Émotions

La Thérapie Holotropique

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Le mot en Grec ancien pour blessure est trauma. En termes simples, le traumatisme est une expérience profondément perturbante qui crée un stress extrême et submerge le corps et l’esprit.

Le médecin Gabor Maté, expert en traumatologie, dit qu’avec le traumatisme, “nous perdons le lien avec notre propre essence”. Il suggère que le traumatisme est moins lié aux événements qu’à la perte de avec soi-même, comme si nous avions perdu notre sagesse, notre force et notre joie de vivre.

D’un point de vue holistique, guérir d’un traumatisme signifie apprendre à ressentir de nouveau le sens de notre moi avec toute sa palette d’émotions et d’expériences physiques.

Gérer les traumatismes et trouver la bonne option de traitement est une décision très personnelle.

Les approches de médecine alternative peuvent soulager les patients qui ne peuvent être adéquatement soutenus par d’autres techniques.

La Respiration Holotropique est une démarche puissante d’exploration de soi et d’autonomisation personnelle qui repose sur notre sagesse intérieure innée et sa capacité à nous conduire vers une transformation positive ainsi que la plénitude.

Décomposé, le mot holotrope vient du grec holos, qui signifie entier et trepein, qui signifie se déplacer vers. Ainsi, holotrope peut se traduire par mouvement vers la plénitude.

Bien qu’il s’agisse d’une pratique intense, la Respiration Holotropique a de grands avantages pour ceux qui veulent l’essayer. Puisqu’elle a été développée pour permettre aux patients de faire face aux traumatismes, elle a fait ses preuves en tant que forme de psychothérapie.

LE DÉVELOPPEMENT DE LA THÉRAPIE HOLOTROPIQUE.


La Respiration Holotropique a été conçue par Dr. Stanislav Grof et Christina Grof, chercheurs formés en thérapie psycho-analytique. Alors qu’ils étudiaient les effets du LSD, les Grofs se sont intéressés aux états de conscience modifiés, ou états non ordinaires, et à la façon dont ils pouvaient aider les gens à faire face à leur traumatisme. Ils ont donc cherché à mettre au point une méthode permettant d’obtenir une expérience psychédélique par la respiration uniquement, à des fins d’exploration de soi et de guérison intérieure.

La Respiration Holotropique est une respiration intense ayant pour but d’amener les patients à transcender la conscience comme moyen de guérison. Plus précisément, la Respiration Holotropique intègre des respirations courtes et intenses suivies de respirations longues et profondes. Pour cette raison, beaucoup considèrent que la Respiration Holotropique est une pratique méditative bien plus intense.

COMMENT EST-ELLE PRATIQUÉE?

La Respiration Holotropique est le plus souvent pratiquée en groupe. On peut également faire des séances individuelles ou dans le cadre d’une retraite.
Les gens sont placés en binôme dans un groupe. Il y a un “respirateur” et un “gardien”.
Le gardien n’aide le respirateur qu’en cas de besoin. Il s’assure que le respirateur est en sécurité et qu’il est soutenu pendant la séance. Un intervenant guide la séance. Des instructions sont données pour augmenter la vitesse et le rythme de respiration. Le respirateur doit respirer plus vite et plus profondément tout en gardant les yeux fermés.
Une session peut durer de 2 à 3 heures au total.
Le respirateur est couché sur un tapis pendant toute la durée de la séance. Une musique répétitive joue. Ceci permet au respirateur d’entrer dans un état de conscience modifié (semblable à celui d’un rêve bien vivant). La musique commence avec des tambours, puis atteint son apogée avant de passer à une “musique du cœur”. De là, elle finit par se transformer en musique méditative.
La séance est non limitative. Cela signifie que chaque personne est capable de trouver son propre sens et d’atteindre la découverte de soi. Les personnes qui respirent peuvent faire des sons et bouger de la manière qui leur convient.
Ensuite, les participants dessinent des mandalas de cette expérience et discutent de ce qui s’est passé. Il peut s’agir de ré-expériences de traumatismes passés, de sentiments de joie ou du développement d’une conscience spirituelle.
Les personnes qui respirent et les gardiens échangent leurs rôles à chaque séance.
Il n’y a pas un schéma particulier quant au changement à atteindre pendant les séances. Les participants sont libres de travailler sur tout ce qui se présente à eux lorsqu’ils entrent dans l’état modifié. C’est l’hyperventilation qui entraîne une altération de l’état de conscience due à une privation d’oxygène dans le cerveau.

Les adeptes de cette technique soutiennent que cet état modifié permet aux individus d’accéder à des parties de l’esprit qui ne sont habituellement pas accessibles, ce qui peut inclure des souvenirs réémergents d’événements passés.

QUE RESSENT-ON ?

Une question fréquente est de savoir ce que cela fait de participer à un travail de Respiration Holotropique ? Il peut sembler effrayant de respirer de cette façon, et vous pouvez vous inquiéter des effets que vous allez ressentir. Plutôt qu’un état de conscience modifiée, certains préfèrent l’appeler “état de conscience non-ordinaire” pour signifier que cela n’a pas nécessairement les connotations négatives d’états modifiés.

Pour avoir une idée générale, faire un rêve est un concept assez similaire. La Respiration Holotropique est une expérience qui est censée amener la personne dans une dimension plus profonde du moment présent et à voir les choses de manière plus colorées que dans la réalité.

BIENFAITS

Il n’y a pas suffisamment de recherches pour appuyer les bienfaits thérapeutiques de la Respiration Holotropique dans les troubles psychologiques tels que la dépression et l’anxiété. Cependant, certaines données suggèrent que cela peut être utile pour la relaxation, pour soulager le stress, pour la croissance personnelle et pour la conscience du soi. Il est recommandé de pratiquer la Respiration Holotropique en parallèle à une thérapie conventionnelle, plutôt que de l’utiliser en remplacement de celle-ci.
Passer du temps dans un climat de confiance, se concentrer sur des préoccupations de vie plus profondes, apprendre à soutenir les autres, apprendre à faire confiance à sa capacité de se guérir et apprendre la compassion font partie des bienfaits possibles.

