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8 conseils pour aider les victimes de traumatisme complexe à vivre avec des idées suicidaires chroniques

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Si vous avez des idées suicidaires, l’article qui va suivre pourrait vous déclencher. En cas de besoin, n’hésitez pas à contactez les ligne d’urgences – 01 45 39 40 00 / 01 40 44 46 45 / 01 42 27 64 34 

Les survivants de traumatismes complexes, définis comme des expériences traumatiques récurrentes et inéluctables, peuvent parfois souffrir de pensées suicidaires chroniques. Certaines personnes vivant avec un syndrome de stress post-traumatique complexe (SSPT-C) peuvent avoir fait des tentatives de suicide répétées, d’autres peuvent avoir des idées suicidaires passives, ou à différent degrés. Ces idées peuvent être de passage, constantes ou peuvent cesser pendant de longues périodes avant de se présenter à nouveau. Après des expériences traumatisantes, il est souvent très protecteur pour les survivants d’avoir une ¨porte de secours¨ ou un ¨filet de sécurité” Cela peut apparaître sous la forme d’idéation suicidaire.

Je suis moi-même une victime de traumatisme complexe, et j’ai souffert de pensées suicidaires chroniques suite à mon état de stress post-traumatique complexe. Souvent, je me sentais isolée, seule, rejetée, et j’avais honte et me sentais coupable du traumatisme que j’avais subi. Et toutes ces émotions se déformaient et se retournaient contre moi parce que c’était le seul moyen que j’avais de rationaliser mes traumas. J’ai réalisé que mes envies suicidaires apparaissaient lorsque je ne me sentais plus en sécurité dans ce monde et que la seule issue était le suicide.

Lorsque j’ai effectué des recherches sur la suicidalité chronique, j’ai trouvé très peu de ressources concernant les personnes souffrant de troubles chroniques à long terme. Néanmoins, on trouve beaucoup d’informations pour les personnes fortement suicidaires. J’ai alors décidé de regrouper huit conseils et informations que j’utilise fréquemment pour contrôler mon idéation suicidaire chronique, en espérant que ça puisse aider quelqu’un qui se trouve dans la même situation que moi.

  1. S’entourer de personnes sûres

C’est vraiment ce qui, maintes fois, m’a sauvé la vie. En tant que victime de traumatisme chronique, ma perception du monde est parfois obscurcie par le rejet, l’isolement, la honte et l’impression de “ne pas avoir ma place” dans ce monde. Mais il existe aussi des personnes qui comprennent la difficulté d’être humain. Il y a des personnes dans le monde qui le “saisissent” vraiment et les trouver était la première chose à faire pour rester saine. J’ai, dans ma chambre, une liste de cinq personnes que je peux contacter lorsque le monde me semble néfaste. Je peux toujours compter sur eux pour me sortir de chez moi, me changer les idées et me montrer que le monde et les hommes peuvent être bons.

2. Se servir de la douleur pour créer

Vous n’avez pas besoin d’être un artiste pour suivre ce conseil. Devenez seulement créatif. Faites de la peinture, écrivez, dessinez, coloriez, photographiez, éclaboussez, déchirez, brûlez. (Veillez seulement à rester en sécurité lors de vos activités!) Personnellement, utiliser la douleur et mes pensées pour créer a toujours été une priorité car lorsque j’observe, une fois calmée, les œuvres réalisées, j’ai l’impression d’avoir tiré profit de la souffrance. Pour d’autres, c’est une façon de se sentir moins coupable de son mal-être.

3. Se retirer dans un lieu sûr

Ce conseil est vraiment important pour ceux qui souffrent du complexe SSPT, parce que bien souvent, un traumatisme peut condamner la victime à ne trouver de refuge nul part. Si vous êtes capable de trouver un ou deux lieux où vous vous sentez en sécurité (pour moi c’est la plage et la forêt) et que vous pouvez y passer la journée, cela pourrait suffire à chasser vos idées noires.

4. Une couverture lestée

Il est parfois difficile de s’offrir du confort lorsque l’on souffre d’idéation suicidaire. Je pense souvent ne pas mériter le réconfort d’une personne bienveillante ou d’un lieu sûr, mais me couvrir d’une couverture épaisse me fait me sentir en sécurité, sans avoir l’impression de “déranger” qui que ce soit. Ces couvertures épaisses m’ont aidé à surmonter des attaques de paniques et temps de crise. (Maintenant, ils en font même avec des capuches!)

