Émotions

J’ai mal à mes parents!

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LINE CARON – Mercredi, 8 mai 2019 05:00 – MISE À JOUR Mercredi, 8 mai 2019 05:00

Ces derniers jours, une petite fille est morte. Combien d’enfants meurent dans leur cœur tous les jours et deviennent des adultes qui survivent en traînant en dedans d’eux cet immense vide d’amour? Les grands-parents, les parents et leurs enfants après eux ont souffert de négligence, de misères affectives, de dépression, de toxicomanie, de violence, enfin de tous ces traumatismes vécus dans les familles ordinaires.

Pour la majorité des professionnels qui œuvrent auprès des familles, que cela soit dans le domaine de la santé, scolaire, de la justice ou autre, une évidence se pointe rapidement. Ils ont accueilli les parents et ils accueillent maintenant leurs enfants. La misère affective se transmet-elle de génération en génération? Force est de constater que c’est une réalité pour beaucoup de personnes souffrantes, de polytraumatisés familiaux. Alors, on fait quoi? Chercher un coupable et punir? Dans le cas de cette petite fille, certainement. Pour toutes les autres victimes anonymes de parents souffrant eux-mêmes de la souffrance de leurs parents, chercher le coupable ne les guérira pas, elles le savent toutes. Par contre, ce que ces gens veulent par-dessus tout, c’est être de bons parents aimants et cesser la répétition du malheur.

Pour cela, ils ont besoin d’aide. Pour qu’un parent comprenne la souffrance qu’il inflige à son enfant, il faut qu’il ressente de nouveau cette douleur sourde et lancinante qui s’est installée en lui depuis qu’il est petit, puisqu’il l’a vécue. Un parent qui reconnaît sa douleur ne la fera pas vivre à son enfant. Combien de fois a-t-on entendu cette phrase qui nous apparaît dans un premier temps sensée: «Mes parents m’ont élevé à la dure, j’en ai eu, des claques, et cela m’a mis du plomb dans la tête»? Pour survivre, il faut bien calmer la douleur. Le meilleur moyen est de se couper de ses émotions afin que rien ne puisse nous atteindre. Vous le devinez, ce parent répétera ce qu’il a vécu, car c’est ce qu’il connaît. D’autres disent: «Jamais je ne ferai comme mes parents!» Pourtant, c’est bien ce qu’ils font sans pouvoir s’en empêcher.

Pour que des «petites martyres de Granby» n’existent plus, il faut PRÉVENIR. Tout le monde le sait, il ne faut pas attendre de saigner avant d’agir. Tous les documents gouvernementaux commencent par: «Il faut d’abord et avant tout prévenir» ou encore: «Il faut prendre le virage préventif». En tant que professionnelle dans le domaine des services sociaux et responsable de la prévention pendant de nombreuses années, j’ai été forcée d’admettre que les écrits restent des vœux pieux pour donner bonne conscience et faire bien paraître, et que le virage préventif, je ne l’ai jamais pris de toute ma carrière. Les services de prévention bien articulés dans le domaine psychosocial sont difficiles à soutenir par les organismes. Pourquoi? Vous ne serez certainement pas surpris si je vous dis que le parent pauvre du système de santé, ce sont les services sociaux et, dans les services sociaux, la prévention.  

Il existe bel et bien des interventions préventives efficaces pour arrêter la transmission générationnelle des souffrances qui sont liées au fonctionnement familial et pour renforcer les compétences parentales. Encore faut-il les connaître et les soutenir, autant administrativement que financièrement, car les effets de la prévention se font voir à long terme et notre système de santé est construit sur une approche médicale de court terme. 

Après 20 ans, il serait temps que le Québec devienne enfin fou de ses enfants, pour qu’ils aient une chance de vivre leur enfance dans une famille capable de répondre à leurs besoins, de génération en génération.

Line Caron, M.S.S., est travailleuse sociale retraitée, praticienne en neurosciences appliquées, auteure, conférencière et formatrice au Québec et en France pour le programme de prévention de la transmission générationnelle des souffrances liées au fonctionnement familial «Une affaire de famille».

Source : Journal de Quebec


Enfant

C’est quoi l’inceste ?

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sensibilisation inceste

Ce film de prévention réalisé à partir de dessins de Zep s’adresse aux enfants pour leur expliquer leurs droits face à l’inceste. Dans la série Fais gaffe ! (muet, sous-titré français et en LSF). Un épisode de la série Fais gaffe ! Film de l’exposition Zizi sexuel, l’expo (Enfin, le retour) (14/10/2014 au 02/08/2015 à la Cité des sciences et de l’industrie).

Agressions sexuelles

7 livres jeunesse

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abus sexuel enfant livre

7 livres jeunesse pour apprendre le consentement et le respect des corps

Par Lucie Kosmala

Pour apprendre aux enfants le respect de l’autre et de son intégrité, voici quelques outils à dénicher parmi les livres jeunesse pour ouvrir la discussion !

De fait : comment initier la conversation avec des enfants sur ce sujet ?

