Violeta belhouchat 17/04/21

Tabous et résilience sexuelle

Publié Laisser un commentairePublié dans résilience, sexualité, tabou, violences sexuelles

La sexualité est encore entourée d’innombrables tabous. Mais même dans la catégorie “ce dont on ne parle pas”, il y a des sujets dont il est encore plus difficile de parler. La sexologue féministe Violeta Belhouchat, dans sa chronique, nomme certains des tabous historiques entourant les violences sexuelles. Elle nous rappelle que les victimes de violence ne sont pas seulement confrontées à des obstacles individuels, mais qu’elles doivent aussi briser le silence imposé par ces choses dont il est si difficile de parler.

Parler de la sexualité est un sujet tabou. Parler des menstruations, de l’absence de désir sexuel post-partum – qui peut durer des mois -, des infections sexuellement transmissibles, de la difficulté pour les personnes ayant un vagin d’obtenir un orgasme lors de rapports hétérosexuels et des difficultés sexuelles dans les couples de toutes orientations sexuelles et romantiques sont cinq tabous bien identifiés.

Ce ne sont pas les seuls, mais ce sont nos “démons connus” de la santé sexuelle. Ce qui m’a frappé, c’est de constater qu’il est également tabou de parler des problèmes sexuels parmi les victimes de violences sexuelles et les spécialistes de la santé qui les traitent : médecins, gynécologues, sages-femmes, urologues, thérapeutes, psychiatres.

C’est surprenant, car le nombre de survivants de violences sexuelles dans le monde se compte en milliers. J’ose affirmer qu’il n’existe aucun spécialiste de la santé qui n’ait pas traité parfois des patients (enfants, adolescents, hommes, femmes, non-binaires) victimes d’excision, de mutilations sexuelles en milieu hospitalier, d’inceste, de viol, de pédophilie, de viol conjugal, de traite des êtres humains et/ou d’exploitation sexuelle.

Sans parler des cyber-violences sexuelles : les menaces de viol en ligne, diffusion d’images pornographiques sans consentement, cyber-harcèlement LGBTQAI+phobe, cyber-diffamation sexuelle, cyber-comingout forcées – particulièrement graves dans certains pays comme l’Iran, où l’homosexualité est encore un crime et peut être punie de la peine de mort.

De nombreux groupes de victimes de violences sexuelles dénoncent et travaillent à la reconnaissance juridique de ces formes de souffrance et à obtenir une réparation symbolique. De nombreux journalistes filment ou transcrivent des témoignages.

Ce n’est un secret pour personne que pour guérir d’un traumatisme sexuel, il faut sortir du silence. 

Ce qui semble moins identifié, c’est que cela nécessite de surmonter des obstacles individuels : la honte, la culpabilité paradoxale ou inversée (lorsque la victime se sent coupable de sa propre agression) et la confusion causée par le manque d’éducation sexuelle, le manque d’informations juridiques ou l’amnésie traumatique, par exemple.

Parler en pleurant, en gémissant, en bégayant, en soupirant, en tremblant de rage, en transpirant de stress, en ayant la bouche sèche, en ayant la nausée d’angoisse ou en ayant le sentiment d’être dans un état de mort et d’anesthésie est un combat, qui se vainc phrase par phrase.

En réalité, chaque victime de violence sexuelle doit faire face, en plus de ces obstacles internes, au poids du silence des tabous historiques suivants :

Les tabous concernant les violences sexuelles.

La diversité de la violence sexuelle. Sa présence continue dans les espaces publics et privés, dans les lieux d’éducation, de sport et des soins de santé. Le nombre de cas quotidiens. 

Les violences sexuelles peuvent provoquer des érections du pénis et du clitoris, ainsi qu’une lubrification due à des réactions réflexes des glandes (prostate masculine, glandes de Bartholin, glandes urétrales ou de Skene). Ils peuvent provoquer des orgasmes, des réactions d’érection et des spasmes accompagnés de réactions émotionnelles négatives (dégoût, aversion, horreur, surprise, peur, tristesse, stupeur).

Les tabous concernant les victimes de violences sexuelles

L’âge des victimes : 8 sur 10 sont des enfants ou des mineurs. 

Expériences psychologiques d’amnésie traumatique : oubli total ou partiel de la violence pendant des mois, des années ou des décennies. 

Les expériences psychologiques de prise de conscience : la grande majorité ne sait pas qu’elle subit des violences sexuelles et en prend conscience quelques jours, semaines, mois ou années plus tard – à l’adolescence ou lorsqu’elle a accès à une éducation sexuelle ou à une formation juridique.

