violences envers les hommes

Le caractère sexiste de la violence sexuelle à l’égard des garçons

[1] Chaque année, l’ampleur et les répercussions de la violence sexuelle sont davantage reconnues. Même si les femmes et les filles représentent le plus grand nombre et la plus importante proportion de victimes de sévices sexuels à l’échelle mondiale, il est de plus en plus évident que ce type de violence concerne aussi les hommes et les garçons.

La sensibilisation concernant la prévalence et les conséquences des agressions sexuelles à l’égard des garçons connaît une nette croissance. Environ 5 à 10% des garçons à l’échelle mondiale indiquent avoir subi des sévices sexuels pendant leur enfance, ce qui représente environ 73 millions de garçons en une année (2002). Comme pour les filles mineures victimes de violences sexuelles, il est possible que ces taux de prévalence mondiaux soient inférieurs à la réalité puisque ces événements ne sont pas toujours signalés: dans les milieux développés, où les signalements sont généralement plus importants, le taux de prévalence cité le plus souvent est d’1 garçon sur 6 (environ 17%). La majeure partie des agresseurs sexuels sur des garçons sont, comme pour les filles, de sexe masculin, même s’il semble qu’une proportion plus importante des cas chez les garçons résulteraient de sévices perpétrés par des femmes.

La violence sexuelle en tant que violence sexiste : à l’égard des femmes et des filles…

Une grande partie des violences sexuelles à l’encontre des femmes et des filles, que ce soit en situation conflictuelle ou non-conflictuelle, sont désormais reconnues comme étant un type de violence sexiste : autrement dit, tout acte commis contre la volonté d’une personne et fondé sur son sexe et/ou son rôle en tant qu’homme ou femme au sein de la société. Même si les sévices sexistes sont quasiment toujours basés sur l’identité sexuelle de la victime, de telles violences permettent également de définir l’identité sexuelle de l’agresseur. Chaque élément de l’équation possède donc une caractéristique sexiste. La violence sexiste sert à établir, maintenir et renforcer des hiérarchies de pouvoir et de statut, à la fois entre des personnes de sexes opposés mais aussi de même sexe. Il est globalement reconnu que les agressions perpétrées par des individus de sexe masculin (hommes et garçons compris) contre des femmes, quel que soit le contexte immédiat, sont marquées par des schémas de domination masculine; elles transmettent et perpétuent des modèles sociaux patriarchaux; elles sont synonymes de relations de pouvoir inégales entre les concepts sexistes de masculinité et féminité, entre les hommes et les femmes, et se reflètent aux niveaux individuel, relationnel, culturel, institutionnel et politique. Cette situation s’applique tout autant aux actes sexuels commis à l’égard des jeunes filles, même si de tels sévices dépendent aussi du pouvoir hiérarchique des adultes sur les enfants et des multiples vulnérabilités associées à l’enfance.

… et à l’égard des hommes et des garçons

Bien que l’on parle plus souvent de violence masculine à l’égard des femmes et des filles, il est reconnu que les hommes et les garçons souffrent également de violences basées sur leur appartenance sexuelle et souvent perpétrées par d’autres individus de sexe masculin. Les actes violents perpétrés par des hommes contre d’autres hommes représentent un mécanisme décisif pour établir, renforcer et protéger leur propre identité masculine: c’est par la violence et l’agression que les auteurs de tels actes se distancient non seulement des femmes mais aussi des hommes qu’ils percevraient comme « efféminés/féminins », y compris les homosexuels, les hommes aux orientations sexuelles non conformes et/ou ceux qui sont physiquement plus faibles. Ce type de violence sert aussi à établir, réaffirmer et protéger des différences de pouvoir entre les différentes masculinités – ces diverses façons de définir socialement la virilité dans les contextes historiques et culturels.

Les sévices sexuels perpétrés par des hommes sur des adultes de sexe masculin dans le contexte de conflits violents représentent la forme de violence directe envers les hommes la plus reconnue et se classifie comme sexiste. En effet, la majeure partie des violences de ce type visent ouvertement et explicitement à détruire l’identité masculine des victimes, à la fois au niveau individuel mais aussi familial/communautaire; elles visent aussi à réaffirmer les masculinités dominantes hétéronormatives et la hiérarchie masculine parmi les agresseurs. Dans des contextes non conflictuels tels que les environnements hyper-masculins de type prisons, armée, fraternités ou encore équipes sportives, les violences perpétrées par des hommes contre d’autres hommes et contre des hommes homosexuels sont également définis comme étant sexistes, leur but étant effectivement d’affirmer les hiérarchies masculines. L’inégalité fondamentale des femmes au cœur de ces formes de violence est d’autant plus évidente lorsque les agresseurs à travers le monde affirment qu’ils « réduiront » leurs victimes masculines au statut de femme. Dans de telles circonstances, il est évident que cette lutte pour la suprématie des identités sexuelles constitue le fondement des violences sexuelles visant d’autres individus de sexe masculin.

Les agressions sexuelles sur mineurs de sexe masculin sont pourtant rarement discutées en tant que forme de violence sexiste. Dans le cadre de conflits violents, certains sévices sexuels contre les garçons, tels que la castration de garçons prépubères ou le fait de forcer des enfants soldats à violer, sont de plus en plus acceptés en tant que violences sexistes. En revanche, dans des contextes non conflictuels, les agressions perpétrées sont généralement décrites dans un contexte non sexiste de « violence à l’égard des enfants » dans lequel le crime dépend de diverses vulnérabilités (physiques, économiques, sociales) associées à l’enfance; la nature sexiste de tels sévices n’est pas encore explicitement et largement reconnue.

La violence sexuelle à l’égard des garçons en tant que violence sexiste

Nous affirmons que la plupart des violences sexuelles sur mineurs de sexe masculin dans des cadres non conflictuels peuvent et devraient être considérées comme sexistes. Dans notre pratique clinique et à partir de récits de victimes adultes, nous avons noté deux motivations principales bien distinctes: la satisfaction sexuelle, et ce que l’on pourrait appeler «la reconnaissance masculine », autrement dit l’ensemble des sévices ayant pour but de détruire l’identité de la victime en tant qu’homme et dans lesquels l’activité sexuelle, qu’elle soit réelle ou symbolique, est une véritable arme contre la victime. Ce type de violence peut comprendre une satisfaction sexuelle pour l’(les) agresseur(s), mais l’humiliation en reste l’objectif principal. Ces deux motivations ont un élément en commun : elles reposent sur le suivi de concepts traditionnels de masculinité pour justifier leurs gestes à l’égard des victimes et le contrôle de celles-ci.

La reconnaissance masculine est particulièrement évidente lorsque de telles violences, qu’elles soient perpétrées par des hommes ou d’autres garçons, visent à affirmer la hiérarchie masculine, et à discipliner et punir des masculinités non-dominantes. Écoles, universités, institutions religieuses, orphelinats ou autres institutions de prise en charge publiques, centres d’incarcération, et groupes d’activité avec une hiérarchie bien définie font partie de ces cercles hiérarchiques. Dans de tels cadres, l’utilisation de la violence sexuelle pour établir une hiérarchie des sexes parmi les hommes est particulièrement évidente.