RISQUES POTENTIELS

Il y a certains risques possibles à pratiquer la Respiration Holotropique. Cette technique suscite des craintes en ce qui concerne la détresse qu’elle peut causer chez les personnes vulnérables, telles que les personnes susceptibles de développer des psychoses. De plus, il existe d’importants risques médicaux d’hyperventilation. La réduction du dioxyde de carbone et autres altérations de la chimie sanguine peuvent entraîner des étourdissements, des évanouissements, des faiblesses, des spasmes au niveau des mains et des pieds et même des convulsions.

Comme le processus de la Respiration Holotropique vise une ” expérience profonde “, il est possible que des sentiments désagréables apparaissent, ce que l’on appelle aussi une ” crise de guérison “. En effet, cette technique est controversée parce qu’elle implique l’amplification possible des symptômes de façon potentiellement problématique.

Qui ne devrait pas pratiquer?
Cette technique peut provoquer des changements physiques et émotionnels intenses. Par conséquent, il existe une liste de critères spécifiques pour lesquels la pratique est déconseillée. Il est recommandé de discuter des risques possibles avec un professionnel de la santé avant de vous lancer dans cette pratique alternative, surtout si vous souffrez des symptômes suivants :

Maladies cardiovasculaires
Crises cardiaques, hypertension artérielle et angine de poitrine
Glaucome ou décollement de la rétine
Blessure ou opération chirurgicale récente
Toute condition qui exige que vous preniez des médicaments
Crises de panique ou psychose
Crises d’épilepsie
Troubles psychologiques sévères
Anévrismes (ou antécédents familiaux)
et aussi en cas de grossesse ou d’allaitement

Les émotions intenses qui émergent au cours d’une séance holotropique sont également source de préoccupation. C’est pourquoi on recommande le travail holotropique dans le cadre d’une thérapie continue pour aider les personnes à surmonter les émotions personnelles intenses et/ou les souvenirs douloureux qui peuvent survenir.

TECHNIQUES DE RESPIRATION HOLOTROPIQUE

Nous vous recommandons de consulter un centre de thérapie holotropique si vous êtes intéressé, mais si vous souhaitez chez vous, commencez par trouver un endroit frais et sombre.

Placez un tapis confortable sur le sol et allongez-vous. Fermez les yeux, relâchez toute tension dans vos muscles et commencez par prendre quelques respirations relaxantes.

Lorsque vous vous sentez prêt, approfondissez votre respiration. Inspirez par le nez et poussez le ventre aussi loin que possible. Regardez votre estomac diminuer à mesure que vous expirez.

Puis commencez à accélérer votre respiration. Gardez l’esprit clair ; vous pouvez répéter “Inspirez, expirez” tranquillement à vous-même.

Continuez ce processus jusqu’à ce que vous vous sentiez entrer dans un état modifié ou lorsque vous êtes prêt.

AUTRES MÉTHODES DE RESPIRATION EN CAS DE STRESS

La Respiration Holotropique peut être une option thérapeutique envisageable, mais comme pour toute chose qui repousse vos limites, assurez-vous d’en discuter préalablement avec votre médecin ou thérapeute.

Si la méthode du Dr Grof ne vous ressemble pas, ou si vous souhaitez explorer d’autres techniques de gestion du stress et de l’anxiété, renseignez-vous sur les méthodes suivantes :

Pleine conscience
Relaxation musculaire progressive
Méditation avec Thich Nhat Hanh ou Deepak Chopra
Méditation pour l’anxiété

Pour approfondir, vous pouvez lire le livre What Happened? Re-presenting Traumas, Uncovering Recoveries, dont vous pouvez trouver un extrait sur Google Livres

Sources:

Very well mind / Spire / DeepH

art-thérapie

Prise en charge art-thérapeutique – reviviscences de viols par inceste

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Maud est arrivée par l’intermédiaire du site « 13 or de vie » mettant en œuvre des ateliers d’art-thérapie pour les victimes directes ou indirectes des attentats de Paris. Elle a pris un nom d’emprunt et nous respecterons son anonymat d’autant que très vite, elle a expliqué sa présence aux ateliers par son lien avec une victime des attentats et, suite à ces événements, sa réactivation des viols par inceste subis. Comme l’association accompagne ces victimes dans « 13 or de vie » et les victimes de viols par inceste dans d’autres ateliers, Maud a demandé à venir le samedi matin et un atelier a été mis en place, pour elle, et des stagiaires, d’octobre 2016 à janvier 2017.

Notre étude vise à démontrer l’avantage de l’art-thérapie dans la reconstruction d’un être traumatisé, mais aussi l’effet à long terme qu’apporte cet outil pour permettre au patient de retrouver une autonomie relativement rapidement.

par Emmanuelle Cesari

Thyma02/07/2017Mémoires et travaux universitaires

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1 – Une méthodologie art-thérapeutique pour les victimes

a) L’art-thérapie préventive pour éviter l’installation d’un conflit

Rappel pour les dix séances

L’art-thérapie préventive a sa place dans tous les moments de transition. Dans tous les cas, c’est le sujet qui prime et non sa production. Peu importe si le sujet ne produit rien de génial, pourvu qu’il aille mieux. C’est dans ce but qu’il est venu, non pour devenir artiste. (Jean-Pierre Royol)

b) Le modèle cathartique

Il va permettre au sujet de vider son sac dans une logorrhée défensive puis sera mis en place l’outil de création. La représentation sur le papier permet de cadrer, par le format de la feuille, de limiter par la concentration de la double tâche de raconter et dessiner, de gérer la coordination pensée – œil – main. Mais il est essentiel de retenir que ce processus n’est possible que si le thérapeute est capable de contenir la douleur de la participante et de l’accompagner dans sa recomposition sans marquer d’autorité, de supériorité et au contraire inscrire dans cette relation une forte notion de partage. « Le patient devient alors progressivement co-thérapeute de la dyade » (Mairesse, 2012).

c) Élaborer autour des événements subis

Victime indirecte de l’attentat du Bataclan, Maud exprime une réactivation des émotions mettant à jour un état de stress post-traumatique plus ancien, non pris en charge et non intégré. Cet événement traumatique en a donc ravivé un autre, en l’occurrence les agressions paternelles. Elle est dans un état de décompensation de l’après-coup.

d) La logique systémique

La famille de Maud s’occupe de la cousine victime du Bataclan mais personne n’a relevé le changement délétère chez Maud qui souffre de ses réminiscences. Maud n’allant pas bien depuis le Bataclan, n’exerce plus son métier de psychomotricienne auprès des enfants. C’est la raison pour laquelle elle éprouve le besoin d’une aide extérieure.