Tabous concernant les auteurs de violences sexuelles

L’âge des auteurs (1 sur 4 est un mineur), leur origine socio-économique (de toutes les couches socio-économiques), leur niveau d’éducation (de l’analphabète au post-doctorant).

La différence qu’il peut y avoir entre un comportement sexuel social (par exemple, hétérosexuel monogame) et un comportement sexuel secret (par exemple, pédocriminel prédateur), l’état de santé physique (sain, malade ou handicapé).

L’état de santé mentale (il s’agit majoritairement de personnes en bonne santé, intégrées dans la société, qui sont pleinement conscientes de leurs actes et prennent des mesures de sécurité pour éviter d’être découvertes, certains agresseurs  sont des psychopathes violents, des sadiques ou des asociaux).

Il s’agit principalement de personnes ayant un pénis et s’identifiant comme des hommes hétérosexuels.

Les tabous concernant les liens interpersonnels entre les auteurs et les victimes de violences sexuelles.

Il peut s’agir de parents, avec ou sans lien de sang ; de personnel de santé et de patients ; de relations affectives au sein ou en dehors du mariage ; de collègues, de patrons et de subordonnés ; de proxénètes et de travailleurs du sexe ; d’enseignants et d’étudiants ; d’entraîneurs sportifs et d’athlètes ; de voisins ; de connaissances ; d’amis ; d’anciens partenaires ; de policiers et de détenus ; de députés et d’assistants parlementaires ; de dirigeants et de militants politiques ; de fonctionnaires et de citoyens en quête d’aides publiques ; de metteurs en scène et d’actrices de théâtre ou de cinéma…

Les tabous concernant les relations entre les agresseurs de violences sexuelles.

Ils travaillent dans des réseaux humains – numériques – économiques – d’information, ils ont des contacts personnels et/ou professionnels quotidiens, ils appartiennent à la même famille, appartiennent à des cercles professionnels, s’entraident pour obtenir des positions de pouvoir économique, politique ou autre, créent des liens d’interdépendance.

Les tabous concernant les actions réalisées par des auteurs de violences sexuelles

Ils communiquent avec d’autres agresseurs sur leurs stratégies de domination (psychologique, économique) et leurs agressions sexuelles (ils les décrivent, les développent pour les rendre plus extrêmes) ; ils manipulent émotionnellement et affectivement ; ils font du chantage, menacent directement l’intégrité physique des victimes ou le font indirectement par l’intermédiaire de leurs proches (animaux domestiques, frères et sœurs, parents, amis) ; Ils pratiquent l’intimidation verbale et non verbale, créent des situations et des preuves matérielles pour extorquer, menacer la réputation et la dignité des victimes ou de leurs proches, menacent la situation économique de la victime et de ses dépendants (membres de la famille ou autres), menacent la sécurité de la victime et/ou de son environnement (son domicile, ses papiers d’identité, sa communauté), louent ou paient des services ou des cadeaux ou des faveurs aux victimes ou à leur entourage.

La violence sexuelle sont toutes les  violences qui porte atteinte à la sexualité d’un être humain dans ses aspects biologiques et corporels, émotionnels, affectifs, interpersonnels, psychologiques, psychiques, éducatifs, culturels, familiaux, socio-économiques et juridiques.

Sans le savoir, chaque victime de violence sexuelle, lorsqu’elle se trouve devant son thérapeute ou son médecin, la difficulté qu’elle rencontre, avant d’ouvrir la bouche et de raconter ce qu’elle a vécu, est de ne pas rompre avec sa honte, sa culpabilité de victime ou sa confusion. Elle fait face à la rupture de siècles de tabous autour de la sexualité et de la violence sexuelle.

Si vous êtes une victime, votre parole compte.

Dire votre vérité est votre résilience.

Et plus tôt que tard, votre résilience individuelle fera partie de notre résilience sexuelle collective.

Traduction de courtoisie par Marion SOISSON depuis Al Haraca

tspt et douleur chronique

Le lien entre la douleur chronique et TSPT

Publié Laisser un commentairePublié dans symptomes, TSPT/SSPT/ESPT/PTSD

Au Royaume-Uni, beaucoup de personnes souffrent de douleur chronique, et l’impact sur leur vie peut être considérable. De nombreuses raisons expliquent pourquoi les douleurs chroniques ont des conséquences sur la santé mentale: il peut s’agir d’une incapacité à travailler, de difficultés à affronter des tâches quotidiennes, d’une lutte acharnée contre la maladie, de la peur de ne pas comprendre pourquoi ça se produit, ou encore du sentiment de ne pas savoir comment réagir face aux jugements de son entourage.

Toutefois, il semble que la ‘douleur chronique’ et la ‘santé mentale’ soient étroitement liées.

