Vous pourriez remarquer que vous baillez plus souvent

Le TSPT peut souvent engendrer une sudation due à l’anxiété, et lorsque le cerveau surchauffe le fait de bailler peut l’aider à refroidir. De plus, l’anxiété causée par le TSPT peut accélérer votre respiration et donner l’impression à votre cerveau que vous manquez d’air, ce qui entraîne de grandes inspirations lorsque vous baillez.

Vos allergies pourraient s’aggraver

Presque 60% de votre système immunitaire se trouve dans votre système digestif. Si votre appareil digestif est irrité à cause de taux de cortisol élevés, vos fonctions immunitaires pourraient être gravement affectées. Une étude menée par Université d’Etat de l’Ohio a en effet montré que l’augmentation des allergies pouvait en être la conséquence. La fondatrice de ‘PTSD UK’, Jacqui Suttie, a elle-même développé une allergie aux produits laitiers à une période où elle souffrait le plus de TSPT ; elle indique ‘c’était évidemment quelque chose que j’avais toujours eu en moi, mais pas assez sérieux pour se manifester. Lors des pires moments de ma vie causés par le TSPT, je ne pouvais consommer de produits laitiers sans souffrir de réactions allergiques’.

SOURCES: ShapeEnkivillageBreaking Muscle, The Relationship between Traumatic Stress, PTSD and Cortisol By Eileen Delaney, PhD, Naval Center for Combat & Operational Stress Control, PreventionDaily MailIndependentNatratechBritish Clinic,

Traduction de courtoisie par J.S depuis PTSD UK

Tabous et résilience sexuelle

La sexualité est encore entourée d’innombrables tabous. Mais même dans la catégorie « ce dont on ne parle pas », il y a des sujets dont il est encore plus difficile de parler. La sexologue féministe Violeta Belhouchat, dans sa chronique, nomme certains des tabous historiques entourant les violences sexuelles. Elle nous rappelle que les victimes de violence ne sont pas seulement confrontées à des obstacles individuels, mais qu’elles doivent aussi briser le silence imposé par ces choses dont il est si difficile de parler.

Parler de la sexualité est un sujet tabou. Parler des menstruations, de l’absence de désir sexuel post-partum – qui peut durer des mois -, des infections sexuellement transmissibles, de la difficulté pour les personnes ayant un vagin d’obtenir un orgasme lors de rapports hétérosexuels et des difficultés sexuelles dans les couples de toutes orientations sexuelles et romantiques sont cinq tabous bien identifiés.

Ce ne sont pas les seuls, mais ce sont nos « démons connus » de la santé sexuelle. Ce qui m’a frappé, c’est de constater qu’il est également tabou de parler des problèmes sexuels parmi les victimes de violences sexuelles et les spécialistes de la santé qui les traitent : médecins, gynécologues, sages-femmes, urologues, thérapeutes, psychiatres.

C’est surprenant, car le nombre de survivants de violences sexuelles dans le monde se compte en milliers. J’ose affirmer qu’il n’existe aucun spécialiste de la santé qui n’ait pas traité parfois des patients (enfants, adolescents, hommes, femmes, non-binaires) victimes d’excision, de mutilations sexuelles en milieu hospitalier, d’inceste, de viol, de pédophilie, de viol conjugal, de traite des êtres humains et/ou d’exploitation sexuelle.

Sans parler des cyber-violences sexuelles : les menaces de viol en ligne, diffusion d’images pornographiques sans consentement, cyber-harcèlement LGBTQAI+phobe, cyber-diffamation sexuelle, cyber-comingout forcées – particulièrement graves dans certains pays comme l’Iran, où l’homosexualité est encore un crime et peut être punie de la peine de mort.

De nombreux groupes de victimes de violences sexuelles dénoncent et travaillent à la reconnaissance juridique de ces formes de souffrance et à obtenir une réparation symbolique. De nombreux journalistes filment ou transcrivent des témoignages.

Ce n’est un secret pour personne que pour guérir d’un traumatisme sexuel, il faut sortir du silence. 

Ce qui semble moins identifié, c’est que cela nécessite de surmonter des obstacles individuels : la honte, la culpabilité paradoxale ou inversée (lorsque la victime se sent coupable de sa propre agression) et la confusion causée par le manque d’éducation sexuelle, le manque d’informations juridiques ou l’amnésie traumatique, par exemple.

Parler en pleurant, en gémissant, en bégayant, en soupirant, en tremblant de rage, en transpirant de stress, en ayant la bouche sèche, en ayant la nausée d’angoisse ou en ayant le sentiment d’être dans un état de mort et d’anesthésie est un combat, qui se vainc phrase par phrase.

En réalité, chaque victime de violence sexuelle doit faire face, en plus de ces obstacles internes, au poids du silence des tabous historiques suivants :

Les tabous concernant les violences sexuelles.

