abus sexuel ou inceste

Agression sexuelle, ça vous parle?

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Cet article, qui provient de Lincoln, Nebraska, lance cette statistique, dans une interview avec le Child Advocacy Center. Il ne fournit pas d’explication sur sa provenance, mais je suis très curieux de savoir si l’un d’entre vous l’a déjà vu :

“Seuls 16 % des hommes ayant des antécédents documentés en matière d’agressions sexuelles se considèrent comme ayant réellement été agressés, contre 64 % des femmes ayant des antécédents documentés en matière d’agressions sexuelles”.

La raison pour laquelle cela m’intrigue est que nous savons que les agressions sexuelles sont rarement signalées par les victimes masculines ou féminines, et je pense que beaucoup d’entre nous ont toujours supposé qu’elles étaient possiblement un peu moins dénoncées par les victimes masculines, en raison des nombreuses personnes qui continuent, d’une manière ou d’une autre, à croire que les garçons ne peuvent pas être victimes d’agressions sexuelles, mais je n’ai pas réfléchi au nombre de victimes masculines qui ne se considèrent peut-être même pas comme des victimes.

Durant mon enfance, je ne me considérais pas comme une victime d’agression sexuelle, principalement parce que je ne savais pas ce que c’était, je pensais que cela signifiait avoir été enlevé par un inconnu et avoir été violé, parce que c’est contre cela qu’on m’avait appris à me protéger. Un membre de ma famille qui me violentait, ce n’était pas ça, c’était quelque chose de différent, quelque chose pour lequel je n’avais pas de nom. C’était un secret.

Je me demande combien de personnes se promènent avec leur propre secret, sans même avoir conscience qu’elles ont été agressées sexuellement ?

Traduit par courtoisie : Témoignage de Mike.M

violences sexuelles et VIF

Comparaison des violences sexuelles intra et extrafamiliales sur enfants dans un contexte médico-légal

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Contexte : Les violences sexuelles sur enfants restent un problème accentué par la difficulté de détection. L’objectif de cette étude était de comparer les données intrafamiliales (IF) et extra-familiale (EF) de violences sexuelles à l’égard des enfants, à la recherche de variables différentielles qui pourraient permettre une meilleure intervention et une meilleure prévention.

Résultats : Les violences sexuelles intrafamiliales (IF) sont significativement plus susceptibles de se produire à plusieurs reprises, avec un retard plus important dans leur révélation, et avec des victimes plus jeunes

Le handicap mental était plus fréquent chez les victimes de violences sexuelles extrafamiliales (EF).

La proportion de familles recomposées était plus élevée, avec plus de dossiers juridiques, et plus d’antécédents de violences domestiques parmi les familles de victimes de violences sexuelles, avec de dossiers juridiques, et plus d’antécédents de violence domestique.

Et même dans les cas de violences sexuelles EF, 78 % des agresseurs étaient connus des victimes; dans environ 80 % des cas, l’agression a été signalée par un membre de la famille.

Conclusion : Les résultats soulignent la nécessité de poursuivre le développement de programmes de détection dans les écoles, la police ou les milieux de la santé, car les signalements par les professionnels sont rares.

La maltraitance des enfants inclut les différentes formes de violences physique, sexuelles et psychologiques, la négligence et l’abandon. Enfant Les agressions sexuelles sur enfants (CSA) est également un terme général décrivant un large éventail d’événements dont les caractéristiques varient, tels que l’âge de la victime, la relation avec l’auteur, ou le type de violence (Ventus, Antfolk, & Salo, 2017). (…)

D’après la synthèse des recherches (Gekoski, Davidson, & Horvath,2016), il est possible de conclure que la majorité des CSA sont intrafamiliaux (IF). Ces cas ont des conséquences plus graves et une corrélation plus forte avec le cycle de la violence. Dans les CSA-IF, les filles sont plus susceptibles d’être victimes, et bien que les familles puissent être de tous types socio-économiques, les études dépeignent généralement les familles dysfonctionnelles. (…)

