déréalisation dépersonnalisation

Qu’est-ce que la dissociation ?

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La dissociation est officiellement définie dans les manuels de diagnostics psychiatriques où les troubles dissociatifs sont traités. Selon l’Association Américaine de Psychiatrie DSM-5 (Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, 5ème Ed.; APA 2013) la dissociation est: une perturbation et/ou une rupture dans l’intégration normale de la conscience, la mémoire, l’identité, l’émotion, la représentation corporelle, le contrôle moteur, et le comportement”. (P.291). Selon la CIM-11 (Classification Internationale des Maladies, 10ème Ed.; WHO, 1992), la dissociation est une ’perte partielle ou complète de l’intégration normale entre les souvenirs passé, la conscience d’identité et les sensations immédiates, et le contrôle des mouvements corporels’ (p.151). Et la CMI-11, publiée en 2019, décrit également la dissociation comme étant ‘une perturbation ou une rupture dans l’intégration normale de souvenirs, pensées, identité, émotions, sensations, perceptions, comportement, ou du contrôle des mouvements du corps’.

Comme nous l’avons vu, toutes ces définitions déterminent la dissociation comme étant quelque chose qui ne se manifeste pas et qui devrait normalement se manifester – à savoir, l’intégration psychologique. Mais elles diffèrent dans le vocabulaire utilisé pour décrire ce dysfonctionnement – une ‘perturbation’, ‘rupture’ ou ‘perte’ (partielle ou complète). Bien qu’elles diffèrent également quelque peu dans le vocabulaire utilisé pour décrire les fonctions ou les domaines dans lesquels ces perturbations ou ces pertes peuvent apparaître, les zones de la mémoire, l’identité, les sensations ou perceptions et les mouvements corporels, le contrôle moteur ou le comportement sont tous mis en évidence.

Alors, qu’est-ce que tout cela veut dire ? Un fonctionnement psychologique équilibré exige l’intégration d’une grande variété de fonctions mentales, incluant les sensations, les perceptions, les pensées, les émotions, etc. ; dans le contexte de souvenirs passés d’un individu et des attentes/projets/objectifs pour l’avenir. Dans le cas de la dissociation, cela ne se produit pas.

Un symptôme dissociatif courant est l’amnésie dissociative – le manque (visible) d’intégration, généralement de caractère stressant ou traumatique. Cependant, la perte de mémoire est seulement apparente en raison de la nature de la dissociation – la mémoire peut être accessible lorsque la personne se trouve dans un état de personnalité différent ou divisé, sous hypnose, dans les rêves, ou bien lors d’expériences de flashbacks traumatiques.

Habituellement, la nature traumatique de l’expérience tend à la rendre dissociée – parce que la personne n’a pas été capable de l’accepter. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’amnésie causée par une chirurgie cérébrale ou une consommation d’alcool, chez lesquels – la plupart du temps – aucun souvenir n’est formé.

D’autres symptômes dissociatifs se développent pour la même raison – la perturbation ou l’absence d’intégration est supposée remplir une fonction psychologique. Une dissociation grave est souvent manifestée dans les troubles de l’identité, et en particulier l’apparition de différents types de personnalité. Divers types de personnalité se développent afin de traiter les aspects du traumatisme, ou bien, dans le but de fonctionner au quotidien.

Bien que l’amnésie et l’identité dissociée sont des symptômes dissociatifs qui se développent seulement en cas de troubles dissociatifs ou post-traumatiques, d’autres symptômes dissociatifs peuvent apparaitre dans d’autres cas, et même chez des individus sans diagnostique psychiatrique. Par exemple, les expériences de dépersonnalisation et déréalisation sont courantes en ce qui concerne les troubles de l’anxiété, et quasiment tout le monde peut ressentir cette impression – habituellement passagère – de ne pas être soi-même (dé-personn-alisation), ou bien de se trouver dans un film, un rêve (dé-réal-isation). En revanche, quand ces expériences se présentent de façon chronique, elles sont considérées comme des troubles de dépersonnalisation/déréalisation.

De plus, certaines formes de dissociation – comme l’absorption – peuvent se présenter uniquement en dehors des troubles dissociatifs et sont considérés être, en principe, normaux.
L’absorption implique un rétrécissement de la conscience dans laquelle seule une partie du contexte actuel est adressé. Par exemple, une personne plongée dans un livre et qui ne fait pas attention à qui se passe autour d’elle, même si on appelle son nom, peut souffrir d’absorption.

Dans les deux cas, dépersonnalisation/déréalisation et absorption, l’incapacité d’intégration nécessite certains aspects du contexte environnemental. D’autres formes de dissociation peuvent entraîner des sensations somatiques ou physiques qui peuvent être présentes – semblable à une douleur physique inexplicable – ou absentes – comme une anesthésie – ne pas être capable de ressentir la douleur.

Bien que tout le monde convient que l’amnésie dissociative et la division dissociative identité/personnalité sont des dissociations, il y a un désaccord sur la question de savoir si le terme dissociation devrait désigner des altérations communes de conscience comme l’absorption, ou toutes formes de dépersonnalisation/déréalisation. Des interrogations comme celle-ci, déterminant s’il existe une forme de dissociation “normale”, sont discutés sur le site internet ESTD dans la rubrique ‘history of trauma and dissociation‘.

Traduction de courtoisie par J.S depuis ESTD

neuroimagerie et tspt

Une nouvelle étude de neuro-imagerie axée sur les symptômes de troubles dissociatifs dévoile des traces de traumatisme infantile dans le cerveau

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Des chercheurs découvrent dans le cerveau des liens avec des symptômes de troubles dissociatifs

Résumé : Des analyses de neuro-imagerie peuvent déceler des altérations de la connectivité fonctionnelle entre les régions cérébrales, altérations liées à des symptômes de troubles dissociatifs. 

Résumé complet

Les traumatismes peuvent provoquer des symptômes de troubles dissociatifs, tels que des expériences d’amnésie, de détachement de soi ou émotionnel, qui peuvent aider les personnes à surmonter des difficultés. Cependant, ressentir ces symptômes de façon intense ou pendant une longue période peut avoir une incidence non négligeable sur la capacité d’un individu à mener une vie ordinaire.

Un groupe de chercheurs de l’hôpital de McLean a découvert que les analyses de neuro-imagerie peuvent dévoiler des altérations de la connectivité fonctionnelle entre les régions cérébrales. Ces analyses révèlent un lien entre ces altérations fonctionnelles et les symptômes de troubles dissociatifs propres à un individu ayant connu des traumatismes infantiles. Les résultats, publiés dans le « American Journal of Psychiatry », peuvent se montrer utiles afin d’adapter les traitements aux patients atteints.

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont appliqué une nouvelle technique d’apprentissage automatique (intelligence artificielle) à des tests d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle réalisés sur 65 femmes ayant des antécédents de maltraitance infantile et de troubles récurrents de stress post traumatique. La technique, développée par l’un de ses principaux auteurs, Meiling Li, PhD, du centre de recherche en imagerie biomédicale, Ahinoula A. Martinos, dévoile que les analyses liées à la connectivité entre les différentes régions du cerveau coïncident avec les symptômes de dissociation des femmes testées.