Au-delà des structures hiérarchiques, la victimisation des garçons peut aussi naître de discours dominants concernant l’identité sexuelle. Par exemple, il est possible que les garçons soient considérés comme étant des cibles d’agression « sûres » (ou « plus sûres ») en raison des normes sexistes concernant la masculinité et la victimisation qui font que les garçons (et les hommes) auront beaucoup plus de mal à dévoiler les actes de violence sexuelle dont ils auraient été victimes par peur d’être pris pour faibles ou homosexuels. Dans un autre ordre d’idées, certains agresseurs ecclésiastiques peuvent choisir des garçons car ce type de comportement semble moins immoral que l’agression de jeunes filles. Les garçons peuvent aussi être victimes de comportements sexuels abusifs perpétrés par des femmes et des filles : ces comportements dérivent de mythes sur la sexualité masculine qui décrivent les individus de sexe masculin, en particulier les jeunes adolescents, comme étant favorables à toutes expériences sexuelles; qui décrivent la virilité des hommes comme étant constante, et qui minimisent les effets des agressions sexuelles sur mineurs chez les garçons.

Pourquoi cela est-il important?

Il est important de reconnaître les aspects sexistes des violences sexuelles à l’égard des garçons car les solutions proposées pour répondre à ce type d’actes reflètent souvent elles-mêmes des préjudices sexistes. De manière générale, la violence sexuelle chez les garçons est moins reconnue que la violence à l’égard des jeunes filles; dans certains pays, le système légal n’offre parfois même pas de protection pour les garçons. Même pour les cas où les sévices sexuels sur garçons sont reconnus, bien des personnes pensent encore que l’expérience est moins traumatique pour les garçons que pour les filles, surtout si l’agresseur est une femme, même si le contraire est évident. Mieux comprendre les composantes sexistes des violences sexuelles à l’égard des garçons nous aidera aussi à mieux comprendre et répondre aux besoins des victimes qui ressentent un profond changement quant à leur perception de leur propre identité sexuelle. Il est important que les cliniciens et les autorités politiques comprennent les conséquences de la honte intériorisée, qui repose sur des discours traditionnels de masculinité, lorsqu’ils traitent et soutiennent les victimes masculines d’agressions sexuelles pendant l’enfance.

Savoir reconnaître les tendances sexistes des sévices sexuels à l’égard des garçons permet aussi de mieux comprendre l’expérience des femmes et des filles. Le caractère sexiste de la violence sexuelle contre les garçons peut émerger parallèlement aux sévices contre les femmes, comme par exemple au sein de structures androcrates qui imposent des contrôles extrêmes sur les libertés des femmes et leur sexualité par l’intermédiaire de la ségrégation, du mariage d’enfants, et des tabous relatifs au sexe avant le mariage – une situation dans laquelle les garçons deviennent des cibles sexuelles plus facilement disponibles et « féminisées ». De même manière, au sein des sociétés dans lesquelles le machisme est important, les agresseurs justifient la victimisation sexuelle (et la domination sexiste) des garçons transsexuels ou homosexuels de la même manière qu’ils justifieraient la victimisation (et la domination sexiste) des femmes et des jeunes filles : car « ils/elles aiment ça ».

Enfin, nous pensons que la reconnaissance du caractère sexiste des sévices sexuels contre les garçons est une composante importante des initiatives visant à mettre fin aux violences sexistes perpétrées par des hommes contre des femmes. En refusant de reconnaître et de discuter le caractère sexiste des violences sexuelles contre les garçons, on risque de suggérer que les violences sexuelles auxquelles ces derniers font face sont, d’une certaine manière, différentes des dynamiques de pouvoir sexiste, alors que de telles violences à l’égard des filles sont clairement symptomatiques de ces dynamiques. Toutefois, comme l’avait écrit Gary Barker :

« Les violences que subissent les hommes et les garçons au cours de leurs vies, qui fait elle-même partie de la patriarchie (un système qui non seulement justifie la supériorité des hommes par rapport aux femmes, mais qui donne aussi à certains hommes un sentiment de pouvoir par rapport aux autres hommes et empêche les hommes d’être les personnes qu’ils aimeraient être), sont clairement un facteur clé de la violence contre les femmes. Cela ne justifie en aucun cas la violence masculine envers les femmes et les filles… mais en continuant à ignorer la violence subie par les hommes et les garçons au cours de leurs vies, on ne peut que continuer à mettre en œuvre des solutions incomplètes pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles ».

Nous pensons qu’il est indispensable de reconnaître le caractère sexiste de la violence sexuelle dont de nombreux garçons sont victimes pour pouvoir permettre aux mineurs, filles et garçons, aux adultes, femmes et hommes, de se considérer mutuellement comme des alliés pour vaincre cette violence et pour mobiliser toutes les victimes de sévices sexuels pour pouvoir mettre fin à ces attitudes qui acceptent et pardonnent les violences sexuelles et sexistes. Des travaux de recherche supplémentaires sont nécessaires et comprennent les questions suivantes :

  • Dans quelle mesure l’exécution de la hiérarchie sexiste est-elle un motif pour les agresseurs?
  • Dans quelle mesure ces violences permettent-elles aux agresseurs d’affirmer leur masculinité?
  • Dans quels cas les femmes ont-elles le rôle d’agresseur?

[1] Jack Dalby et Rachel Hart travaillent avec des victimes de sexes masculin et féminin ayant subi des violences sexuelles à l’âge adulte et pendant l’enfance. En tant que conseillers, ils partagent à eux deux environ 25 ans d’expérience dans le domaine. (voir https://www.jarawyntherapy.com.au) Dr Wynne Russell est une chercheuse indépendante qui travaille depuis longtemps sur la violence sexuelle liée aux conflits chez les hommes et les garçons (voir https://independent.academia.edu/WynneRussell).