e) La stratégie du détour

La stratégie du détour est une pose de l’indication thérapeutique du cadre de telle sorte qu’on ne travaille pas dans un registre tabou, qu’on respecte les défenses, qu’on ne brutalise pas les symptômes, qu’on contourne les résistances, et qu’on élise une proposition dans le temps, l’espace, les règles du jeu, les acteurs en présence, qui puisse contribuer à mettre en scène les formes dessinées par les trois dimensions précédentes. (Jean-Pierre Klein)

2 – Le cadre thérapeutique de l’atelier d’art-thérapie

« C’est un espace transitionnel qui permet de favoriser la créativité et l’expression de chacun » (Winnicott)

Le cadre est un ensemble de règles, de limites, d’interdits, de normes, d’habitudes et d’attitudes, dispensés aux participants par le thérapeute afin de fournir un contenant pour les processus psychiques qui sont mis en jeu.

a) Les conditions spatiales et temporelles

Les ateliers ont eu lieu le samedi matin de 10 à 12 heures, toujours au même endroit, dans la même salle. Lors d’un atelier supplémentaire pour finir le joint de la mosaïque nous n’avons pas obtenu la même salle et Maud se sentira un peu perdue.

b) Les conditions matérielles et le choix du médium

Lors de l’entretien préalable, j’ai noté que Maud partait un peu dans tous les sens, sautait du coq à l’âne et revenait sur ce qu’elle avait évoqué précédemment. Ayant suivi auparavant, plusieurs participantes victimes de viols par inceste, je connais l’importance du cadre qui met en place une sécurité suffisante pour que le sujet puisse supporter l’inconfort du changement et s’engager dans un processus. Le processus lui-même provoque l’évolution des consignes, j’adapterai à chaque séance l’utilisation d’un médium ou d’un autre. Je commencerai par du collage papier pour intégrer ensuite différentes matières, puis pour arriver sur du solide, nous ferons un plateau de mosaïque.

c) Les conditions financières

Les ateliers sont offerts par la Fondation de France – dans le cadre de suivi des victimes directes ou indirectes des attentats de Paris – et Maud ne m’est redevable de rien.

d) Les conditions de stockage de la production

Maud cherche du travail. Elle ne veut plus demander d’argent à sa famille. Elle a donc du temps à consacrer à sa recherche de psychologue et d’ateliers d’art-thérapie. Maud emportera ses productions de manière à continuer à faire des recherches chez elle.

3 – Le déroulement de l’atelier

a) Temps d’accueil

Chacun s’installe, nous prenons un café, nous faisons le point sur les moments importants de la semaine écoulée.

b) Temps de production

La participante, les stagiaires et l’art-thérapeute peuvent échanger. Il est important d’observer que parfois il y a flux de paroles et parfois silence presque total.

c) Temps d’échange autour des productions

L’accent est porté sur l’aspect symbolique des productions, matière à échanges, associations d’idées et « symbolisation primaire et secondaire ». Sont pris en compte également les éléments transférentiels se jouant dans l’atelier, à tous les niveaux.

4 – Les objectifs de l’atelier

a) Les outils diagnostiques

– L’auto-évaluation et la fiche ESPT – M.I.N.I. 500 – version française août 1995 : Il y a des moments de dissociation et puis ma famille et le rapport avec la psychologue m’ont éteinte à nouveau, comme paralysée, replongée dans un déni partiel, coupée dans mon élan de début de libération et m’ont rendue à la fois désagréable, sur la défensive (m’identifiant à nouveau à mon père) et prête à exploser sans pouvoir le faire.

– Constat de l’art-thérapeute lors de l’entretien préalable :

Lors de notre premier entretien, alors que Maud était lancée à grand débit de paroles, entrecoupées de petits rires nerveux, j’avais remarqué un clivage lorsqu’elle parlait de sa famille. Je n’ai pas poussé son discours car je savais que je ne disposerais que de dix séances donc qu’il m’était impossible de travailler sur une possible dissociation. Je note cependant quelques points sur lesquels je suis restée vigilante : élaborer sur le sentiment d’abandon de la participante ; gérer les transferts négatifs ; sortir des clivages ; gérer la dissociation ; réunir ses différentes facettes ; oser écrire, sortir du silence ; ne pas chercher à remplir les satisfactions des autres à tout prix ; vivre plus le moment présent et en profiter.

Informations recueillies sur les symptômes de l’État de stress post traumatique (ESPT) : Sachant que les attentats avaient provoqué chez Maud, une réminiscence de vécus infantiles difficiles, je l’ai invitée à me parler des symptômes de son enfance et ensuite de ceux actuels.

Tic de respiration forte étant enfant et autres tics corporels, masturbations compulsives, “jeux” sexuels avec d’autres enfants, mêmes cauchemars qui se répètent, problèmes à se représenter le contenu de lectures, au début de l’adolescence et après un déménagement apparition d’angoisses existentielles, impression de perte lexicale sémantique – « je regardais les définitions exactes dans le dictionnaire, comme si beaucoup de choses m’avaient échappées les années précédentes », inhibition intellectuelle et motrice), problèmes relationnels, difficultés mémorielles, de représentation et de compréhension qui pèsent sur la scolarité, problème de conscience corporelle, auto-mutilations, troubles alimentaires, dépressions, logorrhées, sentiment d’oppression.

Maud évoquera différents symptômes actuels qui la perturbent : reviviscences, état second, dissociation, peur, crises d’angoisse, sentiment de menace, de solitude envahissant, colère, irritabilité, méfiance, somatisations (vertiges, douleurs aux parties intimes, au cou, aux cuisses, pelades, douleurs au dos, au ventre), cauchemars avec reviviscences d’odeurs, de souvenirs sensoriels, mémoire altérée, déprime, asthénie, intellectualisation, besoin de contrôle, toc de vérification, de propreté, temporalité perturbée, spectatrice de soi-même, détachement de soi-même, problème de lien corps-psychisme.