« Cela représente un pas en avant dans la découverte d’une trace de dissociation dans le cerveau qui pourrait être utilisée en tant qu’outil de diagnostic objectif », a déclaré l’un des auteurs de l’étude, Lauren A.M. Lebois, PhD, directrice de l’unité de neuro-imagerie et du Programme de recherche sur les troubles dissociatifs et les traumatismes à l’hôpital Mc Lean. « A l’avenir, une fois que les analyses cérébrales auront atteints un niveau plus précis et détaillé, nous pourront les appliquer aux individus qui ont des difficultés à communiquer leurs symptômes de façon claire. Entre autres, ces analyses seront utiles dans les cas où les individus pourraient minimiser ou exagérer, de manière délibérée ou involontaire, leurs symptômes ou dans les cas de procédures judiciaires qui nécessitent des preuves objectives visant à confirmer une enquête. »

Lebois a constaté que l’existence de symptômes de troubles dissociatifs est souvent remise en cause et que les patients sont rarement interrogés sur ce sujet. « Ce doute présent dans la société et la communauté médicale alimente ce cercle vicieux : les nouvelles générations de médecins n’ont pas été formées à ce type de maladies ; ces symptômes sont mal compris, stigmatisés et mal diagnostiqués ;

et l’investissement financier dans ce domaine de recherche n’est pas considéré comme une priorité » Par conséquent, les patients connaissant ces symptômes et troubles dissociatifs dus à un traumatisme infantile ne peuvent avoir accès à un traitement existant de maladies mentales. « Il s’agit d’un problème général d’éthique. Non seulement les enfants sont mal traités et sont négligés, mais en plus de cette injustice, ils se retrouvent dans l’impossibilité de recevoir un traitement qui pourrait les aider une fois devenus adultes, » a déclaré Lebois.

L’étude peut contribuer à aborder le problème en montrant que les symptômes de troubles dissociatifs peuvent être analysés dans le cerveau de façon objective, tout en rendant plus apparentes certaines blessures invisibles de traumatisme infantile.

« On espère que ces données biologiques seront suffisamment solides pour confirmer la légitimité de ces symptômes psychiatriques », a ajouté Lebois.

Une sensibilisation accrue aux troubles dissociatifs et leur reconnaissance peuvent inciter les patients à demander de l’aide, les médecins à prescrire un traitement adapté et les compagnies d’assurance à prendre en charge les frais de traitement. Une meilleure compréhension de la biologie portant sur les symptômes de troubles dissociatifs peut aussi mener à la création de nouvelles méthodes thérapeutiques.

« Les résultats de cette étude nous conduisent à la prochaine étape de notre recherche, » a affirmé l’un des auteurs principaux de l’étude, Milissa Kaufman, MD, PhD, et directrice du Programme de recherche sur les troubles dissociatifs et les traumatismes.

L’Institut national de la santé mentale a attribué une bourse de recherche pour une durée de 5 ans à l’équipe de Kaufman, ce qui lui permettra d’étudier l’impact que peut avoir le trouble dissociatif sur la capacité à bénéficier d’un traitement régulier et adapté au trouble de stress post traumatique (TSPT). « Cette nouvelle étude pourra nous aider à mettre en place un nouveau traitement standard adapté aux patients souffrant de TSPT et souffrant de symptômes dissociatifs importants », a déclaré Kaufman.

Traduction de courtoisie par Fayza Hassani depuis Science Daily

trauma et cerveau

Une altération des circuits peut provoquer des symptômes “hors du corps” chez certaines personnes souffrant de SSPT

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Pour certaines personnes souffrant de stress post-traumatique (SSPT), les symptômes vont au-delà des flashbacks, des cauchemars, de l’insomnie et des sentiments de tension qui en perturbent beaucoup. Jusqu’à 30 % de personnes souffrant de SSPT ont aussi des symptômes connus sous le nom de dépersonnalisation et de déréalisation, c’est-à-dire qu’elles vivent des épisodes “hors du corps” ou ont le sentiment que le monde n’est pas réel. Ces perturbations de la perception et de la conscience sont connues sous le nom de dissociation.

De nouvelles recherches révèlent maintenant que les circuits cérébraux impliqués dans la gestion de la peur sont connectés différemment chez ces personnes contrairement autres personnes souffrant de SSPT. Les résultats, publiés dans la revue Neuropsychopharmacology, suggèrent que ces patients ont besoin de différentes options de traitement.

Le SSPT avec dissociation est reconnu comme un sous-type distinct du trouble. Ce trouble est plus fréquent chez les personnes dont le SSPT s’est développé à la suite de traumatismes répétés ou de maltraitances dans l’enfance. Les facteurs génétiques peuvent également augmenter le risque de développer un SSPT avec dissociation.

Des études ont démontré que le rappels d’événements traumatiques déclenchent des schémas d’activité neuronale différents chez les patients souffrant d’un SSPT dissociatif que chez les personnes souffrant d’un SSPT sans dissociation. Pour les deux groupes, il semblerait que les circuits cérébraux régulant les émotions soient perturbés. Chez la plupart des personnes souffrant de SSPT, les réponses émotionnelles sont sous-modulées (sous-régulées ou contrôlées) par le cerveau, ce qui les amène à revivre les événements traumatiques et à ressentir des symptômes d’hypervigilance, comme le fait de sursauter facilement. En revanche, chez les personnes atteintes du sous-type dissociatif du SSPT, les réponses émotionnelles sont surmodulées (surrégulées) par le cerveau, ce qui entraîne un détachement émotionnel et des sentiments de dépersonnalisation et de déréalisation caractéristiques de ce sous-type.

Le Dr Ruth Lanius, auteur principal, de l’Université de Western Ontario, a dirigé une équipe de scientifiques dont faisait partie Margaret McKinnon, titulaire d’une bourse NARSAD Young Investigator (2007 et 2009), de l’Université McMaster en Ontario. Les scientifiques ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour comparer l’activité cérébrale de 49 personnes souffrant de SSPT, dont 13 avaient été diagnostiquées avec le sous-type dissociatif du trouble. Leur étude a également porté sur 40 personnes ne souffrant pas de SSPT.

Les chercheurs ont concentré leur analyse sur les parties du cerveau liées à l’amygdale, une petite zone du cerveau impliquée dans le traitement des émotions et de la peur. Ils ont examiné les connexions à deux parties de l’amygdale : l’amygdale basolatérale, qui évalue les informations sensorielles et aide à intégrer les émotions, et l’amygdale centro-médiale, qui permet de mettre en route les réponses à la peur.

Ils ont découvert que dans le cerveau des patients atteints du sous-type dissociatif du SSPT, l’amygdale était plus fortement connectée aux régions cérébrales impliquées dans la perception, la conscience, la régulation émotionnelle et la proprioception (le sens de la position du corps) qu’elle ne l’était chez les patients atteints du SSPT sans le sous-type dissociatif. Les chercheurs affirment que les symptômes dissociatifs des patients pourraient être directement liés à ces altérations des circuits fonctionnels du cerveau.

