tspt cheminement thérapeutique

S’autoriser à revivre après les traumatismes de l’enfance

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Ces dernières années, j’ai consacré temps, énergie et efforts à me reconstruire suite aux traumatismes de mon enfance. Souffrant de handicaps psychiatriques : bipolarité, syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et trouble obsessionnel-compulsif (TOC), j’ai connu à la fois dépression et anxiété débilitante. À mesure que je trouve mon chemin “hors du brouillard” et que je gagne en clarté, je suis encore plus investie dans mon cheminement thérapeutique.

Voici une lettre que je me suis écrite pour honorer ce processus de reconstruction et pour me donner la permission de m’aimer plus pleinement. Une lettre pour me rappeler de la liberté qui m’attend et de mon immense potentiel.

Parfois, nous oublions de nous donner le droit de faire des erreurs, de cultiver la compassion et d’être plus doux dans le processus. Se reconstruire est un travail de longue haleine, parfois. J’espère que ces mots serviront de réconfort pour ceux qui se battent.

Chère bien-aimée,

Je t’ai vu grandir au fil des ans malgré une douleur immense et une volonté d’abandonner. Tu te souviens, j’étais là avec toi chaque fois que tu devenais plus sensible : en risquant la vulnérabilité, en allant en terre inconnue, en prenant de plus en plus conscience de l’armure archaïque qui ne te servait plus. J’étais là au début de ton voyage de reconstruction, t’écoutant pleurer en silence, exprimant ta désillusion face à la vie et à ceux qui semblaient t’avoir abandonnée.

Dans cette tempête de deuil et de perte, tu as décidé de te reconstruire et tu as même commencé à le dire à haute voix, partageant ce souhait d’une chose que tu ne comprenais finalement pas encore. À cause de tous ces schémas de comportement, tu étais dans un tel mal-être, anxieuse et déprimée que tu t’es retrouvée piégée, un peu comme si un boulet d’acier de 90 kilos était attaché à ta cheville et que tu devais le traîner chaque jour. Tu souffrais d’anxiété sévère et ton corps souffrait de la douleur constante causée par ce poids que tu estimais devoir porter. Et pourtant, tu rêvais d’être libre, sans savoir comment, et même sans croire pleinement que c’était possible. Mais tu as osé rêver. Il faut du courage pour rêver.

La lumière et l’amour déferlent maintenant dans ta conscience, dans cette pièce autrefois sombre aux volets fermés, où tu t’es cachée pendant si longtemps. Parfois, la peur t’envahit encore, comme si tu étais en train de rêver et que la lumière du soleil, se déversant, allait te réveiller. La chaleur dans laquelle tu baignes est ton réservoir d’amour ; elle a toujours été là, mais tu ne l’avais pas encore découverte. Ce que tu appelles la “paix” est tienne, et plus tu y séjourneras, plus la conscience de toi-même se développera et grandira.

Dans ce voyage incertain et plein d’anticipation, je veux que tu en sois convaincue : tu es aimée. Tu t’es engagée ici et tu as travaillé très dur pendant des années pour voir la vérité. Alors que les portes continuent de s’ouvrir et qu’une vie plus sereine apparaît, je veux que tu te souviennes de ce qui suit :

Je te donne le droit de…

Trompe-toi – tu feras des erreurs et il y en aura que tu regretteras vraiment. Tu vas perdre ton sang-froid, être “déclenchée” et retomber, par moments, dans de vieux schémas. Ce n’est pas grave. Mais essaie de ne pas passer trop de temps à te détester ; prends plutôt du recul et apprends de ces expériences. La vie en est pleine et elles sont inévitables. Quand tu t’acceptes, ta capacité à aimer les autres avec indulgence s’accroît également. Cela te rendra moins vulnérable à l’avenir.

Par pitié ! Ris plus souvent ! Tu ne ris pas assez ces temps-ci. On ne regrette jamais le fait de rire.

Ne nie pas tes émotions – Tu es en sécurité avec moi ! Pleure, sanglotes, mets-toi en colère, étourdis-toi ! En ma présence, il n’y a aucune insécurité, aucune peur, aucun sentiment que tu ne puisses exprimer. Exprime-les dans l’immobilité ensoleillée que je t’ai procurée et “laisse-toi aller”. Je serai toujours là à t’aimer jusqu’à la fin des temps.

