inceste et honte

La honte dans le syndrome de stress post-traumatique complexe

Publié Laisser un commentairePublié dans honte, résilience, TSPT/SSPT/ESPT/PTSD

S’affranchir de la honte

Les traumatismes de l’enfance peuvent aller du fait d’avoir été confronté à une violence et à une négligence extrêmes jusqu’au sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas avoir été désiré, ou de se sentir incompris de manière permanente. Vous avez sans doute grandi dans un environnement où votre curiosité et votre enthousiasme étaient constamment dévalorisés. Peut-être avez-vous été élevé dans une famille où vos parents avaient des traumatismes non résolus, ce qui les empêchait de répondre à vos besoins affectifs. Ou, vous avez peut-être été victime de violences sexuelles ou physiques. Dans tous les cas, il est courant de développer des défenses par rapport à vos sentiments les plus sensibles.

Lorsque les traumatismes de l’enfance se poursuivent au fil du temps et ne sont pas traités, une forme de stress post-traumatique appelé SSPT complexe (SSPT-C) peut apparaître. Cela a des conséquences considérables sur la santé mentale et émotionnelle. Il est donc compréhensible d’éprouver des sentiments d’impuissance et de honte dans le cadre d’un SSPT complexe.

” Pour se reconstruire, la plupart des personnes atteintes du SSPT doivent affronter désespoir, émotions douloureuses et sensations intolérables. Parcourir ces domaines exige des conseils avisés. Il n’est que trop commun de se retrouver bloqué dans des schémas d’évitement, de sombrer dans le désespoir ou d’être prisonnier de ses pensées négatives. Vous pouvez vous libérer de la honte et de l’impuissance. Ce processus exige douceur, acceptation et persévérance.”

Impuissance acquise

Lorsqu’il n’y a aucun moyen de mettre fin à ces violences, aux violences conjugales ou de convaincre un parent d’arrêter de boire, l’enfant se sent impuissant. Les traumatismes prolongés de l’enfance se caractérisent par un état d'”impuissance acquise”. Ce terme a d’abord été employé pour décrire comment les animaux exposés de façon répétée à un choc inévitable ne tentent pas de s’échapper, même s’ils en ont la possibilité. Le Dr Martin Seligman, psychologue et chercheur à l’Université de Pennsylvanie, a plus tard étendu la compréhension de l’impuissance acquise aux personnes qui se sentent et se comportent d’une manière impuissante lorsqu’elles n’ont aucun contrôle sur une situation de menace.

Lorsque vous avez été élevé par des personnes qui ne sont pas dignes de confiance, il est courant de généraliser votre expérience – vous avez l’impression qu’on ne peut faire confiance à personne ou que la vie est dangereuse. Au fur et à mesure que vous vous débarrassez du SSPT, il est important de comprendre que vous êtes désormais en sécurité et que vous pouvez faire des choix maintenant. Vous n’êtes plus enfermé dans l’impuissance de votre passé.

Reconnaître la honte

La honte se caractérise par la croyance suivante : “Je suis une mauvaise personne”. Cette émotion est le résultat d’une perception faussée de vous-même selon laquelle vous êtes sans valeur, endommagé ou que vous êtes défaillant. Pourquoi la honte est-elle si omniprésente ? Les jeunes enfants dépendent entièrement de leurs parents pour se sentir en sécurité et en harmonie avec leur environnement. Si vous aviez un parent violent, vous étiez confronté à un conflit majeur : votre pulsion biologique de rechercher le contact avec la personne à l’origine même de la terreur à laquelle vous essayiez d’échapper. Les adultes qui ont été maltraités ou négligés dans leur enfance ont souvent tendance à se blâmer eux-mêmes. Cela peut entraîner des sentiments de culpabilité et de honte permanents. Le thérapeute EMDR et auteur Dr Jim Knipe suggère que cette culpabilité est un lien direct avec la logique de l’enfance – les enfants se mettront à imaginer qu’ils sont de mauvais enfants face à leurs bons parents et éviteront ainsi de se confronter à la terrifiante réalité qu’ils sont en fait de bons enfants tributaires de mauvais parents.

Lorsque les parents sont menaçants, violents ou absents, les enfants peuvent se sentir perturbés et se demander qui est responsable de la situation. Quand les enfants sont témoins de faits graves, ils se sentent mal à l’aise. Les fausses croyances et les jugements tels que ceux qui suivent entretiennent le sentiment de honte dans le SSPT complexe :

” Il y a quelque chose qui cloche chez moi !”

“Je suis trop bête.”

“Je n’arrive pas à faire quoi que ce soit de bien.”

“Je suis une loque émotionnelle.”

“Je suis simplement paresseux.”

De plus, la honte est souvent cachée derrière le perfectionnisme. Enfant, vous avez peut-être intériorisé la croyance que vous deviez agir de manière irréprochable puisque vos parents ne pouvaient pas gérer vos véritables sentiments. Ou vous pensiez peut-être que le fait de bien vous comporter empêcherait le mal d’arriver. Dans un cas comme dans l’autre, il est possible que vous ayez eu à cacher vos véritables sentiments afin d’éviter de faire chavirer la barque. Le perfectionnisme est entretenu par un discours autocritique qui vise à réprimer les sentiments douloureux. Lorsque le critique intérieur vous reproche d’être paresseux, stupide ou inutile, vous vous retrouvez encore une fois confronté à la honte.