Après recueil de ces informations, nous avons cherché à définir nos objectifs. J’ai pris en compte les siens afin de définir mes propres orientations.

b) Les attentes de la participante

Maud exprime le besoin de : pouvoir différencier ce qui émane de l’emprise des membres de sa famille de ce qui provient de ses envies ; mettre de la distance avec la famille ; pouvoir se protéger, pouvoir dire NON ; moins intellectualiser, lâcher prise, détecter les moments où l’effort prend le dessus, quand le cerveau sature ; sortir de l’isolement ; ne pas se laisser envahir par des tocs ; réaliser la confusion entre minimisation, le fait de relativiser, se contenter de telle ou telle chose et ce qui relève de la culpabilité ; réaliser la différence entre les conséquences qui découlent de l’ESPT sur la vie professionnelle, sociale, sentimentale et ce qui relève de ses propres envies qui dans l’urgence doivent faire coïncider les deux.

c) Les objectifs de l’art-thérapeute

En réponse aux besoins de Maud, l’art-thérapeute doit faire en sorte qu’elle pense à elle en priorité et passer outre la culpabilité qui s’ensuit ; l’aider à créer son propre cadre dans lequel elle se sent bien ; l’accompagner à sortir de l’emprise, reconstruire son indépendance, sa liberté ; encourager la poursuite de la réflexion pour sortir de la dévalorisation et se remettre en mouvement dans un quotidien nouveau.

– Travailler sur la symbolisation dans ce cas de clivage : Avec la prise en compte du passé de ma patiente et des traumatismes familiaux, il faut choisir minutieusement les outils. Le collage qui, d’après l’étude de Gérard Bayle (2012) permet aux enfants de s’identifier par incorporation aux parents, répond aux besoins de Maud.

– Travailler avec l’émotion esthétique : C’est tenter de rendre visible l’invisible, tenter de dire l’indicible, guetter l’apparaître sous l’apparence… car l’essence même de l’art-thérapie consiste, entre autres, à extérioriser une émotion, une image, une vision, impossibles à verbaliser. En ateliers d’art-thérapie, je vais essayer de repérer cette émotion esthétique, de la faire approcher à Maud. L’émotion esthétique ressentie a une place dans le processus art-thérapeutique, parler, associer autour d’elle peut avoir des effets thérapeutiques sur la participante.

– Et d’une manière plus affinée répondre à l’objectif de fond de l’art-thérapie : Que le cadre pratique prenne moins de place et vienne soutenir la mise en place d’un cadre interne et que ces ateliers permettent de faire un état des lieux, une remise en mouvement et peut-être le début d’un travail de transformation et de différenciation générationnelle.

5 – Les améliorations

A l’issue de ces séances, l’art-thérapeute et la participante ont établi une liste des observations positives et négatives :

a) Au niveau cognitif

Le travail sur la concentration sur soi et donc éloignement de l’emprise familiale a été bénéfique ; en pratique, par rapport au dessin initial, Maud s’autorise à moins coller au modèle ; l’Interaction du groupe “je rajoute un morceau rouge parmi ces couleurs claires (ça me rappelle la touche noire parmi les rouges sur le support de la stagiaire)” ; les ateliers ont participé à une meilleure gestion du temps, à la redécouverte de prendre son temps, celui aussi de gérer la frustration, de n’avoir aucune obligation de résultat, d’apprendre comment modifier le chemin petit à petit à l’instar de la mosaïque, changer en restant la même.

b/ Au niveau comportemental qui persiste de l’état de stress post-traumatique

Les ateliers ont amené progressivement Maud à prendre conscience de sa dispersion et du problème d’estime de soi, illustrés par un peu de négligences d’apparence, corporelles (posture, attitude, soins du corps), de son sentiment de déracinement, de son hypersensibilité à la douleur d’autrui, des animaux… ; de ses clivages, raccourcis dans la pensée, de sa simplification des choses ou au contraire de sa volonté à trop détailler ; de sa difficulté à prendre des décisions ; de ses régressions infantiles ; de se sentir dans la confusion, ne pas pouvoir rendre compte avec les mots justes, les situations, les ressentis ; de son perfectionnisme, de vouloir être dans une cohérence, d’éviter les contradictions et de vivre les choses en différé.

Tout cela a pu être mis en évidence dans la précision de ses compositions artistiques et Maud a pu, avec l’illustration concrète de ces attitudes exposer, nommer, expliquer et par l’échange avec le thérapeute, repenser l’automatisme, l’évitement, la dispersion

– Relation communication : De là bien sûr, découle une prise de conscience du besoin de contrôle et du droit à se réattribuer une place ; s’ensuit une prise de conscience du besoin de remettre le corps et la parole en mouvement.

– Expression : Ce travail en co-thérapie aura permis également le déblocage de certaines émotions ; Maud a pris de la distance par rapport aux événements et s’autorise à évoquer le traumatisme, à dédramatiser, à se déculpabiliser et donc travaille sur son identité de « non-coupable ». Elle dit avoir retrouvé l’accès à la rêverie, à l’imaginaire.

– Socialisation : Trois points sont à noter dans la resocialisation de Maud : venir à tous les ateliers avec le groupe, sortir de chez soi et reprendre un emploi.

Le dixième atelier a eu lieu le samedi 7 janvier 2016 – Maud a commencé un nouveau travail de garde d’enfant par l’intermédiaire d’une agence. Elle a fait valoir ses études de psychomotricienne. Elle réfléchit autour des enfants, car elle ne se voit pas faire de la garde d’enfants juste pour faire de la garde d’enfants ce qui ne serait pas intéressant et selon les valeurs de l’agence, elle essaye de retrouver doucement son domaine, la psychomotricité. Elle se rend compte que ça lui facilite certains réflexes, certains points de vue et observations. Maud écrit : “et puis mine de rien, je me resocialise, je vois plein de parents, je fais le trajet en RER… J’ai pris le livre : l’enfant sous terreur d’Alice Miller.”

6 – Discussion

Étant donné que la participante est venue dans le cadre d’ateliers de victimes indirectes des attentats de Paris, amenée par la souffrance d’une proche, il conviendrait de l’écarter peu à peu de cet événement pour resserrer le cadre et le rendre plus personnel afin qu’elle recrée son espace intime et qu’elle trouve sa bonne distance avec sa famille.

La préparation d’ateliers ne garantit en aucun cas leur réussite. Maud et moi-même devons faire face aux imprévus, aux réactions personnelles qui peuvent même être étrangères à la participante. C’est pourquoi, nous nous sommes appliquées à faire un point après chaque séance, à rassembler nos impressions et nos besoins. Mais, il manque toujours du recul pour réinjecter dans la séance suivante ce que l’on vient d’apprendre et en tirer le meilleur parti. Il est donc évident qu’avec davantage de temps, certains points auraient eu besoin d’être affinés, certaines idées pertinentes auraient pu émerger plus tôt au bénéfice de Maud.