Échoue – Oui !! Tu as ma permission d’échouer aussi souvent que tu le souhaites, que ce soit un grand ou un petit échec. L’important, c’est d’essayer. Ne pas obtenir un travail, échouer à un examen, avoir une relation qui tourne mal n’est pas important pour moi. Ce qui est important, c’est que tu vives ta vie, que tu essaies de faire de ton mieux, et que tu échoues ou que tu réussisses en chemin. Tu peux venir te consoler autour d’une tasse de café avec moi n’importe quel jour. Je veux entendre parler de tes péripéties lorsque tu échoues ou que tu réussis à tous les égards ! Chaque fois que tu essaies, même quand tu as peur, c’est une aventure et je veux m’asseoir avec toi et rire et pleurer de tous tes efforts, quels qu’en soient les résultats.

Protège-toi – Il peut y avoir des personnes ou des emplois pour lesquels il est nécessaire de “couper les ponts” afin de se protéger. Tu devras peut-être dire “non” à maintes reprises et cela risque d’être très difficile pour toi. Mais tu as le droit de poser des limites et de dire “non” aussi souvent et autant de fois que nécessaire. Ta paix est ta priorité.

Pour être réellement heureuse – Fais ce qui fait chanter ton cœur et ne t’excuses pas de répandre ton soleil. Il se peut que tes vibrations soient trop fortes pour certains et ce n’est pas important. Continue à chercher et ta lumière attirera ceux qui désirent être auprès d’elle. Ne tamise pas ta lumière pour ceux qui la trouvent aveuglante. C’est aux autres de s’adapter s’ils le souhaitent.

Ne sois pas bon en toutes choses : Nous avons tous nos faiblesses et il est normal de les admettre et de les accepter. Aime-toi malgré tout. Nous avons tous des forces qui nous sont propres. Il n’est pas nécessaire de se définir par rapport aux aptitudes des autres. Ta vie se définit désormais de plus en plus, sois fière de ce qui te rend unique. Il n’existe absolument qu’un seul toi.

Il y a tant de choses que je veux que tu explores maintenant que tu es suffisamment en paix avec toi-même pour voir le monde qui t’entoure. Ce n’est que le début et je suis très impatiente pour toi ! Lorsque tu commenceras à adopter des schémas de comportement plus sains, tu trouveras dans ta vie beaucoup d’espace et de place pour y accueillir des personnes et des aventures qui te rempliront de façon bénéfique.

Je te donne la permission de continuer à grandir dans l’amour et l’acceptation de ton moi authentique. De t’asseoir au soleil, sans peur, aussi longtemps que tu le souhaites.

Tu es aimée.

C’est toi qui cultives l’espace qui t’entoure et t’apporte sécurité et croissance. Parce que tu en es vraiment capable et que tu es forte. Tu m’as appelée et je suis restée ici, attendant cet appel avec impatience. Je suis ta source d’amour personnelle et je continuerai à grandir avec la conscience que tu as de moi.

Dans la paix,

Ton esprit

Traduction de courtoisie du témoignage d’Amy Taylor

sexe et honte

Comment je reconstruis mon rapport à la sexualité après avoir survécu aux agressions sexuelles dans l’enfance

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Les fondements de ma sexualité ont été forgés dans le cauchemar. J’ai grandi, mais chaque jour je me bats pour me rappeler que je suis digne d’amour – Hannah Shewan Stevens.

Pendant trois années de mon enfance, j’ai été conditionnée et agressée sexuellement. Enfant, on m’a enlevé mon autonomie corporelle et on a tracé la voie de ma sexualité avant même mon consentement.

Les sévices sexuels subis dans l’enfance laissent leurs empreintes et les effets ne disparaissent pas à l’âge adulte – longtemps après la fin des sévices, l’impact des actes de mon agresseur a hanté chacun de mes pas.

Ma sexualité et mon estime personnelle ont été irrévocablement altérées par la violence, et j’ai passé des années à y travailler dessus. Mon agresseur m’a appris à être passive en tout, et cette attitude sexuelle a été difficile à rectifier. La manipulation subie m’a également incitée à croire que j’avais un certain contrôle sur la violence, et je m’en suis rendue coupable lorsque cela a brusquement cessé. Ces années de conditionnement m’ont laissée vulnérable à la manipulation et à l’approbation des hommes pour me sentir reconnue.

