Violences sexuelles

L’inceste, Monsieur, êtes-vous sûr qu’il soit vraiment interdit…?

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de juillet 2006, Le Clef Bruno

Si la question de l’inceste subodore l’existence d’un « désir » obscur, la réalisation de ce dernier surfe sur la nébuleuse d’un interdit. S’éloignant d’une lecture oedipienne classique, cet article resitue à travers l’analyse transgénérationnelle, la problématique de l’inceste auprès des parents géniteurs. Il postule – à cet égard – une pulsion infanticide et incestueuse d’origine parentale interpellant une position existentielle. L’inceste est abordé dans son mouvement paradoxal : ambitionnant la vie, il ne sème que la mort. L’interdit fait son apparition comme circonscripteur essentiel des espaces psychiques. Enfin, la clinique nous amène à examiner les carences d’intégration transgénérationnelles de cet aspect de la Loi menant dès lors vers une confusion des espaces privé – public.

Source : Fédération Maisons médicales

Victime

Un espace à l’hôpital de Montluçon pour recueillir la parole des mineurs victimes de violences sexuelles – Seher TURKMEN – La Montagne

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accueil victime inceste

Publié le 02/07/2019 à 10h00

Un espace à l'hôpital de Montluçon pour recueillir la parole des mineurs victimes de violences sexuelles

L’unité d’accueil médico-judiciaire fonctionne depuis le 1er juillet. © Seher TURKMEN

A Montluçon, les auditions filmées obligatoires dans le cas de suspicions d’agressions sexuelles sur mineur se font désormais dans une unité spécifique, au centre hospitalier public de Montluçon. Explications.

C’est un long travail de quinze mois qui a abouti pour Julie Bernier, la procureure de la République de Montluçon. Lundi 1er juillet, elle a signé une convention d’utilisation de l’unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) avec les partenaires : l’Etat, la police, la gendarmerie, le conseil départemental, l’hôpital public de Montluçon, et des associations de défense des droits des enfants, des femmes, et des victimes.

La première unité dans l’Allier

Cette soixante-quatrième unité d’accueil médico-judiciaire de France, et la première dans l’Allier, fonctionne depuis le 1er juin au sein du centre hospitalier public de Montluçon. Elle a déjà été utilisée cinq fois.

L’endroit sert à recueillir la parole des enfants victimes de violences dans un espace rassurant. Cela se faisait déjà, toujours sur réquisition du parquet, dans des bureaux aménagés au commissariat et à la gendarmerie, mais « ces lieux ne sont pas à même de mettre l’enfant en confiance. Ce sont des endroits impressionnants et qui ne facilitent pas la parole », constate Julie Bernier, la procureure de la République de Montluçon. 

Le centre hospitalier est un lieu de protection naturel, où il n’y a pas d’uniformes

Dans l’UAMJ, installée au rez-de-chaussée du pôle mère-enfant, il y a des jeux, des crayons, du papier, tout pour permettre à l’enfant de s’exprimer, en douceur. Une table, plus formelle, permet à l’enquêteur de discuter avec l’enfant. Derrière une glace sans tain, se trouve la salle d’observation des échanges entre l’enfant et l’enquêteur, qui sont filmés.

Une salle d’enregistrement des échanges

Derrière une glace sans tain, on trouve une autre salle dans laquelle un second enquêteur peut communiquer avec son binôme via une oreillette et surtout enregistrer les échanges.

L’unité est équipée d’une caméra orientable et de micros. L’enregistrement d’une audition est obligatoire dans les cas de suspicions d’abus sexuels sur mineur depuis la loi du 17 juin 1998.

L’intérêt est aussi de faire coïncider l’audition avec les examens médicaux. « Le médecin légiste, le pédiatre, le gynécologue sont sur place. Tout se fait à moyens constants. C’est une organisation de ce que l’on fait actuellement », poursuit la magistrate.

Pour les adultes, « au cas par cas »

« À titre exceptionnel », l’UAMJ pourra être utilisée pour écouter « les mineurs témoins et les majeurs victimes, de violences conjugales, de viols, d’agressions sexuelles, si l’émotion bloque la parole dans les locaux de la gendarmerie et de la police ».

Salle Mélanie et unité d’accueil médico-judiciaire
L’unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) est une salle Mélanie. Mais toutes les salles Mélanie ne sont pas des UAMJ. Une salle Mélanie (du nom de la première enfant entendue comme victime) est un endroit dans lequel on recueille la parole d’un mineur, mais elle peut se situer dans un commissariat ou une gendarmerie. Or, une unité d’accueil médico-judiciaire se situe obligatoirement dans un établissement de santé.