5. Garder les mots de réconfort de votre entourage dans des lieux accessibles

J’ai un tas de petits mots de soutien de mes proches juste à côté de mon lit. Lorsque je commence à me sentir angoissée ou déprimée, je lis leurs messages amusants, gentils, bienveillants et sincères. Généralement, c’est suffisant pour me rappeler que je suis aimée, appréciée et que je n’importune pas mes proches, contrairement à ce que le SSPT complexe me pousse à croire.

6. Faire des listes

Je viens récemment de découvrir une nouvelle technique, celle de faire des listes. En temps de crise, je sors mon journal intime et je fais des listes. Certaines des listes que j’ai rédigé pouvaient recueillir “les souvenirs qui prouvent que la vie vaut la peine d’être vécue”, ou bien “les choses que j’aimerais accomplir dans ma vie”, ou encore “les choses dans ma vie dont je suis fière”. Les relire, durant des journées difficiles, m’aide à me rappeler mes objectifs de vie et mon avenir.

7. Faire une balade (de préférence avec quelqu’un d’autre)

Quand rien d’autre ne semble aider, je propose à quelqu’un en qui j’ai confiance de venir se promener avec moi. Ça me fait changer d’air et me permet d’être avec quelqu’un qui peut partager ma peine, même si cela veut dire rester silencieux et ne pas lui parler. C’est souvent tout ce dont j’ai besoin, même si ça paraît effrayant et je me sens vulnérable.

8. Trouver des choses qui vous font du bien 

J’aime programmer de petites choses dont je me réjouis occasionnellement, comme une mini-fête en mon honneur de temps en temps. Il peut s’agir de petits plaisirs aussi petits qu’une tasse de café ou aussi important qu’une place de concert ou un événement particulier.

J’espère que certains de ces conseils et informations vous aideront lorsque vous avez des difficultés à contrôler vos idées suicidaires chroniques. Souvenez-vous, vos réactions traumatiques ne sont pas un défaut de personnalité. Elles sont réelles et justifiées. Vous pouvez le faire!

Si vous, ou quelqu’un que vous connaissez, a besoin de soutien, hors lignes d’écoutes d’urgence, vous pouvez contacter :  08 00 85 88 58 /  01 42 96 26 26 / 09 72 39 40 50

Traduction de courtoisie de J.S depuis The Mighty

soutien traumatismes

10 choses à ne pas dire à une personne souffrant de SSPT (et quelques alternatives)

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Certaines personnes voudraient que vous guérissiez rapidement. Lorsqu’un événement traumatique survient dans votre vie, votre entourage se réunit souvent pour vous soutenir et s’assurer que vous vous sentiez aimé et entouré ; ils vous disent qu’ils comprennent combien l’expérience a dû être effrayante, qu’ils ne savent même pas ce qu’ils feraient dans votre situation.

Mais les jours se transforment en semaines, les semaines se transforment en mois et les mois finissent parfois par se transformer en années. Et plus vous avez peur à cause de ce qui vous est arrivé, moins les gens ont tendance à vous soutenir, parce qu’ils pensent peut-être que vous réagissez de manière excessive ou que vous essayez simplement de vous faire remarquer.

La dernière chose que nous, les personnes atteintes de stress post-traumatique (PTSD), voulons, c’est de l’attention – la première chose que nous voudrions, c’est du soutien, la sensation d’atterrir sur quelque chose de solide après être tombé si bas dans les abysses que nous avons l’impression d’avoir voyagé plus loin qu’Alice dans “Alice au pays des merveilles”.

Si un de vos proches souffre de stress post-traumatique, voici une liste de choses à ne pas lui dire, ainsi qu’une suggestion alternative :

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Il n’y avait même pas de danger de mort. “

Alternative : “Je sais que tu as peur à cause de ça, mais tu es en sécurité maintenant.”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Il y a pire.”

Alternative : ” Tu peux traverser cette épreuve. “

Ce qu’il ne faut pas dire : “Arrêtez de dramatiser.”

Alternative : “Je comprends que tu aies peur, et je vais rester à tes côtés pour que rien ne se passe. Ensemble..”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Tu joues la comédie.”

Alternative : Il n’y a pas de réponse alternative à cela – mais il y a une réaction alternative : informez-vous sur le trouble afin de mieux comprendre ce que votre proche peut ressentir.

Quoi ne pas dire : “J’ai vécu quelque chose de similaire et je n’ai pas de stress post-traumatique, donc toi non plus.”