Des études ont montré que l’un des troubles physiques les plus courants rapportés par les victimes de TSPT est la ‘douleur’. Quelque soit le type de traumatisme vécu, une agression physique ou un accident de voiture, une blessure de combat ou encore une catastrophe naturelle, les victimes de trouble de stress post-traumatique sont également plus susceptibles de développer un handicap lié à la douleur.

TSPT et douleur chronique

Les deux réunis représentent une association compliquée. Des études ont montré que les victimes de douleur chronique et de trouble de stress post-traumatique (TSPT) souffraient de douleurs plus sévères et d’une qualité de vie inférieure à celles des victimes souffrant uniquement de douleur chronique. Elles ont également montré plus de symptômes de dépression, et elles avaient également plus de chances de souffrir de trouble de consommation d’alcool ou de drogues.

Une étude en particulier a examiné le cas de pompiers volontaires souffrant de TSPT, et a découvert que 50% d’entre eux éprouvaient de la souffrance – principalement des douleurs lombaires – comparé aux 20% des pompiers ne souffrant pas de TSPT.

Des recherches plus approfondies ont démontré que 20% à 30% des victimes de TSPT développaient également des symptômes de douleur chronique.

En d’autres termes, on peut dire que la plupart des personnes qui souffrent de douleur chronique, souffrent également de trouble de stress post-traumatique. Alors pourquoi semblent-ils aller de pair?

Pourquoi TSPT entraîne-il une douleur physique?

Il existe plusieurs raisons à çela. Tout d’abord, certains des symptômes du trouble de stress post-traumatique peuvent provoquer des douleurs: par exemple, les symptômes d’hyperexcitation peuvent parfois entraîner des douleurs musculaires qui peuvent par la suite devenir chroniques. Cette anxiété et cette hypervigilance, qui sont souvent les conséquences du TSPT, peuvent augmenter la tension exercée dans les muscles et les articulations de façon générale.

L’une des victimes de TPST a indiqué, ‘Je me levais le matin et mes poignets et mes chevilles me faisaient terriblement souffrir – je dormais de façon tellement tendue, enroulé sur moi-même, que mes articulations ne pouvaient pas tenir le coup’

Des niveaux de cortisol instables dû au TSPT peuvent également appauvrir les glandes surrénales qui augmentent alors le niveau de prolactine et, par conséquent, votre sensibilité à la douleur.

De plus, beaucoup de personnes souffrant de TSPT montrent des difficultés à sortir ou à faire de l’exercice. Cette incapacité à se déplacer peut entraîner des douleurs musculaires et physiques qui peuvent devenir chroniques.

D’autre part, beaucoup d’événements traumatiques peuvent bien sûr entraîner des blessures physiques importantes qui peuvent également devenir chroniques.

Traiter TSPT et la douleur chronique

Pour les victimes de TSPT et de douleur chronique, trouver un traitement pour soigner ces maladies peut avoir une grande influence sur la façon dont vous vous sentez. Choisir de n’en soigner qu’une et pas l’autre peut être contre-productif, c’est pourquoi il est préférable de ne pas les dissocier. Expliquer cela à un médecin peut contribuer à accélérer votre diagnostic, ainsi que tout support associé.

En 2005 et en 2011, le NICE (Institut National de la Santé et de l’Excellence Clinique) a préconisé les traitements psychologiques axés sur le traumatisme afin de traiter le trouble de stress post-traumatique chez les adultes, et particulièrement le traitement de désensibilisation des mouvements oculaires (EMDR), ainsi que la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui est un traitement axé sur le traumatisme. Assurez-vous de travailler avec un professionnel afin de trouver la méthode qui vous convient le mieux.

Références – NCBIvery well mind

Traduction de courtoisie par JS depuis PTSD UK

cauchemars ivm

Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) et Sommeil

Publié Laisser un commentairePublié dans psychothérapie, rêves

Faits importants à savoir sur le Trouble de Stress Post-Traumatique et le sommeil