Traduit par courtoisie depuis Brain and behaviour research foundation

neurosciences et thérapies

Le sous-type dissociatif du TSPT: Actualisation de la littérature

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Introduction

La dernière révision du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) comprend, pour la première fois, un sous-type dissociatif du trouble de stress post-traumatique (TSPT+SD). Avant le DSM-5, les critères diagnostiques du TSPT soulignaient une sous-modulation des émotions liée à un traumatisme, et focalisaient sur les symptômes de reviviscence et d’hyperexcitation tels que l’hypervigilance et la réaction de sursaut exagérée. Le TSPT+SD répond non seulement à tous les critères du TSPT, mais il comprend également les personnes qui répondent à des stimuli liés au traumatisme avec des symptômes dissociatifs (dépersonnalisation ou déréalisation) et un détachement émotionnel. Cela vient s’ajouter aux deux symptômes dissociatifs contenus dans les principaux critères diagnostiques du TSPT : épisodes dissociatifs (flash-backs) et amnésie dissociative (concernant l’événement traumatique). Le TSPT a aussi été retiré de la section des troubles anxieux et ajouté à une nouvelle catégorie : les troubles liés aux traumatismes et au stress. Il est désormais compris que le TSPT n’est pas seulement un trouble de la peur, et qu’il inclut d’autres domaines de symptômes et voies neurologiques. La création d’une catégorie spécifique pour les troubles liés aux traumatismes et au stress, et l’inclusion du TSPT+SD dans cette dernière, revêtent une importance critique dans la compréhension du sujet.

Au cours des dernières années, des preuves convaincantes ont démontré que le TSPT+SD représentait une population clinique distincte avec des caractéristiques neurobiologiques et épidémiologiques particulières. Le présent article résume la littérature existante sur les caractéristiques uniques de cette sous-population. Il décrit également les conséquences sur la thérapie et les orientations futures de la recherche.

Corrélations du sous-type dissociatif

Les deux ensembles de données les plus importants relatifs au sous-type dissociatif sont un examen systématique de la catégorie latente et les études de profil analytiques par Hansen, Ross, et Armour (2017), et une vaste étude utilisant les données recueillies lors des enquêtes mondiales sur la santé mentale. (Stein et al., 2013). Les estimations concernant la prévalence du TSPT+SD parmi les patients souffrant de TSPT sont passées de 6% à 44,6%, avec une prévalence moyenne de 20,35% dénotée par Hansen et al. Les données issues des enquêtes mondiales sur la santé mentale, recueillies auprès d’un vaste échantillon démographique, indiquent que la prévalence du TSPT+SD serait de 14,4% parmi ceux qui souffrent de TSPT. Ces données suggèrent que le sous-type dissociatif est présent dans un vaste ensemble de pays et dans divers types de traumatismes. Dans cette échantillon, le TSPT+SD était associé à des symptômes de reviviscence accrus, le sexe masculin, des antécédents de traumatisme au cours de l’enfance, des antécédents de traumatismes avant la catégorisation de l’événement traumatique, un taux élevé de comorbidité psychiatrique, une déficience fonctionnelle grave, et la suicidalité (Stein et al. 2013). L’examen systématique de Hansen et al. a démontré que, même si la littérature existante concernant les facteurs de risque et les corrélations du TSPT+SD (peut-être en raison des différentes populations et différentes définitions opérationnelles du TSPT+SD) est hétérogène, les données convergent vers un lien entre l’exposition à un événement traumatique durant l’enfance et d’autres psychopathologies (par ex. dépression et anxiété). Dans son ensemble, la littérature actuelle suggère que le phénotype du TSPT+SD serait plus compliqué, et la chronicité des antécédents traumatiques et le fardeau de la maladie en général plus importants. Le lien établi avec des facteurs démographiques, des comorbidités et des types de traumatismes spécifiques, ainsi que la gravité du TSPT en général, a été mitigé.

Plusieurs analyses de catégories latentes sur des échantillons de population générale/non clinique (généralement des étudiants universitaires) ont suggéré que, même si seules la dépersonnalisation et la déréalisation répondent actuellement aux critères du DSM-5 pour diagnostiquer le TSPT+SD, d’autres symptômes dissociatifs et psychopathologies comorbides sont fréquemment associés à ce sous-type. Blevins, Weathers, et Witte (2014) ont découvert que le TSPT+SD avaient les mêmes symptômes de base que le TSPT, mais qu’il était associé à des niveaux de symptômes dissociatifs plus élevés ainsi qu’à des psychopathologies telles que des troubles de la conversion, borderline et du spectre de la schizophrénie. L’étude d’un échantillon de population générale issu d’une plateforme de sondage en ligne a montré qu’il était beaucoup plus probable que le groupe de patients avec de graves TSPT et symptômes dissociatifs ait souffert d’abus physique ou sexuel pendant l’enfance et était davantage susceptible de signaler des difficultés dans les relations interpersonnelles, une dysrégulation émotionnelle, et un comportement irresponsable, similaires au phénotype complexe du TSPT décrit dans la CIM-11, mais pas encore reconnu dans le DSM-5 (Frewen, Brown, Steuwe, & Lanius, 2015). Le sous-type dissociatif n’est pas seulement associé à la dépersonnalisation et à la déréalisation ; il est associé à d’autres symptômes dissociatifs comprenant des troubles de la mémoire, un sentiment de détachement, une perte de la notion du temps, et la transe (Frewen et al.2015). Műllerová, Hansen, Contractor, Elhai, et Armour (2016) ont également constaté que le TSPT+SD était associé à trois autres sous-ensembles de symptômes dissociatifs : pertes de conscience de l’environnement actuel, reviviscence (par ex., flash-backs), et altérations des perceptions sensorielles. Des résultats très similaires ont aussi été découverts par Ross et ses collègues, sur des étudiants universitaires : ceux qui souffraient de TSPT+SD ont signalé de plus grandes pertes de conscience de leur environnement et pertes de mémoire, des moments de reviviscence, une perception sensorielle altérée, et un comportement irresponsable ou autodestructeur ((Ross, Baník, Dědová, Mikulášková, & Armour, 2018). Sur un échantillon d’étudiants universitaires d’Irlande du Nord, Armour, Contractor, Palmieri , et Elhai (2014) ont constaté que les items de l’amnésie (dans le présent) et de l’absorption/engagement imaginaire (par ex. fantasme ou rêverie diurne) de l’échelle d’expérience dissociative (D.E.S.) étaient aussi fortement associés à l’ensemble des symptômes du TSPT que la dépersonnalisation/déréalisation. Cela signifie que le TSPT+DS pourrait être associé à un éventail de symptômes dissociatifs plus vaste que ceux qui définissent actuellement les critères diagnostiques.