Alternative : Encore une fois, sensibilisez-vous. Vous ne connaissez pas l’histoire de l’autre ; peut-être que cet événement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (ou vous savez, l’événement qui a “cassé” le cerveau). Tous ceux qui ont été braqués ne souffrent pas de stress post-traumatique, tout comme ceux qui ont été violés ne souffrent pas de SSPT. Quelqu’un qui a reçu une balle dans la cheville peut être parfaitement bien mentalement, mais cela ne signifie pas que quelqu’un qui a été volé l’est.

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Tu te rends compte que tu es complètement illogique en ce moment, n’est-ce pas ? “

Alternative : “Je sais que ton cerveau te dit que partout où tu vas et tout ce que tu fais pourrait être un déclencheur/que tu te sens en danger. Essaie de te répéter régulièrement que tu es en sécurité, que personne ne va te faire de mal et que tout ira bien”.

Ce qu’il ne faut pas dire : ” Arrête d’exagérer. “

Alternative : “Respire profondément. Parlons de tout cela. Pourquoi te sens-tu comme ça ?”

Ce qu’il ne faut pas dire : “Tu as dit que tu allais bien.”

Alternative : Ne nous croyez pas toujours quand nous disons que nous allons bien. Nous ne sommes souvent pas bien. On flippe. Alors, au lieu de nous laisser en paix, faites quelque chose qui nous fera nous sentir un peu mieux : apportez-nous des sels de bain, du chocolat ou venez jouer à des jeux vidéo. Tout ce qui peut nous donner l’impression que non seulement vous vous souciez de nous, mais aussi que vous vous souciez suffisamment de nous pour apporter quelque chose qui pourrait nous faire sentir mieux, ne serait-ce que pour une courte période.

Ce qu’il ne faut pas dire : “Comment étais-je censé savoir (remplissez la déclaration ici) ?”

Alternative : Le problème avec les personnes souffrant de SSPT, c’est que nous avons souvent des niveaux élevés d’anxiété et de dépression. En raison de la stigmatisation qui entoure la maladie mentale, la plupart du temps nous ne vous disons pas exactement ce qui se passe dans notre tête. Et puis nous pouvons être en colère contre vous parce que vous ne savez pas ce qui se passe dans notre tête. Essayez de ne pas vous mettre en colère contre nous ; la colère que nous éprouvons à votre égard fait partie du SSPT. Écoutez simplement ce que nous disons et répondez par quelque chose du genre : “Je ne savais pas que tu te sentais comme ça. Parlons-en et trouvons la cause de ces sentiments”. Ou encore : “Je sais que tu es en colère que je n’ai pas remarqué cela, et je suis désolé pour les signes que j’ai pu manquer, prenons une grande respiration et parlons-en.

Ce qu’il ne faut pas dire : “Passe à autre chose !”

Alternative : Un peu comme ” tu fais du cinéma ou tu cherches à attirer l’attention ” – on ne peut pas se remettre de cet événement. Il est dans notre vie pour toujours, que nous le voulions ou non. Nous devons réapprendre à vivre notre vie avec cet événement qui fait partie de nous maintenant, et cela peut être difficile. Cela peut demander beaucoup de temps et d’efforts, ainsi qu’un soutien extraordinaire de la part de nos amis et de notre famille. Ne dites jamais cela à une personne souffrant de SSPT ; allez-y et pensez à tout ce que vous voulez, mais ne le dites jamais si vous accordez de l’importance à cette personne. Une partie du processus de guérison chez de nombreux patients souffrant de SSPT consiste à se débarrasser des personnes toxiques. Dès que vous dites cette phrase, vous devenez toxique pour ceux qui souffrent de SSPT, et vous vous retrouverez bientôt sans cette personne dans votre vie. Essayez plutôt quelque chose comme : “Aide-moi à comprendre pourquoi cela a encore un tel impact sur ta vie, parce que je ne comprends pas”, ou “Pourquoi cela semble t’affecter si durement ? Je veux comprendre ce qui se passe afin de pouvoir mieux te soutenir quand tu as besoin de moi”.

Ces dix phrases m’ont été dites par ma famille, mes amis et mes connaissances. Veuillez faire attention à ce que vous dites à toute personne souffrant d’un problème de santé mentale, d’un trouble, d’une maladie chronique ou d’une affection quelconque. La négativité nous affecte vraiment, et elle ne fait que nous donner envie de renoncer à nous-mêmes et à notre vie encore plus que nous ne le faisons déjà.