La résilience

Lorsque vous êtes conscient des messages que vous vous adressez, vous pouvez agir et commencer à éprouver votre douleur avec compassion. Penchons-nous sur quatre pratiques qui peuvent vous libérer de la honte :

  • Examinez votre langage : Le Dr Dan Siegel, auteur de Mindsight, souligne la différence entre “je ne suis pas bien” et “je ne me sens pas bien”. Le premier énoncé reflète l’identification à une émotion douloureuse, tandis que le second énoncé permet de reconnaître un sentiment sans être accablé par celui-ci.
  • Évitez les ” je devrais ” : Les ” je devrais ” sont une façon de cultiver le perfectionnisme, les attentes envers vous-même, et de répudier votre présence réelle. Vous pourriez dire : “Je devrais aller mieux depuis le temps”, “Je ne devrais pas commettre d’erreurs” ou “Je devrais être fort”. Quand vous dites ou pensez le mot “devrais”, je vous invite à prendre du recul et à vous concentrer sur l’acceptation de soi.
  • Imaginez que la honte est du harcèlement : Voir la honte comme du harcèlement vous permet de vous protéger des émotions et de répliquer ! Comment vous sentez-vous quand le harcèlement vous rabaisse ? Qu’est-ce que vous voudriez que la honte sache ?
  • Ressentez les sensations de honte dans votre corps : Souvent, le plus difficile dans la guérison de la honte est de tolérer les sensations ressenties dans votre corps. Il est difficile de décrire le “beurk” bien souvent intolérable qui accompagne souvent la honte. Il se peut que vous ressentiez une impression de naufrage ou une sensation vague, comme si vous aviez fait quelque chose de mal. Cependant, avec le temps, à mesure que vous augmenterez votre capacité à sentir votre corps, vous pourrez développer une plus grande variété de techniques pour bouger et respirer. Il y a énormément de pouvoir à reconquérir votre corps de la honte. Vous trouverez peut-être une posture qui vous procurera une sensation de force et de combativité, ou vous pourriez peut-être placer vos mains sur votre cœur dans un geste d’amour et de bienveillance.

Je vous invite à vous interroger sur la façon dont la honte se manifeste dans votre vie. Quelles pensées ou sensations accompagnent la honte pour vous ? Qu’est-ce qui vous aide à surmonter ou à vous libérer de la honte ? Pour terminer, je tiens à vous dire que pour guérir de la honte dans le cadre d’un SSPT complexe, travailler avec un thérapeute compatissant se révèle le plus souvent nécessaire. Il vous aidera à surmonter les obstacles et à vous affranchir du sentiment de honte.

Traduit par courtoisie du Dr Arielle Shwartz

tspt et inceste

Prévenir le suicide

Publié Laisser un commentairePublié dans suicide, symptomes

Le suicide est un sujet difficile à aborder. Mais quand quelqu’un parle de suicide ou fait part de ses inquiétudes pour une personne proche, il est important d’agir et de demander de l’aide rapidement.

Qu’est-ce que le suicide?

Par suicide, on veut dire qu’une personne met fin à sa vie de sa propre volonté. Par contre, les personnes qui se suicident ou tentent de le faire ne veulent pas nécessairement mourir. Mais elles pensent que c’est la seule solution face à des sentiments ou des situations pénibles.

Qui est touché?

Au Canada, près de 4 000 personnes meurent par suicide chaque année. Le suicide est au deuxième rang des causes de décès chez les jeunes. Les hommes dans la quarantaine et la cinquantaine ont le plus haut taux de suicide. Alors que les femmes font des tentatives de suicide quatre fois plus souvent que les hommes, les hommes sont trois fois plus susceptibles d’en mourir que les femmes.

Le suicide est un problème complexe. Les personnes qui meurent par suicide se sentent habituellement accablées, impuissantes, désespérées et seules. Dans de rares cas, les personnes atteintes de psychose (qui perdent contact avec la réalité) peuvent entendre des voix leur disant de mettre fin à leur vie.
Plusieurs expériences ou facteurs différents peuvent mener une personne à envisager le suicide. Voici des facteurs de risque reconnus :

  • une tentative de suicide précédente;
  • des antécédents familiaux de comportement suicidaire;
  • une maladie physique ou mentale grave;
  • des problèmes de consommation de drogue, de médicaments ou d’alcool;
  • une épreuve importante, comme la mort d’une personne proche, la perte d’un emploi ou un divorce;
  • des changements de vie ou des transitions considérables, comme ceux que traversent les ados et les personnes âgées;
  • l’isolement social ou l’absence d’un réseau d’aide;
  • la violence familiale;
  • l’accès à des moyens de se suicider.

Même si nous associons souvent le suicide à la dépression, à l’anxiété et à des problèmes de consommation de substances, une maladie mentale peut augmenter le risque. Et il est important de se rappeler que le suicide peut aussi ne pas être lié à une maladie mentale.