Article extrait de la revue Academia Letters, publiée en août 2021

Jack Dalby, Jarawyn Therapy

Rachel Hart, Jarawyn Therapy

Wynne Russell, Jarawyn Therapy


Traduction de courtoisie par Sonia Erraud depuis Research gate

famille toxique

LE CYCLE DE LA HONTE DANS L’AUTO-SABOTAGE


Les conséquences des traumatismes complexes


J’écris ces lignes pour celles et ceux d’entre vous qui sont pris dans ce qui semble être un
cycle sans fin où on commence quelque chose, des lueurs de succès apparaissent, puis, pour
une raison étrange, échoue. C’est l’auto-sabotage, un cycle commun à ceux qui souffrent de
TSPT complexe, et/ou qui se remettent d’un traumatisme ou de violence durant leur
enfance. La frustration, la dépression et l’isolement sont les caractéristiques de ce
sentiment douloureux que vous ne réussirez jamais parce que vous êtes « trop paresseux »,
ou que vous savez ce qu’il faut faire, mais que vous n’arrivez pas à vous « obliger » à le faire.
Il se peut que vous vous lanciez dans une nouvelle entreprise, que vous commenciez à
étudier pour un examen, ou que vous commenciez à écrire ce scénario ou cette chanson, et
que vous voyiez de véritables indicateurs de réussite, puis, quelque chose s’installe, vous
vous sentez bloqué et vide. Un sentiment paralysant qui vous empêche de continuer. Vous
ne pouvez pas physiquement continuer à avancer. Vous savez exactement ce qu’il faut faire,
mais vous ne pouvez pas amener votre esprit, vos émotions ou votre corps à le faire. Vous
déprimez, vous vous repliez sur vous-même, puis, après un certain temps, vous trouvez le
courage de recommencer, et le cycle se répète.


Lorsque nous grandissons dans des systèmes familiaux toxiques, il y a des rôles spécifiques
qui sont joués et des règles qui sont établies. Ces rôles et ces règles ne sont pas souvent
exprimés à haute voix. Mais ce sont des règles et des rôles implicites, non écrits, qui
fonctionnent par cycles et se répètent. Ces cycles maintiennent chaque membre de la
famille prisonnier du dysfonctionnement. Ces règles et rôles ancrés dans les membres
individuels de ces familles perdurent même lorsque les enfants grandissent et quittent
physiquement le foyer familial. Ces règles et ces rôles sont profondément ancrés et les
traumatismes subis dans cet environnement restrictif imposent des limites rigides à nos
croyances et sentiments subconscients. C’est pourquoi les adultes issus de familles toxiques
peuvent recréer des schémas similaires dans leur propre mariage, leurs amitiés et leur rôle
parental.


Par exemple, si un enfant grandit dans un système familial toxique dans lequel un parent
est narcissique et l’autre parent est complice, l’adulte qui a grandi dans cette famille peut
créer la même dynamique narcissique-codépendante dans ses relations avec les autres
(conjoint, enfant, amis, collègues). Cette dynamique peut également se manifester dans la
relation profonde de la personne avec elle-même, l’amenant à jouer un rôle de tiraillement
au sein de sa propre personnalité fracturée.


Les enfants de ces familles [toxiques] sont humiliés lorsqu’ils manifestent des
traits individualistes qui mènent à une réussite indépendante.


Un élément très commun aux familles narcissiques est la règle non écrite selon laquelle
personne ne peut se développer au-delà de la famille. Personne ne peut dépasser la famille
sur le plan émotionnel, intellectuel, financier, psychologique ou autre. Les enfants de ces
familles sont déshonorés lorsqu’ils font preuve de traits individualistes qui mènent à une
réussite indépendante.
Peut-être qu’un enfant est agressé verbalement après une performance musicale ou sportive
réussie, peut-être qu’on lui dit qu’il n’aurait jamais pu être un aussi bon élève s’il n’y avait
pas eu les critiques et la honte de ses parents. Cela se produit parce que la famille
dysfonctionnelle a besoin de ses rôles et de ses règles non écrites pour maintenir chaque
membre dans le système. Dans ce système enchevêtré, les membres désordonnés de la
famille n’ont pas à prendre la responsabilité de guérir et de changer leur propre douleur,
honte et traumatisme. Cependant, lorsqu’un membre dépasse la famille ou en sort, cela
perturbe les autres membres qui restent dans la rigidité toxique du système. Cela signifie
que les membres de la famille toxique se voient rappeler leurs propres imperfections,
douleurs, honte et traumatismes. Il est beaucoup plus facile pour les parents
dysfonctionnels qui ne sont pas prêts à guérir, de créer un système pour se protéger de leur
propre honte.


Pour les enfants qui sont élevés dans cette boîte de Pétri de la douleur, c’est le début des
tendances à l’auto-sabotage. Il n’y a pas seulement la peur de l’échec dans ces familles,
mais aussi la peur du succès. Ces enfants ont été conditionnés à croire que toute réussite
personnelle et indépendante est honteuse et passible du mépris de la famille. La plupart du
temps, la réussite d’un membre de la famille déclenche des réactions de honte et de peur
chez les autres membres de la famille. Pour survivre, l’enfant va « faire le mort » en
réprimant son véritable moi et son désir naturel de s’affirmer dans le monde. L’enfant
apprend qu’il est impuissant et qu’il ne contrôle pas sa propre vie. Il apprend qu’il ne mérite
pas sa propre vie. Il apprend qu’il est punissable de grandir. Ce sont les racines enchevêtrées
de l’auto-sabotage, qui s’accompagnent également d’une difficulté à dire non. L’individu n’a
donc pas les principes de base du soin de soi et de l’éducation. Cet environnement
conditionne l’enfant à s’intégrer à la famille plutôt qu’à rechercher son véritable moi. Il lui
apprend à se rétrécir et à s’effacer, au lieu de lui inculquer la confiance et la résilience
nécessaires à la croissance, à l’évolution et au changement positif.


‟ CE N’EST PAS DE VOTRE FAUTE


Tout cela a été écrit pour dire que si vous êtes coincé dans un cycle d’auto-sabotage dans
lequel vous vous sentez inexplicablement bloqué pour atteindre votre succès même si vous
savez exactement quoi faire, ce n’est PAS parce que vous êtes paresseux, ce n’est pas parce
que vous êtes bête. Si vous avez grandi dans une famille toxique, violente et narcissique, et
que vous vous bloquez pour ne pas réussir, c’est parce que vous avez HONTE. C’est parce
que vous avez peur. C’est parce que vous êtes TERRIFIÉ à un niveau très profond que vous
serez abandonné dans les endroits sombres à l’intérieur si vous réussissez. Et surtout, ce
n’est pas de votre faute. Vous êtes une précieuse âme innocente qui a été trompée, mal
guidée et maltraitée et ce n’est pas de votre faute. Vous n’êtes pas endommagé. Vous êtes ici
pour guérir et entrer dans votre véritable voie.


‟ L’auto-sabotage est une réponse primitive, viscérale et naturelle qui implique plus
que vos émotions. C’est ainsi que vous avez survécu dans une famille qui punissait
les gens qui se montraient et étaient vraiment eux-mêmes
.


Vous avez été entraîné (avant même que vous ne vous en souveniez) à ne pas vous laisser
aller. Il s’agit d’une réponse primitive, viscérale et naturelle qui implique plus que vos
émotions. C’est ainsi que vous avez survécu dans une famille qui punissait les gens qui se
montraient et étaient vraiment eux-mêmes. Vous avez dû cacher votre vrai moi pour vous
adapter aux demandes constamment changeantes, hypocrites et déraisonnables de parents
toxiques et du système toxique qu’ils ont créé. Ce n’est pas de votre faute. Il n’y a rien qui
cloche chez vous. Vous n’êtes pas endommagé ou défectueux. Vous n’êtes pas paresseux ou
bête. Vous POUVEZ réussir et vous réussirez.


