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Les blessures psychologiques provoquent des maladies physiques. La thérapie peut les guérir.

survivant

Votre cerveau tient absolument à vous garder en vie. C’est une préoccupation majeure, et littéralement d’importance vitale. Et pour cause : les gens qui, dans le passé, ne percevaient pas le danger se faisaient dévorer par les loups et les ours. Vous êtes en vie du fait que le cerveau de vos ancêtres ait repéré les prédateurs et suralimenté leurs muscles pour les faire fuir plus vite. Ce système aussi rapide que complexe, les a maintenus en vie, ce qui vous a mené à naître.(…)

Les tueurs invisibles, quels sont-ils ?

(…) Parmi les dix principales causes de mort prématurée, les blessures physiques et les infections sont en 5ème et 8ème position sur la liste. Elles sont en fait le cadet de nos soucis. Quelque chose d’autre, quelque chose que nous ne pouvons pas voir, mais qui est très puissant, nous pousse encore plus vite vers la tombe.

Nous nous devons de savoir ce que c’est. En nous concentrant sur ce qui raccourcit notre durée de vie, alors nous pouvons y remédier. Nous pouvons prendre des mesures pour vivre longtemps et en bonne santé. Nous pouvons faire appel à des personnes talentueuses et passionnées en vue der fortifier notre organisme et prolonger nos vies.

Mais nous ne le faisons pas, pas le moins du monde. Alors que des travaux de recherche ont été publiés par milliers au cours du XXIe siècle portant sur la principale cause de décès prématurés, toutes ces connaissances sont pour ainsi dire ignorées. Mises de côté. Les médecins l’ignorent, vous l’ignorez, les hôpitaux ne le mesurent pas, les compagnies d’assurance ne remboursent pas. Ça nous dépasse. Notre système de soins aussi coûteux que sophistiqué ne tient pas compte de la principale cause de décès prématurés.

Dans cet article, vous allez découvrir comment ces blessures invisibles se produisent et les différentes façons dont elles raccourcissent la durée de vie. (…)

D’où viennent les blessures invisibles?

Tout d’abord, nous devons reconnaître les blessures que notre système de santé ignore. Et parmi les cerveaux les plus sophistiqués de la médecine, certains nous invitent à explorer un angle insolite – les résultats cardiométaboliques, dont font partie l’obésité, l’hypertension, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Chaque jour, les médecins font face à un nombre croissant de décès de patients atteints de ces maladies, plus que de toutes autres. Et plus les gens vieillissent, plus le risque augmente. (…) Et selon eux, pour s’attaquer à ce problème de mort prématurée, il serait pertinent d’intervenir auprès des enfants victimes de traumatismes .

Eh bien, quelle surprise. Les cardiologues estiment que nous devrions nous focaliser sur les abus et la négligence envers les enfants, afin de réduire le diabète et les crises cardiaques chez les personnes de 70 ans et plus. La nature des blessures invisibles, celles que notre système de santé ignore, est ainsi dévoilée. Ce sont des blessures psychologiques. Violence physique, sexuelle et psychologique. Négligence émotionnelle ou physique. Le fait d’avoir un parent avec un problème d’addiction, un trouble grave de santé mentale, un parent criminel, d’être témoin de la violence entre parents, ou d’être séparé de l’un des parents suite à un divorce ou à un décès avant ses 18 ans : voici quelques unes des blessures psychologiques les plus courantes. Elles sont si néfastes, et influencent si profondément nos vies, qu’elles peuvent se manifester jusqu’à 60 ans plus tard, avec des problèmes de santé ou une mort prématurée. C’est la raison pour laquelle les cardiologues s’inquiètent davantage de ce qui arrive aux enfants de 7 ans que de leurs aînés assis dans les salles d’attente.

Comment les blessures émotionnelles endommagent notre chair.

Comment est-ce possible ? En quoi le fait d’être victime de violence physique à l’âge de 8 ans raccourcit-il la durée de vie d’une personne ? Comment des propos insultants peuvent-ils se transformer en diabète ? Et de quelle manière l’abus sexuel déclenche-t-il une crise cardiaque 50 ans plus tard ? Pour répondre à ces questions, nous devons nous pencher plus précisément sur ce qui se passe lorsqu’un enfant a très peur.