Signes avertisseurs

Voici la liste des principaux signes avertisseurs du suicide :

D – Désespoir ou impuissance : n’avoir aucun espoir pour l’avenir, penser que les choses ne s’amélioreront jamais
R – Repli sur soi : éviter la famille, les amis et amies, ou les activités
C – Colère : ressentir une colère disproportionnée
I – Imprudence : prendre part à des activités risquées ou dangereuses normalement évitées
C – Changement d’humeur : un changement d’humeur important
I – Idéation : penser au suicide
P – Problème de consommation de substances : problème avec alcool, drogue et médicaments
I – Inutilité : ressentir que la vie n’a pas de sens ou n’avoir aucune raison de vivre
A – Anxiété : ressentir une anxiété ou une oppression intense, et être incapable de la surmonter
P – Piège : Se sentir incapable de sortir d’une situation

Qu’est-ce que je peux faire pour réduire le risque?

Même si on ne peut prévenir tous les suicides, certaines stratégies peuvent aider à en réduire le risque. Tous ces facteurs sont liés au mieux-être. Voici des exemples de stratégies :

  • Chercher à se faire traiter, obtenir des soins et demander de l’aide pour des troubles de santé mentale, tout en établissant une bonne relation avec un ou une médecin, ou d’autres professionnels et professionnelles de la santé.
  • Se créer des réseaux d’aide, avec des membres de la famille, des amis ou amies, un groupe de pairs ou d’entraide, ou établir des relations avec une communauté culturelle ou religieuse.
  • Apprendre de bonnes habiletés d’adaptation pour résoudre les problèmes et à avoir confiance en ses aptitudes d’adaptation.

Lorsqu’une personne suit un traitement pour maladie mentale, il lui faudra peut-être encore du temps avant de pouvoir contrôler et de réprimer ses pensées suicidaires. Un bon traitement est très important, mais il pourrait ne pas éliminer le risque de suicide immédiatement. Il est important de rester en contact avec une équipe de santé, de surveiller les pensées suicidaires et d’obtenir plus d’aide, s’il y a lieu. Les programmes communautaires qui aident les gens à gérer le stress ou d’autres difficultés quotidiennes peuvent aussi être très utiles.

Qu’est-ce que je peux faire si je pense au suicide?

Les pensées suicidaires sont pénibles. Il est important de parler de vos expériences avec votre médecin, votre équipe de soins de santé mentale ou toute autre personne en qui vous avez confiance. Ces personnes peuvent vous aider à acquérir des habiletés d’adaptation et vous mettre en contact avec des groupes ou des ressources utiles. Certaines personnes trouvent utile de fixer des rendez-vous fréquents avec des professionnels ou professionnelles de la santé ou de demander du soutien téléphonique. Vous pouvez aussi :

  • appeler une ligne d’écoute téléphonique;
  • communiquer avec la famille ou des amis ou amies; il peut être utile de parler à d’autres personnes qui ont déjà eu des pensées suicidaires, pour connaître leurs stratégies d’adaptation.

Si vous traversez une crise et ne savez pas quoi faire, vous pouvez composer le 15, 112, 116 006 en tout temps ou vous rendre à la salle d’urgence locale.

Certaines personnes trouvent utile d’avoir un plan de sécurité. Il s’agit d’une liste de stratégies personnelles à utiliser si vous pensez que vous pourriez mettre votre vie en danger ou y mettre fin. Vous pouvez établir ce plan vous-même, avec une personne proche, ou avec votre équipe de soins de santé mentale. Votre plan pourrait comprendre :

  • des activités qui vous calment et vous distraient;
  • vos propres raisons de rester en vie;
  • des personnes importantes que vous pouvez appeler si vous craignez pour votre sécurité;
  • les numéros de téléphone des lignes d’écoute ou de prévention du suicide locales;
  • une liste d’endroits sécuritaires où vous rendre si vous ne vous sentez pas en sécurité à la maison.

Comment est-ce que je peux aider un proche?

Si une autre personne vous inquiète, parlez-lui. Demandez-lui directement si elle pense à se suicider. Parler du suicide ne lui donnera pas l’idée de se suicider. Mais si elle y pense sérieusement, elle pourrait être soulagée de pouvoir en parler.

Si une personne proche vous dit qu’elle pense à se suicider, il est important de lui demander si elle a un plan. Si c’est le cas et qu’elle pense à l’exécuter sous peu, communiquer avec des services d’intervention ou de soutien d’urgence. Il y a des lignes d’écoute, d’aide ou de prévention du suicide dans plusieurs régions, mais vous pouvez toujours composer le 911 si vous ne savez pas qui appeler. Restez avec cette personne pendant vous appelez et ne partez pas avant que le personnel de la ligne d’écoute ou des services d’urgence vous disent que vous pouvez le faire.

Écouter et aider cette personne à communiquer avec des services de santé mentale sont les deux gestes les plus importants que vous pouvez faire pour l’aider.