Mais j’ai maintenant renversé la situation et trouvé le chemin de la guérison : le plaisir de se faire plaisir.

Adolescente, je n’étais pas du tout préparée pour naviguer dans le monde de l’intimité sexuelle. Je connaissais la nature biologique des actes sexuels, mais je ne savais pas que les sentiments pouvaient entrer en jeu, ni que le respect mutuel était une condition essentielle. Et, le plus préjudiciable était je n’avais aucune idée de ce qu’était le consentement. Tout ce qu’on m’avait préparé à faire, c’était de me soumettre aux désirs des hommes.

Je me suis perdue dans un tourbillon de rapports sexuels dangereux. Je sacrifiais mon confort au plaisir des autres, j’acceptais d’être séduite par des hommes plus âgés, je tombais dans un schéma d’objectivation sexuelle.

La seule explication que je peux donner à cela est le surnom que j’ai donné au masque que je portais durant l’acte – ” en mode prostituée ” – surnom que j’ai trouvé après avoir vu Pretty Woman pour la première fois, en écoutant Julia Roberts expliquer comment elle permutait d’état psychologique pour son travail. Cette scène a résonné en moi plus que toute autre comédie romantique pour adolescents.

Le cercle vicieux du chaos sexuel a régi ma vie pendant des années et, dans ma première relation, je me suis battue pour lier émotion et intimité. Je pouvais sentir le plaisir de l’intimité sexuelle mais, émotionnellement, j’étais engourdie.

Grâce à une thérapie intensive de ”l’enfant intérieur”, j’ai commencé à relier intimité et sentiment amoureux et finalement j’ai pu ”ressentir” quelque chose quand je faisais l’amour. Mais ce n’était que le début de mon cheminement. J’ai dû apprendre à travailler avec mon cerveau traumatisé, plutôt que contre lui, et j’ai fait de la plongée psychique en grande profondeur pour affronter le détachement émotionnel qui m’avait empêché de vivre mes émotions pendant mes relations sexuelles. Je continue à y travailler tous les jours.

En plus de la honte ressentie à cause des sévices subis, j’avais également profondément honte de ma libido effrénée, une conséquence bien connue des violences sexuelles dans l’enfance. J’avais peur de ma propre sexualité.

J’avais l’impression d’avoir perdu le contrôle de mon propre corps. Je me sentais avant tout objet, et après femme. Pour reconquérir mon corps, il a fallu que j’apprenne à me respecter et que j’arrête de me considérer comme l’objet des autres. L’autosatisfaction ne pouvait qu’être la solution.

Après des années à donner la priorité au plaisir de mon partenaire, je savais que je devais apprendre ce que le plaisir signifiait vraiment pour moi. J’ai passé beaucoup de temps avec moi-même pour explorer et déterminer ce qui me plaisait. J’ai adopté la masturbation et, peu à peu, j’ai appris ce qui me convenait.

Ce procédé m’a aidé à comprendre mon corps et à le revendiquer comme étant le mien. En développant ma sexualité, j’ai finalement appris à avoir des relations sexuelles en toute liberté et dans un respect total de moi-même. Ceci dit, à ce jour, je dois encore me surveiller attentivement pendant les rapports sexuels au cas où je commencerais à me dissocier.

Bien que cette vigilance constante puisse ne pas paraître libératrice pour la plupart, je ne me suis jamais sentie aussi épanouie dans ma vie sexuelle. Je peux maintenant profiter du rapport intense entre sexualité et sentiment, et je comprends enfin pourquoi l’amour et la relation sexuelle sont censés s’entrelacer. C’est un acte magnifique et puissant et je me sens privilégiée de pouvoir y participer de manière saine. Je me bats dur tous les jours pour cela et je ne le tiendrai jamais pour acquis.

Le fait de reconnaître ma sexualité m’a également redonné une plus grande confiance en moi dans tous les aspects de ma vie. Compte tenu de la bataille que je mène dans ma tête tous les jours, je sais que je peux affronter tous les défis que la vie décide de me lancer.