Étant donné le peu de temps qui nous a été alloué pour cette thérapie, nos objectifs n’ont pu être qu’à moitié réalisés sur 10 séances. Ceci, nous pousse à envisager une suite. Nous nous retrouverons une fois par semaine dans un atelier à Clichy et nous sommes tombées d’accord pour poursuivre sur un blogue : http://artherapievirtus.org/R-A-I-V-I/

L’absence de contact physique avec risque de perception d’intrusion y deviendra un avantage tant pour Maud que pour le thérapeute si nous voulons approfondir le travail sur la base de la vraie raison de sa venue aux ateliers. L’apport de photos, de vidéos, de bandes son, permet toutes les ouvertures artistiques et une communication hors langage bien loin d’un débriefing. L’hémisphère droit, siège de l’émotion peut alors suffire à l’échange.

Il permet dans ce même esprit de co-thérapie, tant au thérapeute qu’au patient de se retrouver, de se rassembler par la conservation des échanges et des créations qui bien souvent font l’objet de destruction de la part du sujet en souffrance suite à des besoins de faire disparaître la concrétisation de ce qui le hante. Il autorise ainsi l’illustration évidente d’une évolution positive, sauvegarde du moi car la dépendance à l’autre est vécue comme insupportable (Jeammet, 2000). La liberté que donne la libre expression sur le blogue permet de s’attacher à un travail quotidien qui éloigne la dépression et sans dépendance.

Une resocialisation est en route à travers cette communauté virtuelle, dans laquelle les échanges avec d’autres personnes victimes de viols par inceste est fructueuse.

Source et bibliographie : Thyma

EMDR

État de stress post-traumatique : quel arsenal thérapeutique ?

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L’exposition à des événements générateurs de stress intense peut entraîner chez certains individus un état pathologique dont l’état de stress post-traumatique (ESPT) ou post-traumatic stress disorder – PTSD . L’ESPT associe des symptômes centraux de reviviscences (flash backs, réveils nocturnes, cauchemars…), d’évitement, d’irritabilité et d’hypervigilance et des symptômes périphériques (tachycardie, hypertension artérielle, etc.). Il peut s’accompagner de comorbidités : dépressions, troubles anxieux, comportements addictifs, insomnies, difficultés relationnelles…

par Cécile Menu.

On a beaucoup parlé de l’ESPT à la suite des attentats, cependant nombre de situations de la vie peuvent en être à l’origine : maltraitance, inceste, viols, violences conjugales, accidents, situations de combats, séjours en réanimation, catastrophe naturelle, tortures, harcèlement professionnel… Il peut s’agir de chocs vécus durant la petite enfance ou lors de la vie d’adulte, les troubles pouvant se manifester à retardement. Toutefois, des événements traumatiques n’engendrent pas systématiquement un état de stress post-traumatique et certaines personnes sont plus à risque que d’autres.

Définition du stress post-traumatique selon la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé (F43)
« Ce trouble constitue une réponse différée ou prolongée à une situation ou à un événement stressant (de courte ou de longue durée), exceptionnellement menaçant ou catastrophique et qui provoquerait des symptômes évidents de détresse chez la plupart des individus. Des facteurs prédisposant, tels que certains traits de personnalité (par exemple compulsive, asthénique) ou des antécédents de type névrotique, peuvent favoriser la survenue du syndrome ou aggraver son évolution ; ces facteurs ne sont pas toutefois nécessaires ou suffisants pour expliquer la survenue du syndrome… Dans certains cas, le trouble peut présenter une évolution chronique, durer de nombreuses années et entraîner une modification durable de la personnalité »

Quelques chiffres

Aux États-Unis, on estime que ce syndrome touche 6,8 % de la population générale. 30 % des vétérans de la guerre du Vietnam en sont atteints et 12 % des vétérans de la guerre du Golfe (source National Center for PTSD). En population générale, la prévalence sur une vie entière du stress post-traumatique a été estimée à 5-6 % chez les hommes et 10-14 % chez les femmes aux USA tandis qu’elle était estimée à 1 à 3 % en Europe. La prévalence peut devenir très importante au sein des populations témoins d’événements catastrophiques et peut concerner 25 à 75 % des victimes directes  au cours de l’année qui suit l’événement et 5 à 40 % des membres des équipes de secours intervenus sur l’événement. 70 % des Américains vivent des chocs traumatiques et 20 % d’entre eux sont susceptibles de développer un ESPT % d’entre eux sont susceptibles de développer un ESPT.

Hypothèse neurophysiologique

Comme le rappelait le neuro-psychiatre Boris Cyrulnyk, lors d’une conférence donnée à l’université de Nantes en 2017, il faut distinguer le trauma qui est le « coup » et le traumatisme, la représentation du « coup ». Le traumatisme peut faire parfois plus mal que le coup. Cette deuxième forme de souffrance altère la mémoire. Notre mémoire saine normalement évolutive, se fixe alors après un stress post-traumatique. « Nous devenons prisonniers de notre passé »
Ainsi, lorsqu’un souvenir persiste dans le temps et reste stable, on parle de consolidation mnésique. Lors d’un stress traumatique, la sécrétion d’hormone du stress, la noradrénaline alors stimulée, participerait à consolider le souvenir traumatisant à valence émotionnelle négative. Elle se traduit par des boucles anxieuses ou intrusions traumatiques. Les liens entre le système hippocampique (en charge du stockage de la mémoire), la structure amygdalienne (en charge du ressenti de nos émotions), et le cortex préfrontal (analyse du contexte environnemental) joueraient un rôle clé dans le phénomène de stress post-traumatique. Ce processus participerait à la modification architecturale du réseau neuro cortical et contribuerait à maintenir le souvenir vivace. On le retrouve dans des situations de peurs et de phobies.

Pour en savoir plus
Extraits de conférences Boris Cyrulnyk https://webtv.univ-nantes.fr/fiche/2639/boris-cyrulnik-la-memoire-traumatique ; Pr Bruno Millet Stress post traumatique, nouvelles méthode thérapeutiques  https://www.youtube.com/watch?v=KCOAyuuMzUM) ; F. Canini, M. Trousselard, Y. Andruetan. Mécanismes neurobiologiques des états de stress. 2011

Quels traitements sont utilisés ?