Au Canada, sur 1 037 archives de police (Fischer & McDonald, 1998), la prévalence est de 44 % pour les violences sexuelles IF. Ces travaux indiquent une apparition plus précoce et une durée plus longue de ce type de violences. Les victimes IF (6,98 ans) sont plus jeunes que les victimes EF (9,88 ans) au moment des premiers violences.victimes (9,88 ans) au moment des premiers abus. En outre, seulement 23,5 % des cas IF contre 62,4 % des cas EF ont été limités à un seul événement. Concernant la révélation et les circonstances entourant les agressions, une plus grande proportion de victimes n’en a pas parlé (17,7 % contre 10,9 %), on rencontre une plus grande résistance des familles à la révélation (10 % contre 3 %) et une moindre présence de témoins (17 % contre 30 %) parmi les victimes IF. Et pas de différences quant au sexe de la victime (45 % des garçons et 43 % des filles ont été agressées par des auteurs IF). (…)

Dans une récente méta-analyse développée à partir de 62 travaux empiriques sur un échantillon total de 14 494 victimes (Ventus et al., 2017), il est apparu que les violences sexuelles IF sont associées à une survenue plus précoce, plus fréquente et plus durable, ce qui les rend plus insistantes et physiquement intrusives (plus les épisodes de violence sont nombreux, plus il est probable qu’ils impliqueront force et/ou contact) (…)

D’une manière générale, on peut affirmer que les révélations sont moins nombreuses et qu’il existe plus de problèmes liés à la révélation parmi les victimes de violences sexuelles IF. Ces violences durent plus longtemps et il y a un délai plus important entre le début des agressions et les témoignages officiels. De nombreuses différences apparaissent en matière de révélation. Des estimations globales (Londres, Bruck, Wright, & Ceci, 2008) montrent qu’environ 55 % à 66 % des victimes ne révèlent jamais les violences sexuelles subies, et seuls 5 à 13 % les déclarent aux autorités. Selon Lahtinen, Laitila, Korkman, & Ellonen (2018), le taux de révélation dans une enquête menée en Finlande auprès 11 364 participants de sixième et neuvième année (avec une prévalence d’agressions de 2,4%) était de 86%. Néanmoins, seulement 26 % d’entre eux l’avaient révélé à un adulte, et 12 % aux autorités. Ils ont souligné que si les enfants victimes ne mentionnent ces événements qu’auprès de leurs pairs (48%), il est fort probable que l’agression sexuelle persiste et qu’aucune intervention ne se fera rapidement. Il a été signalé (Lev-Wiesel & First, 2018) que plus les cas de CSA sont graves, plus la la volonté de les divulguer est moindre, et que les garçons sont plus réticents à révéler toute forme d’agression (voir aussi McElvaney, 2015). (…)

Les agressions répétitives représentent 70,6 % de l’échantillon global. Les cas d’agressions répétitives sont significativement plus élevés chez les victimes de violences sexuelles IF (88,9%) que parmi les victimes EF (55,7%). Les chiffres d’agressions répétitives sont 6,3 fois plus élevés dans les cas IF. Le temps écoulé entre la première agression et la révélation ou l’intervention de la police était sensiblement plus élevé dans les cas IF que dans les cas EF . Soixante-et-onze pour cent des cas IF ont duré plus d’un an, tandis que 76 % des cas EF ont duré moins d’un an. Le délai de divulgation supérieur à un an est 8,1 fois plus important dans les cas IF. Vingt-quatre pour cent des cas IF ont perduré plus de quatre ans, contre 5,8 % des cas EF. En effet, un taux de 10 % des cas IF ont duré plus de neuf ans. Il n’y a pas eu de différences en matière de type d’agression sexuelle, et dans les deux groupes, l’informateur principal/le plaignant était un membre de la famille (principalement la mère ou le père).

Il n’y a pas de différences dans la détection par les professionnels (14,1 % contre 15,6 %) ou par la famille/les amis (85,9 % contre 84,4 %) entre les 2 groupes. Parmi les cas IF, 42,4 % des victimes avaient moins de neuf ans et 76,7 % avaient moins de 12 ans. Près de cinquante pour cent des victimes de violences sexuelles EF avaient 12 ans ou plus. Ainsi, les victimes de l’IF sont plus jeunes au moment de l’agression, et plus la victime était âgée, moins les cas IF sont fréquents. Bien que la prévalence des femmes soit légèrement plus élevée parmi les cas IF, la différence n’est pas statistiquement significative.