Lorsqu’une personne vit un événement terrifiant, le cerveau déclenche très rapidement des mécanismes de combat ou de fuite. Quelle que soit la menace, un ours ou un parent en colère, le cerveau aide à réagir immédiatement et à avoir un maximum d’énergie disponible pour combattre la menace ou s’enfuir. La région du cerveau appelée amygdale surveille l’information en provenance des yeux, des oreilles et de nos autres sens. Quand elle considère quelque chose comme étant dangereux, elle envoie un signal à une autre partie du cerveau, l’hypothalamus. Il fonctionne tel un centre de commande et active le système nerveux sympathique. Ce système commande aux glandes surrénales de libérer de l’adrénaline qui se répand dans la circulation sanguine. Tout se déchaîne car l’adrénaline est conçue pour fournir de l’énergie au corps, soit pour combattre une menace et l’anéantir, soit pour s’enfuir et se réfugier dans un lieu sûr. Le cœur s’emballe et le sang s’écoule vers les muscles ainsi que d’autres organes. Le glucose et les graisses sont évacués de leur stockage temporaire, ce qui envoie plus d’énergie dans la circulation sanguine. Non seulement la respiration est plus rapide, mais les poumons se gonflent plus largement afin d’absorber plus d’oxygène.

Il n’y a pas que les organes qui sont stimulés, les cellules musculaires sont également stimulées par l’adrénaline. Si vous êtes confronté à un ours, vous voudriez que vos muscles travaillent très vite et très fort. Comme l’adrénaline est acheminée vers les muscles par le sang, elle se fixe sur des récepteurs. Cela déclenche une réaction en cascade très complexe dans la cellule qui libère une grande quantité de glucose. Le glucose est décomposé en dioxyde de carbone et en eau et, ce faisant, il crée des dizaines de molécules utilisées pour alimenter les muscles. Ce phénomène se produit dans la centrale électrique de la cellule, les mitochondries. Et comme toute centrale électrique, elle émet des déchets toxiques. Les moteurs diesel émettent de petites particules de suie, les moteurs à essence produisent du monoxyde de carbone et les mitochondries fabriquent un groupe de molécules appelées dérivés réactifs de l’oxygène (DRO). Les plus mauvais éléments de ce groupe de DRO sont les radicaux hydroxyles. Et en tant que radicaux, ils ne veulent pas que les choses restent stables. Ce sont des radicaux après tout, ils veulent faire tout exploser. Ils vont donc briser les liaisons ADN, les protéines et même l’eau.

Les larmes de notre ADN

La rupture de liaisons de molécules d’eau n’est pas vraiment problématique pour les cellules. Rompre les molécules d’ADN est une autre histoire. L’ADN contient le code génétique de la vie, et si des erreurs s’y glissent, les dommages peuvent se démultiplier. Si l’ADN des mitochondries présente des ruptures alors des radicaux hydroxyles seront crées en plus grand nombre, ce qui va provoquer plus de ruptures dans l’ADN, ce qui conduit à plus de radicaux hydroxyles, et un cercle vicieux est ainsi créé. Les radicaux hydroxyles attaquent également l’ADN dans le noyau, provoquant là aussi des ruptures. Si votre ADN présente des ruptures ou si des parties sont sectionnées, alors ces défauts seront transmis à la génération suivante. Une des conséquences de tout ceci est que les cellules meurent prématurément. Et si vos cellules meurent prématurément, alors vous mourez aussi prématurément.

Tout cela est dû aux effets de l’adrénaline. Mais le corps ne se contente pas de libérer de l’adrénaline pour vous stimuler dans le combat et la fuite. Le cerveau, qui est déterminé à vous maintenir en vie, met en place un autre dispositif pour vous permettre de combattre et de neutraliser la menace, ou de vous sauver. Ce dispositif est l’axe HPA -l’hypothalamus transmet un signal à la glande pituitaire, qui transmet un signal aux glandes surrénales. Si les glandes surrénales sont averties que le danger est toujours présent (il y a un essaim d’abeilles, pas seulement une seule abeille), alors elles libèrent du cortisol.

Quasiment toutes les cellules du corps ont des récepteurs à cortisol, ce qui prouve son importance et l’implication de l’ensemble du corps dans les réactions de combat ou de fuite. Le cortisol mobilise le glucose dans la circulation sanguine, ce qui procure plus d’énergie à long terme. Afin de garder le glucose dans la circulation sanguine, de sorte qu’il soit disponible pour vos muscles, le cortisol empêche l’insuline de stocker le glucose dans les cellules. Le cortisol rétrécit également les artères, ce qui augmente la tension artérielle et oblige le cœur à battre plus vite. Il réduit aussi l’inflammation dans le corps. Tous ces phénomènes combinés permettent à votre corps de faire face au danger. Grâce au cortisol, vos muscles disposent de plus d’énergie, votre cœur s’accélère (ce qui apporte plus d’oxygène et de glucose à vos muscles) et vous êtes plus apte à faire face aux dangers.