J’ai réduit mon cercle d’amis à un minimum en raison de la toxicité de certains que je laissais être à mes côtés. Et depuis lors, non seulement j’ai commencé à guérir pour de bon, mais j’ai aussi commencé à prendre confiance en moi et en ma vie.

Traduit par courtoisie depuis The Mighty

abus sexuel ou inceste

Agression sexuelle, ça vous parle?

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Cet article, qui provient de Lincoln, Nebraska, lance cette statistique, dans une interview avec le Child Advocacy Center. Il ne fournit pas d’explication sur sa provenance, mais je suis très curieux de savoir si l’un d’entre vous l’a déjà vu :

“Seuls 16 % des hommes ayant des antécédents documentés en matière d’agressions sexuelles se considèrent comme ayant réellement été agressés, contre 64 % des femmes ayant des antécédents documentés en matière d’agressions sexuelles”.

La raison pour laquelle cela m’intrigue est que nous savons que les agressions sexuelles sont rarement signalées par les victimes masculines ou féminines, et je pense que beaucoup d’entre nous ont toujours supposé qu’elles étaient possiblement un peu moins dénoncées par les victimes masculines, en raison des nombreuses personnes qui continuent, d’une manière ou d’une autre, à croire que les garçons ne peuvent pas être victimes d’agressions sexuelles, mais je n’ai pas réfléchi au nombre de victimes masculines qui ne se considèrent peut-être même pas comme des victimes.

Durant mon enfance, je ne me considérais pas comme une victime d’agression sexuelle, principalement parce que je ne savais pas ce que c’était, je pensais que cela signifiait avoir été enlevé par un inconnu et avoir été violé, parce que c’est contre cela qu’on m’avait appris à me protéger. Un membre de ma famille qui me violentait, ce n’était pas ça, c’était quelque chose de différent, quelque chose pour lequel je n’avais pas de nom. C’était un secret.

Je me demande combien de personnes se promènent avec leur propre secret, sans même avoir conscience qu’elles ont été agressées sexuellement ?

Traduit par courtoisie : Témoignage de Mike.M

tspt et déclencheurs

Vivre une crise en mode de survie

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Dans ce monde en crise, nos réactions aux traumatismes se multiplient. Les approches que nous utilisons sont aussi diverses que la population humaine. Nous avons tous nos stratégies de survie et nos mécanismes d’adaptation qui proviennent de nos environnements spécifiques. Bien que les méthodes puissent être différentes, il existe des similitudes dans la façon dont nous traitons le moment présent après un traumatisme. Et je sais que le monde a beaucoup plus de traumatismes que nous ne le pensons. Alors regardons ce que beaucoup d’entre nous font en ce moment pour survivre à cette crise au détriment des efforts de reconstruction que nous avons réussi à mener pendant notre vie d’adulte.

Nous sommes anesthésiés. Je suis consciente que ce n’est pas nouveau pour la plupart des survivants de traumatismes. Nous passons souvent du temps dans cet état d’engourdissement et nous n’avons pas besoin d’une crise pour nous y mettre. Mais en ce moment, nous pouvons avoir du mal à ressentir quoi que ce soit. Pour certains, cela peut sembler être une forme de progrès. Si vous étiez habitué à vous sentir continuellement suicidaire ou en colère, l’engourdissement pourrait être considéré comme un changement bienvenu. Mais croyez-le ou non, ressentir nos émotions est une étape supérieure à l’engourdissement. Je sais. Je sais. J’entends déjà la résistance collective à cette affirmation. Mais écoutez-moi bien. Lorsque nous sommes engourdis, nous neutralisons notre part intérieure qui veut partager ce qu’elle ressent. Nous la fermons. À long terme, ce n’est pas sain. Mais il se peut que ce soit notre réalité en ce moment même.

Nous sommes distraits. Les distractions sont plus difficiles à trouver en isolement, mais pas impossibles. Nos défenses peuvent être très créatives. Avec un vaste monde virtuel et un virus qui fait tourner les têtes, nous nous laissons distraire de nos sentiments. Et je sais que ma tendance à utiliser les médias sociaux a atteint des sommets. Je passe désormais plus de temps devant la télévision à regarder des films. Je trouve aussi qu’il est très facile de se laisser happer par l’hystérie du virus, et de lire beaucoup plus d’articles que nécessaire. La tendance à être trop distrait en ce moment est très forte.