● Le TSPT peut survenir après une période de stress et de trauma extrême.
● Parmi les symptômes du TSPT, on peut trouver les troubles du sommeil.
● Le traitement pour ces troubles dépend de comment le TSPT affecte le sommeil.
● De nombreux traitements sont disponibles.
Comment le TSPT affecte-t-il le sommeil ?
De nombreux troubles du sommeil peuvent être associés au TSPT. Pour plus d’information
sur les troubles mentionnés ci-dessous, merci de vous référer aux pages connexes du site
internet.
● L’anxiété extrême du TSPT (causée par un traumatisme ou une catastrophe) peut
sérieusement perturber le sommeil. Dans certains cas, l’anxiété débute quelques
mois après l’événement traumatique. Il est alors possible d’être envahi par un
sentiment de peur intense, d’horreur, d’impuissance. Voir Anxiété et Sommeil.
● Les personnes souffrant de TSPT présentent un taux de dépression plus élevé que
la moyenne, ce qui est souvent associé à un mauvais sommeil. Voir Dépression et
Sommeil.
● Les effets secondaires des soins utilisés dans le traitement des symptômes du TSPT,
comme ceux utilisés pour traiter la dépression et l’anxiété, peuvent causer des
problèmes de sommeil. Parlez-en avec votre médecin.
● Les cauchemars. Ces derniers peuvent prendre une forme de flashback nocturne de
l’événement ayant causé le TSPT. Les cauchemars peuvent être liés au TSPT de
manière symbolique, mais peuvent aussi être effrayants et n’avoir aucun sens.
● Il est possible de ressentir d’autres problèmes liés au sommeil tels que les terreurs
nocturnes, le somnambulisme, la somniloquie (parler dans son sommeil), les rêves
déplaisants, les sueurs nocturnes ou encore le Trouble du Comportement en
Sommeil Paradoxal, lors duquel les rêves peuvent être mis en acte dans la réalité.
● L’insomnie. Les personnes souffrant de TSPT peuvent avoir du mal à s’endormir ou
à rester endormies. Il est possible qu’elles se réveillent en pleine nuit et soient alors
dans l’impossibilité de se rendormir.
● Les problématiques liées à l’horloge biologique, comme le Syndrome de Retard de
Phase du Sommeil, peuvent survenir chez les personnes atteintes de TSPT. Si vous
n’arrivez pas à vous endormir avant une heure très tardive le soir, et ressentez le
besoin de continuer à dormir le matin, il y a des chances que vous soyez victime de
ce syndrome.
● L’Apnée Obstructive du Sommeil peut être causée par un gain de poids induit par un
changement de rythme de vie lié au TSPT. Si l’apnée du sommeil est sévère,
certains traitements tels que le Seroquel peuvent représenter un risque
supplémentaire.
● Il est important de rappeler qu’un mauvais sommeil est capable de faire empirer les
autres symptômes du TSPT.


Comment ces troubles du sommeil peuvent-ils être traités chez les personnes
souffrant d’un Trouble de Stress Post-Traumatique ?


Pour nombre de ces problèmes, il est important de garder de Bonnes Habitudes de
Sommeil. Les personnes à risque de subir un TSPT occupent souvent des postes à horaires
variables, tels que les fonctionnaires de police, les forces armées ou les services d’urgences
(pompiers, ambulanciers…). Une personne souffrant de TSPT qui travaille à des horaires
irréguliers doit faire particulièrement attention à optimiser la durée et la qualité de son
sommeil. Il est possible de trouver de l’aide chez un psychologue du sommeil.

Les cauchemars peuvent généralement être traités grâce à la Thérapie par Répétition
d’Imagerie Mentale (IMV). Cette thérapie consiste à décrire le scénario d’un cauchemar, en
remplaçant cependant la fin par quelque chose de plus heureux. Chaque nuit, en allant vous
coucher, vous devez lire ce scénario plusieurs fois à voix haute. Ensuite, vous utilisez une
technique de relaxation pour vous endormir. Le cauchemar survient, mais cette fois il ne se
termine pas de façon négative. Avec le temps, il finira par disparaître complètement. Le
succès de cette méthode dépend de la nouvelle fin du cauchemar, ce qui signifie qu’elle doit
être soigneusement choisie. Un psychologue du sommeil peut aider dans cette sélection.

Le Trouble du Comportement en Sommeil Paradoxal peut lui aussi être soigné avec la
Thérapie par Répétition d’Imagerie Mentale. Bien souvent, un traitement avec
benzodiazépine Clonazépam (Rivotril) est prescrit.

Le somnambulisme ainsi que la somniloquie sont traitables par hypnose. Une partie du
traitement consiste généralement à mettre en pratique des méthodes de relaxation utiles au
moment d’aller se coucher.
Pour les militaires souffrant de troubles du sommeil et de Stress Post-Traumatique, les
somnifères ne marchent habituellement pas. Cela est dû au fait que ces personnes sont
entraînées à être constamment sur leurs gardes. En un mot, le fait d’être sur le qui-vive se
traduit par une difficulté à dormir profondément la nuit. L’hypnose peut aider à désapprendre
ce comportement.

Le Syndrome de Retard de Phase du Sommeil (SRPS), qui repousse les heures
d’endormissement habituelles, est commun chez les personnes ayant fait la guerre.

