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Neuroplasticité – la pratique cruciale de se parler en toute bienveillance.

traumatisme

(…) En regardant mes amis élever leurs filles avec tant d’amour et de conscience, je suis profondément touchée mais je sais aussi que pour beaucoup d’entre nous ce soutien, cette gentillesse et cette écoute ont peut-être manqué, tout ou partie de leur jeunesse.

Il se peut qu’au lieu de grandir dans des foyers où l’on nous parlait avec gentillesse et compassion, où nos sentiments étaient bien accueillis et notre expérience valorisée, nous ayons grandi dans des familles où nous étions dévalués, critiqués, raillés ou négligés, subtilement ou avec une virulence.

Nous avons parfois grandi dans des familles où nous avons appris à intérioriser les voix négatives et critiques et, avec le temps, nous nous sommes mis à nous parler ainsi.

Cela vous parle ?

Si c’est le cas, à un moment donné de votre processus de guérison ou de votre cheminement de croissance personnelle, vous devrez probablement apprendre à vous re-parenter plus convenablement, en agissant et en parlant avec amour, dans un esprit de soutien et de gentillesse envers vous-même.

(…)Dans mon article d’aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer pourquoi il est si important de se parler avec bonté (à haute voix ou dans sa tête), et vous proposer quelques mesures tangibles et concrètes pour faire en sorte d’être plus bienveillant avec vous-même, de la manière dont un bon parent le ferait.

Pourquoi se parler avec plus de bienveillance ? En un mot : la neuroplasticité.

La neuroplasticité, ou plasticité cérébrale, explique comment les différentes expériences de vie créent et réorganisent les voies neuronales dans notre cerveau. Ces connexions neuronales, dans le meilleur comme dans le pire des cas, sont à la base de nos schémas de pensée et de comportement tout au long de notre vie.

Alors, la mauvaise nouvelle, c’est que, pour beaucoup d’entre nous qui sommes issus de familles où amour, écoute et sécurité n’étaient pas de mise, les chemins neuronaux que nous avons développés sont des formes profondément ancrées de dialogue personnel négatif, de manque de confiance en soi, de manque de confiance pour le futur, de manque de confiance envers les autres et le monde…

Mais la bonne nouvelle est la suivante : le cerveau est plastique et peut changer jusqu’au jour de notre mort si nous apprenons de nouvelles compétences, mémorisons de nouvelles informations et si nous créons de nouvelles expériences.

Chaque fois que vous avez une expérience répétitive, qu’elle soit négative ou positive, que ce soit des pensées ou des paroles qui vous concernent, vous approfondissez les sillons neuronaux dans votre cerveau. Lorsque vous créez consciemment ou involontairement une expérience différente pour vous-même, vous créez de nouvelles voies neuronales. Les nouvelles expériences positives et les différents discours personnels créent de nouvelles voies neuronales plus adéquates. Voilà la science derrière ‘’se re-parenter soi même’’.

C’est pourquoi il est si crucial de se parler avec douceur. L’objectif est de se doter d’un nouvel arsenal d’expériences conçues pour créer des modifications fonctionnelles et pérennes dans le cerveau qui peuvent mener à un comportement plus productif et satisfaisant qui se traduira par de meilleurs résultats dans la vie.

C’est pourquoi il est si fondamental de pratiquer un discours empli de bienveillance et d’amour pour soi-même. Il ne s’agit pas d’un conseil de développement personnel et psychologique en vogue; mais d’une démarche qui vise à exploiter la neuroplasticité de votre cerveau pour vous aider à créer du changement dans votre monde.

Et, en tant que psychothérapeute, je crois sincèrement que ce changement de vie tant espéré peut commencer lorsque nous changeons notre façon de nous parler à nous-mêmes, en interrompant les voix critiques et désobligeantes, conscientes ou non, que nous avons intériorisées et représentées par habitude, et en essayant plutôt de nouvelles façons plus positives de nous parler.

Donc, nous savons désormais que nous devons nous parler avec plus de bienveillance. Et maintenant, quoi ?

Si, en lisant ceci, vous vous retrouvez à hocher la tête en vous disant : “Oui, d’accord, Annie, c’est logique, mais qu’est-ce que j’en fait?”, je peux suggérer quatre choses :

1) Devenez pleinement conscient de ce qui est.

2) Interrompez votre discours négatif avec un discours plus aimant.

3) Cultivez des voix plus douces et plus respectueuses pour améliorer le dialogue avec vous-même.

4) Canalisez ces voix bienveillantes, dites-vous ce genre de choses quand vous êtes fatigué/énervé/triste/en colère/en panique.

5) Et notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

1. Devenez pleinement conscient de ce qui est.

La première étape de tout processus de changement consiste à prendre conscience de ce qui se passe réellement. Dans ce cas présent, c’est la façon dont vous vous parlez actuellement. Donc, pour la première étape de ce processus, je veux que vous commenciez à vous surveiller de très très près.