Une fois que votre corps, votre esprit et votre âme auront appris à se sentir en sécurité, aimé
et suffisant, vous commencerez naturellement à prendre les mesures que vous avez évité de
prendre pour assurer votre réussite personnelle. Une fois que vous aurez appris à quel point
vous êtes précieux, magnifique et utile, vous prendrez confiance dans ce que vous avez à
offrir au monde.


Ce n’est pas de votre faute. Vous pouvez réussir. Vous POUVEZ trouver votre vraie voie. Vous
êtes ici pour guérir. Si cet article a déclenché une certaine tristesse en vous, c’est normal.
Vous méritez de ressentir librement. Vos émotions sont votre droit de naissance. C’est le
deuil et la mise au jour qui doivent avoir lieu pour que votre âme puisse accepter sa dignité,
sa valeur et sa vérité. Rappelez-vous, ce n’est pas de votre faute. Ce n’est pas de votre faute.
Vous n’êtes pas paresseux. Vous n’êtes pas bête et vous méritez vraiment de vivre une vie
heureuse, saine, remplie d’amour et de succès.


Je vous envoie plein d’amour, de courage et de compassion sur votre chemin de la guérison.

Traduction de courtoisie par Sarah Boumahdi depuis Grow Heal Change

hyperacousie

Hyperacousie

L’hyperacousie, ou hypersensibilité auditive, est un trouble lié à la façon dont le
centre de traitement auditif du cerveau perçoit le bruit qui provoque généralement
douleur et inconfort. Les personnes atteintes d’hyperacousie ont du mal à tolérer les
sons qui ne sont normalement pas forts pour les autres, comme par exemple le bruit
de l’eau qui ruisselle, d’un lave-vaisselle en marche, du trafic, ou encore le fait de
marcher sur des feuilles, mélanger des papiers, etc. Bien que toutes les sonorités
puissent être perçues comme gênantes, cela est particulièrement vrai pour les sons
possédant une fréquence élevée.


Nombreux sont ceux qui ressentent une certaine sensibilité au bruit, mais la véritable
hyperacousie est rare, affectant environ un individu sur 50 000. Elle peut toucher les
personnes de tout âge, dans une oreille ou dans les deux, et elle est souvent
associée à des acouphènes ou à des bourdonnements d’oreilles. Près de 16 millions
de Français souffrent d’acouphènes; on estime qu’un sur mille souffre également
d’hyperacousie. Il est possible d’avoir à la fois des acouphènes et une hyperacousie.
Il n’est pas surprenant que l’hyperacousie puisse avoir un impact majeur sur la
qualité de vie des personnes affectées. Pour ceux qui ont une forte intolérance aux
sons, il est difficile et parfois même impossible de vivre dans un environnement
ordinaire à cause de tous les bruits ambiants qui l’accompagnent. Ceci explique
pourquoi l’hyperacousie peut conduire au retrait, à l’isolement social, à la crainte de
divers sons (phonophobie) ou à la dépression.


Quels sont les symptômes de l’hyperacousie ?


Les symptômes de l’hyperacousie peuvent inclure:


● La sensibilité aux sons du quotidien, affectant généralement une oreille pour
ensuite atteindre les deux
● L’intolérance d’environnements et situations ordinaires
● La douleur ou l’inconfort physique vis-à-vis de certains sons
● L’isolation


Quelles sont les causes de l’hyperacousie ?


Les gens ne naissent pas avec l’hyperacousie, mais il est possible de développer
une hypersensibilité auditive au cours de sa vie. Bien qu’il soit rare d’identifier une
cause en particulier, il en existe plusieurs probables:


● Blessure à la tête
● Exposition prolongée à des bruits forts
● Détérioration des oreilles due à des médicaments ou toxines
● Maladie de Lyme
● Infections virales impliquant l’oreille interne ou le nerf facial (paralysie de Bell)
● Troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (TMJ)
● Déclenchement d’airbags


Il existe un large panel de troubles neurologiques pouvant être associé avec
l’hyperacousie, tels que:


● Le trouble de stress post-traumatique (TSPT)
● Le syndrome de fatigue chronique
● La maladie de Tay-Sachs (une maladie héréditaire rare qui détruit les cellules
nerveuses du cerveau et de la moelle épinière)
● Certaines formes d’épilepsie
● La dépendance au Valium
● Les migraines
● La dépression
● L’anxiété, les sautes d’humeur, l’augmentation du rythme cardiaque, la
transpiration…


L’hyperacousie peut être observée chez les enfants atteints de paralysie cérébrale,
de lésions cérébrales (souvent accompagnées d’autres sensibilités sensorielles) et
chez certains enfants autistes.


Si vous pensez que vous ou un de vos proches souffrez d’hyperacousie, vous
devriez consulter un ORL (oto-rhino-laryngologiste). La consultation initiale
comprend souvent une évaluation audiologique complète (avec test auditif) ainsi
qu’un examen des antécédents médicaux. Votre médecin pourra également vous
renseigner sur les découvertes et les traitements.


Quelles possibilités de traitement ?


Il n’existe pas de traitements chirurgicaux ou médicaux spécifiques pour corriger
l’hyperacousie. Cependant, une thérapie par le son peut être mise en place afin de
réentraîner le centre de traitement auditif du cerveau et ainsi l’amener à accepter les
sons du quotidien. Dans ce cas, votre médecin vous demandera de porter un
appareil sur l’oreille affectée ou sur les deux oreilles, qui produira un son doux et
statique (bruit blanc) à peine audible. La thérapie par le son peut prendre jusqu’à 12
mois, améliorant souvent la tolérance au son.


Les tests auditifs pour l’hyperacousie peuvent indiquer une sensibilité auditive
normale, mais cela ne signifie pas qu’une personne atteinte pourra entendre mieux
que les autres. Le “recrutement” est un autre type de sensibilité au son, qui rend les
sons faibles inaudibles et déforme les sons forts ou les rend intolérables. Par
exemple, une personne atteinte de “recrutement” peut avoir une perte auditive
inférieure à 50 décibels. Conjointement, un son supérieur à 80 décibels peut être
intolérable, ce qui restreint énormément la plage d’audition de la personne.


Quelles questions poser à son médecin ?


● Quelles sont mes possibilités de traitement pour l’hyperacousie ?
● L’utilisation de coton ou de bouchons d’oreilles peut-elle être efficace ?
● Quels tests devrais-je effectuer ?
● Faut-il que je réalise une IRM afin d’écarter les causes courantes
d’hyperacousie ?
● Le traitement de mes problèmes d’anxiété pourrait-il être utile ?
● Des médicaments efficaces sont-ils disponibles ?