En ce qui concerne les antécédents familiaux, dans les cas de violences sexuelle IF, il y a beaucoup plus de dossiers juridiques, de problèmes de violence domestique et d’antécédents d’agressions sexuelles. Les familles étaient comparables dans les deux groupes en ce qui concerne les antécédents de santé mentale, de toxicomanie et de problèmes économiques, mais il y avait davantage de familles recomposées au sein de l’IF et davantage de services de garde d’enfants au sein de l’EF. Presque tous les agresseurs étaient des hommes, sans différence d’âge entre IF et EF. Dans les deux groupes, la plupart des auteurs du crime n’avaient pas de condamnations antérieures. Pour les violences IF, les agresseurs étaient des membres proches de la famille dans 21,1 % des cas. Parmi les cas EF, 20,7 % des agresseurs étaient des inconnus et 79,3 % étaient des connaissances (…)

Discussion

Certaines des différences décrites sont censées être liées à des conséquences plus graves pour les victimes de violences sexuelles intrafamiliales, bien que nous n’ayons pas pu le confirmer. Plus de secret et moins de visibilité permettent aux agressions sexuelles de se produire de manière plus continue, ce qui retarde leur révélation, et rendent difficile la découverte par des tiers (Magalhães et al., 2009). Les cas de violences sexuelles IF dure plus longtemps du fait que la victime soit plus présente (Mian et al., 1986). Selon des études antérieures, le fait que la victime subisse de plus nombreuses agressions rendent ces cas potentiellement plus préjudiciables, ces conséquences résultant non de la relation (et de la trahison), mais de la répétition et de la durée des abus (Fischer & McDonald, 1998 ; Ventus et al., 2017).

Adapté et traduit par courtoisie de PubMed

prévention violences sexuelles

Les campagnes de lutte contre l’inceste à travers le monde en 10 images

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Numéro à appeler en France – 119

Inde

REPÉRER, PRÉVENIR. PROTÉGER #stopisolement

Brésil

Parlez pour elle et dénoncez l’agression sexuelle sur mineur.

États-Unis

Être ivre n’est en aucun cas une excuse. C’est votre fille, pas votre rencard.

Allemagne

Certaines empreintes qui ne vous quittent jamais. Aider les enfants victimes de violence et d’abus sexuels.

Royaume-Uni

Ce que vous ne savez pas PEUT me faire du mal. Sois certain AVANT. Plus de 70 % des cas d’abus sexuels sur des enfants impliquent un parent, un ami ou un proche de la famille.

Allemagne

Plus de 300 000 enfants sont sexuellement agressés en Allemagne chaque année.

États-Unis

Un enfant victime de viol ne demande de l’aide qu’une seule fois. Êtes-vous de ceux qui croient ?

Vietnam

Moi, ma mère, je n’ai pas osé lui en parler. L’âge moyen des agressions est 9 ans.

Brésil

Certaines choses vous marquent à jamais.

Canada

Suzanne : Fugue suite à un inceste, à 10 ans, se prostitue, à 12 ans. Importation, agression, esclavage, à 15 ans.

protocole violence sexuelles

Étude multicentrique contrôlée, à répartition aléatoire, portant sur l’administration du protocole EMDR PRECI chez des mineures victimes de violences sexuelles et/ou physiques et pour lesquelles un diagnostic de TSPT associé a été établi

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Résumé:

Cette étude longitudinale multicentrique contrôlée, à répartition aléatoire, se fixe trois objectifs : 1) évaluer le protocole EMDR pour les incidents critiques récents (EMDR-PRECI) dans la rémission du diagnostic de TSPT en comparaison au traitement usuel, chez les mineures ayant été victimes de violences sexuelles et/ou physiques; 2) évaluer l’efficacité du protocole EMDR-PRECI dans la réduction des symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression chez les participantes en comparaison au traitement usuel; et 3) améliorer les connaissances concernant la corrélation existante entre les critères fondamentaux du questionnaire auto-rapporté PCL-5 servant à dresser le diagnostic provisionnel du TSPT et le diagnostic clinique du TSPT établi en fonction de l’échelle CAPS-5, sur cette population. L’étude a été réalisée en 2019 dans les villes de Puebla et Mexico, au Mexique, sur trois sites d’une organisation à but non lucratif qui fournit des services aux femmes en situation vulnérable. Au total, 32 mineures ont répondu aux critères d’inclusion. Les participantes étaient âgées de 12 à 17 ans (M = 15,35 ans). La participation était volontaire et soumise au consentement des participantes et de leur tuteur légal. Il est important de mentionner que 31 participantes sur 32 étaient enceintes au moment du traitement, avec une moyenne de grossesse à 24,63 semaines (6,15 mois). Toutes les patientes du groupe à qui l’on avait administré l’EMDR ne répondaient plus aux critères de diagnostic du TSPT après traitement et lors des évaluations de suivis réalisées 90 jours plus tard, alors que toutes les patientes du groupe sujet au traitement usuel répondaient toujours aux critères de base du diagnostic clinique du TSPT après traitement et lors des évaluations de suivi à 90 jours. Des analyses de variance (ANOVA) à mesures répétées ont été utilisées pour le TSPT, l’anxiété et la dépression; le test t et la taille de l’effet du d de Cohen ont été calculésen utilisant des facteurs intra-groupes et inter-groupes pour les différentes mesures. L’ANOVA a révélé un effet significatif quant au temps (F (2, 52) = 149.53 p <.001, ηP 2 =.852), au groupe (F (1, 26 = 140.71, p<.001, ηP 2 =.844); et les scores d’anxiété ont démontré un effet de temps important (F (1, 26) = 32.89, p <.001, ηP 2 =.559). Un effet d’interaction significatif entre le temps et le groupe (F (1, 26) = 17.37, p <.001, ηP 2=.401) a mis en évidence une baisse pour le groupe traité. En ce qui concerne les scores de dépression, des effets significatifs ont été trouvés pour le temps (F (1, 26) = 21.77, p <. 001, ηP 2 =.456). Les résultats ont aussi montré des effets d’interaction significatifs entre le temps et le groupe (F (1, 26) = 6.17, p <.05, ηP 2 =.192). Aucun effet significatif n’a été relevé pour le groupe sujet au traitement usuel. Les résultats de l’étude indiquent que le protocole EMDR-PRECI pourrait être une thérapie possible, offrant un bon rapport coût-performance et des résultats dans un délai raisonnable, pour traiter les patients pour lesquels un diagnostic de TSPT a été établi, et pour traiter les symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression de cette population.

Mots-clés: Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), Protocole EMDR pour le traitement des événements critiques récents (EMDR-PRECI), Trouble de stress post-traumatique (TSPT), Mineure, Violence sexuelle, Violence physique, Anxiété, Dépression

1. Introduction

Dans le contexte de cet article, l’expression « violence sexuelle » sera utilisée pour faire référence à tout comportement lié à l’agression sexuelle, au harcèlement, aux sévices sexuels, au viol ou à la manipulation psychologique en vue d’abuser une personne sexuellement. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), les violences sexuelles sur enfants et adolescents sont considérées comme l’une des formes d’agression sur personnes de moins de 18 ans les plus graves. Cette violence se manifeste sous diverses formes d’activité sexuelle avec mineurs pouvant aller d’actes sexuels sans contact physique tels que l’exposition à des documents pornographiques à d’autres actes avec contact corporel tels que les caresses et la pénétration. Les victimes de sévices sexuels signalent des réactions émotionnelles plus intenses pendant et après le traumatisme par rapport aux victimes d’autres traumatismes. Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est l’une des séquelles les plus communes des violences sexuelles sur enfant. Des études effectuées auprès de filles en âge de scolarisation ayant été agressées sexuellement démontrent que 30% d’entre elles souffrent de symptômes dissociatifs et 40% de symptômes de TSPT. La violence sexuelle chez les enfants est aussi associée à des troubles de la santé mentale graves et négatifs à court terme et à long terme, tels que la dépression, l’anxiété et le comportement agressif. Une forte prévalence de l’anxiété, de la dépression, du TSPT, et du trouble de personnalité borderline a été découvert chez les femmes victimes de sévices sexuelles pendant l’enfance. Ces données indiquent que les conséquences de cet acte peuvent persister de l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. … Outre le statut socio-économique, le contexte familial, et les caractéristiques des agressions, il est également possible que des facteurs culturels influençant l’éducation des enfants, les attitudes envers la sexualité, et le développement des symptômes pourraient aider à expliquer des taux de symptômes sexuels plus élevés au sein de différents groupes ethniques.