Des outils sont à la disposition de chacun•e : les livres pour enfants. Voici une sélection d’ouvrages, à s’acheter ou à aller emprunter à la bibliothèque, pour initier les enfants à la question du consentement, satisfaire leur curiosité sans les heurter, et leur rappeler leurs droits !

Tout le monde tout nu

Les agressions sexuelles entre enfants peuvent être le fruit d’une curiosité désireuse d’être assouvie : à quoi ressemble l’autre ? Est-ce que ce qui se trame dans ma culotte est pareil dans le slip d’à côté ?

Pour cela, des livres mettent en scène des personnages dévêtus, ce qui permet de montrer tout en désacralisant la nudité.

C’est le cas du désormais culte Tous à poil de Claire Franek et Marc Daniau aux éditions du Rouergue (qui avait subi les foudres de Jean-François Copé en 2014), qui en montrant une galerie de personnages familiers, permet de rappeler qu’ils sont des êtres humains comme d’autres.

Plus récemment et plus subtilement, j’attirerai votre attention sur l’album La tribu qui pue d’Élise Gravel et Magali Le Huche, paru aux éditions La Fourmi Rouge.

Il raconte les péripéties d’une joyeuse bande d’enfants tout nus, tout cracras et surtout très débrouillards, confrontés à une directrice de pensionnat qui rêverait de les mettre sous la douche.

Les enfants sont tout nus et… ben peu importe qu’ils le soient.

En filigrane, on trouve aussi la thématique de la désobéissance à l’adulte quand celui-ci impose ses volontés qui vont à l’encontre de ses propres valeurs et de son intégrité.

En effet, au delà de cette question de douche, il est tout de même aussi question de ne pas subir l’injustice et la violence d’un adulte qui n’a aucun droit sur soi.

Au fait, comment on fait les bébés ?

Pour poursuivre dans cette dynamique de la curiosité à assouvir, ce qui peut turlupiner les plus jeunes, c’est la manière avec laquelle on fait les bébés.

Dur dur de s’éloigner de ces histoires de petites graines et autres métaphores jardinières douteuses.

Alors j’attirerai votre attention sur un ouvrage qui aborde la question sans trop en cacher ni trop en montrer : Un poisson dans le bidon de David Sire et Magali Le Huche (décidément !) paru aux éditions Sarbacane.

Ce livre parle de sexe avec une subtilité impressionnante, une pudeur pourtant très complice, ce qui fait qu’il n’a rien de vulgaire ou de racoleur.

« Tout plein de petits tours avec beaucoup d’amour… »

Ok, maintenant qu’on a vu des gens tout nus, comment on fait pour éviter d’aller vérifier sur l’autre ?

Je veux mieux comprendre l’autre

Il n’est pas toujours évident pour un enfant de projeter ce que peut ressentir l’autre, surtout quand il est petit.

Du coup, pour mieux cerner l’autre, cela passe aussi par la propre connaissance de ce qu’il est lui, à savoir un enfant avec des droits.

Le livre qui t’explique pourquoi les enfants sont super top ! de Françoise Boucher aux éditions Nathan, est très bien pour cela :

Il rappelle, entre autres, qu’être enfant, c’est aussi avoir son jardin secret.

Pour ce qui est du respect de soi et de l’autre, il y a l’excellent Ni poupée, ni super-héros : Mon premier manifeste antisexiste qui rentre dans le vif du sujet.

Pour ce qui est du respect de soi et de l’autre, il y a l’excellent Ni poupée, ni super-héros : Mon premier manifeste antisexiste qui rentre dans le vif du sujet.

Dans cet ouvrage, il est question de piétiner les clichés et d’encourager les enfants à être ce qu’ils sont.

Mais il alerte aussi directement sur les questions de consentement :

Je veux comprendre que ce qui m’arrive n’est pas normal

Même si le thème qui nous occupe concerne principalement les agressions entre les enfants, certains ouvrages s’attaquent aux actions malveillantes des adultes.

Ces ouvrages peuvent agir comme une prise de conscience pour les enfants qui peuvent se reconnaître dans la situation, qu’elle soit vécue avec des adultes ou avec des jeunes.

Pour les plus jeunes, Respecte mon corps de la docteure Catherine Dolto aux éditions Gallimard jeunesse, aborde sans tourner autour du pot les situations dangereuses et la prise de conscience d’avoir vécu ou risqué un attouchement sexuel.

Pour les plus grands, à partir de 12 ans, le roman La porte de la salle de bainde Sandrine Beau aux éditions Talents Hauts s’attaque avec beaucoup de finesse et de pudeur à la gêne ressentie vis-à-vis du regard insistant, pressant, de l’adulte.

Mia, en pleine puberté, est confrontée aux allées et venues systématiques de son beau-père dans la salle de bain lorsqu’elle se douche. La jeune fille s’enferme dans le mutisme, jusqu’au moment où elle parvient enfin à parler de la situation et à s’en sortir.

Ce court roman montre qu’un regard peut être dérangeant et considéré comme intrusif, qu’il soit celui d’un adulte mais aussi d’un autre enfant.

Source: Lire l’article intégral sur madmoizelle.com