Mais il y a un aspect négatif à tout cela. Les études montrent que le cortisol crée des espèces réactives de l’azote à l’intérieur des cellules. Comme leurs mauvais cousins (espèces réactives de l’oxygène), ils vont endommager l’ADN. Il n’est donc pas étonnant que les personnes ayant des taux élevés de cortisol présentent plus de dégradation de leur ADN. Et si ces personnes présentent des taux élevés de cortisol dans le sang durant de longues périodes, en raison du stress chronique, on observe une cascade d’effets néfastes. Le cortisol affaiblit le système immunitaire, ce qui rend les gens plus vulnérables aux infections. Le cortisol entraîne une prise de poids de trois manières, notamment le stockage des graisses dans le ventre, la suralimentation et les pulsions de malbouffe. Étant donné que le cortisol fait entrer le glucose dans la circulation sanguine et empêche l’insuline de l’extraire, les cellules deviennent résistantes à l’insuline. Cela peut entraîner un diabète de type II. Le cortisol élève également la tension artérielle, ce qui provoque l’hypertension. Et lorsque vous associez obésité, diabète et hypertension, vous obtenez de parfaits ingrédients pour une maladie cardiovasculaire.

(…) Lorsqu’une belle-mère gifle un enfant de 8 ans, l’enfant entre en mode combat ou fuite. Adrénaline et cortisol se répandent dans son sang. Et si elle ne cesse de le critiquer, son sang sera sans cesse saturé d’hormones de stress. L’ADN se décomposant plus vite que son corps ne peut le réparer, le glucose restera trop longtemps dans son sang et sa tension artérielle va devenir trop élevée.

Grandir ne vous guérit pas

Un enfant ne guérit pas de ce schéma destructeur simplement en grandissant et en s’éloignant. Les événements traumatisants (comme le fait d’être agressé par son entraîneur de natation) sont gravés dans l’amygdale dès lors qu’ils se produisent. L’événement étant si effrayant et dangereux, le cerveau scanne constamment l’environnement, à la recherche de tout signe de danger. Lorsqu’il voit, entend ou sent quelque chose associé au traumatisme initial, il déclenche une réponse de combat ou de fuite, afin de pousser la personne à s’éloigner du danger.

Cela modifie le cerveau de l’enfant de sorte que les régions impliquées dans la peur, l’anxiété et les réactions impulsives produisent un trop grand nombre de connexions entre les cellules du cerveau. Ainsi, le mécanisme de stress est modifié de sorte à réagir à des seuils inférieurs et dans des situations peu stressantes pour les autres. Lorsqu’il est activé, il faut beaucoup plus de temps à cet enfant pour se calmer qu’à un enfant sans blessure psychologique. Le mécanisme de réponse au stress s’active plus souvent et plus longtemps que nécessaire. (…)

Nous comprenons mieux pourquoi le fait de grandir et de s’éloigner ne guérit pas l’enfant. Le cerveau est surbmergé de peur, d’anxiété et d’autres émotions négatives. Partir ne répare pas l’ADN endommagé. Les blessures psychologiques produisent une mosaïque d’effets destructeurs. Les victimes paniquent pour des détails moindres et ont du mal à retrouver leur calme. Les failles de leur ADN se multiplient au fur et à mesure que les cellules se divisent, créant une bombe à retardement – la maladie. La maltraitance est source de honte, de culpabilité, de colère et bien plus encore. Les victimes sont convaincues qu’elles ne peuvent pas demander de l’aide, à cause de cette négligence.(…)

Les blessures psychologiques influent fortement dans 7 cas de décès prématurés sur 10, et cette influence est beaucoup plus forte que celle de la génétique. La combinaison d’un ADN endommagé, avec du stress chronique, des addictions pour faire face à la douleur, et des relations malsaines enlève des années, voire des décennies à nos vies.

Comment guérir les blessures invisibles

La meilleure méthode pour guérir une blessure psychologique est la psychothérapie. La thérapie représente en effet la dynamique opposée à celle qui est à l’origine de la blessure. En thérapie, on se sent entendu, compris et respecté par le thérapeute. Antérieurement, on se sentait dépassé et dégradé par l’agresseur. En thérapie, on parle d’objectifs et le thérapeute aide à les atteindre. Auparavant, ce que l’enfant voulait était totalement ignoré par son agresseur qui ne se souciait que de ses désirs malsains. En thérapie, le thérapeute utilise une approche qui convient à la personne et à laquelle elle adhère. Dans le passé, l’agresseur faisait exactement ce qu’il voulait, peu importe ce que l’enfant voulait. En thérapie, on se sent très en sécurité. Autrefois, l’enfant ressentait de la peur et de l’incertitude. Et tandis que le survivant ressent le respect du thérapeute pour son travail personnel, en avançant au rythme et dans une direction qui lui est favorable, la blessure psychologique commence à se guérir. Le soutien et les encouragements nourrissent un sentiment de valeur, de sécurité et de calme qui n’existaient pas auparavant.


Traduit et adapté par courtoisie de Mad in America

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