Selon le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (5è édition; DMS-5), le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble de la santé mentale qui se développe après l’exposition à un ou plusieurs événements traumatiques (Critère A) et qui se caractérise par une reviviscence intense d’un événement traumatique au travers de souvenirs et de cauchemars intrusifs (Critère B), l’évitement des stimuli associés à l’événement (Critère C), des changements négatifs au niveau de l’humeur et des cognitions (Critère D), l’hypervigilance envers des menaces potentielles dans l’environnement (Critère E), et dans certains cas, des symptômes persistants ou récurrents de dépersonnalisation. Les événements du critère A comprennent, mais ne sont pas limités, aux menaces ou agressions physiques réelles (ex : violence physique pendant l’enfance, attaque physique), menaces ou agressions sexuelles réelles (ex : pénétration sexuelle forcée, pénétration sexuelle facilitée par la consommation d’alcool ou de drogue, les contacts sexuels abusifs, les sévices sexuels sans contact, l’exploitation sexuelle) (p.274).

Le TSPT se caractérise par de multiples phénotypes symptomatiques et est extrêmement comorbide, surtout chez les individus ayant vécu plusieurs traumatismes. La comorbidité du TSPT et les troubles dépressifs et anxieux sont les séquelles d’une exposition à des événements traumatiques. Environ la moitié des individus souffrant de TSPT rapportent généralement des symptômes dépressifs comorbides sur divers échantillons épidémiologiques. Le TSPT peut devenir un facteur de risque pour d’autres conditions médicales, y compris certaines complications pendant la grossesse telles que les grossesses extra-utérines, les fausses couches, l’hyperémèse, les symptômes de l’accouchement prématuré et la croissance excessive du fœtus. Il est possible et plausible que le stress prénatal représente un aspect important de l’environnement intra-utérin qui pourrait avoir une influence sur de nombreux, sinon tous les résultats du développement du fœtus. En ce qui concerne le traitement du TSPT, des méta-analyses et directives thérapeutiques récentes recommandent l’utilisation de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR).

1.1 Thérapie EMDR

La thérapie par intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR) est une approche psychothérapeutique à trois volets complète, axée sur le patient et codifiée en huit phases. Cette thérapie est guidée par le modèle de Traitement Adaptatif de l’information (TAI) qui suppose que la psychopathologie est fondée sur des souvenirs d’incidents critiques ou d’expériences de la vie négatives non traités par le cerveau et stockés dans la mémoire dans leur état d’origine. Le retour de ces souvenirs peut être déclenché par des stimuli internes et externes et ainsi contribuer au dysfonctionnement actuel. La thérapie EMDR et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) axée sur le traumatisme sont les seules psychothérapies recommandées pour les enfants, les adolescents et les adultes souffrant de TSPT dans le guide Guidelines for the Management of Conditions Specifically Related to Stress (Guide sur l’évaluation et la prise en charge des affections spécifiquement liées au stress) de l’OMS. Un projet de recherche réalisé récemment indique que la thérapie EMDR et la thérapie cognitivo-comportementale sont des choix de traitement efficaces contre le TSPT et les symptômes dépressifs. Il a été démontré que la thérapie EMDR est efficace chez les enfants souffrant d’un traumatisme. […]

2. Objectifs

Cette étude longitudinale, multicentrique, et contrôlée, à répartition aléatoire a trois objectifs.

1. Évaluer l’efficacité du protocole EMDR-PRECI dans la rémission du diagnostic de TSPT en comparaison au traitement usuel, chez les femmes mineures ayant été victimes de violences sexuelles et/ou physiques et pour lesquelles un diagnostic de TSPT associé aux événements a été établi;

2. Évaluer l’efficacité du protocole EMDR-PRECI dans la réduction des symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression chez les participantes en comparaison au traitement usuel;

3. Améliorer les connaissances concernant la corrélation existante entre les critères fondamentaux du questionnaire auto-rapporté sur le trouble du stress post-traumatique du DSM-5 (PCL-5) servant à dresser le diagnostic provisionnel du TSPT et le diagnostic clinique du TSPT établi en fonction de l’échelle de TSPT administrée par le clinicien du DSM-5 (CAPS-5) sur cette population.