Ensuite, j’ai rencontré quelqu’un qui a transformé ma perception du sujet. Il m’a doucement emmenée sur un chemin que je n’étais pas consciente d’avoir à parcourir. Avec lui, j’ai accepté mon corps et, enfin, j’ai pu découvrir ce que cela faisait de se sentir désirée. C’était le premier partenaire à vraiment vouloir partager mon plaisir, au lieu de m’utiliser pour le sien. Avec lui à mes côtés, j’ai maîtrisé le pouvoir de ma propre sexualité et, avec le temps, cela m’a aidé à guérir de nombreuses blessures.

Je vis avec un SSPT complexe et j’ai des cauchemars si intenses que je procrastine sur mon sommeil pour les éviter. Mais j’avance – la guérison d’un traumatisme sexuel, quel qu’il soit, n’est pas un processus facile. Le traumatisme ne disparaît pas du jour au lendemain. Alors, même si je dois entraîner mon cerveau tous les jours, mon plaisir personnel reste ma clé de survie.

Chaque fois que j’ai l’impression de m’éloigner de la réalité, j’utilise mon plaisir personnel pour m’enraciner et reconnecter mon esprit avec mon corps. Et, les jours particulièrement sombres, je me mets devant un miroir et me rappelle que je suis plus forte que les sévices. Je suis digne d’amour. Je suis une femme puissante, dotée de capacités et d’autonomie. Je suis une survivante sexuelle et je n’ai pas honte.

Je n’aurais plus jamais honte.

Traduit par courtoisie de Huffpost

violences sexuelles

Ce que j’apprends sur le pardon en lien avec le SSPT

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Le pardon est un sujet très délicat. Il peut être donné de manière différente selon chacun. Il peut signifier autre chose pour chaque individu. C’est pourquoi il est si important, mais aussi si compliqué à comprendre.

Par définition, le pardon est : “Une décision consciente et délibérée de libérer des sentiments de ressentiment ou de vengeance envers une personne ou un groupe qui vous a fait du mal.”

La chose la plus importante à retenir au sujet du pardon est que cela ne signifie pas que vous tolérez l’acte ou que vous l’oubliez. En fait, pardonner peut ne rien avoir à voir avec la personne en question. Le pardon ne porte que sur la personne victime du préjudice.

Grâce à ma thérapie par mouvements oculaires (EMDR), j’ai appris qu’il y a quatre phases du pardon. Cela commence par “la phase de découverte”, où vous approfondissez votre compréhension de la situation et de l’impact qu’elle a eu sur vous.

La deuxième phase vise à mieux comprendre le pardon en lui-même et à prendre la décision de continuer ou non avec le pardon dans votre situation personnelle. C’est ce qu’on appelle “la phase de décision”.

Ensuite, il y a “la phase de travail”, au cours de laquelle vous commencez à appréhender l’agresseur sous un angle nouveau. Cela permet d’amorcer le processus de pensées positives à votre égard et à celui de son agresseur.

Enfin, dans la dernière phase, les émotions négatives seront encore plus atténuées. Vous pourriez aussi trouver un sens à la situation et constater que vous avez pu vous développer en tant que personne. C’est ce qu’on appelle “la phase d’approfondissement”.

Comme vous le remarquerez dans chacune de ces quatre phases, la seule partie conséquente, c’est vous. Les différentes phases n’ont pas toutes à voir avec l’agresseur, ni même avec le crime. Le pardon vise à surmonter le traumatisme, pour votre propre bien-être. Vous libérez alors les émotions négatives liées à l’événement.

Le pardon est un processus long et difficile pour certains. Chacun de nous est unique, a vécu des choses différentes et réagit différemment. Nous avons tous droit à ce processus, peu importe le temps qu’il faut pour cela. Personnellement, je suis une thérapie EMDR depuis environ trois mois et je viens de passer à la troisième phase. Je comprends que le pardon me concerne, et j’ai choisi de pardonner. Peu importe la l’événement que vous avez enduré, vous méritez le pardon, pour vous-même.

#lepardon #agresseur #victime #EMDR

Traduit par courtoisie – The mighty

mère pédocriminelle

Pourquoi il est si difficile de parler des mères auteurs de crimes pédosexuels

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Le tabou qui consiste à dénoncer La Mère nous fout en l’air. Les oncles et les pères sont les plus visés – pour de bonnes raisons, malheureusement, d’après les chiffres – mais il y a aussi des mères qui font du mal. Nous ne nous permettons tout simplement pas d’en parler.