La diversité de la violence sexuelle. Sa présence continue dans les espaces publics et privés, dans les lieux d’éducation, de sport et des soins de santé. Le nombre de cas quotidiens. 

Les violences sexuelles peuvent provoquer des érections du pénis et du clitoris, ainsi qu’une lubrification due à des réactions réflexes des glandes (prostate masculine, glandes de Bartholin, glandes urétrales ou de Skene). Ils peuvent provoquer des orgasmes, des réactions d’érection et des spasmes accompagnés de réactions émotionnelles négatives (dégoût, aversion, horreur, surprise, peur, tristesse, stupeur).

Les tabous concernant les victimes de violences sexuelles

L’âge des victimes : 8 sur 10 sont des enfants ou des mineurs. 

Expériences psychologiques d’amnésie traumatique : oubli total ou partiel de la violence pendant des mois, des années ou des décennies. 

Les expériences psychologiques de prise de conscience : la grande majorité ne sait pas qu’elle subit des violences sexuelles et en prend conscience quelques jours, semaines, mois ou années plus tard – à l’adolescence ou lorsqu’elle a accès à une éducation sexuelle ou à une formation juridique.

Tabous concernant les auteurs de violences sexuelles

L’âge des auteurs (1 sur 4 est un mineur), leur origine socio-économique (de toutes les couches socio-économiques), leur niveau d’éducation (de l’analphabète au post-doctorant).

La différence qu’il peut y avoir entre un comportement sexuel social (par exemple, hétérosexuel monogame) et un comportement sexuel secret (par exemple, pédocriminel prédateur), l’état de santé physique (sain, malade ou handicapé).

L’état de santé mentale (il s’agit majoritairement de personnes en bonne santé, intégrées dans la société, qui sont pleinement conscientes de leurs actes et prennent des mesures de sécurité pour éviter d’être découvertes, certains agresseurs  sont des psychopathes violents, des sadiques ou des asociaux).

Il s’agit principalement de personnes ayant un pénis et s’identifiant comme des hommes hétérosexuels.

Les tabous concernant les liens interpersonnels entre les auteurs et les victimes de violences sexuelles.

Il peut s’agir de parents, avec ou sans lien de sang ; de personnel de santé et de patients ; de relations affectives au sein ou en dehors du mariage ; de collègues, de patrons et de subordonnés ; de proxénètes et de travailleurs du sexe ; d’enseignants et d’étudiants ; d’entraîneurs sportifs et d’athlètes ; de voisins ; de connaissances ; d’amis ; d’anciens partenaires ; de policiers et de détenus ; de députés et d’assistants parlementaires ; de dirigeants et de militants politiques ; de fonctionnaires et de citoyens en quête d’aides publiques ; de metteurs en scène et d’actrices de théâtre ou de cinéma…

Les tabous concernant les relations entre les agresseurs de violences sexuelles.

Ils travaillent dans des réseaux humains – numériques – économiques – d’information, ils ont des contacts personnels et/ou professionnels quotidiens, ils appartiennent à la même famille, appartiennent à des cercles professionnels, s’entraident pour obtenir des positions de pouvoir économique, politique ou autre, créent des liens d’interdépendance.

Les tabous concernant les actions réalisées par des auteurs de violences sexuelles

Ils communiquent avec d’autres agresseurs sur leurs stratégies de domination (psychologique, économique) et leurs agressions sexuelles (ils les décrivent, les développent pour les rendre plus extrêmes) ; ils manipulent émotionnellement et affectivement ; ils font du chantage, menacent directement l’intégrité physique des victimes ou le font indirectement par l’intermédiaire de leurs proches (animaux domestiques, frères et sœurs, parents, amis) ; Ils pratiquent l’intimidation verbale et non verbale, créent des situations et des preuves matérielles pour extorquer, menacer la réputation et la dignité des victimes ou de leurs proches, menacent la situation économique de la victime et de ses dépendants (membres de la famille ou autres), menacent la sécurité de la victime et/ou de son environnement (son domicile, ses papiers d’identité, sa communauté), louent ou paient des services ou des cadeaux ou des faveurs aux victimes ou à leur entourage.

La violence sexuelle sont toutes les  violences qui porte atteinte à la sexualité d’un être humain dans ses aspects biologiques et corporels, émotionnels, affectifs, interpersonnels, psychologiques, psychiques, éducatifs, culturels, familiaux, socio-économiques et juridiques.

Sans le savoir, chaque victime de violence sexuelle, lorsqu’elle se trouve devant son thérapeute ou son médecin, la difficulté qu’elle rencontre, avant d’ouvrir la bouche et de raconter ce qu’elle a vécu, est de ne pas rompre avec sa honte, sa culpabilité de victime ou sa confusion. Elle fait face à la rupture de siècles de tabous autour de la sexualité et de la violence sexuelle.