[…]

3.6.3. Traitement

Dans le cadre de cette étude, l’EMDR a été administrée sous forme de thérapie intensive. Des preuves portent à croire que des sessions de traitement plus fréquentes permettent de maximiser les résultats du traitement du TSPT. Ce format intensif a permis aux participantes d’achever un cycle complet de traitement en une brève période. Les participantes du groupe soumis à la thérapie EMDR ont participé en moyenne à 4,68 sessions individuelles de 60 minutes de traitement par EMDR, réalisées deux à trois fois par semaine (en fonction de la disponibilité des participantes) dans les centres désignés alors que les participantes au traitement usuel ont complété en moyenne 12,6 sessions individuelles de 60 minutes, administrées une fois par semaine.

Les thérapeutes et la fidélité au traitement

L’EMDR-PRECI a été fournie par huit thérapeutes accrédités et formés spécifiquement à l’administration du protocole. Afin de protéger l’identité des mineures, il fut interdit de les filmer ou de prendre des photos. Pour garantir la fidélité au traitement et l’adhésion au protocole, les thérapeutes EMDR observèrent strictement toutes les étapes du protocole rédigé.

[…]

5. Résultats

Rémission du diagnostic de TSPT

Le bilan du diagnostic du TSPT, établi en fonction de l’algorithme du DSM-5 permettant d’établir le diagnostic, a démontré que les participantes du groupe EMDR (16 sur 16, 100%) ne répondaient plus aux critères de diagnostic du TSPT après traitement et lors des évaluations de suivi réalisées 90 jours plus tard, alors que le diagnostic clinique de base du TSPT chez les patientes du groupe de traitement usuel a été maintenu après traitement et lors des évaluations de suivi réalisées 90 jours plus tard. En référence à l’amélioration globale sur l’échelle du CAPS-5 (élément 28), les participantes du groupe soumis à la thérapie EMDR ont montré les résultats suivants : 8 participantes sur 16 (50%) ont déclaré être asymptomatiques, et les 8 autres (50%) ont signalé une amélioration considérable.

[…]

6. Discussion

Cette étude longitudinale, multicentrique, et contrôlée, à répartition aléatoire, a trois objectifs :

1. Évaluer l’efficacité du protocole d’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires pour les incidents critiques récents et le stress traumatique toujours en cours (EMDR-PRECI) dans la rémission du diagnostic du trouble de stress post-traumatique (TSPT), en comparaison au traitement usuel, chez les mineures ayant été victimes de violences sexuelles et/ou physiques et pour lesquelles un diagnostic de TSPT associé aux événements a été établi;

2. Évaluer l’efficacité de l’EMDR-PRECI dans la réduction des symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression chez les participantes en comparaison au traitement usuel; et

3. Améliorer les connaissances concernant la corrélation existante entre les critères fondamentaux du questionnaire auto-rapporté sur le trouble du stress post-traumatique du DSM-5 (PCL-5) servant à dresser le diagnostic provisionnel du TSPT et le diagnostic clinique du TSPT établi en fonction de l’échelle de TSPT administrée par le clinicien du DSM-5 (CAPS-5) sur cette population.

En ce qui concerne le premier objectif, les résultats issus de l’algorithme du DSM-5 permettant d’établir le diagnostic du TSPT ont prouvé l’efficacité de l’EMDR-PRECI pour atténuer les troubles de stress post-traumatique (TSPT) chez les mineures victimes de violence sexuelle et/ou physique. Une réduction évidente et significative des symptômes de TSPT a été observée, entre la première et deuxième mesure, puis une autre réduction a été notée entre la deuxième et troisième mesure, au sein du groupe traité. Il est important de mentionner que les différences entre la deuxième et la troisième mesure au sein du groupe traité ont montré une véritable tendance vers la signification statistique (.06), confirmant le retraitement des souvenirs pathogènes. Il est également clair que les résultats au sein du groupe ayant bénéficié du traitement usuel se sont quasiment maintenus au même niveau tout au long de l’étude. Il faut également souligner que lors des évaluations de suivi, 50% des participantes ayant reçu la thérapie EMDR ont déclaré être asymptomatiques, et les autres 50% ont signalé une amélioration considérable.

L’évaluation de l’efficacité de l’EMDR-PRECI dans la réduction des symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression est prouvée par un effet de forte magnitude (d=7.90) obtenu lors de la comparaison du TSPT entre les deux groupes au Temps 3. Les résultats ont également démontré l’efficacité du protocole à réduire l’anxiété et la dépression. Pour les deux variables, cette réduction au sein du groupe traité est évidente lors du test ultérieur, et elle est confirmée par la taille d’effet forte (d=1.41) de la comparaison moyenne de l’incidence sur l’anxiété. Une tendance similaire a été notée pour la dépression, qui a également mis en évidence une taille d’effet forte (d=1.02).