Un
ancien soldat peut se refuser à dormir jusqu’aux premières lueurs du jour. Ceci s’explique
par la crainte que des cauchemars surviennent s’ils dorment dans l’obscurité. En
conséquence, l’horloge biologique se dérègle année après année et se bloque dans un
cycle de sommeil qui n’est pas naturel. Il est aussi possible que le SRPS découle des
horaires irréguliers imposés lors des tours de garde pour un militaire, ou encore du
changement permanent de fuseaux horaires auquel les officiers de la marine sont
confrontés. Et les somnifères ne permettent pas de rétablir cette horloge biologique. Ce
qu’ils font, c’est masquer le problème sous-jacent, bien souvent sans apporter un renouveau
de sommeil. La Mélatonine est un moyen potentiel de résolution de ces problèmes.

Traduction de courtoisie par François Kluba depuis Sleep Health Foundation

bien-être émotionnel

Le bien-être émotionnel

Publié Laisser un commentairePublié dans émotions, estime de soi, prendre soin de soi, résilience

Il n’y a aucun doute là-dessus, le bien-être émotionnel et l’intelligence émotionnelle sont étroitement liés. Mais que signifie le fait de se sentir bien émotionnellement? Est-ce que c’est quelque chose de mystérieux ou d’inatteignable? Ou bien quelque chose à la portée de n’importe qui?

Cet article examine ces questions et traite de la façon dont le bien-être émotionnel se présente, et à quoi ressemble la vie des personnes émotionnellement en bonne santé.

Quelques définitions pour bien commencer

Le “Centre National de la Santé Emotionnelle” est une organisation engagée à favoriser le bien-être émotionnel en offrant des ressources, des stratégies, des conseils, et du soutien à ceux qui en ont besoin, par exemple dans les milieux professionnels, les communautés, les systèmes de santé, ou en cas d’événements impliquant de nombreuses victimes. Ils offrent la définition du bien-être émotionnel suivante:

“ Le bien-être émotionnel se réfère à la conscience, à la compréhension, et à l’acceptance de nos sentiments, ainsi qu’à notre capacité à gérer de façon efficace les challenges et changements auxquels nous faisons face.”

Il n’échappe à personne que la vie est compliquée et semée d’embûches. Néanmoins, la manière dont vous surmontez ces problèmes détermine votre état de santé émotionnel et révèle votre vraie nature. Le bien-être émotionnel est question d’embrasser la bonté dans votre vie et de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide.

Lorsque vous êtes à l’écoute de vos émotions, vous pouvez comprendre et être plus en accord avec votre corps, vous réagissez également à vos émotions avec plus de confiance. Rester dans le moment présent et ne pas anticiper l’avenir, ni ressasser le passé est vital pour être en bonne santé émotionnelle.

Le bien-être émotionnel nous encourage à cultiver la pleine conscience, mais cela ne veut pas dire que vous êtes heureux et insouciant tout le temps. Au contraire, vous êtes conscient et vous pouvez effectuer les changements nécessaires pour vous sentir mieux.

Être en bonne santé émotionnelle offre la possibilité d’atteindre votre plein potentiel en tant qu’individu.

À quoi ressemble le bien-être émotionnel?

Le bien-être émotionnel implique de prendre soin de soi, de se relaxer, de développer sa force intérieure, et de réduire son stress. Il s’agit aussi d’être conscient et attentif aux émotions, à la fois négatives et positives, auxquelles vous pouvez faire face dans votre quotidien, dans ce monde. Le bien-être émotionnel comprend également votre capacité à apprendre et à grandir de ces expériences, ainsi qu’à développer des compétences en matière de prise de décisions.

Le bien-être émotionnel est essentiel si vous souhaitez vivre une vie heureuse et productive. Être en bonne santé émotionnelle vous donne le pouvoir d’exprimer vos sentiments sans retenue. Cependant, grâce à un contrôle émotionnel rationnel, vous pouvez nouer des relations de soutien et d’interdépendance avec les autres.

Il existe cinq questions que vous pouvez vous poser afin de déterminer si vous êtes en bonne santé émotionnelle.