N.B – Traitements pour l’hyperacousie


A l’heure actuelle, il n’y a pas de traitement médical ou chirurgical appliqué
spécifiquement pour l’hyperacousie. Par contre, il existe de nombreuses méthodes
visant à aider les personnes qui en souffrent. Beaucoup sont similaires à celles
utilisées pour traiter les acouphènes.


La thérapie par le son consiste à entraîner le cerveau afin qu’il accepte les sons du
quotidien. Cela implique d’utiliser un appareil générateur de bruit sur la ou les
oreille(s) affectée(s) pour une durée minimale de deux heures par jour. Pour assurer
le confort du patient, l’appareil produit un son doux et statique (bruit blanc ou bruit à
large bande) à peine audible. La thérapie par le son peut durer jusqu’à 12 mois, et
améliore bien souvent la tolérance au son. La thérapie par le son peut également
passer par une assimilation contrôlée du bruit qui est spécifiquement intolérable,
plutôt que d’utiliser un son doux. Cela commence généralement par l’écoute du bruit
à un niveau sonore tolérable qui est ensuite graduellement augmenté durant la
thérapie.


La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est utilisée pour traiter
l’hyperacousie en plus de la dépression, de l’anxiété, du trouble de stress
post-traumatique et d’autres altérations. Cette thérapie se focalise sur la
restructuration des réactions négatives et sur la reprise de contrôle face à la
maladie. Se basant sur le traitement des acouphènes, la TCC pour l’hyperacousie
comprend une phase d’éducation, un entraînement à la relaxation, une exposition
aux sons spécifiquement prescrite et une thérapie cognitive pour réduire le stress et
les croyances associées à l’écoute de certaines sonorités.


Comme pour les acouphènes, le traitement actif de l’hyperacousie a pour objectif
d’aider le patient à identifier la relation entre un son intense et sa réaction à ce
dernier, notamment grâce un accompagnement sur les pensées et émotions
ressenties, sur l’audition et la communication, ainsi que sur le sommeil et la
concentration.


Une protection auditive peut être portée pour atténuer l’inconfort provoqué par
l’hyperacousie. Il en existe de nombreux types, tels que les bouchons d’oreille en
mousse, ceux faits de silicone ou de mastic, les casques antibruit, ou encore les
bouchons conçus sur mesure pour s’adapter à l’oreille de la personne

Traduction de courtoisie par François Kluba depuis MacGovern medical school

alexithymie

Alexithymie: Savez-vous ce que vous ressentez ?

En tant qu’êtres humains, nos vies sont profondément influencées par la manière dont nous
vivons, gérons, et exprimons nos émotions. A un moment donné de notre vie, nous
éprouvons tous de la tristesse, de la peur, du stress, de la joie et de l’amour. Quand quelque
chose de bien nous arrive, nous avons une sensation de légèreté et de joie dans le coeur.
Lorsque nous faisons face à un échec ou à la perte de quelqu’un, une sensation
désagréable nous pèse au fond de l’estomac.


Mais imaginons que nous ne soyons pas capables de ressentir tout cela. Que se passerait-il
si vous ne pouviez jamais différencier la tristesse du bonheur ? Si vous étiez en deuil ou en
dépression sans le savoir vous-même ? Pouvez-vous imaginer à quel point cela serait
déconcertant ?


C’est là le quotidien d’une personne souffrant d’alexithymie.


Vivre avec l’alexithymie


L’alexithymie est un terme dérivé du Grec qui signifie “pas de mot pour les émotions”. Ce
concept psychologique est utilisé pour décrire les personnes qui ont du mal à ressentir et à
exprimer leurs émotions. Cela se traduit par une capacité réduite, parfois une incapacité
totale, à être connecté aux signaux émotionnels internes que votre corps vous envoie.
Si vous souffrez d’alexithymie, vous aurez du mal à identifier ce que vous ressentez, et vous
aurez également du mal à comprendre ce que ressentent les autres. Ce trouble peut
provoquer de l’anxiété sociale car vous ne parvenez pas à interpréter les comportements
non-verbaux. Vous serez alors perçu comme quelqu’un de maladroit, ou manquant
d’humour. Même lorsque les autres montrent de l’empathie envers ce que vous traversez,
vous ne le comprenez pas et pouvez alors paraître étrangement stoïque. Vous pouvez être
quelqu’un de très sensible et empathique au fond de vous, mais à cause de ce trouble
spécifique, les autres personnes risquent de vous prendre pour quelqu’un de froid, distant,
voire arrogant. En conséquence, vous êtes plus susceptible de souffrir de solitude et
d’isolement social que la plupart des gens.


Si vous souffrez d’alexithymie, les situations suivantes font probablement partie de votre
quotidien:


● Vous n’avez aucune idée de ce que vous ressentez au fond de vous. Quand les
autres vous demandent comment vous allez, vous ne savez pas quoi répondre.
Même lors d’une séance de thérapie, il vous est impossible de comprendre ce qui se
passe à l’intérieur de vous.


● La plupart du temps, vous êtes uniquement capable de déterminer si vous allez
“bien” ou “pas bien”, si vous êtes “heureux” ou “malheureux”, sans pouvoir nuancer
au-delà de ça.


● Plutôt que d’expliquer comment vos sentiments ou vos instincts vous conduisent à
une action particulière, vous avez tendance à vous définir à travers la logique. Vous
pouvez parler d’une voix monotone, et la façon dont vous racontez les histoires peut
inclure tellement de détails factuels et séquentiels que certaines personnes ont du
mal à vous suivre.


● Vous êtes déconnecté de vos propres besoins et désirs. Étant vous-même confus
par rapport à vos souhaits, les personnes autour de vous ne savent pas non plus ce
que vous voulez, ce qui entraîne des frustrations relationnelles et interpersonnelles.


● Vous pouvez soudainement être pris de symptômes physiques tels qu’une
accélération du rythme cardiaque, des difficultés respiratoires, des douleurs
corporelles et des maux de tête, sans savoir d’où cela provient. Dans certains cas
extrêmes, il est même possible d’avoir des pensées suicidaires et des
comportements d’automutilation, tout en étant déconnecté des raisons qui les
provoquent.


● Vous avez une imagination limitée et n’êtes pas en mesure de profiter de quoi que ce
soit relatif au monde de l’imaginaire.


● Il vous est impossible de communiquer vos émotions même avec votre famille ou vos
proches, mais vous pouvez soudainement être pris de comportements erratiques tels
que des accès de colère.


● Sans savoir pourquoi, vous perdez toute envie et toute motivation. Vous procrastinez
au travail et ne trouvez que très peu de joie dans vos loisirs. Le simple fait de passer
la journée devient une corvée difficile.


● Vous manquez d’estime de vous-même, avez des problèmes d’identité et ne savez
pas ce que vous souhaitez pour l’avenir.


● Parfois, vous avez l’impression d’être un lointain spectateur de votre propre vie.
Cependant, vous avez au fond de vous la peur d’être en train de gâcher cette vie.