Si vous êtes une victime, votre parole compte.

Dire votre vérité est votre résilience.

Et plus tôt que tard, votre résilience individuelle fera partie de notre résilience sexuelle collective.

Traduction de courtoisie par Marion SOISSON depuis Al Haraca

Le lien entre la douleur chronique et TSPT

Au Royaume-Uni, beaucoup de personnes souffrent de douleur chronique, et l’impact sur leur vie peut être considérable. De nombreuses raisons expliquent pourquoi les douleurs chroniques ont des conséquences sur la santé mentale: il peut s’agir d’une incapacité à travailler, de difficultés à affronter des tâches quotidiennes, d’une lutte acharnée contre la maladie, de la peur de ne pas comprendre pourquoi ça se produit, ou encore du sentiment de ne pas savoir comment réagir face aux jugements de son entourage.

Toutefois, il semble que la ‘douleur chronique’ et la ‘santé mentale’ soient étroitement liées.

Des études ont montré que l’un des troubles physiques les plus courants rapportés par les victimes de TSPT est la ‘douleur’. Quelque soit le type de traumatisme vécu, une agression physique ou un accident de voiture, une blessure de combat ou encore une catastrophe naturelle, les victimes de trouble de stress post-traumatique sont également plus susceptibles de développer un handicap lié à la douleur.

TSPT et douleur chronique

Les deux réunis représentent une association compliquée. Des études ont montré que les victimes de douleur chronique et de trouble de stress post-traumatique (TSPT) souffraient de douleurs plus sévères et d’une qualité de vie inférieure à celles des victimes souffrant uniquement de douleur chronique. Elles ont également montré plus de symptômes de dépression, et elles avaient également plus de chances de souffrir de trouble de consommation d’alcool ou de drogues.

Une étude en particulier a examiné le cas de pompiers volontaires souffrant de TSPT, et a découvert que 50% d’entre eux éprouvaient de la souffrance – principalement des douleurs lombaires – comparé aux 20% des pompiers ne souffrant pas de TSPT.

Des recherches plus approfondies ont démontré que 20% à 30% des victimes de TSPT développaient également des symptômes de douleur chronique.

En d’autres termes, on peut dire que la plupart des personnes qui souffrent de douleur chronique, souffrent également de trouble de stress post-traumatique. Alors pourquoi semblent-ils aller de pair?

Pourquoi TSPT entraîne-il une douleur physique?

Il existe plusieurs raisons à çela. Tout d’abord, certains des symptômes du trouble de stress post-traumatique peuvent provoquer des douleurs: par exemple, les symptômes d’hyperexcitation peuvent parfois entraîner des douleurs musculaires qui peuvent par la suite devenir chroniques. Cette anxiété et cette hypervigilance, qui sont souvent les conséquences du TSPT, peuvent augmenter la tension exercée dans les muscles et les articulations de façon générale.

L’une des victimes de TPST a indiqué, ‘Je me levais le matin et mes poignets et mes chevilles me faisaient terriblement souffrir – je dormais de façon tellement tendue, enroulé sur moi-même, que mes articulations ne pouvaient pas tenir le coup’

Des niveaux de cortisol instables dû au TSPT peuvent également appauvrir les glandes surrénales qui augmentent alors le niveau de prolactine et, par conséquent, votre sensibilité à la douleur.

De plus, beaucoup de personnes souffrant de TSPT montrent des difficultés à sortir ou à faire de l’exercice. Cette incapacité à se déplacer peut entraîner des douleurs musculaires et physiques qui peuvent devenir chroniques.

D’autre part, beaucoup d’événements traumatiques peuvent bien sûr entraîner des blessures physiques importantes qui peuvent également devenir chroniques.

Traiter TSPT et la douleur chronique

Pour les victimes de TSPT et de douleur chronique, trouver un traitement pour soigner ces maladies peut avoir une grande influence sur la façon dont vous vous sentez. Choisir de n’en soigner qu’une et pas l’autre peut être contre-productif, c’est pourquoi il est préférable de ne pas les dissocier. Expliquer cela à un médecin peut contribuer à accélérer votre diagnostic, ainsi que tout support associé.

En 2005 et en 2011, le NICE (Institut National de la Santé et de l’Excellence Clinique) a préconisé les traitements psychologiques axés sur le traumatisme afin de traiter le trouble de stress post-traumatique chez les adultes, et particulièrement le traitement de désensibilisation des mouvements oculaires (EMDR), ainsi que la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui est un traitement axé sur le traumatisme. Assurez-vous de travailler avec un professionnel afin de trouver la méthode qui vous convient le mieux.

Références – NCBIvery well mind

Traduction de courtoisie par JS depuis PTSD UK