Plusieurs études ont été réalisées auprès de populations cliniques, y compris auprès de personnes ayant essayé de résoudre les effets de traumatismes spécifiques. Bien que les résultats soient une fois de plus hétérogènes, une corrélation a été établie entre la sévérité du traumatisme et la psychopathologie comorbide, et le TSPT+SD. Lors d’une étude clinique sur des civils (TSPT avec une forte prévalence d’abus pendant l’enfance), Steuwe, Lanius, et Frewen (2012) ont découvert un lien entre le TSPT+SD et une comorbidité définie par l’axe 1 du DSM-IV plus importante, et des antécédents de violence et de négligence pendant l’enfance accrus. Burton, Feeny, Connell, et Zoellner (2018) ont aussi étudié un échantillon clinique de patients avec des TSPT chroniques et ont pu associer le groupe souffrant d’une forte dissociation aux symptômes de reviviscence. Mergler et al. (2017) ont découvert que, chez les patients avec des TSPT et des troubles de l’usage de substances, le sous-type dissociatif est plus souvent associé à des symptômes dépressifs, des pensées suicidaires et tentatives de suicide, une surdose de médicaments ou substances toxiques, et un besoin de traitement en raison de problèmes liés à la drogue.

Dans l’analyse de détection de signaux réalisée par Ginzberg et al. (2006) auprès d’un groupe de patients souffrant de TSPT dus à des abus sexuels pendant l’enfance, le sous-type dissociatif était associé à une hypervigilance accrue, un sentiment d’avenir compromis, et des problèmes de sommeil. A des niveaux de maltraitance plus élevés, une corrélation a été établie entre le niveau de maltraitance et l’appartenance au groupe dissociatif. Dans l’échantillon de victimes d’accidents de la route et de victimes d’abus sexuels de Hansen, Műllerová, Elklit, and Armour’s (2016), le sous-type dissociatif a été lié à des problèmes émotifs dans les deux cas, et à un soutien social réduit chez les victimes de la route. Dans l’ensemble, parmi toutes les populations examinées, le TSPT+SD est associé à des présentations polysymptomatiques complexes comprenant de graves symptômes de TSPT (en particulier des symptômes de reviviscence et d’hyperexcitation), des troubles de comorbidité d’ordre psychiatrique, et des niveaux de maltraitance élevés pendant l’enfance.

Il existe aussi une littérature concernant le TSPT+SD chez les anciens combattants. Dans leur analyse de catégorie latente effectuée sur un échantillon d’anciens combattants exposés à des traumatismes, et de leurs partenaires intimes, Wolf, Miller, et al. (2012) n’ont pas dénoté de différence entre les sexes mais ils ont découvert que la catégorie représentant le sous-type dissociatif souffrait de flash-backs plus graves, et qu’elle était davantage associée à des abus sexuels pendant l’enfance et à l’âge adulte. Wolf, Lunney, et al. (2012) réalisèrent une analyse de profil latent sur un échantillon d’anciens combattants de la Guerre du Viêt Nam de sexe masculin et sur un échantillon d’anciens combattants de sexe féminin et de personnel en service actif, et ils ont découvert que le sous-type dissociatif, qui se caractérise par des symptômes de TSPT forts et de hauts degrés de dépersonnalisation/déréalisation, était plus fréquent dans l’échantillon de femmes. Lors de la comparaison du TSPT+SD au groupe présentant un TSPT élevé mais une dissociation faible dans l’échantillon féminin, le TSPT+SD a aussi été associé à une réactivité physiologique et psychologique plus faible face à des indicateurs de traumatisme, une identité raciale non caucasienne, et des troubles de personnalité comorbides, en particulier des troubles borderline et d’évitement. Dans l’ensemble, cela conforte l’idée que le TSPT+SD est associé à des symptômes graves, une comorbidité importante (y compris des troubles de la personnalité), et peut être lié à certains types de traumatismes en particulier (par ex., abus sexuels et/ou traumatismes pendant l’enfance).

Il existe une littérature émergente sur la prévalence et la corrélation du TSPT+SD avec les enfants. Lors d’une petite étude, le TSPT+SD chez les enfants a été associé au sexe féminin, aux abus sexuels, à un nombre plus élevé d’événements traumatiques, et à des symptômes d’évitement parental (Hagan, Gentry, Ippen, & Lieberman, 2018). L’échantillon de Modrowski et Kerig (2017) comprenant des jeunes aux prises avec le système judiciaire (détenus dans un centre de détention juvénile pour séjours à court terme) a permis de découvrir une prévalence du TSPT+SD de 50%, et a aussi établi un lien entre le TSPT+SD, la dissociation péritraumatique, et la dysrégulation émotionnelle. Ces données suggèrent que, tout comme chez les adultes, le TSPT+SD chez les enfants pourrait présenter des différences en termes de facteurs démographiques et de symptomatologie.

Malheureusement, la manière dont le TSPT+SD est évalué varie beaucoup d’une étude à l’autre; nombre d’entre elles se basent sur la DES ou d’autres instruments similaires qui n’ont pas été conçus spécifiquement pour évaluer le TSPT+SD. A cet effet, Frewen, Brown, Steuwe et Lanius (2015) ont développé deux items d’enquête pour évaluer les symptômes de dépersonnalisation et de déréalisation qui peuvent être ajoutés au questionnaire d’auto-évaluation du TSPT du DSM-5. Ces items équivalent à d’autres méthodes de mesure des expériences dissociatives plus longues. En outre, un outil de mesure, intitulé Dissociative Subtype of PTSD Scale (échelle du sous-type dissociatif du TSPT) et comprenant 15 questions, a été développé par Wolf et al. (2017) pour être administré sous forme de questionnaire ou d’entretien.

Corrélations neurobiologiques du sous-type dissociatif

Le concept du TSPT+SD en tant que trouble lié à une surmodulation des émotions est appuyé par la littérature qui compare TSPT+SD au TSPT en termes neurobiologiques. Dans l’ensemble, comme examiné par Fenster, Lebois, Ressler, et Suh (2018) et comme nous allons l’examiner ci-dessous, le TSPT+SD est associé à une activité plus importante dans certaines zones du cortex frontal qui inhibent des régions du cerveau coordonnant les réponses à la peur, telles que le système limbique (en particulier l’amygdale) et la substance grise périaqueducale du cerveau moyen. Cela pourrait permettre d’expliquer l’émoussement affectif et le sentiment de détachement qui caractérisent la réponse aux signaux traumatiques de ce sous-type. Il est cependant important de noter que, d’après la littérature disponible, le système de la peur n’est pas la seule partie du cerveau affectée par le TSPT, et ces altérations ne sont pas non plus constatées uniquement dans la réponse aux signaux traumatiques. Le TSPT+SD se caractérise par des modifications de structure et de fonction dans plusieurs régions et voies neurologiques, en particulier celles qui participent à l’intégration sensorielle et la perception de soi. Cela paraît logique étant donné les changements sensoriels majeurs (par ex., dépersonnalisation et déréalisation) constatés chez ces patients.

En se servant de la morphométrie en voxel, Daniels, Frewen, Theberge et Lanius (2016) ont comparé les volumes des cerveaux de patients souffrant de TSPT avec et sans sous-type dissociatif. Dans cet échantillon, la gravité du trouble de dissociation a été associée à un volume accru de la substance grise dans le gyrus frontal moyen droit. Cela était attendu pour les patients ayant des symptômes de surmodulation puisque cette région est en charge de réguler à la baisse l’hyperexcitation émotionnelle. De plus, chez les patients avec TSPT+SD, il a été noté une réduction du volume de la substance grise dans le gyrus temporal inférieur droit, région impliquée dans le traitement des informations visuelles et la reconnaissance d’objets. Cette réduction du volume de la substance grise pourrait par conséquent être liée aux sentiments d’irréalité et d’absence de familiarité signalés par les patients lors d’épisodes dissociatifs.