Source : Seher Turkmen
seher.turkmen@centrefrance.com

Agressions sexuelles

Inceste : inciter les victimes à briser la loi du silence

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Inceste : inciter les victimes à briser la loi du silence

© FotoliaPAR EMILIE CAILLEAULE 19 NOV 2015 À 13H00

L’INCESTE C’EST QUOI ?

Au sens strict, l’inceste est défini comme une relation à caractère sexuel entre membres d’une même famille, par exemple entre un père et sa fille, une mère et son fils, ou un frère et une sœur.

INCESTE : BALAYER LES IDÉES REÇUES

L’inceste fait l’objet de nombreuses confusions. “Certains ne font pas la différence entre l’inceste et la pédophilie alors qu’il n’existe pas cette dimension intrafamiliale dans la pédophilie”, explique Estelle Kramer, sage-femme et membre de l’association aiVi, association internationale des victimes de l’inceste. Pire, la méconnaissance de l’inceste est telle que “certains pensent même que c’est une maladie”, ajoute Estelle Kramer.

Autre raison à même d’expliquer ce tabou qui plane sur l’inceste : le flou législatif qui l’entoure. L’inceste n’est pas expressément reconnu dans le Code pénal. Les actes incestueux sont condamnables quand ils sont considérés comme des atteintes sexuelles, des viols ou des agressions sexuelles sur mineur par ascendant ou personne ayant autorité.

Face à ce vide juridique, beaucoup préfèrent garder le silence : 90 % des victimes ne porteraient pas plainte selon l’aiVi.

SORTIR DU FLOU CONCEPTUEL

L’ampleur de l’inceste est mal connue. Mais selon un sondage réalisé en 2009 par l’aiVi, 2 millions de Français (3% des Français) en ont été victimes. 

Toute la difficulté est d’inciter les victimes à briser cette “loi du silence”. Et de trouver une oreille attentive… En effet, quand la victime arrive enfin à en parler, dans un cas sur cinq, son interlocuteur lui a demandé de garder le silence ! Pire, parfois sa parole est mise en doute, la victime étant parfois accusée de mentir, souligne un sondage Ipsos réalisé en 2010 pour l’association aiVi

EN PARLER ET SE FAIRE ACCOMPAGNER

Les victimes ont besoin de parler du traumatisme, de nommer les faits, en évitant les termes ambigus parfois entendus, comme l’expression “climats incestueux”, qui, selon Estelle Kramer entretient un peu plus le malaise. “Il faut appeler un chat un chat. Quand on a subi un inceste, on a subi un viol, une agression sexuelle. Toute l’ambiguïté c’est qu’on n’ose pas parler des choses, de la réalité. Il faut sortir du conceptuel car ça contribue à alimenter le tabou, l’écran de fumée qui entoure cette problématique. L’inceste ne doit pas être considéré comme un concept mais comme un fait, au même titre qu’un viol est un fait et non un concept”.

Pour les victimes, l’inceste est une dure réalité dont le traumatisme laisse souvent des stigmates à vie. Sentiment fréquent de culpabilité, déni, mauvaise estime de soi… Les personnes qui ont subi un inceste sont beaucoup plus vulnérables. Elles sont plus exposées à un certain nombre de pathologies : risque accru de troubles alimentaires (anorexieboulimie), risque de dépression, tentative de suicide…

Pour sortir de cette spirale infernale, il est important d’en parler et de se faire accompagner. Estelle Kramer, sage-femme, plaide pour que soit développé le “dépistage systématique”. Il s’agit pour les professionnels de santé d’identifier les victimes d’inceste en posant des questions précises aux patientes. “Cela permet d’ouvrir le dialogue pour qu’on puisse mieux les accompagner”, explique Estelle Kramer qui a déjà rencontré dans son métier des femmes enceintes victimes d’inceste dans leur enfance. “Il est très difficile pour une victime de devenir parent”, pointe-t-elle.

La solitude est un piège à éviter. Des professionnels (sages-femmes, psychologues, associations comme l’aiVi, protection maternelle infantile, numéro vert 119) ont pour mission d’écouter les victimes et de les rassurer pour les aider à dissiper les difficultés et les peurs qu’elles peuvent rencontrer.

Merci à Estelle Kramer, sage-femme et membre de l’association aiVi, association internationale des victimes de l’inceste.

L’association aiVi propose des groupes de parole pour les victimes et recherche des financements pour en ouvrir de nouveaux, pour répondre aux nombreuses demandes.http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/changez-leur-vie

Plus d’infos http://aivi.org/

Source : Top Santé