Evènement unique et inattendu, prolongé ou répété, il importe que le sujet soit traité d’autant que, plus l’épisode traumatique est ancien, plus il est difficile à faire disparaître. Le patient doit « trouver des ressources pour garder confiance en l’être humain » comme le déclare Christophe André.
A ce jour, plusieurs types de traitements, pharmacologiques et non-pharmacologiques, sont utilisés.

Il n’est jamais trop tard pour traiter un ESPT
Il n’est jamais trop tard pour traiter un ESPT, c’est ce que constate l’US department of veterans affairs. En effet, 53% des personnes ayant reçu un traitement psychothérapique centré sur le trauma ne présenteraient plus de ESPT après 3 mois de traitement contre 42% ayant suivi un traitement médicamenteux et seulement 9% pour des personnes non traitées. Les traitements psychothérapiques concernés étaient les Thérapies Comportementales, Cognitives et Emotionnelles (TCC) dont la technique d’exposition prolongée, l’EMDR et les traitements médicamenteux (Sertraline, Paroxetine, Fluoxetine, Venlafaxine)  (US department of veterans affairs) https://www.ptsd.va.gov/publications/print/PTSD_Best_Treatment.pdf)


Les traitements non-pharmacologiques centrés sur le trauma

    – Les thérapies cognitives et comportementales (TCC)

Trois composantes interviennent en TCC, les composantes d’ordre comportemental, cognitif et émotionnel. Les TTC tendent à modifier les comportements et les émotions et pensées qui leur sont associées. (https://tcc.apprendre-la-psychologie.fr/que-sont-les-tcc-ou-tcce.html)
Parmi elles, la technique d’exposition prolongée a fait ses preuves notamment chez les vétérans américains. Cette technique consiste à s’exposer selon certaines règles aux stimuli anxiogènes ou phobogènes pour diminuer la réponse anxieuse qui en résulte. L’exposition peut être imaginaire ou réelle.

    – Le Eye Movement Desensitization and Retroprocessing : EMDR

L’EMDR ou technique de désensibilisation et retraitement par mouvements oculaires, développée par la psychologue californienne Francine Shapiro, est une pratique récente (1987). Elle utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche). La mémoire redevient plus mobile avec des nouvelles associations, pensées, sensations et émotions permettant aux patients, libérés de ses symptômes, d’utiliser une mémoire actualisée donc à nouveau fonctionnelle face aux aléas de la vie. Cette thérapie brève est une approche intégrative faisant intervenir de nombreux éléments issus de diverses approches psychothérapiques comme les TCC, l’hypnose Ericksonnienne, le courant psychodynamique, les approches psychocorporelles. Comme pour les TCC, c’est une technique préconisée par l’OMS dans la prise en charge des ESPT. Les formations initiales et continues sont contrôlées et homogénéisées au niveau national et européen pour obtenir le titre de « Praticien EMDR Europe » (ou sa réaccréditation).


    – L’hypnose Ericksonienne

La transe hypnotique, induite par une parole bienveillante et des suggestions activatrices de changement, permet aux patients de retrouver ses ressources d’adaptation, de se confronter de façon progressive à la mémoire traumatique pour la transformer en une mémoire sans charge émotionnelle leur permettant de reprendre le cours de leur vie de façon plus libre.  « Quand quelqu’un a exprimé sa souffrance, il est absolument nécessaire d’arrêter ce récit et de se demander comment on peut changer »  rappelait François Roustang, philosophe, hypnothérapeute et « dissident » de la psychanalyse: « faire raconter l’histoire encore plus en détail de telle sorte que la personne en soit fatiguée, de telle sorte que la narration devienne absurde. Il s’agit d’éteindre la parole, comme il s’agit d’éteindre les émotions,  les sentiments … pour revenir à un silence où quelque chose peut se passer. On sort de la répétition en renvoyant la personne à la multitude des possibilités qui sont en elle… »

Extraits de Être psy – François Roustang 1983 et 2008

Les traitements pharmacologiques

Dans le rapport de la Haute autorité de santé HAS – ALD n°23 « Troubles anxieux graves », les traitements recommandés pour l’ESPT sont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine 2 (ISRS2) comme la paroxétine et la sertraline, et les hypnotiques dans le cas de troubles du sommeil importants, en traitement de courte durée, inférieur à 4 semaines, sevrage progressif compris.

La Méthode Brunet™ ou le blocage de la reconsolidation mnésique, une nouvelle piste ?

Le professeur Alain Brunet et son équipe ont mis en place un protocole pour bloquer la reconsolidation mnésique à l’aide du propanolol. Il a mis en évidence qu’il était possible, à chaque fois que le patient se remémorait un événement traumatisant, de moduler le souvenir, de l’exacerber en exagérant la description de l’évènement, et d’atténuer la charge émotionnelle grâce à cette molécule (5). Six séances de blocage de la reconsolidation mnésique sont organisées, un bêta bloquant est délivré au patient une heure avant le rendez-vous. Puis il est demandé au patient de se remémorer l’évènement traumatique et de le retranscrire par écrit. Enfin, il expose ce récit à haute voix devant le médecin. Le patient est revu toutes les semaines et suit ce même protocole. Cette technique serait peut-être aussi efficace que les techniques comportementales et l’EMDR.

Enfin d’autres études sont en cours sur le rôle de la kétamine qui participerait à la restauration de la connexion synaptique. 

Source et complément d’article : M-Soigner

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Qu’est-ce que le Brainspotting® ?

Publié le

1 : David GRAND , Ph.D. (USA) : créateur de la méthode BSP et Formateur
2 : Qu’est- ce que le BRAINSPOTTING® ?
3 : Applications pour le Brainspotting®
4 : Information concernant les Formations

1 – David GRAND, Ph.D. (USA) : créateur de la méthode BSP et Formateur :

La Thérapie BRAINSPOTTING® (BSP) a été découverte en 2003 par David GRAND, Ph.D.(USA). Plus de 8000 thérapeutes y ont été formés aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. «La direction de notre regard impacte notre ressenti ». Le BSP fait usage de ce phénomène naturel, par le biais de différentes positions oculaires. Ce processus permet au thérapeute BSP de localiser, recentrer et de libérer un large éventail d’éléments aux niveaux émotionnels et corporels.