  1. Êtes-vous sensible et compatissant? La façon dont vous traitez votre entourage est comme un baromètre qui révèle votre état de santé émotionnelle. Les personnes en bonne santé émotionnelle ont tendance à être sensibles et à l’écoute des besoins des autres, et sont également plus généreuses.
  2. Vous sentez-vous reconnaissant? Les personnes en bonne santé émotionnelle éprouvent de la gratitude pour leur vie et pour les bonnes choses qui leurs arrivent. Ils apprécient ce qu’ils ont et ne se soucient pas de ce qu’ils ne possèdent pas. En bonne santé émotionnelle, les gens reconnaissent la chance qu’ils ont. Il ne s’agit pas seulement d’argent ou de biens matériels, mais aussi de l’amour et de la gentillesse des autres, ainsi que leur santé physique.
  3. Vous aimez-vous? Les personnes en bonne santé émotionnelle s’aiment d’un amour inconditionnel. Ce comportement peut sembler paradoxal ou bien futile, mais je peux vous assurer que ça ne l’est pas. S’aimer soi-même est vital pour votre bien-être émotionnel, car vous prendrez ainsi mieux soin de vous-même, vous vous donnerez encore plus de moyens pour devenir une personne meilleure, et vous essaierez d’aider les autres autour de vous.
  4. Êtes-vous tolérant et ouvert d’esprit? Êtes-vous conscient de vous-même et écoutez-vous vos pensées et celles des autres? Lorsque vous êtes ouvert d’esprit et disposé à écouter le point de vue des autres, vous serez plus enclin à améliorer votre croissance en tant que personne.
  5. Savez-vous gérer le stress? Les personnes en bonne santé émotionnelle ont leur propre manière de surmonter le stress dans leur vie grâce à la méditation, l’exercice physique, la thérapie ou l’art. Les personnes émotionnellement en bonne santé entretiennent un bon équilibre entre le travail et les loisirs.

Quel score avait vous obtenu en lisant cette liste de caractéristiques d’une personne en bonne santé émotionnelle? Si vous ne vous y retrouvez pas encore complètement, ce n’est pas grave car c’est bien là la beauté d’atteindre le bien-être émotionnel; c’est un processus continu.

Les trois aspects du bien-être émotionnel

Dr. Steven Eric Handwerker, fondateur, et PDG de ‘l’Association Internationale pour la Promotion du Bien-Être Humain Inc.’, offre un aperçu des trois aspects de résilience qu’il a identifié comme étant la base sur laquelle le bien-être émotionnel est construit. Dr. Handwerker déclare que la résilience comprend trois éléments essentiels – la manière de gérer une situation difficile, l’adaptation, et la transformation.

Le premier élément de résilience est la façon dont on fait face aux obstacles. Surmonter une épreuve implique des facteurs mentaux, physiques, et émotionnels qui s’appliquent à chaque problème auquel une personne puisse faire face. Surmonter une situation difficile consiste avant tout à prendre soin de soi et à réduire son stress. Il s’agit également d’observer et de stimuler ses émotions lorsque des défis se présentent. L’élément physique et l’élément mental, agissent ensemble afin d’apporter plus de résilience et améliorent ainsi la santé émotionnelle.

S’adapter ne veut pas dire se plier face à une expérience difficile, mais au contraire, écouter son intuition et ses capacités mentales afin de savoir ce qu’il est nécessaire de faire pour transformer son stress en un challenge.

La transformation c’est avoir de la résilience et savoir en tirer profit. La conséquence naturelle, après avoir surmonté une situation difficile et s’être adapté, est la transformation car on prend alors conscience de ses expériences et des émotions que l’on éprouve, et on est ainsi capable de les confronter avec compassion. Comprendre qui vous êtes à l’intérieur est incroyablement libérateur et permet au bien-être émotionnel de se développer.

Dix choses à faire pour parvenir au bien-être émotionnel

Il n’existe pas de listes magiques pour être en bonne santé émotionnelle. Cependant, Dr. Mark Lerner propose, sur le site du Centre National du Bien-Être Émotionnel, les dix choses suivantes à réaliser afin de parvenir au bien-être émotionnel…

  1. Devenez conscient de vos sentiments et essayer de les qualifier (p. ex. “Je me sens stressé(e).” “Je me sens triste.” “Je me sens frustré(e)·” etc.)
  2. Essayez d’identifier vos pensées et examinez la façon dont elles se déclenchent et peuvent être influencées par un sentiment (p. ex. Je pense à la manière dont je lui ai répondu et je suis en colère.”)
  3. Apprenez à accepter qu’il n’existe pas de bons ou de mauvais sentiments… ils sont ce qu’ils sont.
  4. Prenez votre temps et pensez avant d’agir; faites des choix qui se dirigent vers un but précis. 
  5. Soyez conscient que vous avez la capacité de décider sur quoi vous concentrer – et quoi penser.
  6. Si vous vous retrouvez à penser à quelque chose de façon répétitive et que cela vous apporte de l’inconfort émotionnel, identifiez cette pensée et essayez de l’ignorer (p. ex. “Arrête. Ce n’est pas productif.”)
  7. Sachez qu’il est tout à fait normal de ne pas se sentir bien lors de périodes difficiles ou de changements.
  8. S’il vous arrive d’avoir des pensées ou des sentiments désagréables, changez-vous les idées en trouvant autre chose à faire (p. ex. Faites une promenade. Faites de l’exercice. Ecoutez de la musique. Parlez à un(e) ami(e) ou à un proche. etc).
  9. Parlez à des personnes avec qui vous pouvez partager vos pensées et vos sentiments – des personnes qui écoutent plus qu’elles ne parlent. Favorisez la communication interpersonnelle, comme le tête-à-tête.
  10. Faites votre possible pour devenir la personne que vous souhaiteriez être. Bien que ça puisse être un concept hypothétique, trouvez quelque chose qui ne peut être directement observé ou influencé par le monde autour de vous,  tel une ‘cible’.