● Vous n’aimez pas perdre le contrôle, particulièrement dans les relations. Malgré
l’alexithymie, vous ressentez tout de même un besoin d’amitié et d’entente, mais
vous évitez les relations trop étroites.


Il est important de comprendre qu’être sujet à l’alexithymie ne signifie pas être
complètement apathique. Vous êtes toujours capable de ressentir des choses à l’intérieur de
vous, mais vous aurez du mal à vous sentir connecté à ces sentiments ou ne serez pas en
mesure de les exprimer aux autres personnes.


Le diagnostic de l’alexithymie


L’alexithymie n’est pas considérée comme un trouble mental en soi. Cette affection a été
introduite pour la première fois en psychiatrie en 1976 par Peter E. Sifneos, psychiatre et
professeur à la Harvard Medical School. Pourtant, aujourd’hui encore, il y a un manque
d’informations sur les causes sous-jacentes et sur les thérapies recommandées.
Divers procédés psychométriques ont été développés pour identifier l’alexithymie; comme le
Toronto Alexithymia Scale 20 (TAS-20, Bagby, Parker et Taylor, 1994). Selon le résultat de
votre évaluation initiale, une IRM peut être suggérée pour évaluer tout dommage du cortex
insulaire dans le cerveau.


Certains facteurs sociodémographiques sont plus susceptibles que d’autres d’exposer des
personnes à l’alexithymie. On estime que 13% de la population en souffre, et la prévalence
chez les hommes est presque deux fois supérieure à celle des femmes (respectivement
17% contre 10%).


L’alexithymie peut se produire à deux niveaux – en tant que trait “primaire” et en tant qu’état
“secondaire”. L’alexithymie primaire implique que l’individu est né avec une anomalie
génétique qui entrave la capacité à ressentir et à exprimer les émotions, et qui empêche de
faire preuve d’empathie. Elle est également liée à des lésions cérébrales, en particulier au
niveau du cortex insulaire antérieur (partie responsable des réponses sensorielles, motrices
et viscérales notamment au niveau du visage, de la langue et des membres supérieurs).
Cette anomalie cérébrale peut être une maladie congénitale ou le résultat d’une blessure
survenue plus tard dans la vie.


Dans la littérature connexe, l’alexithymie “secondaire” est définie comme une alexithymie
induite par une réaction à une maladie physique (Freyberger, 1977) ou à un autre
changement de vie majeur ou exceptionnel.


La recherche sur le sujet a démontré qu’il existe des liens entre l’alexithymie et d’autres
troubles, notamment :


● La toxicomanie
● Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT)
● Les troubles psychosomatiques
● Les troubles anxieux
● La dépression
● Les troubles alimentaires
● Les troubles de la personnalité
● Les troubles obsessionnels-compulsifs


Alexithymie et autisme


L’incapacité d’une personne alexithymique à identifier les sentiments forts des autres
personnes (comme la confusion ou le danger) ainsi que son manque d’expression émotive
fait que l’alexithymie est souvent interprétée, à tort, comme de l’autisme.
Malgré le fait que les individus atteints de troubles du spectre autistique soient beaucoup
plus susceptibles de présenter des traits d’alexithymie, les recherches sur la corrélation
entre les deux conditions ne sont pas concluantes. Le consensus existant semble être que
l’alexithymie survient souvent avec l’autisme mais n’est pas causée par l’autisme (ou
vice-versa).


Alexithymie et dépression


Une personne atteinte d’alexithymie est également deux fois plus susceptible de souffrir de
dépression. Par ailleurs, des études ont montré que les symptômes de l’alexithymie
diminuent en même temps que les symptômes de la dépression. Il n’est pas clair si
l’alexithymie est une cause ou une conséquence de la dépression.


Alexithymie et traumatisme


Les personnes qui souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ont plus de
risques de développer une alexithymie. Une étude sur des vétérans de la guerre du Vietnam
souffrant de troubles de stress post-traumatique a révélé que 41% d’entre eux étaient
alexithymiques. Une enquête similaire auprès des survivants de l’Holocauste a montré que
ceux souffrant d’un SSPT avaient des scores significativement plus élevés lors du test
d’alexithymie que ceux sans SSPT.