Le BSP est également un outil qui s’appuie sur le fonctionnement du cerveau pour enrichir la relation thérapeutique. Nous soutenons que le BSP puise dans la capacité « d’auto-scanning » naturel du corps, tout en soutenant la capacité d’auto-guérison. Lorsqu’un Brainspot est stimulé, il semblerait que le cerveau profond signale par un réflexe oculaire au thérapeute que la source du problème a été identifiée. Le BSP peut aussi être utilisée pour trouver et renforcer nos ressources naturelles, ainsi que notre résilience. Le BSP est conçue comme un outil thérapeutique intégrable dans un grand nombre de modalités thérapeutiques. La BSP peut également être utilisée afin d’améliorer la performance et la créativité. La puissance de l’intervention BSP est amplifiée par l’utilisation des CD de sons biolatéraux.
« David Grand est l’un des plus grands thérapeutes actuels dans le domaine de la Psychotraumatologie. Son développement de la thérapie Brainspotting représente une avancée considérable pour le traitement des personnes souffrant de Psychotraumatismes. La BSP est un outil sophistiqué, souple et approfondi constituant un supplément idéal pour la boîte à outils thérapeutique de tout thérapeute. J’évoque cela en toute connaissance de cause, puisque je fais usage de la BSP régulièrement en parallèle à ma pratique analytique. Les résultats sont fort probants. Le praticien sera surpris de voir combien le BSP permet de détecter les traumas au niveau des réflexes ordinaires du visage et des yeux. Il découvrira comment, par l’utilisation de ces voies d’accès au Soi profond, de nombreux traumas et symptômes peuvent être traités rapidement. La présentation de David GRAND est claire, et les illustrations de cas, évoquant pourtant des histoires dramatiques, ne sont pas exagérées ».

Norman Doidge, MD. FRCPC, auteur du livre « The brain that changes itself».
« La thérapie Brainspotting est fondée sur un « accordage » profond entre le thérapeute et le patient et l’identification d’un indice somatique et son extinction par la régulation de l’amygdale. Il ne s’agit pas uniquement d’une activation du SNP (système nerveux parasympathique) ; il s’agit d’homéostasie ».

– Robert Scaer , MD , » The trauma spectrum «
Auteur et formateur David Grand, Ph.D.

2 – Qu’est- ce que le BRAINSPOTTING® ? :

Le Brainspotting® est une méthode thérapeutique puissante et pointue qui fonctionne par l’identification, le traitement et la libération des sources neurophysiologiques profondes, des souffrances émotionnelles/corporelles, des traumatismes, de la dissociation et d’une variété d’autres symptômes difficiles.

Le Brainspotting® permet à la fois de diagnostiquer et de traiter. Il est renforcé par les sons biolatéraux, son action est profonde, directe et puissante, tout en restant ciblée et contenante.

Le Brainspotting® fonctionne comme un outil neurobiologique pour soutenir la relation de guérison clinique. Toutefois, une donnée fondamentale est « l’accordage » au présent, au sein de la relation thérapeutique, c’est-à-dire la capacité à entrer en contact avec une autre personne en souffrance, dans le cadre de la relation et dans laquelle le patient se sent sécurisé, en confiance, écouté, accepté et compris.

Au sein de cette relation clinique, Le Brainspotting® nous propose un outil opérant sur le plan neurobiologique, afin de localiser, analyser, traiter et évacuer les expériences et les symptômes qui sont généralement hors de portée de l’esprit conscient, ainsi que de la dimension cognitive et de la capacité de formulation verbale.

Le Brainspotting® travaille au niveau du cerveau profond et du corps grâce à son accès direct aux systèmes autonomes et limbiques du Système Nerveux Central. Le Brainspotting® représente ainsi un outil physiologique, permettant un traitement engendrant des effets profonds sur les plans émotionnels, psychologiques et somatiques.

Il est considéré que le Brainspotting® sollicite et exploite la capacité naturelle du corps de « s’auto-scanner » (« auto- scanning natural body ») afin de traiter et de relâcher certaines zones précises qui sont dans un état d’homéostasie inadapté (blocages primitifs de survie). Cela peut aussi expliquer la capacité du Brainspotting® a souvent réduire, voire éliminer la douleur corporelle et les tensions associées à l’état physique.

Un « Brainspot® » est la position oculaire qui est liée à l’activation énergétique/émotionnelle d’un traumatisme chargée émotionnellement au sein du cerveau. Il est fort probable que ce processus se produise au niveau de l’amygdale, de l’hippocampe ou le cortex orbito-frontal ou du système limbique. Localisé à l’aide des positions oculaires et associé à des réponses réflexives, observées de l’extérieur (par le thérapeute), et expérimentées sur le plan interne par le patient, le Brainspot® représente, en réalité, un sous-système qui enregistre une expérience émotionnelle sous la forme d’une mémoire.

Quand un Brainspot® est stimulé, le cerveau profond signale par un réflexe au thérapeute qu’une zone pertinente a été localisée. Cela se produit généralement en- dehors du champ de conscience du patient. Il existe une multitude de réponses réflexives, en outre des tics oculaires, des vacillements, des arrêts, des clignements des yeux (clignements dits soit « durs » (longs), soit « doubles »), la dilatation ou la constriction des pupilles, le front qui se plisse, des reniflements, des déglutitions, des bâillements, des toux, des hochements de tête, des signaux de la main, des tics faciaux, des mouvements au niveau des pieds et des déplacements subtils du corps. Les expressions faciales réflexives représentent des indicateurs puissants de la localisation des Brainspots®.

L’apparition d’une réponse réflexe, lorsque le patient ressent l’expérience somato-sensorielle du Trauma, l’émergence émotionnelle ou somatique, est une indication que le Brainspot® a été localisé et activé. L’accès à ce dernier peut alors être accessible et stimulé par le maintien de l’œil du patient, à un point précis, lorsqu’il se concentre sur l’expérience somatique/sensorielle du symptôme ou du problème abordé dans la thérapie.