Pour conclure

Comme nous pouvons le constater, le bien-être émotionnel n’est pas hors de la portée de qui que ce soit. La récompense d’être en bonne santé émotionnelle est formidable, surtout lorsqu’on la compare au désarroi et à l’instabilité qu’entraîne le mal-être émotionnel.

Avant tout, croyez en vous-même. Le travail que vous allez accomplir afin d’atteindre une norme de bien-être émotionnel sera t-il parfait? Non. La raison est simple; il n’existe pas de norme de bien-être émotionnel.

Apprenez à prendre soin de vous. Écoutez vos pensées puis observez ce à quoi vous pensez.

Si vos pensées se basent sur un discours mélancolique et que votre dialogue intérieur est plutôt pessimiste, envisagez sérieusement de changer votre vocabulaire par un vocabulaire plus positif.

Ces suggestions ne sont pas des incantations magiques censées soigner votre esprit, mais des conseils donnés par quelqu’un qui est déjà passé par là.

Après avoir entendu pendant des années que le seul moyen de faire face à des émotions douloureuses était de s’en débarrasser, il faut souvent un long réapprentissage pour parvenir à accueillir ces émotions; tout en essayant de découvrir, grâce aux personnes qui les ressentent, ce qu’elles ont appris en survivant dans le désert, contrairement à ce que ceux qui dorment dans une maison confortable ne sauront jamais.”  Barbara Brown Taylor

Traduction de courtoisie par J.S depuis CPTSD Foundation

inceste

Presque la moitié des agressions sexuelles sur mineurs sont commises par un parent

Publié Laisser un commentairePublié dans agresseur, déni, dévoilement, dysfonctionnement familial, tabou, violences sexuelles

La Fondation Anar informe que les agressions sexuelles sur enfants et adolescents ont quadruplé en 12 ans.

Le danger poursuit les mineurs au sein même de leur cercle de confiance. Près de la moitié des agressions sexuelles commises sur des enfants et adolescents sont perpétrées par un parent ; on retrouve plus fréquemment le père (23,3 %), le compagnon de la mère (5,4 %) et l’oncle (5,4 %). C’est ce que montre une étude présentée par la Fondation Anar (Aide aux enfants et aux adolescents en risque) basée sur les appels à l’aide reçus (900 202 010) et sur les consultations de chat pendant 11 ans. L’association avertit également de la hausse des agressions sexuelles sur mineurs dans les dernières années : 1 093 cas détectés en 2020, soit quatre fois plus qu’en 2008 (273).

Les agressions sexuelles ne sont pas toutes commises au sein du cercle familial cependant, dans ce cadre, le risque se multiplie. L’environnement supposé sécuritaire est celui même qui trahit de nombreux mineurs. Le profil de l’agresseur est majoritairement masculin, plus âgé, et proche de l’enfant. Diana Díaz, directrice du centre d’appels et du chat d’Anar – un outil web pour conseiller les mineurs ou leurs proches – affirme que les agresseurs profitent de la confiance des enfants. « Parfois, ils leur dissent qu’il s’agit d’un jeu qui doit rester secret, d’autres fois, ils les menacent », précise-t-elle. L’endroit où a lieu l’agression est familier. 49,7 % des cas d’agressions sont commis au domicile de la victime, 14,8 % chez des personnes de leur entourage et 13,2 % en milieu scolaire.

« Je me rappelle que mes parents sortaient et mon frère m’obligeait … Ça me dégoûtait et c’est arrivé plusieurs fois », Laura (son prénom a été modifié) a reconnu par téléphone, une fille de 12 ans qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle n’était même pas capable d’exprimer la situation avec des mots. Il lui a fallu plusieurs appels à l’association afin de raconter ce qu’elle éprouvait. Dans de nombreux cas, la victime a besoin de plus d’un appel téléphonique. La fondation a examiné pour l’étude 89 808 appels enregistrés entre 2008 et 2019, et ceci a permis de détecter 6 183 cas.