Alexithymie et maladies neurologiques
L
es patients atteints de maladies et d’affections neurologiques telles que les lésions
cérébrales traumatiques, les accidents vasculaires cérébraux, la dystonie, la maladie de
Huntington, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et l’épilepsie sont plus
susceptibles de présenter une alexithymie
Alexithymie et traumatisme émotionnel de l’enfance
Il est plus que probable que l’alexithymie soit une conséquence d’une perturbation du
développement émotionnel lors de l’enfance. Si vos parents souffraient de maladies
mentales, étaient émotionnellement immatures ou froids, ils n’ont peut-être pas réussi à
vous fournir le modèle ni l’ajustement dont vous aviez besoin. S’ils avaient une expressivité
émotionnelle limitée, ils vous ont également empêché d’exprimer vos propres émotions.
Certains d’entre nous sont nés plus sensibles ou plus émotifs que d’autres. Si les membres
de votre famille sont constitués différemment, ils ont alors pu vous désigner comme
quelqu’un de “trop sensible” ou de “trop dramatique”. Ainsi, le message que vous recevez
dès votre plus jeune âge est que toute expression sincère de vos sentiments dérange les
adultes. Si vous deviez exprimer des choses comme de la colère ou de la douleur, votre
famille pourrait menacer de vous rejeter, de vous abandonner ou de vous punir. Parfois,
même votre exubérance naturelle était alors réprimée et personne n’a jamais partagé votre
joie ou votre excitation.
En grandissant dans un tel environnement, vos sentiments ne sont jamais approuvés ni
tolérés. Il est alors tout à fait naturel d’avoir appris à les enfouir ou à les renier.
Soigner l’alexithymie
L’accompagnement thérapeutique de l’alexithymie doit être adapté à chacun. Les approches
traditionnelles, telles que la psychanalyse dans laquelle le thérapeute présente un “écran
blanc” émotionnel, ne représentent pas forcément la meilleure décision (Lesser, 1981 ;
Sifneos, 1975 ; Taylor, 1984). Par ailleurs, étant donné que l’alexithymie est souvent
associée à d’autres troubles mentaux, le traitement de ces derniers peut également aider à
réduire l’alexithymie.
La première étape vers la guérison est de guider la personne afin qu’elle puisse identifier et
exprimer ses sentiments. Parallèlement au travail sur le renforcement de la littératie
émotionnelle, la thérapie comportementale dialectique (TCD) peut aider à développer la
conscience de soi ainsi que des compétences de régulation émotionnelle. Un traitement
basé sur la mentalisation, qui vise à établir un lien entre les pensées et les émotions, peut
également être utile. Vous pouvez aussi développer votre capacité d’introspection en tenant
un journal intime, en vous inscrivant à des cours d’arts expressifs (tels que le théâtre, la
danse, la musique ou la thérapie par le mouvement), en écoutant de la musique
émotionnelle et même en lisant des romans (en particulier ceux décrivant un récit
personnel).
Un autre moyen de guérison efficace est le fait d’établir une relation de confiance avec un
thérapeute. Cela est particulièrement vrai si votre alexithymie est le résultat d’un
traumatisme de la petite enfance ou d’un mauvais ajustement émotionnel causé par vos
parents. Dans le meilleur des cas, votre thérapeute vous aidera à créer un contexte dans
lequel vous vous sentirez suffisamment en sécurité pour travailler sur les sentiments enfouis
au plus profond de vous. Cela peut prendre un certain temps, mais si la relation de
confiance est bien établie, ces sentiments dissimulés feront progressivement surface. Au
cours de ce processus, un thérapeute qualifié vous guidera en douceur et vous permettra de
mettre des mots sur ce que vous n’avez jamais réussi à exprimer. Ce n’est pas une
procédure qui peut être accélérée arbitrairement, il est important d’attendre que vous soyez
prêt: votre thérapeute doit comprendre vos limites et être patient avec les blocages auxquels
vous faites face sans vous en tenir rigueur.
Il est important que votre thérapeute comprenne non seulement ce que cela signifie
d’exprimer ses émotions, mais aussi ce à quoi doit ressembler une véritable relation. Dans
une relation saine, les émotions ne sont pas unidimensionnelles. Bien sûr, la joie, la
gentillesse et l’affection y sont des aspects essentiels, mais les sentiments tels que la
déception, la colère et la frustration doivent également être autorisés. Si votre thérapeute ne
possède pas la capacité émotionnelle adéquate, il peut inconsciemment vous réprimander
pour avoir exprimé ces sentiments “négatifs”, reproduisant ainsi de manière dysfonctionnelle
ce que vos parents vous ont infligé.
D’un autre côté, si vous pouvez trouver un thérapeute attentionné et émotionnellement
mature, à l’aise avec l’incertitude et capable de résister aux tempêtes émotionnelles que
vous engendrez, la confiance que vous avez vis-à-vis des autres et de vous-même pourra
alors être changée à jamais. Cette assurance nouvellement acquise peut ensuite s’appliquer
à d’autres aspects de votre vie, vous aidant ainsi à construire des relations, à aimer et être
aimé, et à vous sentir pleinement vivant.
L’alexithymie n’est pas un trouble insurmontable. Cela peut surprendre, mais dans la plupart
des cas, une personne sujette à l’alexithymie est en réalité au fond d’elle quelqu’un
d’extrêmement sensible et empathique. Si vous vous en donnez les moyens et faites preuve
de suffisamment de courage pour reprendre le contrôle de votre sensibilité émotionnelle,
vous réaliserez que votre véritable vie est à portée de main.

Traduction de courtoisie par François Kubla depuis Psychology Today

tspt et dermatologie

Le rapport entre la santé de la peau et le trouble de stress post-traumatique

Si vous avez récemment connu un évènement particulièrement stressant ou traumatisant, il se peut que vous ayez remarqué une dégradation de l’état de votre peau. Il est possible qu’elle soit plus sèche, qu’elle se marque plus facilement ou que vous développiez de l’acné ou de la rosacée. Il s’agit d’une épreuve qui peut s’avérer frustrante et éprouvante, ayant souvent un impact sur la confiance en soi et l’estime de soi.

Mais avez-vous remarqué qu’il existe des indices qui laissent penser que le trouble de stress post-traumatique peut être à l’origine de vos problèmes de peau ? Selon National Rosacea Society – la Société nationale de la rosacée – le stress serait l’un des facteurs déclencheurs le plus fréquent de cette maladie de peau. Il existe un lien fondé entre le corps et l’esprit, et une souffrance mentale peut provoquer une souffrance physique.

Comme le démontrent les études sur le trouble de stress post-traumatique et les maladies de peau, il existe de nombreux points communs entre les deux maux et la façon dont ils se manifestent : de la sensation d’engourdissement de la peau aux lésions auto-infligées, en passant par la dermatillomanie, les troubles alimentaires (ayant des conséquences sur la santé de la peau), l’automutilation ou encore les réactions inflammatoires de la peau dues au stress, telles que le psoriasis. Comme les études le montrent, des inflammations sévères de la peau avec altération ont été signalées par les personnes sujettes à un stress continu et à la privation de sommeil. Selon les chercheurs, le TSPT devrait être considéré comme une cause sous-jacente des maladies chroniques et récidivantes de la peau ou résistantes au traitement cutané.

La science et la connexion cerveau-peau

Dans le cadre d’études récentes, les chercheurs se sont penchés sur le rapport entre le trouble mental de l’alexithymie et l’acné, ce afin de comprendre les liens entre l’esprit et le corps. L’alexithymie est un trait de la personnalité qui se manifeste par des difficultés à exprimer, à décrire ou à comprendre ses émotions. Ce trouble ne s’explique pas tant par des émotions refoulées, que par l’incapacité de communiquer ses émotions ou de les comprendre. Il est depuis longtemps connu que cette incapacité à exprimer ses émotions peut mener à tout type de maladie, de la lombalgie à l’asthme, en passant par les allergies, le syndrome de l’intestin irritable, la fibromyalgie et la nausée. Désormais, un lien avec l’acné a aussi été découvert récemment par les scientifiques.

Dans les cas des individus atteints d’alexthymie, les chercheurs ont découvert que les symptômes psychologiques et physiques sont souvent associés. Ce lien peut impliquer la suractivité des nerfs, en particulier ceux liés aux commandes des gestes volontaires. Le cœur peut aussi battre plus rapidement, mais perdre son efficacité à pomper le sang, et donc à transmettre l’oxygène vers les différents tissus du corps. La peau devient alors un meilleur conducteur électrique, ce qui signifie que tout type de stress dans la peau est ressenti plus rapidement et plus intensément. La peau réagit également plus fortement au stress.

Même chez les personnes ne souffrant pas d’alexthymie, le corps réagit également de cette façon. On peut alors considérer que la peau possède son propre « cerveau ». En effet, étant l’organe le plus étendu du corps humain, il n’est pas surprenant que la peau réagisse de cette manière.

De la même façon, au déclenchement du stress, le cerveau libère une hormone stimulante nommée « corticotrophine », incitant ainsi la sécrétion d’hormones du stress par les glandes surrénales, et la peau libère à son tour une hormone corticotrope de nature stimulante lorsque le stress est ressenti.

Un message est transmis aux cellules cutanées où est stockée une substance inflammatoire, l’histamine, qui va être libérée et transmise aux régions cutanées avoisinantes – comme pour une écharde ou une infection. Cette réaction chimique, qui est le résultat d’une sensibilité accrue du système nerveux, déclenche alors rougeurs, démangeaisons, voire même des boutons.