La figure infaillible de la Mère est une question importante qu’il faut s’adresser, mais très difficile à aborder. Nous sommes imprégnés du langage des mères-patries et nous racontons des histoires de super-pouvoirs de la mère qui voit tout, celle qui peut vous voir vous faufiler dans la maison plongée dans l’obscurité après le couvre-feu, ou qui sait que vous avez pris un biscuit supplémentaire alors qu’elle est de l’autre côté de la maison, le dos tourné. C’est à elle que l’on dit de penser, à qui l’on doit intrinsèquement faire confiance selon la science et avec qui on est censé avoir le lien le plus profond. C’est d’elle que nous venons. Elle est notre foyer.

Parfois, cependant, ces attentes – je ne peux pas me résoudre à les appeler des valeurs alors qu’elles ne sont que des outils d’oppression hétéropatriarcale – s’effondrent devant ce que certaines de nos mères sont réellement en tant que personnes.

La disparité entre ce qu’on nous dit que nos mères sont pour nous et ce qu’elles peuvent être en réalité est un abîme qui peut nous scruter profondément, engloutissant nos cœurs et nos esprits avec la simple idée que nous sommes des monstres ingrats et pleurnichards qui n’aiment pas nos mères comme il se doit. Que nous sommes des personnages terribles qui ne savent pas faire face au mensonge que nous sommes censés vivre sans poser de questions. Que nous devrions toujours choisir d’aller de l’avant et de nous entendre.

Cela vous semble familier ?

Sois gentil. Soyez une brave fille/un brave garçon. Joue honnêtement. Les enfants doivent être vus et non entendus. Vous ne faites pas partie de ceux-là, mais vous êtes assez poli. Vous savez que votre mère vous aime.

Et si ce n’est pas le cas ?

Et si elle ne le peut pas ?

Lorsque j’ai suivi une thérapie intensive pour enfin affronter l’agresseur le plus insidieux de mon histoire, j’ai ressenti une immense honte par rapport aux événements que j’allais révéler. Il est vrai que j’avais été parfaitement formée à garder les secrets de famille, mais personne n’a semblé surpris lorsque j’ai déballé les agissements des figures familiales masculines – j’ai eu l’impression que l’attitude des thérapeutes était fondée sur une hypothèse qui était en elle-même hideuse à intégrer dans mon cheminement.

Cependant, quand j’ai été dû invoquer la Mère, quelque chose en moi a résisté. Et a résisté durement. Pendant des années, cela a freiné le processus jusqu’à ce que mon état mental ne puisse plus garder ces secrets ; la vérité devait sortir et, le plus souvent, elle se manifeste bien souvent par des douleurs chroniques et des maladies qui affectent votre vie.

J’ai dû appeler ma mère pour pouvoir aller de l’avant et, pour cela, je me suis sentie comme l’être humain le plus méprisable qui ait jamais vécu. Il existe de nombreux articles remplis d’études et de résultats sur le thème des violences et de la maltraitance des mères envers leurs enfants (il existe aujourd’hui de nombreux livres sur les conséquences pour les enfants d’avoir eu une mère alcoolique, narcissique, etc.) ; cette lecture concerne le moment où votre sainte Mère est présentée sous vos yeux incrédules – par sa communauté, par son église, par le reste de la famille, par la société – comme une personne qui ne pourrait jamais vous faire de mal.

Mais parfois, ce n’est tout simplement pas vrai. Nous devons en parler.

Il y a trop de stéréotypes autour du rôle des mères, en particulier des mères célibataires, qui ne véhiculent que de vils préjugés à l’égard des Mères auxquelles elles se réfèrent. Elles doivent “être parfaites”, être “fortes” et ainsi de suite – c’est vraiment la recette d’un désastre peu importe la manière dont vous la servez ; personne ne peut rivaliser avec ces idéaux que nous avons créés pour personnifier l’archétype de La Mère, et ne devraient pas avoir à le faire.