Écouter

Voici des conseils pour être à l’écoute d’une personne proche :

  • Trouvez un endroit privé et laissez-la parler aussi longtemps qu’elle le souhaite.
  • Prenez-la au sérieux et écoutez-la sans la juger. Ses sentiments sont très réels.
  • Gardez votre parole. Ne faites pas de promesses que vous ne pouvez tenir ou n’avez pas l’intention de tenir.
  • Dites-lui qu’elle est importante et que vous vous souciez d’elle.

Trouver de l’aide

Si cette personne consulte déjà un ou une médecin, ou un professionnel ou une professionnelle de soins de santé mentale, il est important qu’elle lui parle des pensées suicidaires qu’elle a pu avoir. Selon votre relation, vous pouvez lui offrir du soutien, en l’aidant à prendre des rendez-vous ou en la conduisant à ces rendez-vous, par exemple.

Si cette personne ne consulte pas de professionnel ou de professionnelle de soins de santé mentale, vous pouvez lui donner le numéro de téléphone de la ligne d’écoute locale et l’encourager à consulter son médecin. Elle pourrait aussi obtenir des services auprès de son école, de son lieu de travail ou de sa communauté culturelle ou religieuse.

Comme aider une personne proche peut être une expérience difficile, il est important de prendre soin de votre propre santé mentale pendant ce temps et d’obtenir de l’aide si vous en avez besoin.

Traduction de courtoisie depuis ACSM

tspt et violences

Les limites et les raisons pour lesquelles nous en avons besoin

Publié Laisser un commentairePublié dans limites saines

L’une des choses les plus importantes, sinon la plus importante, dans notre vie sociale, ce sont les limites. Dans cet article, nous allons brièvement définir les limites, examiner les différents types et voir comment nous apprenons à avoir ces limites.

Que sont les limites ?

Les limites, ou limites personnelles, peuvent être perçues comme un bouclier ou une clôture invisible autour de vous. C’est une ligne que vous vous fixez pour vous-même et les autres, et qui vous sépare des autres et de leur influence.

Les limites sont généralement classées comme physiques et mentales.

Les limites physiques se rapportent à votre existence physique, par exemple, votre corps, vos biens et vos ressources. Ainsi, vous laisseriez votre partenaire vous embrasser ou vous tenir la main, mais si un étranger le faisait, vous le verriez comme une violation de vos limites physiques et sexuelles.

Les limites mentales (parfois appelées limites émotionnelles, psychologiques, intellectuelles ou spirituelles) sont en relation avec votre psychisme, par exemple, vos pensées, vos émotions et vos croyances. Elles définissent dans quelle mesure les émotions, les croyances, les attentes, les opinions, les opinions, etc. des autres vous affectent et vous influencent.

Une autre classification de limites concerne la qualité ou la force de ses propres limites. Dans ce cas, il y a normalement quatre types de limites.

Floues. Les gens qui ont des limites floues ont tendance à ne pas savoir où se trouve la limite saine, et à fusionner assez facilement avec les autres. Ils sont prompts à accepter les pensées et les opinions des autres ou sont excessivement préoccupés par la vie des autres. Parce que leurs limites sont trop floues et imprécises, elles sont sujettes à être manipulées et lésées.

Rigide. Les limites rigides sont à tout le contraire des limites floues. En ce sens que les gens qui ont de telles limites sont trop protégés et inaccessibles. Ils restent trop éloignés des autres et ont de la difficulté à s’ouvrir, à être disponibles sur le plan émotionnel ou à établir des relations intimes et significatives.

Perméable. C’est une combinaison de flou et de rigidité. Une personne avec de telles limites ne sait pas trop comment gérer les différentes interactions et relations sociales, et a donc tendance à osciller entre être trop flou et trop rigide.

Flexible. Ce type de limites ressemble un peu aux perméables, mais la principale différence est que la personne en est plus consciente et a plus de contrôle. Elle a une meilleure perception des autres et une meilleure compréhension d’elle-même, donc ses limites sont raisonnables et saines, et changent en fonction de la situation dans laquelle elle se trouve.

Pourquoi avons-nous besoin de limites saines ?

Le but des limites est double. Premièrement, elles sont là pour vous protéger de la violation d’autrui. Et deuxièmement, pour vous informer et vous rappeler de ne pas outrepasser les limites de l’autre.

Avoir des limites saines signifie que vous êtes capable de fixer des limites qui n’interfèrent pas avec les limites saines( !) des autres, où vous êtes capable de vous protéger contre toute violation et où vous respectez celles des autres.

Les limites nous protègent des agressions, de la manipulation, de l’exploitation et de toute autre forme de violation personnelle. Reconnaître et respecter les frontières saines( !) des autres nous permet d’être juste et équitable envers les autres.

Le concept de limites est étroitement lié aux concepts psychologiques, philosophiques et sociaux de l’identité, de l’estime de soi, des relations, de la morale, de la société, de la justice, de la légitime défense, de la politique et bien d’autres.

Comment nous développons notre conception des limites

Que nous soyons sensibilisés ou non à ce sujet, nous avons tous une certaine conception de nous-mêmes, des autres et de notre situation par rapport aux autres. Certains n’ont peut-être jamais entendu parler de ” limites “. Pourtant, nous appliquons tous consciemment ou inconsciemment notre compréhension de la question dans nos relations et nos interactions avec les autres.