En ce qui concerne la corrélation existante entre les critères fondamentaux du PCL-5 servant à dresser le diagnostic provisionnel du TSPT et le diagnostic clinique du TSPT établi en fonction du CAPS-5, sur cette population, les résultats ont montré une corrélation à 90,62% au Temps 1, et une corrélation de 100% aux Temps 2, et 3.

Les mineures et les femmes sont victimes de violences interpersonnelles depuis des siècles. La violence interpersonnelle comprend la violence sexuelle et/ou physique, la violence conjugale, la violence familiale ou parentale, la violence à caractère sexiste, et encore bien d’autres formes. Les expériences interpersonnelles traumatiques multiples, qui ont lieu pendant l’enfance et à l’adolescence (ex: violence sexuelle et/ou physique, violence ou maltraitance psychologique), ont été définies comme étant “un traumatisme complexe”. Le traumatisme complexe accroît les risques de TSPT et d’autres problèmes émotionnels, comportementaux et physiques variés, dont l’anxiété, la dépression, l’agressivité, l’incapacité de réguler ses propres émotions et de créer des relations interpersonnelles significatives, la dissociation, les troubles addictifs, la maladie physique, une faible estime de soi et des comportements sexualisés. Les expériences négatives récentes, passées ou présentes prolongées vécues par ces populations nécessitent une approche de traitement spécifique pour pouvoir englober l’ensemble du spectre du stress traumatique, telle que celle proposée dans la thérapie EMDR-PRECI.

7. Conclusion

La violence sexuelle est l’une des formes de violence interpersonnelle les plus graves dont un mineur puisse souffrir, car elle est toujours associée à d’autres types d’agressions telles que les sévices émotionnels et/ou physiques. En plus des symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression, les mineurs victimes de violence sexuelle peuvent développer des symptômes psychosomatiques, obsessionnels et phobiques, et peuvent aussi souffrir d’échec scolaire, d’insomnie, d’un manque d’énergie, d’isolement social, d’une pauvre estime de soi, et de fugue. Les résultats de l’étude indiquent que l’EMDR-PRECI pourrait être une thérapie possible, offrant un bon rapport coût-performance et des résultats dans un délai raisonnable, pour traiter les patients pour lesquels un diagnostic de TSPT a été établi, et pour traiter les symptômes de TSPT, d’anxiété et de dépression de cette population.

Gabriela Jiménez1, Yael Becker2, Claudia Varela2, Paola García1, María Amparo Nuño1, María Cristina Pérez1, Amalia Osorio1, Ignacio Jarero2, *, Martha Givaudan2

1Département de recherche, Ágape Desarrollo Humano Integral, Puebla, Mexique

2Département de recherche, Associación Mexicana para Ayuda Mental en Crisis, Mexico, Mexique

Adresses E-mail:

gabrielajimenezperegrina@gmail.com (G. Jiménez), yael406@gmail.com (Y.Becker), claudia_vc02@hotmail.com (C.Varela), paolagmyt@gmail.com (P.García), amparonuno@hotmail.com (M.A. Nuño), perezgrados@yahoo.com.mx (M.C.Pérez), amaliaosoriovigil@hotmail.com (A.Osorio), nacho@amamecrisis.com.mx (I.Jarero), martha@imifap.org.mx (M. Givaudan)

*Auteur principal

Traduction de courtoisie – S.Erraud : American Journal of Applied Psychology

Traduction partielle de l’article de recherche paru dans le périodique American Journal of Applied Psychology, publié par Science Publishing Group

Auteurs : Gabriela Jiménez, Yael Becker, Claudia Varela, Paola García, María Amparo Nuño, María Cristina Pérez, Amalia Osorio, Ignacio Jarero, Martha Givaudan.

Multicenter Randomized Controlled Trial on the Provision of the EMDR-PRECI to Female Minors Victims of Sexual and/or Physical Violence and Related PTSD diagnosis.

Publication: American Journal of Applied Psychology. Vol. 9, No. 2, 2020, pp. 42-51.

doi: 10.11648/j.ajap.20200902.12

Reçu le: 25 mars 2020; Accepté le: 8 avril 2020; Publié le: 23 avril 2020