Qu’est-ce que vous vous dites quand vous vous voyez dans le miroir au réveil ? Qu’est-ce que vous vous dites quand vous faites une erreur au travail ? Qu’est-ce que vous vous dites quand la personne rencontrée le week-end dernier ne vous a toujours pas rappelée ?

Notez bien les messages et le ton de votre voix : Est-elle gentille, aimante, patiente, douce, d’un soutien indéfectible ? Ou est-elle critique, exigeante, agressive, humiliante, voire carrément cruelle ? Si cette voix avait un corps, une forme, à quoi ressemblerait-elle ? Quelle caricature ou quel archétype pourrait-elle incarner ?

Apprenez à vraiment reconnaître qui se cache dans votre esprit et votre corps émotionnel. Si c’est une voix méchante et critique, ne désespérez pas. Comme avec la plupart des schémas et des comportements, vous entendez cette voix qui, nous pouvons penser, a probablement essayé de vous aider à un moment donné. Mais maintenant, il est temps d’essayer de faire taire cette voix.

2) Interrompez votre discours négatif.

Lorsque vous avez pris conscience de la façon dont vous vous parlez et que vous pouvez le voir venir, vous pouvez passer à l’étape suivante qui consiste à vous rattraper, à faire une pause et à y substituer des paroles plus bienveillantes et aimantes.

Simple, mais pas toujours facile.

C’est particulièrement difficile si vous n’êtes pas sûr de savoir comment vous y prendre ni quoi dire. Lisez ce qui suit….

3) Cultivez des voix plus douces et respectueuses.

Je vous invite à examiner votre vie et à prendre note des personnes qui parlent sincèrement avec bienveillance. Votre meilleur ami ? Votre partenaire ? Un formateur ? Votre thérapeute ? Une connaissance ?

S’il n’y a personne de votre entourage qui puisse vous fournir un modèle positif, pensez à des personnes célèbres ou fictives.

Parmi mes favoris, il y a Clarissa Pinkola Estes, PhD, Mister Rogers, et l’actrice et ses personnages, Andy Griffith.

Chacune de ces âmes apporte tant de sagesse, de douceur et de bonté dans leurs interactions. Je les considère comme des modèles, des mentors (je ne les ai jamais rencontrés), pour ce qui est de se parler avec bienveillance. Quelles personnes pourraient être des modèles de de gentillesse pour vous ?

4) Canalisez ces voix bienveillantes.

Vous trouverez ci-dessous une liste d’exemples de phrases que vous pourriez vous entraîner à vous dire lorsque vous commencez le travail essentiel de neuroplasticité de re-parentage et de bienveillance envers vous-même. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive ; elle a simplement pour but de stimuler votre propre créativité en matière d’amour personnel et de bienveillance, d’une manière qui fonctionne pour vous dans votre vie de tous les jours :

“Je suis si fière d’avoir été courageuse et de m’être étirée aujourd’hui pendant la réunion de travail. Ce n’était pas facile, mais je l’ai fait.”

“C’est logique que je sois fatiguée et énervée, c’était une dure journée !””Ça arrive d’être de mauvaise humeur.”

“Ce n’est ni juste ni réaliste de me comparer aux autres sur Facebook. Je ne connais pas leur histoire et ils n’ont probablement pas eu à faire face à ce que j’ai vécu. Vu d’où je viens, je m’en sors très bien.”

“Quoi qu’il arrive, tout ira bien, je me fais confiance pour recommencer à zéro.”

“J’ai fait une erreur aujourd’hui et ce n’est pas grave. Ça fait de moi un être humain. J’ai fait de mon mieux et je réessaierai demain.”

“C’est normal que je sois jaloux des gens qui passent des vacances de rêve sur Instagram. Ça veut juste dire que c’est quelque chose que j’aimerais aussi faire. J’y arriverai. Ce n’est juste pas pour maintenant.”

“C’est vrai, je suis épuisé, mais toutes ces années d’études ont payés et je suis fier d’être aussi bosseur.”

5) Notez que tout cela vous mettra mal à l’aise au début.

Je dois reconnaître qu’en commençant à vous entraîner à parler plus gentiment avec vous-même, vous vous sentirez peut-être mal à l’aise et cela paraîtra certainement forcé. Ce n’est pas grave. C’est tout à fait normal et naturel.

La plupart d’entre nous claquons des doigts de manière intuitive, mais essayez de le faire consciemment avec l’autre main, ça risque d’être un peu gênant et bizarre. Vous changez vos schémas de fonctionnement, et cela va paraître un peu étrange.

Il en va de même pour la pratique d’une autre façon de s’adresser à soi-même. Alors soyez patient, sachez que ce sera délicat au début, mais continuez à pratiquer jusqu’à ce que ce soit plus facile et plus normal de vous parler gentiment et avec amour.

Ce faisant, vous recâblerez votre cerveau et créerez de nouvelles voies neuronales plus adaptées, ce qui, en retour, aura un impact bénéfique sur le reste de votre vie.

Source – Annie Wright, Psychologue

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