La conception que chacun a des limites est différente. Nous les découvrons tous sur la base de notre environnement familier et de nos expériences premières. Les facteurs clés qui déterminent la façon dont une personne apprend à connaître les limites sont les suivants :

Relation dans l’enfance avec l’entourage proche. Cela inclut les parents, les grands-parents, les aînés, les membres de la famille, les enseignants, les prêtres et autres figures d’autorité qui ont exercé pouvoir et influence sur vous lorsque vous étiez petit, dépendant et influençable. Ces relations déterminent dans une large mesure le modèle des relations ultérieures et la dynamique que nous instaurons et recherchons chez les autres.

Environnement social de notre enfance. On y trouve l’école, les enfants du même âge, les amis et les connaissances, l’église, les groupes de loisirs, etc. Ce sont également des exemples importants d’interactions sociales.

L’information qu’on vous a transmise. Il s’agit de ce que les gens, principalement vos parents, vous ont enseignés au sujet de ce qui est acceptable ou inacceptable, bon ou mauvais, sain ou malsain, et ainsi de suite. Beaucoup de personnes ont grandi avec un grand nombre de croyances toxiques.

L’information disponible. Un enfant n’a pas de cadre de référence. Tout ce qui se produit lui semble normal parce qu’il n’a pas de meilleure connaissance de ce qui est sain. Cependant, il est parfois capable de comparer sa vie familiale avec celle de ses amis, de lire un livre ou de voir un meilleur exemple. Tout cela peut l’aider à comprendre les différences entre sain et malsain.

En tant qu’adultes, si nous nous soucions réellement de notre bien-être, un de nos principaux objectifs devrait être de réévaluer notre conception et notre utilisation des limites, de nous pencher sur notre éducation et de nous instruire pour définir des limites plus saines.

Traduit par courtoisie de PsychCentral

mythes et inceste

Les 10 idées fausses les plus répandues sur le SSPT

Publié Laisser un commentairePublié dans déclencheurs, émotions, symptomes, TSPT/SSPT/ESPT/PTSD

Le syndrome de stress post-traumatique est bien plus fréquent que nous ne le pensons. Les données indiquent qu’environ 70 % des américains adultes ont vécu un événement traumatique au cours de leur vie, et que 20 % de ces personnes souffriront de SSPT en conséquence.

Mais le fait que ce soit répandu ne veut pas dire que cela soit réellement compris. Pour ceux qui n’en sont pas atteints, il est difficile d’imaginer ce que c’est, ou les raisons pour lesquelles cela peut être si invalidant. Il peut en résulter de nombreuses incompréhensions au sujet de la pathologie.

HuffPost a interrogé des spécialistes de la maladie mentale et des patients afin de comprendre en quoi les gens se trompent concernant le SSPT. Voici ce que tous devraient savoir au sujet de cette pathologie.

Mythe : Le SSPT n’affecte que les militaires.

Beaucoup de gens associent le SSPT aux séquelles de guerre chez les combattants. En réalité, ce trouble de santé mentale peut résulter de n’importe quel événement douloureux, y compris les catastrophes naturelles, les accidents de la route graves, les attaques terroristes, les agressions sexuelles et les fusillades de masse, explique Vonnie Nealon, directrice clinique chez Warriors Heart, un centre de SSPT et de traitement des toxicomanies à Bandera, au Texas, pour anciens combattants. Le SSPT peut également survenir à la suite d’un grave problème de santé qui met la vie en danger.

“Bien que les anciens combattants aient une forme de SSPT qui transforme leur vie, il existe de nombreux types de traumatismes “, ajoute Lauren Doud, une résidente de Cincinnati, en Ohio, qui vit avec le SSPT depuis 2013. Doud avait une pré-éclampsie et le syndrome HELLP, deux problèmes de santé liés à la grossesse, et elle a failli en mourir. Elle a aussi perdu son fils. Elle a développé un trouble de santé mentale à la suite de ces expériences.

“Quand j’ai été diagnostiquée, je me souviens avoir pensé que seuls les anciens combattants avaient ça. Mais mon médecin m’a dit que cela pouvait être déclenché par n’importe quelle expérience traumatisante et qu’une seule de ces expériences pouvait déclarer un SSPT “, dit Doud, 34 ans. “J’ai vécu trois événements traumatisants – une mort imminente, un accouchement d’urgence… et j’ai perdu mon bébé. Quand j’ai entendu ça, je me suis sentie reconnue.’’

Mythe : On ne peut pas mener une vie normale avec le SSPT.

De nombreuses personnes atteintes du SSPT continuent de gérer leur vie professionnelle et personnelle tout en gérant leur maladie. “J’ai un emploi, une famille et un excellent réseau de soutien “, a déclaré Becky Beach, 37 ans, qui vit avec le SSPT, suite à une relation violente en 2001.