La neuro-imagerie fonctionnelle a aussi démontré des différences au niveau des connexions de l’amygdale à l’état de repos entre les deux sous-types, ce qui explique aussi que les réponses à la peur soient différentes dans ces groupes. Le TSPT+SD est associé à une connexion fonctionnelle au repos plus importante entre l’amygdale et les régions préfrontales impliquées dans la modulation des émotions et l’inhibition limbique, dont le cortex préfrontal ventromédian (Nicholson et al., 2015; Nicholson et al., 2017). De la même manière, en comparant les cas de TSPT+SD au TSPT, il a été découvert des connexions accrues « du haut vers le bas » entre l’amygdale et la substance grise périaqueducale, région du cerveau moyen impliquée dans le traitement du sentiment de la peur/défense : cela suggère une fois de plus une surmodulation de l’hyperexcitation qui se manifeste sous forme de détachement et de dissociation dans les cas de TSPS+SD (Nicholson et al., 2017). La substance grise périaqueducale ventrolatérale, qui pourrait être associée aux mécanismes d’adaptation passifs et parasympathiques tels que la dissociation, a aussi montré une connexion fonctionnelle accrue en période de repos dans les régions impliquées dans l’évaluation de soi et la dépersonnalisation (par ex., carrefour temporo-pariétal gauche) chez le TSPT+SD (Harricharan et al., 2016). Cela concorde avec les découvertes de l’IRMf qui associent le TSPT+SD à une activité préfrontale accrue en réponse à une menace perçue délibérément (Felmingham et al., 2008).

Le noyau de la strie terminale, qui est une extension de l’amygdale, et qui est impliqué dans la réponse à une menace, est aussi affecté différemment dans les cas de TSPT+SD : on dénote des différences de connexion dans plusieurs régions en comparaison aux témoins et au TSPT. Comparé aux témoins, le TSPT+SD a été associé à une connexion accrue entre le noyau de la strie terminale et le claustrum, qui pourrait avoir un rôle dans la conscience et l’intégration sensorielle. Le TSPT+SD a aussi démontré une connexion accrue entre le noyau de la strie terminale et le vermis, une région cérébelleuse qui pourrait être impliquée dans la modulation et le traitement des émotions (Rabellino, Densmore, Harricharan, et al., 2018).

Plusieurs changements dans les connexions fonctionnelles du système cérébelleux ont été identifiés dans les cas de TSPT+SD. Par rapport au TSPT, le TSPT+SD est associé à une connexion fonctionnelle réduite entre le lobe antérieur du cervelet et le vermis, et d’autres régions jouant un rôle dans le traitement des informations somatosensorielles, l’intégration multi-sensorielle, et la conscience du corps. Le TSPT+SD est aussi associé à une connexion accrue entre le lobe postérieur du cervelet et les aires corticales impliquées dans la régulation des émotions. Ces découvertes viennent renforcer le besoin de désigner le TSPT+SD comme trouble de surmodulation sensorielle (via l’inhibition corticale) et une intégration sensorielle endommagée (via une connexion réduite de plusieurs régions impliquées dans le traitement des informations somatosensorielles et dans l’intégration) (Rabellino, Densmore, Théberge, McKinnon, & Lanius, 2018).

Le TSPT+SD est aussi associé à une connexion plus importante entre l’amygdale et les régions pariétale, cérébelleuse et limbique, qui jouent un rôle dans la conscience, la prise de conscience, et la proprioception (Nicholson et al., 2015). Cela suggère que des stimuli à la peur, identifiés par l’amygdale, pourraient déclencher des modifications dans la conscience et la prise de conscience, tels que la dépersonnalisation et la déréalisation. Par contre, dans une étude avec IRMf conduite par Tursich et al. (2015), la gravité des symptômes de dissociation n’a pas pu être liée à la connexion entre le cortex préfrontal ventromédian et le cortex cingulaire antérieur périgenual. Le cortex cingulaire antérieur périgenual est associé au processus de référence à soi, qui est altéré lors d’épisodes dissociatifs.

Le système vestibulaire, qui est impliqué dans l’intégration multi sensorielle, est aussi affecté différemment par le TSPT+SD. En comparaison à des témoins sains et des cas de TSPT non-dissociatifs, le sous-type dissociatif a été associé à une connexion réduite entre les noyaux vestibulaires, le cortex vestibulaire pariéto-insulaire et le cortex préfrontal dorsolatéral. Cela suggère donc une autre zone d’intégration multisensorielle dérégulée et, encore plus important, cela pourrait fournir une autre voie possible pour les modifications sensorielles constatées lors d’épisodes dissociatifs (Harricharan et al., 2017).

La recherche a aussi commencé à identifier les différents effets du TSPT+SD sur l’axe hyphothalamique-hypophyso-surrénalien et le cortisol. Dans une étude, la présence de symptômes dissociatifs liés à un traumatisme a été associée à une réponse du cortisol au stress émoussée (Zaba et al., 2015). Cela concorde avec un travail précédent qui associait le TSPT et le trouble de dissociation comorbide à une réactivité réduite du cortisol face au stress (Simeon et al., 2007). Une autre étude sur femmes enceintes a découvert de la même manière que le TSPT+SD était associé à une courbe de niveau de cortisol gestationnel plus haute et plate (Seng et al., 2018). Ce corps de travail suggère une autre différence dans la réponse au stress entre le TSPT+SD et le TSPT qui pourrait avoir d’importantes implications cliniques.

Au niveau moléculaire, une étude relativement réduite sur la corrélation avec l’ensemble du génome, conduite sur une population d’anciens combattants exposés à un traumatisme, n’a pas pu établir d’association statistiquement significative entre les polymorphismes de nucléotides simples (PNS) et les symptômes dissociatifs. Cependant, certains ont approchés une certaine signification, notamment un PNS dans l’un des gênes de l’adénylate-cyclase, enzyme importante pour la potentialisation à long terme (et par conséquent dans l’apprentissage et la mémoire). Un PNS a aussi été identifié dans un gêne chargé d’encoder une sous-unité du canal potassique voltage-dépendant : il a été associé à une intégration synaptique hippocampale détériorée chez les souris. En raison de leur influence sur l’apprentissage et la mémoire, ces gênes pourraient être impliqués dans une prédisposition au trouble de la dissociation. Plusieurs PNS ont également été trouvés dans des processus épigénétiques. (Wolf et al., 2014).

Implications en termes de traitement

La recherche continue d’examiner les différentes réponses aux thérapies traitant les troubles liés à un traumatisme dans les cas de TSTP+SD, et les modifications nécessaires aux protocoles actuels de traitement du TSPT, pour pouvoir mieux répondre aux besoins des patients avec TSTP+SD. Les experts s’interrogent notamment sur l’intérêt de stabiliser la dissociation avant de lancer un traitement basé sur l’exposition tel que la thérapie du processus cognitif (TPC), l’exposition prolongée (EP), l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR) ou la thérapie par exposition à la narration (NET). Comme indiqué ci-dessus, la gravité de la maladie chez les patients avec TSPT+SD pourrait être beaucoup plus importante, avec plus de comorbidité, et une multitude de symptômes dissociatifs, ce qui suggère le besoin potentiel de stabiliser les symptômes avant de débuter un traitement basé sur l’exposition.