Nous ne dormons pas bien. Beaucoup de gens ont un rythme de vie différent de celui qu’ils avaient avant la crise. Mais même si ce n’est pas le cas, les habitudes de sommeil peuvent se trouver modifiées et changer. Lorsque nous dormons, nous nous connectons avec notre inconscient. Notre inconscient exprime ses peurs sous forme de rêves et de cauchemars. Nos déclencheurs se manifestent dans notre sommeil s’ils sont bloqués lorsque nous sommes éveillés. Nous pouvons donc avoir du mal à nous reposer la nuit, même si nous nous sentons bien pendant la journée.

L’esprit nous raconte des histoires. L’esprit est fait pour raconter des histoires. Même chez les personnes peu traumatisées, l’esprit est enclin à raconter des histoires qui débordent de la vérité. Nous avons créé des histoires pour traverser une enfance avec une vérité qui était trop dévastatrice pour qu’on puisse l’affronter. Et ces histoires ont tendance à résister à l’épreuve du temps. Elles deviennent essentielles pour la survie. Mais il y a une autre façon d’utiliser les histoires. Nous les utilisons pour expliquer nos émotions passées. Nous concevons des histoires pour expliquer pourquoi nous ressentons ce que nous ressentons. Nos émotions sont des flashbacks, mais nous ne pouvons pas faire face à cette vérité. Nous nous disons donc que nos émotions sont liées à la situation actuelle. Dans la réalité présente, c’est très facile à faire. Nous pouvons établir un lien entre toutes nos émotions traumatisantes et cette crise. Cela n’a jamais été aussi facile. Et cela nous maintient dans une boucle de récit difficile à rompre.

Alors, je vous en prie, allez-y doucement. Faites preuve de compassion pour vos défenses. Nous en faisons l’expérience au niveau mondial en ce moment même. Observez vos défenses. Ancrez-vous aussi souvent que vous pensez à le faire. Et laissez-vous un peu d’espace pour être moins productif, plus épuisé et moins conscient que la normale. Il n’y a rien qui cloche chez vous. Vous réagissez à une expérience traumatisante par une réaction traumatique que vous avez utilisée pour survivre à une enfance traumatisante. Malgré ce que vous lisez peut-être ailleurs, vous réagissez normalement. Et prendre conscience de cette réaction normale fait autant partie de notre parcours de guérison que de toute autre étape.

Traduit par courtoisie depuis Beating trauma

soutien dépression

Le problème de dire aux personnes en crise qu’il faut savoir ‘’prendre la main” qu’on nous tend.

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Il existe de nos jours de nombreux articles sur la façon de “demander de l’aide” lorsqu l’on est en proie à une crise de santé mentale, de “tendre la main” aux personnes qui vous entourent pour obtenir force, réconfort et ressources. Mais je peux vous dire, par expérience, que ce n’est pas si simple. J’ai lutté contre la dépression et l’anxiété la majeure partie de ma vie. La plupart du temps, je la contrôle bien grâce à un régime d’auto-soins et de médicaments, ainsi qu’à un thérapeute phénoménal. Mais, en de rares occasions, cela ne suffit pas. Il y a des moments où le barrage de stress externes mêlés à mon paysage intérieur, crée la tempête parfaite de vulnérabilité et de profonde douleur ; je me retrouve au bord de la falaise, regardant en bas vers l’abîme.

L’un de ces moments s’est produit très récemment. Après quatre mois de problèmes financiers, de difficultés médicales, de multiples crises dans mon travail avec d’autres personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de deux problèmes relationnels très douloureux, j’ai atteint ma limite. Profondément déprimée, très anxieuse et complètement vulnérable, j’ai tendu la main à une amie alors que j’étais assise en pleurs sur un parking. Je la connaissais depuis trois ans, et elle était au courant de mes problèmes de santé. Je pensais que c’était une personne sûre. Sa réponse m’a coupé les jambes.

Elle m’a dit que je devais “écrire un journal de gratitude”, que mon attitude négative ” attirait sur moi toutes ces choses négatives “.