Mme Beach dit qu’elle doit encore composer régulièrement avec les effets du SSPT ; avoir une vie saine et épanouissante tout en ayant les symptômes de la maladie n’est pas incompatible. “Je sursaute très facilement si quelqu’un prononce mon nom à haute voix ou si j’entends un bruit fort. J’ai des crises de panique et j’ai du mal à me calmer “, explique-t-elle.

Mais Beach a trouvé des techniques d’adaptation qui l’aident à continuer à vivre sa journée de mère et de blogueuse sur Mombeach.com. “J’ai acheté des écouteurs antibruit à porter pendant que je travaille. Je dors avec une couverture lestée, ce qui aide à réduire l’anxiété, et je fais de la méditation tous les matins pour soulager mon stress et mon anxiété, ” dit-elle.

Mythe : Le SSPT affecte tout le monde de la même manière.

Même si l’expérience traumatisante était similaire chez deux personnes, ce qu’une personne vit avec le SSPT sera différent de l’autre. Ben Johnson, un ancien ambulancier paramédical militaire de Carson City, au Nevada, a déclaré que les personnes avec lesquelles il a servi avaient un vaste panel de déclencheurs personnels, comme le fait d’être loin de sa famille, de se sentir épuisé ou de travailler dans des conditions très hostiles.

Une grande partie de mon entraînement consistait à ” courir vers le danger ” parce que c’est là que se trouvaient les patients blessés. Souvent, je me retrouve à scruter la foule à la recherche d’une menace potentielle ou d’une situation dangereuse pour intervenir. C’est épuisant de toujours chercher le danger “, dit Johnson, 37 ans.

Il a ajouté qu’il peut méprendre le cri de joie d’un enfant pour de la peur ou de la douleur, ou encore croire qu’un claquement de porte de voiture est une explosion ou un coup de feu. Ce qui est considéré comme normal pour certaines personnes peut devenir une surcharge sensorielle pour lui.

Et ce ne sont pas que les déclencheurs : les traitements sont aussi très personnels. “Les gens pensent qu’il y a un traitement unique pour tous, mais ce n’est pas le cas”, dit Johnson.

Mythe : Les personnes atteintes du SSPT sont des “bombes à retardement”.

C’est une grave méprise, a déclaré Mary Joye, conseillère à Winter Haven, en Floride. La majorité des personnes atteintes du SSPT ne veulent pas “s’en prendre à vous ou à qui que ce soit d’autre, ni se faire du mal à elles-mêmes”, dit Joye.

Mythe : Il est nécessaire d’éviter les déclencheurs chez les personnes atteinte du SSPT.

Les proches de personnes atteintes du SSPT ressentent souvent le besoin de sauver l’autre et de le mettre à l’abri des déclencheurs. Bien que cela soit fait avec les meilleures intentions du monde, ce n’est pas toujours bénéfique pour les personnes aux prises avec cette pathologie.

“Si vous évitez les déclencheurs, vous ne ferez qu’exacerber vos problèmes. Il est beaucoup plus important de ne pas laisser l’agresseur vous prendre quoi que ce soit d’autre “, explique Alison Nichols, directrice du marketing au Royaume-Uni, qui vit avec le SSPT. ” Il est beaucoup plus important de trouver un moyen de vivre avec ce qui s’est passé et de profiter de tout ce que vous avez encore.”

Mythe : Si quelqu’un semble bien, c’est que son SSPT est certainement passé.

Kendra Liedle, assistante à la régie et à la coordination de la télévision à Los Angeles, a expliqué que beaucoup de gens pensent à tort que parce qu’elle semble heureuse, elle est passée à autre chose après son trauma.

En réalité, le SSPT n’est pas facile à traiter et il n’y a pas d’échéancier pour la reconstruction. Liedle, qui a développé un SSPT suite à de multiples chirurgies cérébrales, a dit qu’elle en subit encore les conséquences, même si cela ne paraît pas.

“Dans mon cas précis… les gens pensent que je suis guérie parce qu’ils ne voient pas les cicatrices physiques de la chirurgie, qui sont sous mes cheveux. Je suis revenue à ce qui semble être mon ancienne vie. Cependant, bon nombre des problèmes demeurent et sont ” invisibles “, le SSPT en fait partie “, a déclaré Liedle, 42 ans.

“De l’extérieur, j’ai l’air totalement guérie “, a-t-elle ajouté. “Cependant, après tout épisode majeur de la vie, les personnes touchées qui luttent contre le SSPT – y compris moi-même – ressentent des problèmes émotionnels et psychologiques associés au traumatisme et ont la conviction que la vie ne sera plus jamais comme avant.”

Mythe : Les déclencheurs ne sont pas si graves.

C’est devenu assez courant d’utiliser l’expression “déclenché” pour dire offensé ou outragé au point de perdre le contrôle. Mais les déclencheurs sont beaucoup plus complexes que cela, explique Gina Ibarra, une écrivaine de 49 ans de Las Vegas.