Un faible nombre d’études ont examiné spécifiquement les effets de telles approches de traitement avec plusieurs composants et les ont comparées à la thérapie basée sur l’exposition. Lors d’un essai sur une approche de traitement avec deux composants (formation d’aptitudes suivie par un traitement basé sur l’exposition), la dissociation de base n’a pas modéré les résultats du traitement contre le TSPT, alors qu’à des niveaux de dissociation élevés, l’approche du traitement à deux composants a démontré une plus grande amélioration sur la dissociation. Après le traitement, il a été noté que ceux souffrant d’une dissociation élevée et ayant bénéficié des deux composants, continuaient à progresser. Ceux n’ayant reçu que la formation d’aptitudes maintenaient leur progrès. En revanche, ceux n’ayant bénéficié que du traitement par exposition avaient régressé (Cloitre, Petkova, Wang, & Lu Lassell, 2012). Cela suggère donc que, pour bien mesurer les effets des traitements à composants multiples, un suivi à long terme pourrait être nécessaire, et les conséquences de tels traitements sur la dissociation pourraient différer par rapport à leur incidence sur d’autres symptômes du TSPT.

Une partie de la littérature a mis en évidence les conséquences de certains aspects de la dissociation sur la réponse au traitement. Lors d’une étude sur la réponse à la thérapie comportementale dialectique (TDC) chez les patients avec TSPT ayant souffert d’abus sexuels pendant l’enfance, même si les traits dissociatifs ne constituaient pas une variable de réponse, une dissociation de faible mesure pendant les sessions de psychothérapie augmentait les chances d’améliorations conséquentes dans la symptomatologie du TSPT par rapport aux états de dissociation élevés (Kleindienst et al., 2016). Cela vient confirmer les découvertes de Price, Kearns, Houry, et Rothbaum (2014), qui ont trouvé que, lors d’une intervention précoce basée sur l’exposition chez les individus ayant souffert d’un traumatisme, la réponse au traitement était plus faible chez ceux présentant une dissociation élevée lors de la première session thérapeutique. Lors d’un essai avec EMDR sur un groupe de patients consultant une clinique spécialisée dans le traitement des traumatismes, les cas non-répondeurs étaient associés à une comorbidité psychiatrique et à des symptômes dissociatifs (dépersonnalisation/déréalisation) (Bae, Kim & Park, 2016). De plus, alors que Resick, Suvak, Johnides, Mitchell, et Iverson (2012) ont noté que les patients avec une dissociation élevée répondaient de manière équivalente au traitement basé sur l’exposition, ces patients (en particulier ceux ayant de hauts degrés de dépersonnalisation) répondaient globalement mieux lorsqu’ils étaient traités par une thérapie cognitive accompagnée d’une exposition à la narration du traumatisme (plutôt que la TPC sans exposition) : cela pourrait être dû au fait que le récit du traumatisme aide à la cohérence de la narration, qui peut être altérée par la présence d’une dissociation péritraumatique.

D’autre part, des études ont découvert que la dissociation avait un effet minimal sur l’amplitude de la réduction des symptômes de TSPT. Cependant, il a été régulièrement mis en évidence que les patients avec TSPT+SD débutaient et terminaient le traitement avec des symptômes plus graves, ce qui suggère que des composants de traitement supplémentaires pourraient améliorer davantage les résultats. Un essai portant sur des patients souffrant de TSPT chronique et traités avec de la sertraline ou l’EP a permis de découvrir que le groupe avec des symptômes de dissociation importants (tels que mesurés sur l’échelle de dépersonnalisation/déréalisation de la DES) réagissaient généralement moins bien au traitement en général et à la sertraline, mais étaient tout aussi susceptibles de répondre au traitement basé sur l’exposition (Burton et al., 2018). Halvorsen, Stenmark, Neuner, et Nordahl (2014) ont aussi trouvé que la dépersonnalisation/déréalisation n’était pas une variable de réponse à la NET sur un échantillon de patients avec TSPT. Hagenaars, van Minnen, et Hoogduin (2010) ont découvert que les patients avec un haut degré de dissociation (dépersonnalisation, déréalisation et/ou émoussement) manifestaient une réduction des symptômes de TSPT similaire à ceux qui n’en souffrait pas, mais que la gravité générale des symptômes était plus importante avant et après le traitement. Lors d’une autre étude réalisée par Zoet, Wagenmans, van Minnen, et de Jongh (2018), des patients avec TSPT+SD, tels que diagnostiqués par l‘échelle de TSPT administrée par le clinicien (CAPS), avaient des symptômes plus graves avant et après le traitement, mais arrivaient à une réduction de symptômes similaire à ceux qui ne souffraient pas du sous-type dissociatif. De même manière, Wolf, Lunney, et Schnurr (2016) ont découvert que les patients avec TSPT+SD répondaient à l’EP à la fois au niveau de symptômes dissociatifs mais aussi des symptômes de TSPT généraux, avec un effet légèrement atténué sur les symptômes de TSPT par rapport à ceux sans sous-type dissociatif. Dans l’ensemble, même si les patients avec TSPT+SD semblent tolérer et progresser avec la thérapie basée sur l’exposition, ils terminent généralement le traitement avec des symptômes de TSPT de degré plus important, ce qui suggère que l’intégration de stratégies thérapeutiques supplémentaires devrait être explorée chez cette population.

La littérature actuelle sur la réponse au traitement du TSPT+SD est hétérogène. Il existe des différences significatives entre les essais effectués en termes de choix des symptômes dissociatifs mesurés et de méthodes de mesure. Il pourrait y avoir des effets différents sur les symptômes de dissociation, surtout entre le caractère dissociatif et l‘état dissociatif. En outre, même s’il existe des preuves que le traitement basé sur l’exposition peut être utile dans les cas de présence dissociative significative, peu d’essais à comparaison directe comparent la thérapie d’exposition seule aux approches à facettes multiples incorporant la formation des aptitudes ou les traitements traitant la dissociation en particulier.

Conclusion

Au cours des dernières années, l’intérêt pour la sous-population avec TSPT et des symptômes dissociatifs significatifs s’est accru. Deux mesures psychométriques ont été développées récemment pour pouvoir évaluer les symptômes dissociatifs chez les patients souffrant de TSPT : ces deux items peuvent être utilisés avec le questionnaire d’auto-évaluation du TSPT et les 15 items de l’échelle du sous-type dissociatif du TSPT. Il existe des preuves que cette sous-population est distincte, à la fois d’un point de vue clinique (preuves mixtes suggérant qu’elle pourrait être associée à une gravité généralement plus importante, à une comorbidité plus élevée, et à des antécédents de traumatisme de longue durée) mais aussi neurobiologique. Cela n’est pas seulement limité aux voies neurologiques liées à la peur; plusieurs régions du cerveau sont aussi impliquées, en particulier celles jouant un rôle dans l’intégration sensorielle, ce qui paraît logique étant donné l’expérience subjective de la dissociation. Par conséquent, les chercheurs s’intéressent à la réponse au traitement et les implications pour la thérapie. Même s’il a été prouvé que les patients avec TSPT+SD peuvent tolérer et répondre aux traitements basés sur l’exposition, ils terminent généralement le traitement avec une gravité de symptômes globalement supérieure et peuvent régresser en termes de progrès au cours du temps. La recherche examinant cette population complexe et à facettes multiples est donc justifiée.