Quant à la sécheresse de la peau, cela peut provenir de la réponse de l’organisme face au stress, qui consiste à retirer l’hydratation des couches supérieures de la peau pour la maintenir à l’intérieur du corps en cas de situation d’urgence. Si vous êtes dans un état constant de lutte ou de fuite, cela peut se transformer en une situation continue ayant pour conséquence une maladie de peau chronique. La peau perd donc ses capacités naturelles de réparation et de régénération et aura tendance à marquer plus facilement.

Le traitement des problèmes de peau et du TSPT

Il est essentiel d’avoirr immédiatement recours à un suivi psychologique lorsque l’on souhaite traiter le trouble de stress post-traumatique. En effet, une consultation précoce peut faciliter les chances de diminuer la durée de traitement des symptômes liés au trouble.

Il est aussi conseillé de traiter en même temps les problèmes de peau, qui, si négligés, seront susceptibles de provoquer d’autres troubles, tels que l’anxiété sociale ou la dépression.

Lors d’une consultation chez un dermatologue, il est conseillé de l’informer de votre TSPT afin d’échanger sur son impact potentiel sur la peau. Il sera ainsi plus apte à proposer un traitement approprié.

Des études ont montré que les personnes qui consomment des aliments riches en probiotiques sont moins susceptibles de connaitre des problèmes d’anxiété, de dépression et d’acné. Il est possible que cette solution naturelle puisse aider à réduire les problèmes de peau ainsi que les symptômes du TSPT, mais ce n’est pas toujours efficace pour tout le monde. Pour la plupart, cette méthode servira de complément aux traitement avec un praticien qualifié. Elle peut aussi aider à atténuer les symptômes avant le début du traitement du TSPT, pour être dans de meilleures conditions pour commencer la thérapie.

Selon NICE – 2005 et 2011- le suivi thérapeutiques pour les adultes souffrant de trouble de stress post-traumatique, repose en particulier sur la thérapie de désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires – EMDR – et la thérapie cognitivo-comportementale – TCC.

Traduction de courtoisie par Fayza depuis PTSDUK

traumatismes et sommeil

Les cauchemars

Les cauchemars et le TSPT

Le cauchemar est un rêve effrayant et angoissant. Pratiquement tout le monde fait un cauchemar de temps à autre. Cependant, pour les survivants du TPST, le cauchemar s’avère être un problème courant. Avec les flashbacks et les souvenirs intrusifs, les cauchemars font partie des symptômes qui font revivre au survivant du traumatisme la scène pendant des mois, voire des années après.

Les cauchemars suite au trauma sont-ils fréquents ?

En général, environ 5% des personnes s’en plaignent. Cependant, les personnes ayant fait l’expérience d’un évènement traumatique sont plus susceptibles d’avoir, par la suite, des cauchemars angoissants.  Il s’agit d’une réalité, peu importe le type de traumatisme dont il est question.

Les survivants d’un traumatisme atteints de TSPT sont d’autant plus sujets à ces cauchemars. Les cauchemars font partie des 17 symptômes du TSPT. A titre d’exemple, une étude qui met en comparaison les vétérans de la guerre du Viêt Nam et les civils a montré que 52% des vétérans atteints de TSPT font régulièrement des cauchemars contre seulement 3% des civils.

Une autre étude a rapporté des taux plus élevés : 71 à 96% de personnes ayant un TSPT souffriraient de cauchemars. Les personnes atteintes de maladies mentales supplémentaires, comme le trouble panique, ont plus de risques de faire des cauchemars que ceux atteints uniquement de TSPT.

Non seulement les survivants de l’évènement traumatique ont plus de risques d’avoir des cauchemars, mais ils peuvent aussi être plus réguliers, jusqu’à plusieurs fois par semaine pour certains d’entre eux.

A quoi ressemblent les cauchemars suite à un traumatisme ?

Les cauchemars qui font suite à un traumatisme se caractérisent souvent par des éléments semblables à ceux vécus pendant l’évènement traumatique. Par exemple, une personne ayant survécu à l’ouragan Katrina rêvera de vents violents ou d’inondations. Dans son cauchemar, elle peut essayer de fuir les inondations ou se retrouver dans un abri où elle ne se sent pas en sécurité. Un survivant de vol à main armé peut rêver du voleur ou de se voir menacer avec une arme à feu.

Les cauchemars qui font suite à un traumatisme ne sont pas tous une copie de l’évènement traumatique. Environ la moitié des personnes qui font des cauchemars après un traumatisme revivent la scène dans leurs rêves. Les personnes atteintes de TSPT ont plus de risques de faire des rêves qui sont une reproduction exacte de la scène traumatique que les survivants non atteints de ce trouble.

Les recherches ont démontré que les cauchemars post-traumatiques sont, dans une certaine mesure, différents des cauchemars habituels. Les cauchemars post-traumatiques peuvent survenir plus tôt pendant la nuit et à différents cycles du sommeil. Les personnes atteintes de TSPT auront des cauchemars accompagnés de mouvements corporels. 

Les cauchemars et les différences culturelles

Les cauchemars peuvent être perçus différemment en fonction des cultures. Dans certaines cultures, les cauchemars signifient que le rêveur est exposé à un mal physique ou spirituel. Dans d’autres, ils sont considérés comme des rêves pouvant prédire l’avenir ou comme des messages transmis par les esprits. Ces croyances peuvent mener ce type de rêveurs à remédier à certaines pratiques visant à se protéger.

Existe-il des traitements efficaces pour les personnes ayant des cauchemars post-traumatiques ?

Les traitements habituels du TSPT parviennent souvent à atténuer ce symptôme. Si les cauchemars persistent, il existe des traitements qui peuvent diminuer leur fréquence.

Il existe un traitement connu sous le nom de Thérapie par répétition d’imagerie mentale (IRT). Durant les séances, la personne souffrant des cauchemars imagine, pendant son état d’éveil, une fin différente à ses mauvais rêves, de telle sorte qu’elle n’en soit plus affectée. Ensuite, le patient repasse plusieurs fois dans sa tête les images de son nouveau rêve en imaginant une fin non angoissante. Selon plusieurs études, ce type de traitement peut diminuer la fréquence des cauchemars.

Les traitements contre l’apnée du sommeil peuvent aussi diminuer la fréquence des cauchemars post-traumatiques. Des apnées du sommeil sévères ont été constatées parmi les survivants de traumatismes. Lors d’une étude, les patients bénéficiant d’un traitement visant à améliorer leur respiration durant le sommeil n’ont plus vécu de cauchemars violents et angoissants.

Il existe peu de recherches sur l’utilisation de médicaments visant à traiter les cauchemars post-traumatiques. Le médicament le plus prometteur est la prazosine. Deux études ont découvert que la prazosine réduit la fréquence des cauchemars. Plus de recherches sur la prazosine sont en cours actuellement.

Traduction de courtoisie par Fayza depuis MedicineNet