J’ai été époustouflée. Parmi les “choses négatives” dont elle parlait, il y a un trouble génétique que j’ai depuis ma naissance, des problèmes de santé chez des membres de ma famille et mes animaux adorés, et non pas des “choix de vie négatifs”. Peu de temps après, elle a coupé tout contact avec moi. J’ai cherché du soutien auprès d’une personne que je connaissais depuis 20 ans, que j’avais soutenue à travers ses propres crises. Il m’a fait une leçon sur le fait que j’avais “désespérément besoin de relations sérieuses” et en l’espace d’une semaine, il a également coupé tout contact avec moi. J’ai essayé de parler aux gens de ma communauté religieuse, et on m’a dit que je devais parler à un thérapeute, alors qu’ils savaient que je l’avais déjà fait. Ils n’avaient nullement envie de me parler de ma douleur, ni de me fournir un quelconque soutien émotionnel. L’insinuation qui m’a été faite était que le poids de ma douleur était un fardeau dont ils ne voulaient rien savoir, et que je devais me taire et trouver quelque chose de positif sur lequel me concentrer pour qu’ils ne se sentent pas mal à l’aise. J’étais dévastée par cette situation, et je me sentais encore plus mal.

J’ai eu la chance que d’autres personnes m’apportent leur soutien : un collègue de travail qui est resté en contact avec moi pendant tout un week-end difficile, un ami de longue date qui m’a écoutée et a pris le temps de me voir. Mon colocataire à l’université, qui a appelé du Colorado pour m’offrir son soutien et m’a envoyé des messages de soutien pendant les jours qui ont suivi. L’ami d’un ami qui m’a appelé après avoir lu un message entre les lignes dans une des mes publications, m’offrant soutien et conseils. Un ami de longue date au travail qui m’a envoyé des courriels presque tous les jours. J’ai eu une chance incroyable d’avoir ces personnes. Ils m’ont écoutée, ils étaient présents pour moi, ils n’ont porté aucun jugement sur moi ou sur la manière dont je me suis sentie. Ils n’ont pas minimisé ma maladie ou le stress dans ma vie.

Je pense qu’il est important de dire aux gens de tendre la main pendant une crise, mais il est également important de réaliser que tout le monde ne sera pas aidant. Les réactions de certaines personnes ont en fait aggravé ma situation. Je me sentais encore plus seule, plus inutile, plus endommagée après chaque rejet de personnes en qui j’avais confiance. Les personnes qui sont disposées à entendre parler de la douleur émotionnelle ne sont pas toujours celles que vous croyez – les guides spirituels, les amis de longue date, les personnes que vous avez peut-être aidées auparavant. Il peut s’agir de quelqu’un que vous ne connaissez pas bien, de quelqu’un qui est en périphérie de votre vie, mais qui a plus de profondeur et de maturité que la moyenne des gens. Quelqu’un qui est prêt à écouter et à répondre à la douleur de quelqu’un d’autre sans jugement. Quelqu’un d’assez à l’aise dans sa propre peau pour pouvoir prendre en compte les besoins d’une autre personne et ne pas simplement considérer cela comme un désagrément inopportun.

Vivre une crise de santé mentale peut être incroyablement difficile. La santé mentale fait encore l’objet d’une stigmatisation et de nombreuses personnes n’ont pas l’habitude d’avoir une véritable profondeur émotionnelle dans leurs interactions avec les autres, ce qui les rend peu susceptibles de bien répondre à une personne qui leur demande de l’aide. Le problème n’est pas toujours que les gens comme moi ne demandent pas d’aide en cas de crise – nous le faisons souvent. Le vrai problème, à mon avis, est que beaucoup de gens ne savent pas comment parler à quelqu’un en crise et peuvent finir par aggraver la situation avec leurs réactions négatives.

Mon conseil à ceux qui sont approchés par une personne en crise serait le suivant : écoutez simplement. Vous n’avez pas à nous “arranger”, ni à régler notre situation. Il suffit d’entendre notre douleur, de nous faire savoir que vous vous souciez de ce que nous vivons. Aidez-nous à trouver des ressources si nécessaire. Soyez présent pour nous – allez prendre un café avec nous, envoyez des courriels de soutien, prenez votre téléphone et appelez-nous. Nous n’avons pas besoin que vous soyez notre thérapeute ou notre psychiatre, mais en pleine crise, nous avons besoin que vous nous écoutiez, que vous nous reconnaissiez et que vous nous souteniez en tant qu’êtres humains qui souffrent terriblement.

Un grand merci aux personnes qui m’ont tendu la main quand j’en avais le plus besoin, et aux innombrables personnes qui ont tendu la main et soutenu d’autres personnes dans des situations similaires. Vous êtes d’une valeur inestimable. Que d’autres puissent apprendre de ce que vous avez fait et devenir plus aptes à apporter leur soutien aux membres de leur famille, à leurs amis et à leurs collègues en temps de crise.

Traduit par courtoisie depuis The Mighty