Francesca L. Schiavone

Département de psychiatrie, Université de Toronto

Paul Frewen, Ph.D.

Département de psychiatrie, Université Western Ontario

Département de psychologie, Université Western Ontario

Margaret McKinnon, Ph.D.

Programme des troubles de l’humeur, St. Joseph’s Healthcare,

Département de psychiatrie et de neurosciences comportementales,

Université McMaster et Institut de recherche Homewood

Ruth A. Lanius, M.D., Ph.D.

Département de psychiatrie, Université Western Ontario

Département de neurosciences, Université Western Ontario

Adresses des auteursFrancesca L. Schiavone est affiliée au département de psychiatrie de l’Université de Toronto,Toronto, Ontario, Canada. Paul Frewen, Ph.D. estaffilié au département de psychiatrie et au département de psychologie de l’Université Western Ontario, London, Ontario, Canada. Margaret McKinnon Ph,D. est affiliée au programme des troubles de l’humeur de St. Joseph’s Healthcare, Hamilton, Ontario, Canada; au département de psychiatrie et de neurosciences comportementales de l’Université McMaster, Hamilton, Ontario, Canada; et avec l’Institut de recherche Homewood, Guelph, Ontario, Canada. Ruth A. Lanius M.D., Ph.D. est affiliée au département de psychiatrie et au département de neurosciences de l’Université Western Ontario, London, Ontario, Canada. Adresse E-mail: Ruth.Lanius@lhsc.on.ca.

Traduit et adapté par courtoisie par S.Erraud depuis PTSD Research Quaterly

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Dissociation : Comment les gens font face aux traumatismes qu’ils veulent oublier

Publié Laisser un commentairePublié dans déclencheurs, dissociation, flashback, psychothérapie, symptomes, TSPT/SSPT/ESPT/PTSD

Lorsque vous êtes témoin ou que vous vivez quelque chose de terrible, vous essayez de ne pas y penser. Pour vous aider, votre cerveau va faire appel à l’une de ses stratégies d’adaptation les plus créatives et ingénieuses pour vous maintenir en vie : la dissociation. En termes simples, la dissociation est un blocage mental entre votre conscience et les éléments de votre monde qui vous semblent trop effrayants à connaître.

La dissociation touche tout le monde à un moment donné. Elle prend de nombreuses formes différentes selon les personnes. Mais pour les personnes ayant un passé traumatique complexe, la dissociation maintient le cerveau en mode de survie. Personne ne peut endurer un état de peur constant et continuer à bien fonctionner. Vous ne pouvez pas traverser la vie sans être affecté, tout en vous sentant constamment paralysé, inquiet ou éteint par vos plus grandes peurs. La dissociation peut servir de protection, en maintenant les gens dans l’ignorance de la détresse qu’ils ressentent lorsqu’ils sont traumatisés. C’est alors qu’elle peut éventuellement causer des problèmes aux personnes qui ont été très gravement blessées, surtout lorsqu’elles étaient enfants.

Les enfants sont particulièrement susceptibles de recourir à la dissociation pour gérer la douleur inéluctable des problèmes familiaux qui entraînent des traumatismes complexes, développementaux et relationnels. Ces problèmes peuvent inclure des agressions permanentes, de la négligence ou un attachement déséquilibré, fuyant ou instable. Les enfants sont contraints de faire quelque chose pour supporter les expériences qui les font se sentir en danger. Ils composent avec la situation en se déconnectant des souvenirs, des sentiments et des sensations corporelles qui sont trop pénibles à supporter. En apparence, ils peuvent avoir l’air bien. Mais la dissociation constante comme moyen de protection ou de survie pendant des années les suit ensuite dans la vie adulte, où elle ne réussit pas aussi bien. En tant que mécanisme d’adaptation, la dissociation interfère souvent avec la vie qu’une personne souhaite avoir lorsque la violence a cessé dans le présent.

Lorsque la dissociation bloque la prise de conscience de la souffrance, elle peut également bloquer le chemin de la re-construction. Examinons donc de près la dissociation en tant que mécanisme d’adaptation pour les survivants de traumatismes. Si nous pouvons en toute sécurité déterminer d’où elle provient et comment elle évolue, nous pouvons également voir à quoi ressemble la reconstruction.

Qu’est-ce que la dissociation ?

La dissociation est un état de déconnexion de l’ici et du maintenant. Lorsque les gens se dissocient, ils sont moins conscients (ou inconscients) de leur environnement ou de leurs sensations intérieures. Cette perte de conscience est un moyen de faire face aux déclencheurs dans l’environnement ou aux souvenirs qui, autrement, réveilleraient un sentiment de danger immédiat. Les déclencheurs sont des rappels de traumatismes non résolus et des émotions intenses qui y sont associées, comme la panique et la peur. Le blocage de la conscience des sensations est un moyen d’éviter les déclencheurs potentiels, ce qui protège contre le risque d’être submergé par des émotions comme la peur, l’anxiété et la honte.

La dissociation permet d’arrêter de ressentir. La dissociation peut se produire au cours d’une expérience extrême à laquelle vous ne pouvez pas échapper (causant le traumatisme), ou plus tard lorsque vous pensez au traumatisme ou que vous vous en souvenez.

La dissociation est un mécanisme d’adaptation qui permet à une personne de fonctionner dans la vie quotidienne en continuant à éviter d’être submergée par des expériences extrêmement stressantes, tant dans le passé que dans le présent. Même si la menace est passée, votre cerveau dit encore ” danger “. Non traitées, ces craintes peuvent vous empêcher de vivre la vie que vous souhaitez ou de modifier des comportements peu utiles au fur et à mesure de votre avancement.

Un certain niveau de dissociation est normal ; nous le faisons tous. Par exemple, lorsque nous nous mettons au travail et que nous devons laisser nos préoccupations personnelles de côté, nous décidons de les oublier pendant un certain temps. Mais lorsque la dissociation est acquise en tant que stratégie d’adaptation – surtout dans l’enfance à des fins de survie – elle se prolonge à l’âge adulte sous forme de réponse automatique, et non de choix.

En tant que stratégie de protection pour faire face à un traumatisme, la dissociation peut être l’une des capacités d’adaptation les plus créatives qu’un survivant de traumatisme puisse perfectionner. Elle détache la conscience de son environnement, de ses sensations corporelles et de ses sentiments. Les enfants qui subissent un traumatisme complexe sont particulièrement susceptibles de développer la dissociation. Elle se produit souvent en même temps que les premiers incidents de traumatismes récurrents, car la seule façon de survivre émotionnellement à ces expériences atroces est de ne pas être présent consciemment.