C’est un processus du subconscient. Quand l’incident violent initial s’est produit, mon cerveau primitif a fait ce qu’il fallait pour rester en vie. Il a associé certaines personnes, certains lieux et certains événements à la possibilité d’une mort imminente “, a-t-elle dit. Maintenant, quand l’une de ces choses se présente, mon cerveau ressort du fond de ma mémoire les sensations associées à l’événement et dit : ” Hé, tu te souviens de moi ? ” Cela est fait dans le but de me pousser à combattre, à me figer ou à fuire pour me garder en vie ! Je ne suis plus en danger, mais mon cerveau continue à le faire quand même. Mon cerveau est branché comme ça maintenant.”

Mythe: Les déclencheurs sont flagrants.

Les personnes qui ont subi un traumatisme peuvent être déclenchées par des stimuli qui leur rappellent l’événement qui le provoque, et il n’est pas nécessaire que ce soit toujours quelque chose de majeur. Par exemple, vous n’avez pas besoin d’entendre des coups de feu pour être ramené sur les lieux d’un crime dont vous avez été témoin.

«Ce n’est pas seulement l’événement traumatique en lui-même, mais tout ce qui se passait à l’époque et qui pouvait leur rappeler consciemment ou inconsciemment l’événement», a déclaré Michael Genovese, médecin en chef chez Acadia Healthcare à Nashville.

Il a ajouté qu’être témoin de quelque chose de violent pouvait être un déclencheur, mais qu’il pouvait aussi s’agir de quelque chose de plus subtil, comme la couleur du pull que quelqu’un portait, l’odeur de nourriture en train de cuire ou le son d’une chanson diffusée à la radio.

“Cela peut être beaucoup plus invalidant que beaucoup ne l’imaginent”, a-t-il expliqué.

Mythe: Le SSPT apparaît juste après un événement traumatique.

L’idée que le SSPT survient directement après le traumatisme qui l’a provoqué n’est pas toujours vraie.

«Les amis, la famille et le public en général ne savent pas que la personne peut éprouver les symptômes bien après l’événement – en particulier si elle s’est d’tachée de ses sentiments ou les a cachés», a déclaré Mike Robinson, fondateur de la Centre mondial de recherche sur les cannabinoïdes de Santa Barbara, en Californie, et qui vit avec le SSPT.

«Si une personne, comme moi, a un SSPT causé par une carambolage qui a de plus causé des blessures physiques, les symptômes seront probablement aggravés par le traitement pour les blessures ou l’invalidité qui peut en résulter, que ce soit physique ou mental». a déclaré Robinson, 53 ans.

Mythe: Les personnes atteintes de SSPT sont fragiles.

Le SSPT n’est pas un signe de faiblesse émotionnelle. Tout le monde, quels que soient ses antécédents et sa personnalité, peut développer un SSPT dans certaines circonstances et lors de traumatismes.

«Je dis à mes clients que ce n’est pas de la faiblesse, mais une réaction très normale à des événements très anormaux. En fait, les survivants d’un traumatisme sont souvent plus forts et plus résilients sur le plan émotionnel que beaucoup de personnes qui n’ont connu aucun traumatisme », a expliqué Kristin Anderson, psychothérapeute à NYC Therapy + Wellness Practice à New York.

Elle a ajouté que le SSPT n’était pas une déficience émotionnel ou psychologique, et que se faire soigner n’était pas un aveu de défaite. «Cela montre au contraire que le SSPT est une maladie indépendante de la volonté de la personne atteinte et qu’elle peut être traitée», a expliqué Anderson.

Traduit par courtoisie de Huffpost

tspt et thérapies

Quand le trauma ne veut pas s’en aller : Comprendre le stress post-traumatique complexe

Publié Laisser un commentairePublié dans dysfonctionnement familial, EMDR, psychothérapie, TCC, TSPT/SSPT/ESPT/PTSD

Le diagnostic actuellement accepté pour l’expérience d’un événement traumatique unique de la vie est le stress post-traumatique (SSPT). Le diagnostic de stress post-traumatique repose sur le constat d’un psychiatre selon lequel la personne a vécu un événement traumatisant au cours duquel elle a été impliquée ou témoin d’événements avec menace de mort ou de blessures grave, ou lorsque l’intégrité physique personnelle ou celle d’autrui a été mise en danger (D’Andrea, Ford, Bradley, Spinazzola et Van der Kolk, 2012). Mais le traumatisme peut être plus compliqué que cela.

Une autre forme de stress post-traumatique, appelée à juste titre stress post-traumatique complexe, est abordée dans la recherche clinique. Herman (1992) définit le syndrome de stress post-traumatique complexe comme ” le résultat caractéristique d’une exposition à des occurrences répétées ou prolongées ou à des formes multiples de traumatisme interpersonnel, souvent dans des circonstances où l’on ne peut pas s’échapper en raison de contraintes physiques, psychologiques, familiales, environnementales, sociales ou d’âge “.

Quelles sont donc les situations dans lesquelles une personne est exposée à un traumatisme interpersonnel et quelles sont les conséquences à court et à long terme d’un tel traumatisme ? Felitti et ses collaborateurs (1998) décrivent plusieurs abus et dysfonctionnements domestiques de la part de parents ou autres adultes dans le foyer, et dans lesquels un traumatisme interpersonnel peut survenir. Il s’agit notamment de :

Abus

Abus psychologique : Insultes répétées, commentaires négatifs et injures envers la victime.