Le fait de maintenir cette position de l’œil/Brainspot lorsque le patient focalise son l’attention sur le ressenti corporel, en relation avec sa problématique, facilite l’intégration profonde et le processus de guérison au sein du cerveau. Le traitement, intervenant manifestement au niveau réflexif ou cellulaire à l’intérieur du système nerveux, engendre le déconditionnement des réponses/réactions émotionnelles et physiologiques inadaptées au présent, qui se sont instaurées auparavant (lors de l’adaptation instinctive au Trauma). Il semblerait que le Brainspotting® stimule, concentre, et active la capacité inhérente du corps à se guérir lui-même du Trauma.

Dans la phase « Inside Window », le thérapeute et le patient participent ensemble à localiser les Brainspots®, via le ressenti du patient au moment le plus aigu de son expérience de perturbation corporelle ou émotionnelle. Le Brainspotting peut être effectué soit avec un œil, soit avec les deux. Le Brainspotting peut cibler la perturbation du patient et il peut aussi permettre la mise et en place et le renforcement des ressources.

Le Brainspotting® est également très utile pour accéder et développer les états et les expériences de ressources internes. Ces ressources permettent au thérapeute ainsi qu’au patient, de « penduler » entre les états positifs (ressource) et les états traumatiques lorsque cela s’avère nécessaire au cours du Brainspotting®. Cette « pendulation » (balancement/alternance) permet un traitement et une désensibilisation plus graduels et fluides des traumatismes profonds, des difficultés et symptômes chargés émotionnellement.

Le Brainspotting® agit jusqu’au niveau du nucléus réflexif. Fréquemment, il semblerait que lorsqu’un niveau de perturbation « 0 » est atteint, une nouvelle étape ou un nouveau seuil est dépassé, permettant un accès plus profond au cerveau. Le nucléus réflexif se situe au niveau du cerveau profond et inconscient. Il est aussi éloigné de notre champ de conscience, que le sont les fonctions, telles la respiration, la circulation et la digestion. Le Brainspotting® déconstruit le traumatisme, les symptômes, la perturbation somatique et les croyances dysfonctionnelles au sein du « reflexive core ».

Le Brainspotting® est une approche « de corps à corps ». La perturbation est activée et localisée dans le corps. Cela permet de localiser le Brainspot® selon la position oculaire. Contrairement à l’EMDR, dans laquelle le souvenir traumatique est la cible, dans le Brainspotting®, le Brainspot® est la cible ou « focus ou le point d’activation». Tout est mis en œuvre pour activer, localiser, et traiter le Brainspot®.

L’efficacité du Brainspotting® est favorisée par l’utilisation de CD de sons biolatéraux. Le son biolatéral favorise les capacités du cerveau à traiter l’information, en stimulant alternativement chaque hémisphère cérébral. Pour le traitement des patients hautement dissociés ou très fragiles, le Brainspotting® peut être initié sans aucun son biolatéral bien qu’il soit toujours possible de les rajouter par la suite, lorsque le patient est plus intégré et plus souple. Le son thérapeutique entre directement dans le cerveau, au travers des nerfs auditifs pendant que vibrent les tympans bilatéralement.

Tout événement de vie qui provoque des blessures et de la détresse physique et/ou émotionnelle importantes dans laquelle la personne se ressent submergée, impuissante, ou enfermée, peut constituer une expérience traumatique.

Une prise de conscience se fait désormais au sein de la communauté soignante que les expériences de blessures physiques et/ou affectives, les douleurs aiguës ou chroniques, les maladies physiques graves, les interventions médicales lourdes, l’instabilité sociale, les catastrophes naturelles, ainsi que de nombreux événements difficiles de la vie contribuent au développement d’un réservoir substantiel de Traumas. Ces traumatismes ainsi engendrés demeurent stockés dans le corps.

Dans la plupart des cas, l’individu traumatisé n’a généralement pas la possibilité ou le soutien pour traiter et intégrer ces événements traumatiques de façon adéquate. L’expérience traumatique devient alors une partie de son « réservoir traumatique ». Le coût aux niveaux physiques, énergétiques et émotionnels de ce fardeau traumatique accumulé ne peut pas être sans conséquence pour le corps et le psychisme. La littérature en médecine et en psychologie reconnaît maintenant qu’approximativement 75% des demandes de consultations médicales sont liées aux actions ou aux conséquences de l’accumulation de stress et/ ou du Trauma sur les systèmes du corps humain.

Tout praticien dans le domaine de la santé est confronté tôt ou tard à des patients dont les symptômes physiques ne peuvent pas être séparés de leurs corollaires sur les plans émotionnels et psychologiques. Les expériences de vie traumatiques, qu’elles soient physiques ou psychologiques, sont fréquemment des facteurs contributifs importants dans le développement et/ou le maintien de la plupart des symptômes et des problèmes rencontrés dans le domaine de la santé.

Le Brainspotting® représente un outil thérapeutique, physiologique, qui peut être intégré dans un large éventail de modalités de guérison incluant les approches psychologiques, ainsi que somatiques. Le Brainspotting® peut être utile en complément de diverses thérapies à base physiologique, telles que les approches corporelles avancées  des chiroprateurs, des acupuncteurs, des thérapies somatiques, des kinésithérapies, des soins infirmiers, la médecine et d’autres approches dans le domaine de la guérison des troubles physiologiques. Le Brainspotting® représente également une ressource précieuse dans le traitement d’un large éventail de difficultés et de symptômes médicaux, physiques et psycho-émotionnels rencontrés par les professionnels de la santé.

Le Brainspotting® fournit un outil neurobiologique pour accéder, diagnostiquer, et traiter une grande diversité de cas somatiques et émotionnels.

3 – Applications pour le Brainspotting®

Le Brainspotting peut représenter un outil efficace et pertinent pour :

Le Trauma Physique et Émotionnel
La guérison suite à une blessure ou à un accident traumatique
Le trauma engendré par les interventions médicales et les traitements médicamenteux
Les maladies liées au stress et au trauma
Les problématiques liées à la performance sportive et la créativité
La fibromyalgie et les autres conditions de douleurs chroniques
Les addictions (tout particulièrement les envies compulsives)
Les troubles de l’attention (en outre THADA)
Les problèmes de perception
Le bégaiement
Les maladies liées à l’environnement et à la fatigue chronique
Les phobies
L’asthme
La préparation à et la récupération à la suite d’une opération
Le trauma engendré par la guerre et les catastrophes naturelles
Les problématiques liées à la colère et à la rage
L’anxiété et la panique
La gestion des troubles médicaux majeurs

Source et suite : IETSPT – Information concernant les Formations