Il existe de nombreuses circonstances qui peuvent entraîner une dissociation. Les thérapeutes en sont conscients et concentrent leur compréhension de la dissociation en relation avec le traumatisme sous-jacent – ce qui vous est arrivé. Voici quelques exemples simples de facteurs de risque de dissociation :

  • Un mode d’attachement incohérent.

Les traumatismes infligés par la violence provenant d’une figure d’attachement primaire, pour les enfants, peuvent entraîner des troubles dissociatifs. Lorsqu’une personne dont l’enfant dépend pour sa survie est également source d’agressions physiques, sexuelles ou émotionnelles, la réponse protectrice consiste pour l’enfant de quitter son corps afin de survivre à l’agression, tout en préservant le lien familial, voire sa propre survie.

  • Un mode d’attachement insécurisant.

Un enfant développe consciemment des comportements ou des habitudes pour se dissocier, tel que l’utilisation de musique forte, afin de ne pas entendre des disputes terrifiantes entre parents, par exemple. Il peut se tourner vers les jeux vidéo ou autres distractions pendant que son père fait les cent pas, inquiet parce que sa mère est sortie boire.

  • Des maltraitances ou négligences récurrentes qui menacent le sentiment de sécurité et de survie. Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et le syndrome de stress post-traumatique complexe (SSPT-C).

La dissociation pour affronter les événements qui provoquent le SSPT ou le SSPT-C (traumatisme développemental, relationnel continu) peut inclure des réactions extracorporelles au traumatisme. Une réponse neurologique amène certains survivants de traumatismes à se dissocier à un niveau où ils regardent leur corps sous un autre angle. Il peut s’agir de regarder d’en haut ou de regarder une partie de leur corps qui ne semble pas leur appartenir. La dissociation se produit sur un continuum, souvent influencé par la durée ou la fréquence à laquelle la personne y a eu recours, même si elle a d’autres stratégies d’adaptation, ou si d’autres soutiens de confiance ou espaces sécurisants sont disponibles. Les soutiens ou les lieux où l’enfant se sent en sécurité peuvent lui permettre d’être connecté en toute sécurité à ses sentiments, ses sensations et son corps, malgré la surcharge qui règne ailleurs.

La dissociation de l’enfance persiste à l’âge adulte

En grandissant, les enfants victimes de traumatismes peuvent avoir recours à l’automutilation, à la nourriture, aux drogues, à l’alcool ou à tout autre mécanisme d’adaptation pour maintenir la déconnexion avec un traumatisme non traité. En tant que thérapeutes, nous considérons que ces comportements remplissent deux fonctions pour les survivants de traumatismes

En tant que mécanisme ou moyen de dissociation (par exemple, en utilisant de l’alcool ou des drogues pour se déconnecter physiquement du cerveau pensant)

Comme moyen de préserver les comportements qui les maintiennent dissociés (je ne suis pas connecté à mon corps, donc je peux me couper sans douleur, ou je ne suis pas connecté à mon corps, donc je ne remarque pas que je suis rassasié et que je n’ai pas besoin de plus de nourriture).

Cette stratégie d’adaptation, utile dans l’enfance, compromet au bout du compte la capacité à faire confiance, à s’attacher, à se socialiser et à prendre soin de soi à l’âge adulte. Ces défis accompagnent les survivants de traumatismes tout au long de leur vie, s’ils ne sont pas pris en charge.

Reconnaître la dissociation chez les adultes

Les adultes ne se défont pas simplement en grandissant de la dissociation apprise dans l’enfance. Elle se transforme probablement en un mécanisme d’adaptation permettant de se maintenir en vie. Les adultes peuvent ne pas être conscients de leur état de dissociation permanent, mais les mots et actions tels que ceux-ci révèlent une toute autre réalité :

  • Une personne raconte à un thérapeute ses expériences les plus traumatiques sans le connaître ni lui faire confiance, et ce sans émotions liées à l’histoire ; elle lui parle de manière dissociée.
  • Quelqu’un a recours à la drogue, à l’alcool, aux mutilations, à la nourriture, à la pornographie ou à d’autres pratiques autodestructrices pour continuer à se dissocier et ne pas être présent avec ses sentiments.
  • Quelqu’un se déconnecte de l’ici et du maintenant dès qu’il est déclenché par une certaine situation ou même par une odeur, comme une eau de Cologne, et se retrouve dans un flash-back qui semble très réel.
  • Un ancien combattant entend un bruit qui provoque un flash-back d’un événement de guerre.
  • Quelqu’un se dispute avec son conjoint, mais lorsque ce dernier crie, l’autre “disparaît”.

La dissociation est parfois le meilleur moyen pour une personne de survivre à une épreuve terrifiante sur le moment, ou du développement d’un traumatisme chronique sur de nombreuses années. Pourtant, cela devient en fait un problème, un obstacle, dans la vie adulte. La dissociation entrave la mise en place de relations et de liens solides. La dissociation peut vous empêcher de développer ces relations ou de les entretenir.

La réalité est que, dans votre vie d’adulte, vous pouvez être plus en sécurité aujourd’hui en apprenant à observer, à vous reconnecter et à réintégrer les parties dissociées. Peut-être êtes-vous en sécurité maintenant et n’avez plus besoin de ce mécanisme d’adaptation pour vous protéger !

La plupart du temps, une personne se présentera en thérapie pour une autre raison que la “dissociation” ou même le traumatisme – elle est là parce qu’elle se sent triste, ou parce qu’elle boit trop ou se dispute avec son conjoint. Elle ne comprend pas pourquoi ces problèmes persistent, car elle a maintenant une vie normale. En tant que thérapeutes spécialisés en traumatologie, nous pouvons aider les gens à déterminer en toute sécurité les problèmes qui se manifestent en raison de leur passé. Nous pouvons les aider à comprendre et à prendre conscience de ce qui avait un sens à l’époque, compte tenu de ce qui se passait dans leur vie et de ce à quoi ils devaient survivre. Nous pouvons aider les gens à réaliser qu’ils ne sont pas “mauvais” et qu’ils n’ont rien qui cloche – leurs problèmes sont le résultat des capacités d’adaptation dissociative qu’ils ont acquises dans leur enfance pour survivre (qui étaient très utiles à l’époque, mais plus maintenant) !

En thérapie, nous travaillons à créer un lieu de sécurité et de stabilité – où vous pouvez être présent, dans votre corps et dans vos sentiments. Nous travaillons à la reconstruction par étapes pour vous aider à vous ancrer dans le présent. Lorsque vous vous sentez ancré, vous êtes en mesure de comprendre que vous êtes en sécurité dans le moment présent, même si quelque chose déclenche des alarmes familières, en utilisant des outils tels que le protocole d’arrêt du flashback*.

Nous travaillons pour vous aider à être présent dans votre moi adulte et à être capable de décider si vous devez vous dissocier ou non aujourd’hui pour survivre. Grâce à un travail de reconstruction, nous vous aidons à ne plus vous contenter de survivre, mais à vivre.

Traduit par courtoisie depuis CPTSD foundation