Violence physique : Lorsqu’un parent ou un autre adulte du foyer pousse, attrape, gifle ou frappe la victime à plusieurs reprises et laisse ainsi souvent des traces de coups.

Abus sexuel : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille touche, caresse ou saisit la victime de façon répétée et sexuelle. Lorsqu’un enfant est forcé à avoir des rapports sexuels avec un parent ou un adulte.

Dysfonctionnements du foyer

Toxicomanie : Lorsqu’un parent ou un autre adulte au foyer a un problème de drogue ou d’alcool.

Troubles de santé mentale : Lorsqu’un parent ou un autre adulte de la famille souffre de dépression ou d’un autre trouble mental grave.

Mère violemment maltraitée : Quand la mère est maltraitée physiquement, poussée, saisie et giflée à plusieurs reprises, et la victime en est témoin.

Comportement criminel : Lorsqu’une personne au foyer participe à une activité illégale ou est arrêtée et envoyée en prison.

Intimidation, négligence, trahison : Si une personne est intimidée, négligée ou trahie par un être cher, cela peut causer un traumatisme interpersonnel (D’Andrea, et al., 2012).

Lorsqu’une personne subit l’un ou l’autre des effets susmentionnés, il peut y avoir de nombreux effets néfastes. Les études montrent que les enfants qui sont exposés de façon répétée à ces abus peuvent souffrir de graves problèmes coexistants de régulation des émotions, de contrôle des impulsions, d’attention et de cognition, ainsi que de relations interpersonnelles et d’auto-attributions négatives (D’Andrea, et al., 2012).

L’une des études les plus citées à ce sujet a révélé que plus un enfant était exposé à ces abus, plus il était susceptible d’avoir de graves problèmes de santé à l’âge adulte. L’étude a révélé un lien étroit entre le nombre d’expositions indésirables chez les enfants et les affections suivantes : maladie cardiaque, cancer, bronchite chronique ou emphysème, antécédents d’hépatite ou d’ictère, fractures du squelette et autoévaluation négative de la santé (Felitti, et al., 1998).

De plus, les parents qui ont vécu un traumatisme et qui ne consultent pas un spécialiste peuvent, sans le savoir, extérioriser leur traumatisme et le transmettre à la personnalité en développement de leur enfant, un processus appelé transmission transgénérationnelle (Shulevitz, 2014).

En raison de l’impact que les traumatismes interpersonnels peuvent avoir sur la santé et le bien-être, il est crucial de chercher un traitement. Les traitements efficaces pour l’exposition aux traumatismes interpersonnels peuvent inclure :

La thérapie d’exposition prolongée : Ce traitement est soutenu par plus de 20 ans de recherche et est très efficace pour traiter le stress post-traumatique chronique et les symptômes associés. L’objectif de la thérapie d’exposition est de traiter les souvenirs et les déclencheurs traumatiques. Le thérapeute travaille avec la personne pour aborder ces éléments graduellement afin qu’une tolérance à la mémoire se construise avec le temps (Foa, Hernbree et Rothbaum, 2007).

La désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires : Aussi connu sous le nom d’EMDR, ce traitement est également soutenu par plus de 20 ans de recherche. En engageant le cerveau dans un double stimulus d’attention (DAS) et une stimulation de gauche à droite, le but de cette approche est de permettre à la personne d’accéder à la mémoire, de se rappeler des aspects spécifiques de la mémoire et de retraiter la mémoire pour qu’elle soit stockée sous une forme adaptative. Le thérapeute aide la personne à percevoir l’événement d’une manière différente – par exemple une source de force ou une chose qui a nécessité du courage pour survivre (Shapiro, 2001).

La thérapie cognitivo-comportementale : La TCC est une approche qui cible les pensées négatives automatiques et les croyances fondamentales du moi. Les personnes qui ont subi un traumatisme interpersonnel ont souvent des croyances et des attributions plus négatives à leur propre égard qui ne sont pas justes (D’Andrea, et al. 2012). À l’aide d’exercices comme l’enregistrement des pensées et des données, le thérapeute aide la personne à examiner ses pensées et à comprendre qu’elles ne sont peut-être pas équilibrées. En trouvant des preuves pour et contre ses pensées négatives, la personne est capable de créer des modèles de pensée alternatifs et plus équilibrés à son propre égard (Greenberger et Padesky, 1995).

Malgré les données démontrant que les traumatismes interpersonnels entraînent un stress post-traumatique complexe et ont des effets néfastes à court et à long terme sur la santé, le corps professionnel en santé mentale a encore du mal à établir un diagnostic qui lui permette de déceler cette exposition et ce trouble. Plusieurs groupes de travail ont été créés pour répondre au besoin d’un consensus sur la manière de diagnostiquer et de traiter les personnes touchées par un traumatisme interpersonnel. D’ici là, le stress post-traumatique complexe ne figurera pas dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Si vous ou un être cher avez été exposé à l’un des abus mentionnés ci-dessus, sollicitez l’aide d’un professionnel de la santé mentale diplômé et expérimenté.

Traduit par courtoisie de  Good Therapy