Les gens ne sont pas censés être en compétition avec une icône, et le vécu d’une personne n’est pas plus important que celui d’une autre. Les gens se démènent, surtout les femmes, et cela ne serait-il pas plus facile sans ajouter une barre impossible placée si haut que personne ne peut l’atteindre ? Pour éradiquer ce message d’échec constant qui inonde Nos Mères ? Cela ne crée pas les problèmes entre mères et enfants, mais cela n’aide pas non plus.

C’est peut-être ce système de prétendu culte du héros – où nous pouvons chanter des hymnes d’amour pour la patrie à travers le thème de La Mère, et dénoncer en parallèle, en tant que société, la paresse et l’inaptitude des mères – qui cloue le bec à la maltraitance et aux violences aux mains, aux actes et aux paroles de nos mères.

La Mère a une image plus grande que nature inscrite dans nos esprits depuis la naissance, une figure divine qui nous a littéralement fait naître dans son corps sacré. Nous défaire de cette conception lorsqu’elle nous a causé plus de mal que de bien est un travail énorme, mais nous devons prendre conscience que ce n’est pas parce que notre mère a créé la bouche avec laquelle nous devons dire notre vérité, aussi douloureux que soit le processus pour enfin commencer à avancer, qu’elle en est  la propriétaire.

Les vraies mères, comme tous les vrais parents, savent que nous espérons que nos enfants feront mieux que nous, qu’ils envisageront le monde d’une manière nouvelle que nous n’aurions jamais pu imaginer ; elles comprennent que les enfants sont leur espoir pour l’avenir.

La conception de La Mère est ce à quoi j’ai travaillé pendant des années ; le fait de réaliser que c’était la réalité dans laquelle je vivais m’a guidée vers un endroit où je pouvais chercher l’aide dont j’avais besoin. C’était l’ancienne définition de la folie que je jouais – je continuais à anticiper les réactions de ma mère en espérant qu’elles soient différentes, plus en accord avec le concept de La Mère, mais ce n’est jamais ce qu’elle a été ni ne sera jamais.

Ce fut brutal et cinglant de l’apprendre, de le voir pour ce que c’était, en toute honnêteté. Je continue à me sentir comme une enfant pervertie et sans mère, mais le fait de faire entendre ma vérité a été un commencement.

Traduction de courtoisie depuis The Mighty

traumatisme

Le diagnostic non-officiel du SSPT Complexe ou pourquoi est-il si difficile d’avoir un diagnostic ?

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Je suis une femme de quarante-deux ans, hantée par une maladie psychologique depuis aussi longtemps que je me souvienne, et pourtant ce n’est qu’au cours des deux dernières années que je suis devenue consciente de ce trouble complexe. Aucun spécialiste de la santé mentale ne m’en a jamais parlé. La seule raison pour laquelle j’en connais le nom, et reconnais ces symptômes comme étant les miens, est que j’ai fait mes propres recherches pour essayer de me guérir. Pourquoi est-il si difficile de trouver un diagnostic qui explique en détail les symptômes uniques avec lesquels nous vivons et avec lesquels nous devons apprendre à survivre chaque jour ?

On m’a diagnostiqué une dépression avec anxiété généralisée en 2000. Ce diagnostic est resté le même au cours des dix-neuf dernières années, mais pour moi, il n’a jamais suffi à expliquer la gravité des nombreux symptômes dont je souffre. L’intensité même des émotions ; la déconnexion constante et la solitude, comme si j’interagissais avec le monde à travers une pellicule de verre ; les flash-back émotionnels causés par les chansons à la radio (notamment la musique des années 80 que tout le monde semble aimer et qui n’est autre que la musique de mon enfance maltraitée), un nom si douloureusement familier ou le fumet de certains plats ; les relations interpersonnelles qui semblent si faciles pour tout le monde, mais qui pour moi sont parsemées de pièges de méfiance, de signaux d’alarme et de cette manie paradoxale de ne jamais en faire cas pour certaines personnes, puis de retomber dans la violence.Je savais que je ne cheminais pas dans ce monde de manière ” normale “, mais je ne comprenais pas, ni n’arrivais à m’expliquer pourquoi. J’en était venue à la même conclusion que les nombreuses personnes qui ont travaillé ou interagi avec moi – j’étais juste bizarre.

Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais un trouble de la personnalité limite, uniquement parce que je ressens les émotions avec une intensité qui frise le ridicule. La musique est mon principal déclencheur. Je vis les chansons comme sur un grand huit, chacune me rappelle une personne, un souvenir, une situation réelle ou imaginaire. J’ai tendance à écouter la musique en voyage, donc c’est toujours rocambolesque ! Je regarde mon chat, et je pleure parce que je l’aime tant. J’ai un énorme sentiment d’abandon dû à différents événements de ma vie et je me sens particulièrement anxieuse et apeurée dans mes relations. Mais…. beaucoup de points ne me parlaient pas. Je me demandais si je n’étais pas une personne avec un trouble de la personnalité ‘’tranquille’’. Je n’avais aucun problème avec ces diagnostics et j’étais prête à accepter que je ne rentrais pas tout à fait dans les cases, mais je ne me sentais toujours pas bien.

Un jour, j’ai demandé à un thérapeute quel était mon diagnostic, et il m’a demandé pourquoi j’en avais besoin. Il m’a dit que les étiquettes n’aidaient personne à se rétablir et n’avaient aucune incidence sur le traitement. À l’époque, je n’étais pas assez sûre de moi pour lui soutenir qu’il était important pour moi de savoir. Je voulais une explication concrète des raisons pour lesquelles je me sentais si différente. Une étiquette m’aurait aidée, surtout à l’ère des groupes de soutien Internet et des pages Facebook.

Je crois que la plupart des gens sont plutôt intéressés pour rechercher de l’information concernant leurs symptômes personnels, et comme le soutien psychologique est souvent difficile à trouver, ces groupes peuvent littéralement sauver des vies. Je ne comprends pas pourquoi les services de santé mentale n’en tiennent pas compte et ne veulent pas ‘’étiqueter’’ les gens. Cela ne devrait-il pas être un choix personnel ? Donner un nom à quelque chose peut aider à comprendre, au lieu d’avoir une série de symptômes qui n’ont aucun sens séparément. Certes, le SSPT complexe n’est toujours pas un diagnostic officiel que les professionnels de santé mentale peuvent poser, mais je suis convaincue qu’il y avait plus que de la dépression dans mon diagnostic. Je souhaitais connaître leur opinion sur les choses personnelles que j’avais partagées avec eux et discuter d’un diagnostic au sein d’une équipe.

Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai appris que le SSPT complexe existait. C’était peut-être dans un article lu sur une page Facebook, mais je sais que c’était purement par hasard et que je savais que c’était ce dont je souffrais. Je me suis sentie tellement soulagée, sachant qu’il y avait un nom spécifique pour tous mes symptômes et que d’autres personnes ressentaient la même chose.Je ne me sentais plus si “anormale” parce qu’il y avait une très bonne explication à la façon dont je voyais le monde et interagissait avec. Ce n’était pas de ma faute, et je n’étais pas ”folle”. Le simple fait de savoir a été comme une thérapie en soi car cela m’a enlevé un énorme poids. Et, tout comme pour un diagnostic physique, une fois que vous savez ce qui dont vous souffrez, vous pouvez commencer à travailler dessus. J’ai fait des recherches dans des articles et sur YouTube pour trouver des vidéos à ce sujet, beaucoup d’entre elles provenant de personnes aux prises avec les mêmes maux.Maintenant, quand je vois mon thérapeute (privé), je le considère comme une collaboration parce que je sais sur quoi je dois travailler et pourquoi je suis affectée par certaines choses. J’entraîne la partie logique de mon cerveau à agir comme un videur de boîte à chaque fois qu’il détecte un problème, à faire une pause, à regarder l’émotion ressentie, à tenter de savoir d’où elle vient et à réaliser qu’elle va passer. Ce n’est pas si difficile en général de ressentir l’émotion – je ne me force plus à le refouler en me disant que je suis ” une idiote “. Cela m’a permis à faire preuve de plus de compassion envers moi-même parce que la personne qui souffre le plus, c’est la petite fille à qui l’on a fait ressentir qu’elle était inférieure aux autres.

J’espère vraiment que le syndrome de stress post-traumatique complexe deviendra un diagnostic courant car il est indispensable qu’il le soit. Je me considère chanceuse de l’avoir découvert par hasard, mais je me demande pourquoi on devrait compter sur la chance pour trouver la guérison, le soutien et la solidarité avec les autres victimes de violence.


Traduit avec courtoisie : CPTSD Foundation