Pour les mineurs, il est difficile de demander de l’aide. Cela fait partie du problème. La violence envers les enfants est invisibilisée. La Fondation a constaté que 40,9 % des enfants et adolescents qui demandent de l’aide gardent le silence pendant plus d’un an avant de raconter l’agression subie. Et ce, malgré le fait que plus de deux tiers des mineurs pris en charge subissent des agressions tous les jours. « Les mineurs souffrent d’abus pendant des périodes plus longues et plus répétées qu’auparavant », souligne D.Díaz.

La hausse de cas détectée par Anar est tout particulièrement visible depuis les six dernières années, période caractérisée par une augmentation de l’utilisation des appareils numériques comme instrument pour commettre ces agressions : le cyberharcèlement a augmenté de 36,7 % et le « sexting » ou les messages à contenu sexuel de 25 %. « Les plateformes numériques sont devenues un terrain d’action majeur pour les agresseurs qui y ont plus facilement accès aux mineurs », explique Díaz. Aussi, la fondation alerte face à la hausse des agressions en groupe, qui sont passées de 2,1 % en 2008 à 6,3 % en 2018. Díaz reconnaît qu’il reste encore beaucoup de travail à faire en matière de sensibilisation sociétale, car les violences sexuelles sont encore un sujet « tabou ».

Les victimes sont majoritairement des femmes (78,3 %), âgées pour la plupart de 13 à 18 ans. Les garçons représentent un cas sur cinq et pour la majorité ont moins de 12 ans (53,4 %). Díaz est spécialement inquiète pour les plus jeunes enfants. « Ils sont les plus vulnérables, ils ne comprennent pas ce qui se passe et ils sont dépendants de leur entourage familial auquel appartient fréquemment l’agresseur » explique-t-elle.

Carmen (son prénom a été modifié) n’avait que cinq ans quand elle a eu le courage de raconter à sa mère que son oncle l’agressait sexuellement. Elle avait honte de ce qu’elle avait subi et elle avait peur de la réaction de sa mère. C’est sa mère qui a appelé la fondation, bouleversée par le récit de sa fille. « Ne le dit à personne, s’il te plaît, ni à papa, ni à personne », lui avait demandé sa fille.

En 2018, 76,3 % des cas se sont fortement aggravés, avec des situations particulièrement menaçantes pour les enfants, ainsi que la répétition quotidienne. 95,3 % des cas requéraient une réponse urgente, une intervention immédiate, car l’agression avait eu lieu récemment. Malgré la gravité de la situation, beaucoup d’enfants font face à la situation seuls. Selon la fondation, dans un cas sur quatre, aucune mesure n’est prise. De plus, les victimes subissent des violences physiques et/ou des menaces dans 53,6 % des cas, notamment pour les adolescentes.

Seuls face à ces agressions, les enfants qui racontent leur expérience ne se sentent pas tous soutenus par leur entourage. Lorsque Carmen s’est confiée sur les agressions qu’elle subissait, ses grands-parents ont dit : « Ce sont des inventions d’enfants, la gamine est une petite menteuse ». Les personnes de confiance nient les faits dans 37,8 % des cas, elles justifient ou protègent l’agresseur dans 31,1 %, font preuve de négligence ou une absence de réaction dans 23,9 % et la victime est culpabilisée dans 7,2 % des cas. « Les agressions sexuelles sont un événement tellement aberrant qu’il est très difficile pour les familles de l’accepter, elles utilisent donc des mécanismes de défense mis en place pour maintenir une stabilité », explique Díaz. La fondation considère « alarmante » la réponse sociale reçue par les mineurs de moins de 12 ans, car ce sont eux qui font face plus fréquemment au déni et à la négligence. « Ils pensent que ce n’est pas grave et ne sont pas conscients qu’ils ne sont pas obligés de subir ces événements. », affirme Díaz.

Détecter ces formes de maltraitance reste un défi. 80,2 % des agressions ne laissent aucune marque ou blessure.

« Parfois, il n’y a pas des signes visibles et les enfants se sentent seuls face au problème », affirme Díaz. Par conséquent, pour 43,3% de victimes ayant l’intention de porter plainte, seulement 10,6% le font réellement. Parmi celles-ci, 18,2% sont classées sans suite à cause de l’insuffisance de preuves. Et cela, même si dans deux tiers des cas, il existe la possibilité que l’agression se répète. Díaz déplore l’absence de mesures prioritaires visant à placer les enfants et les adolescents. Elle souligne que le plus important est de leur apporter protection et sérénité. « Nous devons indiquer clairement au mineur que cela ne l’arrivera plus, que nous allons l’aider et que nous allons continuer à l’accompagner », souligne la directrice du chat d’Anar.

Traduction de courtoisie par Liliana Mejia Uribe depuis ElPais